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ISBN : 2203029773
Éditeur : Casterman (08/09/2010)

Note moyenne : 4.02/5 (sur 201 notes)
Résumé :
Le parcours d’un intellectuel en crise morale et personnelle dans l’Amérique d’aujourd’hui. Truffé de références esthétiques, historiques, philosophiques, David Mazzucchelli livre un roman graphique d’une foisonnante richesse formelle et narrative, célébré comme un chef-d’œuvre par des médias américains unanimes.

A reçu le Fauve d'angoulême - prix spécial d'angoulême
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Critiques, Analyses & Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
colimasson
25 février 2013
Après le roman-graphique, place à l'essai-appliqué-graphique. C'est ainsi que je définirais Asterios Polyp, base vraisemblable d'une réflexion de Mazzucchelli sur la question de la dualité, que l'on retrouve à chaque moment de l'histoire de son personnage. Celui-ci, éminent professeur, en parle très bien naturellement, mais cette question est également symbolisée dans sa relation avec Hana, dont le caractère tendre et concédant s'extériorise dans les couleurs et les formes des phylactères, ainsi que dans la mise en scène de l'histoire, qui fait s'alterner passé et présent dans une compréhension réciproque. Si le passé d'Asterios Polyp prend des formes mythologiques lorsqu'il évoque son enfance, l'histoire de son frère, sa carrière, sa rencontre et sa vie avec Hana, son présent s'abandonne dans des nuances plus ternes, heureusement relevées par la très charismatique Ursula Major (chaman dans sa vie antérieure).

Même tristement menée auprès du garagiste du coin, l'existence d'Asterios Polyp reste intrigante parce que sans cesse relevée par de multiples anecdotes que Mazzuccheli nous glisse à travers les aventures de ses personnages. On pense parfois au livre des Fourmis écrit par Bernard Werber au meilleur de sa forme. Toujours pertinentes, elles nous amusent et nous éclairent sur l'histoire des personnages.

Si l'utilisation des couleurs répond à une logique intéressante, dont le lecteur pourra se faire une idée au cours de sa lecture, de véritables audaces graphiques font leur apparition lorsque Mazzucchelli représente les sentiments d'Asterios Polyp par des assemblages géométriques et architecturaux qui n'hésitent pas à s'effondrer lors d'une dispute explosive.

En réalisant cet album, Mazzucchelli a dû se dire : « Ce livre me permettra de trancher sur la dualité des choses ou ce livre ne me le permettra pas ». Pour finir, je pense qu'il a réussi à se faire un avis sur la question, et la fin semble nous le dire plutôt clairement…
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Livresse_des_Mots
26 juillet 2014
« Astérios Polyp » de l'Américain David Mazzucchelli s'impose dans le paysage de la bande-dessinée comme un véritable OVNI littéraire ! Remarqué pour son ingéniosité et son excellence, ce roman graphique décalé s'est vu récompensé de plusieurs prix, tous largement mérités ! Avec ce chef-d'oeuvre, David Mazzucchelli explore le genre du roman graphique, repousse les frontières de ses possibilités et cultive tout son potentiel pour en extraire un résultat innovant et intelligent.
Le narrateur de ce récit – dont je tairais l'identité pour préserver l'effet de surprise – narre les tribulations du personnage éponyme répondant au drôle de nom d'Astérios Polyp. Architecte, auteur, professeur, époux et cinquantenaire, c'est un homme à un tournant de sa vie que le lecteur rencontre. le jour de ses cinquante ans, son appartement brûle et, démuni, Astérios Polyp rompt avec son existence triste et routinière pour entamer un voyage initiatique vers la découverte de soi. Cette excursion dans sa psyché dévoile un homme égaré et désabusé qui a besoin d'opérer de profonds changements dans sa vie.
Narrées en de courts chapitres par une voix off, des tranches de vie mêlant passé et présent façonnent un personnage riche et complexe et permettent de suivre une double évolution : sa jeunesse marquée par une confiance aveugle et une assurance irritante, et sa maturité imprégnée de doutes et de regrets. le narrateur déroule le fil de la vie d'Astérios par petites touches anecdotiques et la rupture dans la linéarité du récit offre une impression d'authenticité. Astérios est évoqué avec chaleur, spontanéité et naturel. le ton de cette oeuvre varie en fonction des circonstances mais se départit rarement de son ironie et de son impertinence ! On se délecte de l'humour décapent de cette oeuvre.
David Mazzucchelli réalise une admirable prouesse graphique pour matérialiser son propos. Son graphisme minimaliste et épuré, son code couleurs original et les nombreux détails subtils qu'il intègre dans ses pages ont tous une signification particulière. La disposition de chaque élément est soigneusement agencée et rien n'est laissé au hasard : des teintes précises sont choisies pour illustrer le passé et le présent d'Astérios, les couleurs collent aux émotions ressenties et aux sentiments éprouvés, des écritures et des formes de phylactères différentes sont attribuées à chaque personnage pour refléter leur tempérament et leur personnalité. C'est original, astucieux et brillant. Chaque page mérite d'être observée avec attention afin de livrer toutes les subtilités et fantaisies graphiques qu'elle contient. Un travail grandiose qui réunit logique et audace ! A découvrir sans tarder !
Lien : http://www.livressedesmots.c..
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som
13 juillet 2013
Titre bien mystérieux pour l'un des plus beaux et plus classieux romans graphiques du moment. Asterios incarne la réussite à l'américaine. Fils d'immigrants, il est devenu un brillant architecte (surtout théorique), un intellectuel reconnu et adulé, marié à Hana aussi sensible qu'intelligente. Alors qu'il atteint la cinquantaine, sa vie vole en éclat. Ayant tout perdu, il s'engouffre dans un bus pour un nouveau départ.
On l'a compris, David Mazzuchelli utilise son double de papier pour dresser un bilan de vie, entre réussite et échec, fantasme sur une nouvelle vie, traverse une crise de conscience et redoute la perte de l'innocence autant que le spectre de la mort, sans parler des amours défuntes ou celles auxquelles on renonce avant qu'elles n'aient commencé. Bref, voilà notre héros plongé en pleine quête existentielle. Les grandes figures de la mythologie grecque et de la science l'accompagnent comme ils le peuvent sur ce chemin chaotique.
Asterios Polyp est aussi, voir surtout, une performance graphique de tous les instants : jeu sur les codes visuels, usage percutant des couleurs selon les situations réelles et le ressenti du narrateur, tremblement du trait lorsqu'un personnage s'effondre alors d'autres se réduisent à une construction schématique de volumes. Que dire du choix de la gamme chromatique ? Aucune couleur franche, pas de trace de noir, mais des pastels à foison dans un rendu mate très réussi. L'alternance de duos de couleurs (rose et bleu versus jaune et mauve) rythme tout le récit. Ce parti pris esthétique s'avère risqué. On adore (c'est mon cas) ou on déteste. Ma seule petite réserve porterait sur la très grande distance psychologique du personnage principal, l'émotion en prend un coup.
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Lencreuse
06 juillet 2011
Asterios Polyp, la cinquantaine, vit seul dans un appartement qui semble bien refléter l'esprit de son propriétaire : laisser-aller total, désordre et saleté dans tous les coins. Lors d'une soirée solitaire (qu'on imagine être le quotidien du bonhomme), le feu détruit l'appartement new-yorkais d'Asterios qui se retrouve subitement à la rue. Ayant eu le temps d'emporter ce qui lui reste d'économies, il décide de prendre un billet pour n'importe où. Et il débarque à Apogee. Sans le sou, ne possédant plus que les vêtements crasseux qu'il a sur le dos, Asterios se fait embaucher comme mécanicien chez Stiff, bonhomme rondouillard et généreux qui lui propose également de louer sa chambre d'amis. A la mécanique, Asterios ne connaît pas grand-chose. C'est un intellectuel, architecte reconnu pour ses publications et ses plans dont aucun n'a jamais été réalisé. Homme désabusé à l'esprit toujours en ébullition, Asterios plonge auprès de la famille de Stiff dans un monde simple et généreux. A travers ce gros roman graphique, c'est toute la vie d'Asterios Polyp que le lecteur visite : les succès, les blessures, les manques, l'amour, la perte, les cauchemars aussi d'un homme hanté par l'absence d'un frère jumeau mort à la naissance. Polyp n'est pas vraiment un personnage attachant : imbu de lui-même, souvent méprisant, il réussit à saper son propre bonheur sans même s'en rendre compte. Et finalement c'est ce qui nous le rend un peu humain malgré l'agacement qu'il peut parfois provoquer.
Mais plus que l'histoire, c'est dans la construction que réside le réside le grand intérêt de ce roman graphique. Un ODNI, Objet Dessiné Non Identifié, voilà ce qu'est Asterios Polyp ! Mêlant les styles et les lettrages sans jamais perdre le lecteur, David Mazzuchelli passe des cases « classiques » aux pleines pages avec aisance, absorbant véritablement le lecteur dans son récit. le jeu subtil des couleurs permet d'identifier les sentiments, la réalité, le rêve, le passé, le présent. C'est intelligent sans jamais être déroutant tant l'auteur réussit à nous faire adhérer à son univers qui ne ressemble pourtant à aucun autre. Un coup de génie assurément et un coup de coeur pour moi!
Mais trève de blabla, le meilleur conseil à vous donner est le suivant : si vous croisez Asterios Polyp sur votre chemin, n'hésitez pas à passer un peu de temps avec ce bonhomme étonnant. Sûr qu'il ne vous laissera pas indifférent.
Lien : http://lencreuse.over-blog.com
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zazimuth
03 avril 2012
On découvre Asterios Polyp le soir où son appartement brûle (ainsi que son immeuble). Il s'enfuit de chez lui, n'emportant que trois objets dont on retrouvera la trace et dont on comprendra l'importance et les souvenirs qui y sont liés au fil des pages.
Le livre entremêle le « road movie » de cet homme qui vient d'avoir cinquante ans avec des retours en arrière sur sa vie passée, son métier, ses (son?) amours, ses réussites et ses échecs. Comment un professeur universitaire réputé dans le domaine de l'architecture devient-il ce vagabond qui ne possède plus que ce qu'il porte sur lui et se fait embaucher comme mécanicien automobile sans aucune connaissance ni pratique du métier ? Dans les souvenirs de son existence, il y a la culpabilité d'avoir survécu au jumeau mort à la naissance, la relation tyrannique et méprisante à ses étudiants, l'égocentrisme qui grignote les possibilités d'un amour vrai, la jalousie face au travail reconnu de sa fiancée qui mènera à la rupture inévitable... Toutes ces choses qui vont chercher à trouver une solution ou du moins un apaisement dans cette nouvelle vie « incognito ». J'ai en plus ADORé la fin ; ce roman graphique est tout simplement brillant !
J'ai été fascinée par la représentation graphique des univers intérieurs des personnages qui se croisent. Exprimer que les problèmes de communication et d'incommunicabilité entre les être vient avant tout d'une divergence de point de vue et de conception de la vie. Les dessins sont principalement bicolores avec des teintes différentes selon la période évoquée (les souvenirs ou le temps présent) et des contrastes de couleurs et de forme (dessins en courbes ou traits cubistes) marquant les oppositions d'idées ou de sentiments.
J'ai aimé le personnage de Hana mais aussi le couple hétérogène et bienveillant qui recueille Asterios. Je ne sais pas si ce qu'apprend le héros est la tolérance mais c'est en tout cas un récit initiatique très réussi.
La forme et le fond intelligemment appuyés l'un sur l'autre permettent d'atteindre un degré de quasi perfection à mon goût pour ce titre que je vais sans doute acheter pour ma bibliothèque personnelle.
Lien : http://toutzazimuth.eklablog..
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Citations & extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
GregorGregor28 décembre 2012
Et si la réalité (telle qu'on la perçoit) n'était qu'un prolongement de soi ? Cela ne fausserait-il pas la façon dont chaque individu appréhende le monde ? En tant qu'être qui n'existe pas , je suis en droit de poser ces questions. Cela pourrait expliquer pourquoi certaines personnes semblent naturellement s'entendre, alors que ce n'est pas le cas d'autres bien que les gens ne cessent de s'y efforcer. Cependant, malgré de telles prédispositions, peut-être que la vision du monde d'une personne donnée peut influencer celle d'une autre. Il faudrait imaginer que ces visions, quelles que soirent leurs origines ne sont pas immuables.
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colimassoncolimasson25 février 2013
Le premier empereur de Chine, Qin Shihliang, s'était préparé à l'éternité en ordonnant qu'à sa mort une réplique de sa vaste armée soit enterrée à ses côtés. Sans aucun doute un progrès par rapport à la tradition observée par les souverains locaux qui faisaient enterrer une escorte entière vivante. Sept mille soldats en terre cuite montent la garde dans sa tombe, imperturbables, depuis deux millénaires.
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lunchlunch12 mars 2011
Chaque souvenir, aussi lointain soit-il, a lieu "maintenant", au moment où il apparaît dans l'esprit. Plus on se souvient d'une chose, plus le cerveau a la possibilité d'affiner l'expérience originale, car un souvenir ne se visionne pas, il se recrée.
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GregorGregor28 décembre 2012
- Il y a une différence entre la confiance et l'arrogance, tu sais. Tout le monde ne ressent pas le besoin d'étaler sa science à longueur de temps. Une personne peut avoir des qualités ou des talents qui ne se voient pas de prime abord, surtout quand elle est &clipsée par quelqu'un qui la noie.
- Je ne comprends pas pourquoi tu te mets en colère comme ça. Soit dit en passant, ta métaphore n'était pas homogène.
- Tu vois ? Tu entends des mots mais tu ne sais pas écouter ! Ce n'est pas parce qu'on ne dit rien qu'on n'a pas d'opinion ! Ce n'est pas parce qu'on a l'air timide qu'on n'existe pas. Peut-être que tout ce que voudrait cette personne de temps en temps c'est un peu de reconnaissance...
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alouettalouett12 mars 2011
- Alors, le bilan de ce premier semestre ?
- Eh bien, j’ai deux types d’étudiants : ceux qui ne savent pas dessiner et ceux qui ne savent pas réfléchir. Et leur capital de confiance semble inversement proportionnel à leur talent
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Video de David Mazzucchelli (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de David Mazzucchelli
Thierry Groensteen, historien et théoricien de la bande dessinée, décrypte le magistral roman graphique "Asterios Polyp" de David Mazzucchelli.
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