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ISBN : 2848766638
Éditeur : Philippe Rey (19/04/2018)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 25 notes)
Résumé :
Bouleversant, ce roman francophone africain est le premier à aborder de manière frontale la question explosive de l'homosexualité sur le continent
Tout part d'une vidéo virale, au Sénégal. On y voit comment le cadavre d'un homme est déterré, puis traîné hors d'un cimetière par une foule. Dès qu'il la visionne, naît chez Ndéné Gueye, jeune professeur de lettres déçu par l'enseignement et fatigué de l'hypocrisie morale de sa société, un intérêt, voire une obses... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  26 juin 2018
La fascination des actes criminels diffusés par les médias, la cruauté, l'intolérance couplée de primitivisme et face à ce spectacle, Ndéné, un prof de littérature française, un sénégalais. Une vidéo sur un portable qui va déclencher une quête existentielle, chez cet homme de retour dans son pays et déjà à moitié chemin de perdre toutes ses illusions.
Dans un Sénégal musulman où les interdits deviennent encore plus attrayants, les « goor-jigéens » (homosexuels) sont au coeur de ce livre. L'auteur avec une exhumation violente et un spectacle de Sabar( manifestation folklorique sénégalaise) torride, nous jette tout de go, dans les braises d'une communauté, qui fascine autant qu'il révulse (?)....... Ndéné, pris entre un père musulman orthodoxe, imam de surcroît, qui condamne les homosexuels, et un mail du Ministère de l'Education interdisant l'enseignement de tout écrivain dont “ l'homosexualité est avérée, même soupçonnée”, en est fasciné. Soumis à de terribles préjugés dont Verlaine qu'il enseigne et qui “fait partie de la grande propagande européenne pour introduire l'homosexualité....”au Sénégal, quelle voie va-t-il prendre, celle de sa conscience ou celle de la communauté ?
Jusqu'où peut-on être lucide, conscient de reconnaître ses véritables pensées, sentiments, désirs, pulsions, et avoir le courage de les exprimer et les vivre ouvertement en société ? La question est générale, bien que traitée ici dans un contexte et sujet particulier. L'approche de l'auteur n'en est en aucun cas critique, au contraire indulgent , pleine de compassion , «....la peur toute humaine de n'être plus admis comme homme au sein des hommes. Je peux les comprendre, et comment ! ». Une approche qui me plait, dans ce monde où l'on critique à souhait, gratuitement, sans empathie et sans une connaissance approfondie des faits.
Un livre qui me révolte encore une fois avec l'approche ignare, inculte des musulmans orthodoxes à leur religion et à leur livre saint, et en général des hommes à toute intolérance.
Un roman sensuel servie d'une écriture puissante et visuelle. Une première approche à un excellent écrivain !
“Un vrai secret n'est jamais clair, même à sa propre conscience.”
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traversay
  15 juin 2018
L'islamisme, l'émigration, l'homosexualité : les sujets sensibles ne font pas peur à Mohamed Mbougar Sarr, écrivain sénégalais né en 1990. Pour autant, il n'écrit pas d'essais mais aborde ces thèmes dans des fictions qui se nourrissent de faits réels avant de les mettre en perspective et d'entamer une réflexion agile et sans tabous qui fait le sel de ses romans. C'est le cas de de purs hommes qui traite de l'homophobie au Sénégal, un constat social qui part de la description d'une vidéo (réelle) montrant l'exhumation sauvage d'un homme soupçonné d'avoir aimé des hommes. le narrateur du livre, Ndéné, professeur de Français hétérosexuel, va vouloir en savoir plus et ainsi entrer dans l'oeil du cyclone des rumeurs et du discrédit. Il est très rare de lire un roman aussi dense sur le fond que brillant sur la forme car au-delà de son sujet, l'écriture de de purs hommes est une vraie splendeur, dans des tonalités différentes selon les chapitres, du chatoiement sensuel à l'épaisseur dramatique, en passant par une gamme complète de styles totalement maîtrisés, sans pour autant tomber dans une préciosité quelconque. A travers le cheminement et les rencontres diverses de Ndéné, le romancier montre sans démontrer, militant résolu de la tolérance. Dans son pays (il n'est pas le seul) où prolifèrent les hommes qui n'aiment pas les hommes qui aiment les hommes, le livre aidera t-il à éveiller les consciences ? En tous cas, le romancier sénégalais prouve que l'on peut faire de la belle littérature en s'attaquant à un sujet fort, traité sans gêne mais pas sans nuances.
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Philbast
  04 juin 2018
Ce court livre (moins de 200 pages) se lit d'une traite.
Qu'est ce qu'être un homme ?
La réponse à cette question est plus ambiguë qu'il n'y paraît dans un pays, le Sénégal, qui a trouvé de nouveaux boucs émissaires, les goor jigeens, les hommes-femmes.
L'auteur dénonce les préjugés qui loin de s'être atténués se sont ici renforcés.
Il le fait d'un point de vue original, celui d'un universitaire qui découvre qu'il est justement plein de préjugés.
En s'interrogeant sur une victime, qui en est morte, le professeur de littérature va se remettre en cause profondément.
Dans une langue magnifique, profondément maîtrisée, sensuelle et poétique, "de purs hommes" nous conduisent à un questionnement sur la nature profonde des hommes.
"La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" a écrit René Char. "De purs hommes" est un livre sur la lucidité, une lucidité incandescente et brillante.
Une lecture prégnante et superbe.

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BULFAY
  20 juin 2018
Un auteur à suivre, une très belle découverte! son écriture est magnifique. Jeune auteur sénégalais, Mohamed Mbougar Sarr sait manier les métaphores, la poésie des mots pour explorer l'intimité de notre humanité: la violence qui nous lie, la folie de la rumeur mais surtout le poids de l'héritage, des traditions d'une société que l'on aime et respecte mais dont on voudrait s'émanciper sans trahir nos aiëux. Si le sujet en fond est celui de l'homosexualité au sénégal c'est avant tout un magnifique roman sur l'humain et une écriture à découvrir absolument!
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krol-franca
  06 avril 2019
Le roman démarre sur un fait divers : la vidéo montrant le cadavre d'un homme déterré puis traîné hors du cimetière pour la simple raison que les homosexuels, les goor jigeens n'ont pas droit à être enterrés dans un cimetière musulman. Ils profanent la pureté de la foi.
Ce roman nous ouvre les yeux sur la réalité de ce que vivent les homosexuels dans certains pays du monde, ici le Sénégal. La religion dans ce cas, tue l'humanité. La religion et la bêtise humaine, l'intolérance et le poids des coutumes… autant d'obstacles à la liberté de chaque être humain.
La particularité de l'écriture de ce roman réside dans son magnifique cheminement. Plus l'histoire se déroule et plus elle se fait envoûtante, frénétique, jusqu'à l'apothéose. Les réflexions se font de plus en plus philosophiques, et remuent ce qu'il y a de plus profond en nous, concernant nos préjugés. C'est un livre qui interroge sur l'humain, sur les relations humaines et sur ce qui fait qu'on peut se regarder ou pas dans une glace. Que devons-nous faire de notre existence ? Doit-on aller jusqu'au bout de ses convictions, au risque d'y perdre sa vie ?
Un livre à lire pour combattre l'obscurantisme.
Lien : https://krolfranca.wordpress..
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critiques presse (1)
LeMonde   29 mai 2018
Inspiré d’un fait divers, le troisième roman de Mohamed Mbougar Sarr s’empare de la question sensible des « goor-jigeen », un tabou dans son pays.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
miriammiriam   26 janvier 2019
que s'était-il passé en moi pour que je m'intéresse au sort d'un homosexuel inconnu sorti de sa tombe? Je n'étais pas sûr de le savoir vraiment. Je ne pouvais pas utiliser l'argument de la violence que les homosexuels subissaient, puisque je ne la découvrais pas : cette violence, je l'avais moi-même parfois exercée, verbalement, symboliquement? Il y a peu, j'étais comme la plupart des Sénégalais: j'avais horreur des homosexuels, ils me faisaient un peu honte. Ils me répugnaient pour tout dire. [...] mais j'étais sûr d'une chose : quand bien même les homosexuels me répugnaient encore, il m'était impossible de nier comme j'aurais pu le faire - et je l'ai fait - dans le passé, ils étaient des hommes. ils l'étaient. Ils appartenaient de plein droit à l'humanité pour une raison simple : ils faisaient partie de l'histoire de la violence humaine. J'ai toujours pensé que l'humanité d'un homme ne fait plus de doute dès lors qu'il entre dans le cercle de la violence, soit comme bourreau soit comme victime, comme traqueur ou comme traqué, comme tueur ou comme proie."[...] Ce sont de purs hommes parce qu'à n'importe quel moment la bêtise humaine peut les tuer..."
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BookycookyBookycooky   26 juin 2018
Mon noble père croyait encore au fair-play et à l’amitié devant le pouvoir.
p.41
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krol-francakrol-franca   02 avril 2019
Un secret qu’on se dit, qu’on se dit à soi-même sous une forme claire, est déjà perdu. Il ne peut exister qu’en nous, en ce soi trouble, ce cloître mal éclairé où la vérité doit non seulement toujours s’entourer d’ombres, mais encore être une part de cette ombre. Un vrai secret n’est jamais clair, même à sa propre conscience. Alors deux consciences pour un secret, c’est trop à mes yeux. Dès qu’on le dit, on le trahit et doublement : d’abord parce qu’on a mis des mots sur ce qui était un réseau mystérieux de vérités n’ayant de sens que dans notre silence intérieur ; ensuite parce que les mots qu’on a choisis pour le confesser ne resteront pas les mêmes dans la mémoire de celui qui le reçoit. Les mots du secret, qui sont la première trahison du secret, seront immanquablement trahis à leur tour dans l’esprit de celui à qui on le confie, qu’il le garde ou le répète.
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BULFAYBULFAY   20 juin 2018
Ce sont de purs hommes parce qu'à n'importe quel moment la bêtise humaine peut les tuer, les soumettre à la violence en s'abritant sous un des nombreux masques dévoyés qu'elle utilise pour s'exprimer: culture, religion, pouvoir, richesse, gloire... Les homosexuels sont solidaires de l'humanité parce que l'humanité peut les tuer ou les exlure. On l'oublie trop souvent, ou on ne veut pas s'en souvenir: nous sommes liés à la violence, liés par elle les uns aux autres, capables à chaque instant de la commettre, à chaque instant de la subir. Et c'est aussi par ce pacte avec la violence métaphysique que chacun porte en lui, par ce pacte, autant que par tout autre, que nous sommes proches, que nous sommes semblables, que nous sommes des hommes. Je crois à la fraternité par l'amour. Je crois aussi à la fraternité par la violence.
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TaraxacumTaraxacum   16 septembre 2018
Je n'avais qu'une hâte: faire mes heures en dépensant le moins d'énergie physique et intellectuelle possible, puis me barrer; aussi étais-je heureux de voir que mes étudiants de master ne s'étaient pas miraculeusement pris de passion pour mon enseignement. Ils étaient aussi éteints, paresseux, médiocres que d'habitude. De toute évidence, la littérature française du XIXè siècle ne leur disait rien. Je me demande du reste s'ils entendaient quelque chose à la littérature tout court; cette question en introduisait une autre: que foutaient-ils là? Je n'ai jamais su répondre. Je parie qu'eux non plus.
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Videos de Mohamed Mbougar Sarr (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mohamed  Mbougar Sarr
Le collectif Palabres Autour Des Arts reçoit le très grand, écrivain, lauréat du Prix Kourouma 2015, Mohamed MBOUGAR SARR et son roman "Terre Ceinte" (Édition Présence Africaine)
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