AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782351782446
544 pages
Éditeur : Gallmeister (06/05/2021)
4/5   31 notes
Résumé :
C’est officiel : le vieux Sportcoat a pété les plombs comme ça, en plein jour et devant tout le monde. Personne ne sait pourquoi ce diacre râleur, adepte du “King Kong”, le tord-boyau local, a tenté de descendre sans sommation le pire dealer du quartier. Mais il faut dire que la fin des années 1960 est une époque d’effervescence à New York, et que le développement du trafic de stupéfiants n’est pas la moindre des causes d’agitation. Afro-américains, latinos, mafieux... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
monromannoir
  05 septembre 2021
A bien y réfléchir, ils ne sont pas si nombreux les auteurs de la communauté afro-américaine qui se sont lancés dans l'écriture de polars ou de romans noirs. On pense avant tout à Chester Himes dont le premier roman, La Reine Des Pommes, mettait en lumière le quartier de Harlem où officient les deux inénarrable flics Ed Cercueil et Fossoyeur Jones que l'on retrouvera dans un cycle comprenant neuf volumes. L'autre grande référence de la littérature noire afro-américaine, c'est Walter Mosley qui acquiert une certaine notoriété avec le Diable En Robe Bleue (Série Noire 1996) mettant en scène le détective privé Easy Rawlins dont les investigations prennent pour cadre la ville de Los Angeles durant la période des années cinquante, avec un accent particulier sur le quartier de Watts, théâtre d'importantes émeutes raciales. On peut également évoquer Attica Locke qui a publié récemment Bluebird, Bluebird, un roman policier nous permettant de suivre les investigations du Texas Ranger noir Daren Mathews qui travaille dans un état profondément marqué par les discriminations raciales. D'autre romanciers afro-américains ont effleuré le mauvais genre à l'image de Donna Tartt, James Baldwin ou Colson Whitehead. Chez Gallmeister on trouve deux auteurs issus de cette communauté dont une femme Ayana Mathis qui dresse le portrait social d'une nation en devenir avec Les Douze Tribus D'Hattie (Gallmeister 2014). Détenteur de prix prestigieux, dont le National Book Award, James McBride est le second écrivain afro-américain à intégrer la collection Gallmeister avec des ouvrages comme L'Oiseau du Bon Dieu (Gallmeister 2013), encensé par les critiques et Mets le Feu Et Tire-Toi (Gallmeister 2017), un témoignage détonant autour de l'univers de James Brown, surnommé à juste titre "parrain de la Soul". Egalement scénariste et compositeur de jazz, James McBride revient sur le devant de la scène littéraire avec Deacon King Kong, un puissant roman foisonnant de personnages à la fois attachants et profondément humains.
A la fin des années soixante une certaine effervescence règne dans la cité Causeway, un ensemble de logements sociaux de South Brooklyn principalement occupé par une communauté afro-américaine fortement défavorisée. le trafic de stupéfiants gangrène le quartier avec la consommation d'héroïne, une nouvelle drogue, qui affecte une jeunesse particulièrement vulnérable. Police impuissante, habitants désemparés, c'est probablement pour ces raisons que le vieux Sportcoat, une figure pittoresque du quartier, a tenté de flinguer Deems Clemens, une jeune espoir du base-ball qu'il entrainait autrefois, mais qui s'est reconverti dans le deal de rue, beaucoup plus rémunérateur. Imbibé de King Kong, un tord-boyau local qu'il affectionne, le vieux Sportcoat poursuit ses déambulations en se moquant bien de l'agitation qui règne autour de lui et des flics qui sont à sa recherche. Mais le geste de ce diacre à la fois attachant et râleur va avoir des conséquences imprévisibles qui vont affecter les paroissiens de l'église des Five End, mais également un flic de quartier désabusé, des mafieux locaux aux orientations divergentes, une tueuse à gage sans pitié et des petits truands désinhibés qui veulent prendre la place de Deems Clemens.
Puisqu'ils ont collaboré ensemble, notamment à l'adaptation de son roman Miracle A Santa Anna (Gallmeister 2015), il n'est pas vain de mentionner une certaine influence de Spike Lee sur l'univers de James McBride et plus particulièrement avec Do The Right Thing se déroulant, tout comme Deacon King Kong, dans l'arrondissement de Brooklyn et présentant toute une galerie de personnages hauts en couleur qui marquent les esprits. En soulevant le couvercle du chaudron social que représente cette cité des Cause Houses, c'est un bouillonnement d'aventures disparates que l'on va découvrir au gré d'intrigues tumultueuses que l'auteur va rassembler avec la maestria d'une écriture généreuse et débridée qui nous entraine dans un enthousiasmant récit chargé d'une certaine dérision imprégnée d'humanisme. Que l'on prend plaisir à croiser toute cette ample galerie de portraits détonants qui gravitent autour de Sportcoat à l'instar de l'Eléphant, ce mafieux au coeur d'artichaut qui se cantonne dans ses activités de contrebande en veillant sur sa vieille mère qu'il affectionne, de Hot Sausage, ami du vieux diacre qui partage ses délires éthyliques à coup de gnôle frelatée ou de soeur Paul, cette vieille femme centenaire détentrice de quelques secrets entourant l'église des Five Ends. Qu'il est plaisant également de s'aventurer dans l'entrelacs d'intrigues qui semblent sans queue ni tête, imprégnant cette tumultueuse communauté jusqu'au terme d'un dénouement poignant et parfaitement orchestré pour nous éclairer d'un vibrant plaidoyer du vivre ensemble, bien au-delà des préjugés. Bien plus que la maitrise de son récit, il faut saluer chez James McBride, cette imagination débridée et cette originalité sans faille à l'image de cette colonie de fourmis en provenance de Colombie et parcourant désormais sans relâche les entrailles des immeubles des Cause Houses en nous permettant ainsi de faire connaissance avec quelques uns des trois mille cinq cents locataires du quartier.
Tonitruant ouvrage ponctué de règlement de compte âpres, parfois sanglants et même d'une chasse au trésor mystérieuse, Deacon King Kong est une fresque bigarrée nous immergeant au sein du petit peuple de cette cité de misère qui survit tant bien que mal aux milles aléas de la vie et que James McBride dépeint avec un amour immodéré.

James McBride : Deacon King Kong. Editions Gallmeister 2021. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par François Happe.
A lire en écoutant : Fool's Paradise de Sam Cooke. Album : Night Beat. 1963 RCA Records.
Lien : https://monromannoiretbiense..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          71
gilles3822
  07 juin 2021
Premier avis sur ce livre que j'ai adoré.
Vivre à Brooklyn quand tu es noir à la fin des années 60, ce n'est pas du gâteau, quand tu es irlandais non plus ou italien, bref, quand tu n'as pas de boulot, ou un petit, insuffisant pour vivre dans cette grande ville où tout le monde vient. Ils viennent tous d'ailleurs, d'Alabama, du Kentucky, d'Irlande ou d'Italie. A une génération près, personne n'est né à New-York, et leurs histoires respectives sont toutes plus dures les unes que les autres alors, le pathos, c'est pas trop le genre du quartier. Chacun se débrouille comme il peut, fait des rêves, les réalise ou pas, et puis y arrive via des substances, licites ou pas, va voir Dieu pour lui demander un coup de main, et c'est lui qui se fait avoir à la fin, il construit l'église, la maison du bon dieu, avec l'argent...de personne ne sait qui c'est, reçoit du fromage dans tous les immeubles, distribution gratuite, italien le produit laitier. On se doute qui paie, mais ici, on touche pas à la drogue, on traficote sur les taxes, on récupère la marchandise au cul du cargo, et on oublie les intermédiaires. La population change, l'argent circule plus vite, les règles ne sont plus respectées et qui doit rappeler aux jeunes qui fait quoi ? Qui ? C'est Sportcoat, anti-héros, entraîneur de base-ball et justicier à ses heures, herboriste, passion datant de son enfance dans le Sud profond et accessoirement "diacre", dont les attributions restent à définir. Je voie très bien un Denzel Washington vieillissant jouer ce rôle. Quelques scènes d'anthologie parsèment ce livre, le décor d'un Brooklyn au bord de l'explosion sociale parle à tous ceux qui sont passés à New-York et donnera aux autres l'envie d'aller sur les traces de Deems, de soeur Gibb et de Potts, le flic sentimental ainsi que de l'Elephant, fils de Guido, pas plus de six mots et Hot Sausage qui partage son permis de conduire avec Sportcoat. Tous ces personnages s'aiment et se détestent, voire s'entretuent mais c'est sans importance, Dieu nous regarde et avec lui, Hettie mais ...Chut, c'est un secret.
A lire absolument .
James Mc Bride avait déjà écrit "L'oiseau du bon dieu", tout aussi vibrionnant, il récidive, merci à lui.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
Fabrice_lireetlivres
  26 juillet 2021
Livre coup de coeur.
Septembre 1969, Cité des Cause Houses à Brooklyn.
Cuffy Jasper Lambkin, dit Sportcoat par toute la communauté, tire sur Deems, le dealer du quartier. Diacre de l'église des Five Ends, son geste va entraîner une série d'histoires aussi loufoques que surprenantes. Une invasion de fourmis sud-équatoriale. La recherche de la cagnotte de Noël qui a disparu. L'arrivée d'un tueur à gages.
Chaque pièce s'emboîte parfaitement dans la suivante pour créer un instantané de cette période ou tout est lié.
La fin des années 60 annonce l'ère de l'héroïne. Une drogue qui va changer pour toujours le visage de l'Amérique et notamment des quartiers pauvres de New York. Car hormis les ravages sur ses consommateurs (hommes ou femmes), cette saloperie va également bouleverser les moeurs de la pègre. Fini la contrebande d'alcool ou de cigarette. le deal d'héroïne est ce qui rapporte un max.
Avec des surnoms tel que Hot Sausage, Bum-Bum ou l'Elephant, ses personnages sont, tour à tour, attendrissants, pathétiques ou désabusés. James McBride jette un regard lucide ou l'humour se mêle à la tristesse.
C'est un roman sur l'amitié, la confiance, la croyance, la ségrégation raciale, l'amour et l'envie. L'envie de vivre malgré toutes les misères qui peuvent s'abattre sur chacun. C'est un roman qui a pour coeur l'Homme avec tous ses défauts et toutes ses qualités.
Je vous le conseille vivement.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
jpguery
  07 septembre 2021
Obscur Diacre d'une église confidentielle de Brooklyn, le vieux Sportcoat est un peu perdu depuis le décès de son épouse, mais rien ne laissait prévoir qu'il tenterait d'abattre de sang-froid un petit dealer du quartier. Dès lors, sa vie ne vaut plus grand-chose au sein de cette zone de non-droit dont toutes les constituantes ethniques (latinos, blacks, Irlandais) essaient de tirer leur épingle du jeu tout en composant avec la mafia et les flics locaux.
Pittoresque évocation du quartier pauvre de Cause Houses (petite cité de Brooklyn régulièrement envahie par les fourmis) dans les années soixante, ce roman vaut surtout pour les multiples personnages décrits avec force détails qui animent cette histoire de l'irruption d'un trafic de drogue.
Commenter  J’apprécie          10
binecaux
  08 novembre 2021
Ce n'est pas forcément l'aspect polar que je retiendrais de ce livre. Mais la lutte constante qu'il faut mener quand on est un habitant noir ou italien ou encore irlandais d'un ghetto de New York, dans les années 60, pour garder (ou gagner ?) sa dignité. Certains ou certaines y parviennent, d'autres pas. Mais peu de jugement ne transparait.
On sent beaucoup d'affection et de tendresse de la part de l'auteur pour ses personnages, et ils le méritent ! le lecteur ne reste pas insensible non plus au parcours des uns et des autres.
Bien plus qu'une histoire originale et attachante, vous trouverez dans ce roman, une leçon d'humanité.
Commenter  J’apprécie          00


critiques presse (3)
Bibliobs   19 juillet 2021
La réussite du livre tient dans sa formidable description de la « République de Brooklyn » à la fin des années 1960. Fabuleux, épuisant presque.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeFigaro   06 mai 2021
Dans le Brooklyn de la fin des années 1960, en proie à toutes sortes de trafics, un vieux diacre alcoolisé tire sur un dealer. Un roman formidable, tout à la fois sombre, drôle et tendre.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LaLibreBelgique   05 mai 2021
James McBride signe avec "Decon King Kong" un roman jouissif et truculent, hommage au quartier de son enfance.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
manu33manu33   25 novembre 2021
Il avait déjà découvert la magie de l'alcool à cette époque, en partie pour fêter le mariage de son père avec celle qui était devenue ainsi sa belle mère et qui lui recommandait souvent d'aller jouer sur la montagne Sassafras, à quatre cents kilomètres de là, et sauter tout nu du sommet.
Commenter  J’apprécie          00
manu33manu33   25 novembre 2021
Donc il boit, il fait pousser des plantes, et il va à l'église. Jusque là, on dirait un catholique.
Commenter  J’apprécie          00
Alice_Alice_   04 octobre 2021
Cuffy Lambkin, diacre de l'église baptiste des Five Ends devint un homme mort en sursis par un après-midi nuageux de septembre 1969. C'est le jour où le vieux diacre - Sportcoat pour ses amis - traversa à grands pas l'esplanade de la cité Causeway, un ensemble de logements sociaux de South Brooklyn, colla un vieux colt calibre 38 sous le nez d'un dealer de dix-neuf ans nommé Deems Clemens et pressa la détente. (page 11)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Alice_Alice_   08 octobre 2021
- Je ne savais pas que vous vous appeliez Thelonis Ellis, dit soeur Gee à Hot Sauvage. Je croyais que votre nom était Ralph, ou Ray... quelque chose comme ça.
- Quelle différence ça peut faire ?
- Une différence énorme, dit-elle avec exaspération. Ça fait de moi une menteuse vis-à-vis de la police.
- Vous ne pouvez pas être une menteuse à propos de choses que vous ne connaissez pas, répliqua Hot Sauvage. La Bible nous dit que Jésus avait de nombreux noms.
- Mince alors, Sausage, il est dit où dans la Bible que vous êtes Jésus ?
- J'ai pas dit que j'étais Jésus. J'ai dit que j'étais pas limité à un seul nom.
- Bon, et vous en avez combien ? demanda soeur Gee.
- Combien il en faut à un homme de couleur dans ce monde ?
(page 194)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Fabrice_lireetlivresFabrice_lireetlivres   26 juillet 2021
Couché là, face au mur, l’odeur de la peinture au plomb parvenant jusqu’à ses narines, Deems pensa au vieil homme, non pas avec rage, mais plutôt avec perplexité. Il n’arrivait pas à comprendre. S’il y avait une personne dans les Cause Houses qui n’avait rien à gagner en lui tirant dessus, c’était bien Sportcoat.
Commenter  J’apprécie          00

Videos de James McBride (69) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de James McBride
Né à Red Hook, l'un des quartiers les plus populaires de Brooklyn, James McBride a connu le succès dès son premier livre autobiographique, "La couleur de l'eau" chez Gallmeister. Il y raconte l'histoire de sa mère blanche, fille d'un rabbin polonais qui a bravé tous les interdits pour épouser un noir protestant. Celui que l'on peut considérer comme l'un des meilleurs auteurs contemporains, vient de voir son roman "L'oiseau du bon Dieu", adapté en série par Ethan Hawke et publie un dernier ouvrage, "Deacon King Kong".
Retrouvez l'intégralité de l'interview ci-dessous : https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/
+ Lire la suite
autres livres classés : new yorkVoir plus
Notre sélection Littérature étrangère Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Dead or Alive ?

Harlan Coben

Alive (vivant)
Dead (mort)

20 questions
1538 lecteurs ont répondu
Thèmes : auteur américain , littérature américaine , états-unisCréer un quiz sur ce livre