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Françoise Hirsch (Traducteur)Patricia Schaeffer (Traducteur)
ISBN : 2020309610
Éditeur : Seuil (19/03/1998)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 243 notes)
Résumé :
Parce que l'Amérique d'après guerre condamne leurs rêves d'aventures, John Grady Cole et Lacey Rawlins quittent le Texas et chevauchent vers le Mexique. Les deux adolescents partent vivre ailleurs, pour célébrer avec une nature intacte des noces éternelles. Mais ce voyage initiatique, plein d'espoirs et de révélations, se transforme en descente aux enfers ...


«Il paraît qu'il y a des lacs et des rivières et des prairies si hautes qu'on a de l'... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
Sachenka
  14 juillet 2017
Dès les premiers mots de Cormac McCarthy, j'ai été happé, captivé. Et ce fut avec beaucoup de difficulté que je devais déposer le livre. C'est que « de si jolis chevaux » est une immersion dans un univers enchanteur qui m'est complètement inconnu. Oui, on retrouve dans le livre des passages autant sublimes, ordinaires que terribles, mais la narration les rend si beaux et uniques. le Texas (le Far West ?) des années 1950, le Mexique. Quelle beauté ! le désert, les sierras, les ranchs cachés derrière les collines et les broussailles… Et les chevaux, toujours omniprésents. Tellement que, par moment, j'étais pris par l'envie de m'exiler sur ces terres et de vivre des rêves de liberté et de grands espaces qui parfois me hantent.
L'auteur nous présente un univers d'hommes, de gauchillos et de vaqueros. Un monde dur, où tous travaillent fort, honnêtement, et où on ne rechigne pas devant la besogne. Ces hommes parlent peu. Mais les rares mots sont suffisants, sinon il reste les gestes, ceux qu'on faits et ceux qu'on ne faits pas. Je sais que ce n'est pas vraiment pareil, mais je ne pouvais m'empêcher de penser aux personnages silencieux de la pampa argentine, tel que décrits par Eduardo Mallea. Disons que ce n'est pas le livre de cow-boys auxquels certains pourraient s'attendre et en sortir déçu après une dizaine de pages. Surtout que l'action est lente à décoller. Remarquez que, moi, ça me convient.
La narration est assez réaliste, pas de longues descriptions, juste assez pour intriguer le lecteur. Chaque petit élément que l'auteur a pris la peine d'écrire, il est révélateur. La démarche de l'un, sa façon regarder le voisin (ou de ne pas le regarder !), de boire son café chaud ou de manger. Chaque moment est précieux, à apprécier, à délecter. Puisque l'intrigue se déroule au Mexique, plusieurs séquences dialogales sont en espagnol, et pas toujours traduites. Cela déplaira à certains. Moi, au contraire, cela ne m'a pas dérangé. J'y ai peut-être perdu quelques informations (quoique, avec le contexte, on arrive bien souvent à en deviner le sens) mais je considère y avoir gagné au change car ça m'a aidé à m'immerser dans cet univers. Dans tous les cas, ça ajoute au réalisme de l'oeuvre.
L'histoire se décline en quatre parties. D'abord, la vie difficile dans le ranch, John Grady Cole et son ami Lacey Rawlins, à peine 16 ou 17 ans, quittent le Texas pour chercher du travail au sud de la frontière. C'est le long voyage, un poériple initiatique en quelque sorte. Les contrées arides et désertiques, les nuits au clair de lunes, les rencontres inopportunes. Ensuite, le travail qu'ils trouvent dans un ranch mexicain. John Grady est travailleur, tellement qu'il se voit confier des grandes rensponsabilités. Mais il s'attire aussi l'attention d'Alejandra, la fille de son employeur… Puis, John Grady et Lacey se retrouvent en prison. À vous de découvrir pourquoi ! Il suffit de dire que je ne souhaiterais pas me retrouver à leur place. Enfin, John Grady essaie de regagner le coeur d'Alejandra. Mais, dans une société où l'honneur est particulièrement important, l'amour ne peut que devenir impossible.
Donc, quatre parties, quatre tableaux. Ce qui avait commencé comme un récit initiatique (ou, du moins, c'est sous cet angle que j'avais amorcé ma lecture), se transforme en un enfer et se termine par une grande désillusion. Mais c'est sans doute assez proche de la vérité, ce monde de violence, d'honneur. Jusqu'à la moitié du roman, même si j'appréciais beaucoup ce voyage, je me demandais où l'auteur voulait m'amener, quel était son but, que voulait-il me faire découvrir. À partir de la moitié, tout devenait clair. Je ne suis pas certain que l'intrigue soit particulièrement originale mais je suis resté fasciné par l'univers de Cormac McCarthy. Un livre que je recommande vivement à tous et toutes !
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ninamarijo
  28 octobre 2018
Ce premier volume, de la Trilogie des confins fut publié en 1992.
L'action se déroule dans l'Amérique d'après guerre, au Texas, deux adolescents, John Grady Cole, 16 ans, et son ami Lacey Rawlins, quittent leur terre natale et se dirigent à cheval vers le Mexique où, ils rêvent d'une vie meilleure… Commence alors une longue errance de part et d'autre de la frontière.
Un roman puissant où nature, hommes et chevaux vivent en osmose.
Un roman où la violence est omniprésente et où notre héros, « caballero » sensible, taiseux et solitaire vit en forte harmonie avec la nature et les chevaux.
Un récit où la mort plane sur les têtes de nos cow-boys liés à vie par l'amitié.
La nature sauvage et aride sert de décor à ce fabuleux roman, l'écriture de McCarthy est poétique, profonde, chaude, mais sans fioriture comme le paysage ; elle est détaillée et très ciselée. La succession volontaire des « et » nous restitue avec lenteur les actes et les scènes, comme un film, avec des « travelling » fabuleux sur ces paysages sauvages.
le récit est sonore, l'ambiance rythmée par les chevauchées, la pluie, les saisons, les orages et le vent : « Quand le vent était au nord on pouvait les entendre, les chevaux et l'haleine des chevaux et les sabots des chevaux chaussés de cuir brut et le cliquetis des lances et le frottement continuel des barres des travois dans le sable comme le passage d'un énorme serpent et sur les chevaux sauvages les jeunes garçons tout nus folâtres comme des écuyers de cirque et poussant devant eux des chevaux sauvages et les chiens trottinant la langue pendante et la piétaille des esclaves suivant demi-nue derrière eux et cruellement chargée et la sourde mélopée sur tout cela de leurs chants de route que les cavaliers psalmodiaient en chemin, nation et fantôme de nation passant au son d'un vague cantique à travers ce désert minéral pour disparaître dans l'obscurité… »
Ce voyage ressemble fort à un voyage initiatique où Cormac McCarthy nous livre des réflexions sur les thèmes : mort, amitié, férocité des hommes, notre devenir dans ce monde et, celui bien sûr de la nature qui lui est si cher.
On balance sans ménagement des ténèbres à la lumière et de l'horreur à la beauté ; c'est un très beau récit.
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JaneEyre
  21 mars 2014
Deux jeunes hommes, à peine sortis de l'adolescence, décident de quitter le Texas pour sillonner le Mexique. Ils emportent leurs chevaux, quelques menues affaires, et vivent au jour le jour, comme les cow-boys dont l'époque semble révolue. Mais cette vision idéaliste d'un mode de vie proche de la nature, en symbiose avec les chevaux, va se transformer en descente aux enfers. Ils apprendront à connaître la noirceur de l'âme humaine (celle des autres comme la leur...).

J'ai beaucoup de mal à avoir un avis totalement tranché. Je vais commencer par les points qui ont gênés ma lecture et qui fait que j'ai un peu l'impression d'être passée à côté de certaines choses. J'ai la version du livre éditée par les éditions de l'Olivier (les trois livres sont réunis dans un joli pavé avec une tête de cheval sur la couverture), et dans cette version, il n'y a aucune note de bas de page. Or, de nombreux dialogues du livre sont en espagnol. J'habite en Alsace, et autant vous dire que je n'ai aucune notion d'espagnol (ici on apprend l'allemand à l'école)... Je n'ai tout simplement pas pu comprendre la bonne moitié des dialogues... Une petite note de bas de page aurait été précieuse! C'est vraiment frustrant pour le lecteur de sauter des dialogues entiers, et d'essayer de deviner ce qui peut bien se dire... de même, le livre fait référence à des événements politiques mexicains... À nouveau, ma grande ignorance sur ce sujet à fait sur je me suis sentie perdue, et j'aurais bien aimé une petite note de l'editeur, juste pour m'aider à raccrocher les wagons... du coup, certains passages deviennent longs et énervants à lire, tout simplement parce que le lecteur (en tout cas le lecteur ignare comme moi) tente péniblement de deviner les choses... J'aurais sans doute beaucoup plus apprécié ce livre si ma lecture n'avait pas été ainsi "parasitée"!

Ceci étant dit, ce roman (mon premier Cormac McCarthy) est d'une force, d'un lyrisme incroyable! La prise de contact avec le style bien particulier de l'auteur nécessite un petit moment d'adaptation, mais après c'est juste un délice! C'est d'une puissance, d'une beauté...! Les passages décrivant la relation entre les adolescents et les chevaux sont de pures merveilles... de même, c'est le premier roman où ce que l'auteur ne dit pas est presque plus important que ce qu'il nous dit. Les silences en disent plus que les mots. McCarthy nous entraîne dans des jeux de clair-obscur, d'ombres et de lumières, et les choses les plus importantes sont celles qui ne sont pas racontées. Elles sont évoquées, esquissées, et finalement c'est une douleur sourde qui étreint le lecteur. L'amour, qui ne fait jamais l'objet des grandes descriptions habituelles. La solitude, la peur, l'abandon...

Bref, j'ai beaucoup aimé ce premier volet de la trilogie des confins, mais j'ai tout de même la vilaine impression de ne pas avoir pu apprécier ce roman à sa juste valeur... ! Ceci dit je peux d'ors et déjà dire que le style de McCarthy est un des plus puissant que j'ai pu lire!
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Beatrice64
  25 février 2011
Premier tome de la « Trilogie des confins », de si jolis chevaux étreint le lecteur dans une voix qui est un souffle, puissant et poétique, incantatoire et saisissant. A la lecture de certaines phrases de McCarthy, mon coeur s'accélère (va falloir que j'arrête, arrivée à un certain âge, ça peut être dangereux, en même temps ça ferait un bel article dans le Journal de St Palais « mort mystérieuse d'une bibliothécaire, retrouvée inanimée, sa main serrant un livre de McCarthy ») (j'espère que j'aurai eu le temps de le finir)(mais peut-être qu'au Purgatoire il y en aura un exemplaire).
On a parlé de Shakespeare en évoquant sa prose (et son univers j'imagine), je trouve ça assez juste, loin d'être une spécialiste en la matière les pièces que j'ai lues m'ont elles aussi littéralement estomaquées, pleines de vitalité, de tension, et dans ce même ton cru et charnel.
Comme son titre l'indique, de si jolis chevaux parle de chevaux (c'est pas très difficile à suivre McCarthy). le héros est jeune et beau (enfin moi je l'ai vu beau), cavalier d'exception, et avec son meilleur ami, ils quittent leur Texas natal quand la vie des ranchs s'arrête pour eux, afin de poursuivre un idéal de vie au plus près de la nature et des chevaux telle qu'elle existe encore au Mexique. C'est une véritable Odyssée qu'ils vont entamer, faite de rencontres, de meurtres, de dressage de chevaux, de problèmes d'honneur, d'amour impossible et de chevauchées interminables dans des paysages de début (ou de fin) du monde. C'est absolument magnifique, haletant, et d'une violence et d'une beauté rares.
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cecilestmartin
  08 mai 2018
De Cormac McCarthy, je ne connaissais que La route, la vision cinématographique – le film m'avait impressionnée et émue. En naviguant sur Babelio, j'ai découvert l'ampleur de l'oeuvre de l'auteur et me suis donc littéralement « jetée » sur La trilogie des confins lorsque je l'ai dénichée sur les rayonnages de la bibliothèque du quartier.
Dans un premier temps un peu désemparée par le style de l'auteur, je me suis vite abandonnée à son univers et mis sans réserve mes pas dans ceux du jeune John Grady pour traverser, à cheval, la frontière entre le Texas et le Mexique. Je ne suis pas forcément adepte de ces romans qui évoquent des histoires d'hommes, de chevaux, de bétail, de vastes plaines et de vie à la rude. Ici, pourtant, on suit le périple de John Grady et de son copain Rawlins, bientôt rejoints par le très jeune Blevins dont on ne sait pas bien d'où il sort, avec un intérêt grandissant au fil des pages. L'auteur ne nous dit rien de leurs projets mais ils sont déterminés à vivre leurs rêves, à quitter un pays qui ne leur permet pas de les réaliser. Hors du temps - seul le passage fugace de camions et d'avions semble indiquer que nous sommes bien dans la seconde partie du XXème siècle - les deux amis chevauchent leur animal, se nourrissent de gibiers cuits au feu de bois et se lavent dans des rivières aux eaux limpides. La nature est généreuse et accueillante, ce n'est pas le cas de tous les humains qu'ils croisent. Leurs compétences en matière de chevaux leur permettent de trouver leur place dans une hacienda où ils vont vivre là une vraie vie de vaqueros, ce pour quoi ils ont parcouru tant de kilomètres. le Mexique leur offre la possibilité de concrétiser un idéal de vie, de donner un sens à leur existence.
Pour autant, rien n'est simple et ce « simple » bonheur, ce quotidien rythmé par les saisons et les animaux ne se laisse pas apprivoiser dans sa totalité et les deux jeunes hommes vont avoir fort à faire pour rester libres, pour vivre selon leur coeur et vont payer le prix fort de leurs choix : « Il pensait que dans la beauté du monde il y avait un secret qui était caché. Il pensait que pour que batte le coeur du monde il y avait un prix terrible à payer et que la souffrance du monde et sa beauté évoluaient l'une par rapport à l'autre selon des principes de justice divergents et que dans cet abyssal déficit le sang des multiples pourrait être le prix finalement exigé pour la vision d'une seule fleur. »
J'ai vraiment beaucoup aimé de si jolis chevaux, dévoré même, je me suis attachée au héros qui parle peu mais bien, courageux et parfois téméraire, capable d'aller au bout de ses choix et idées et de défendre des valeurs. Confronté à d'autres règles, d'autres normes, il s'adapte ou fait face sans jamais rien lâcher. Que cela concerne son honneur ou celui de son ami, la femme qu'il aime, les chevaux qui lui appartiennent, tout entier John Grady défend ce qui lui est cher – avec des états d'âme, des interrogations sur la légitimité de ses actes. le style poétique de l'auteur magnifie l'ensemble, j'ai lu et relu certains passages pour être sûre de ne rien laisser échapper.
Une belle découverte donc, merci aux lecteurs de Babelio qui m'y ont invitée :).

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Citations et extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   07 juillet 2017
Cette nuit-là il rêva de chevaux dans un champ sur une haute plaine où les pluies printanières avaient fait surgir de terre l'herbe et les fleurs sauvages et les fleurs s'étendaient au loin rien que du bleu et du jaune à perte de vue et dans le rêve il était parmi les chevaux qui passaient au galop et dans le rêve il pouvait courir lui aussi avec les chevaux et il poursuivait les jeunes juments et les juments à travers la plaine où leurs somptueuses robes baies et leurs somptueuses robes châtaines chatoyaient au soleil et les jeunes poulains couraient aux côtés de leurs mères et piétinaient les fleurs dans un brouillard de pollen qui restait suspendu dans les rayons du soleil comme les grains d'or broyé et ils couraient lui et les chevaux le long des hauts plateaux où le sol grondait sous leurs rapides sabots et ils déferlaient et tournaient et couraient et leurs crinières et leurs queues flottaient autour d'eux comme de l'écume et il n'y avait rien d'autre en ce monde d'en haut et tous tant qu'ils étaient ils se déplaçaient dans une résonance qui était entre eux comme une musique est nul parmi eux cheval poulain ou jument ne connaissait la peur et ils passaient au galop dans cette résonance qui est le monde lui-même et qui ne peut être dite mais seulement célébrée.
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ninamarijoninamarijo   14 septembre 2018
il continua par les hautes terres et descendit dans la soirée le versant nord et arriva au pied du glacis où le créosote qui virait à l'olive sombre sous la pluie se dressait en colonies solennelles comme il se dressait depuis des millénaires et davantage dans ce désert vide d'occupant, plus ancien que toute chose vivante.
Il continua, les deux chevaux fermant la marche, débusquant des colombes des mares d'eau stagnante et le soleil à son déclin émergeant des sombres stratus délavés à l'ouest de l'horizon où son rouge incarnat affluait sur l'étroite bande de ciel au-dessus des montagnes comme du sang filtrant à travers de l'eau et le désert rafraîchi par la pluie soudain tout doré dans la lumière du soir puis s'assombrissant, lent écoulement d'encre sur la bajada et les collines pointant à l'horizon et le long tracé de pierre des noircissantes cordillères si net au sud loin à l'intérieur du Mexique.
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VALENTYNEVALENTYNE   30 novembre 2014
Les vachers les reconnurent à la façon qu’ils avaient de se tenir à cheval et les appelèrent caballeros et ils échangèrent du tabac avec eux et leur parlèrent du pays. Ils conduisaient le bétail vers l’ouest, franchissant à gué des ruisseaux et une petite rivière et débusquant devant eux des hardes d’antilopes et de biches à queue blanche tapies dans les bosquets d’énormes peupliers à travers lesquels ils passaient et ils continuèrent ainsi jusqu’à ce qu’ils arrivent en fin d’après midi à une clôture où ils prirent au sud avec le troupeau. Il y avait une route de l’autre côté de la clôture et sur la route il y avait des traces de pneumatiques et des traces de chevaux encore visibles après les récentes pluies et une jeune fille arrivait à cheval le long de la route et les dépassa et ils interrompirent leur conversation. Elle portait des bottes et un pantalon de cheval anglais et une veste d’amazone en serge bleue et elle tenait une badine à la main et le cheval qu’elle montait était un cheval de selle arable à robe noire. Elle était sans doute passée à cheval par la rivière ou par les bas-fonds marécageux car le cheval était mouillé jusqu’au ventre et les quartiers de cuir de la selle paraissaient plus foncé en bas sur les bords et ses bottes aussi. Elle était coiffée d’un chapeau de feutre noir à calotte plate et à large bords et ses cheveux noirs flottaient librement sous ce chapeau et lui tombaient dans le dos presque jusqu’à la taille et en passant devant eux elle tourna la tête et sourit et toucha le bord de son chapeau avec sa badine et les vachers touchèrent l’un après l’autre le bord de leurs chapeaux même ceux qui avaient fait semblant de ne pas la voir passer. Puis elle fit prendre à son cheval un amble d’école et disparut un peu plus loin sur la route. (p 116)
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AllantversAllantvers   26 avril 2015
Cette femme qui avait travaillé pour sa famille pendant cinquante ans. Elle avait gardé sa mère au berceau et elle avait travaillé pour sa famille bien avant que sa mère ne vînt au monde et elle avait connu et gardé les oncles de sa mère les fils Grady qui étaient de vrais sauvages et qui étaient tous morts depuis si longtemps et il resta là avec son chapeau à la main et il l'appela son Abuela et il lui dit adieu en espagnol puis il fit demi-tour et remit son chapeau et tourna son visage humide vers le vent et resta un moment les bras tendus devant lui comme pour reprendre l'équilibre ou bénir la terre là où il était ou peut-être comme pour ralentir le monde qui fuyait dans sa course folle et semblait n'avoir nul souci ni des vieux ni des jeunes ni des riches ni des pauvres ni des basanés ni des visages pâles ni de lui ni d'elle. Nul souci de leurs luttes, nul souci de leurs noms. Nul souci des vivants ni des morts.
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DAYTONADAYTONA   06 août 2014
Non seulement le jeune homme qui chevauchait à quelques pas devant lui se tenait à cheval comme s’il avait été mis au monde pour monter à cheval ce qui était vrai mais eût-il par malheur ou malchance vu le jour dans un étrange pays où il n’y avait jamais eu de chevaux il en aurait de toute façon découvert. Il aurait su qu’il y avait quelque chose qui manquait pour que le monde puisse être tel qu’il devait être ou qu’il puisse lui-même y être vraiment et il se serait mis en chemin et serait parti à l’aventure de place en place n’importe où aussi longtemps qu’il aurait fallu jusqu’à ce qu’il en trouve un et il aurait su que c’était bien ce qu’il cherchait et il ne se serait pas trompé.
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Videos de Cormac McCarthy (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Cormac McCarthy
Sophie Divry évoque aussi le changement de vie, mais lorsqu?il est contraint et forcé par une catastrophe (à l?échelle personnelle puis planétaire). « Trois fois la fin du monde », publié aux éditions Noir sur Blanc (collection Notabilia), est une brillantissime variation sur les mythes de Robinson Crusoé, de « La Route » (le chef d??uvre de Cormac McCarthy) et sans doute du « Procès » de Franz Kafka.
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