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François Hirsch (Traducteur)Patricia Schaeffer (Traducteur)
ISBN : 2020413930
Éditeur : Seuil (06/05/2000)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 97 notes)
Résumé :
Achever cette louve prisonnière du piège qu'il a posé est au-dessus des forces de Billy. Sa décision est prise : il quittera le ranch familial pour la ramener sur sa terre natale. De l'Arizona au Mexique, la route est longue et périlleuse. Il faut franchir la frontière, le grand passage, et pénétrer dans un monde de hors-la-loi, où la révolution gronde... Le moment est venu de faire face à la sauvagerie des hommes.
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Sachenka
  12 octobre 2017
Dans le sud des États-Unis, à la frontière avec le Mexique, deux garçons sillonnent la sierra, les montagnes, le désert. Ces étendues arides, désolées, rien de tel pour que le lecteur se sente dépaysé, aux confins du monde connu. le plus vieux des deux, Billy Parnam, s'embarque dans une quête mi-réaliste, mi-spirituelle. Il réussit à capturer une louve qui rôdait dans les parages et effrayait les troupeaux. Toutefois, au lieu de l'achever, il décide de s'en occuper et de la ramener au Mexique. le voyage est plus ou moins long, les indices de temps sont plutôt vagues. Des semaines, des mois ? J'ai trouvé cette partie fascinante. À travers son errance, le garçon rencontre un monde dur, violent, auquel il fait face avec courage et détermination. À ce titre, le grand passage raconte la traversée autant d'un pays à un autre qu'à celui de l'adolescence à l'âge adulte.
J'ai énormément adoré cette aventure mais, après une centaine de pages, j'étais soulagé de voir la mission de Billy se terminer. L'étirer sur plus de 400 pages aurait donné quelque chose de peut-être ennuyeux. Mais que pouvait bien nous réserver Cormac McCarthy pendant le reste de son roman ? Je dirai seulement que, de retour chez lui en Arizona, Billy ne retoruve pas les choses comme il les avait laissées. Il doit retourner de l'autre côté de la frontière. Les deuxième et troisième parties se transforment en drame familial sombre.
Ces parties, elles m'ont un peu moins plu. Seulement un peu. Certains passages me semblaient longs et répétitifs. Mais je ne veux pas m'attarder à ces points négatifs tellement l'atmosphère du roman m'a transporté et laissé une impression très agréable. le jeune Billy, au seuil de l'âge adulte, se débrouille comme il le peut dans un monde étranger. Il y fait des rencontres aussi intéressantes que troublantes, comme celles d'un prêtre dans une église abandonnée, d'un vieil aveugle-philosophe, d'un ermite, de gitans sympathiques, tant de personnages qui apparaissent brièvement mais qui laissent une marque.
Au-delà de l'intrigue, ce qui m'a interpelé, c'est l'atmosphère. Aucun détail n'a été épargné pour dépeindre ce monde, ces terres sauvages et abandonnées, ces individus uniques, ces nuits solitaires ou parfois passées en bonne compagnie. « Les gens allaient d'un feu à un autre et leurs voix portaient dans le noir et plus loin encore les notes d'une guitare sur le velours de la nuit d'été. » (p. 227, Éditions de l'Olivier) Littéralement envoutant. Sans oublier qu'on a toujours cette impression que quelque chose va se produire. Cormac McCarthy, avec son style dépouillé et poétique, a le don d'éveiller le mystère et le suspense.
Le grand passage est le deuxième tome de la Trilogie des confins. Il n'est pas la suite logique du premier, les deux livres peuvent se lire indépendemment l'un de l'autre, ils mettent de l'avant des personnages différents, sans liens entre eux. Dans ce cas, qu'est-ce qui les relie ? Leurs thèmes, comme le Mexique, les grands espaces, les animaux (surtout les chevaux), une sorte de quête initiatique. C'est avec grand plaisir que je lirai le troisième tome et d'autres romans de cet auteur de talent.
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petch
  23 novembre 2013
Errance, rencontres humaines, animales, drames de famille : le deuxième tome de la trilogie des confins de Cormac Mc Carthy nous plonge derechef aux tréfonds de l'univers et des obsessions de l'auteur. Après avoir vibré aux tribulations de John Grady Cole dans le premier opus de cette trilogie des confins (« de si jolis chevaux »), nous voilà à présent sur les traces de Billy et de son frère Boyd. Dans ce roman, à l'écriture complexe et parfois absconse, il sera question de plusieurs allers-retours de notre héros entre le sud des Etats-Unis et le nord du Mexique. Pour ramener une louve prise au piège sur les terres du paternel, puis pour des motifs apparemment plus graves, des histoires de vengeances familiales, de séparation, de vols de chevaux. Aucune clé n'est donnée dans ce livre, on ne saura jamais pourquoi tel ou tel évènement tragique survient. le récit se décline sous forme d'une chronique quotidienne. A chaque fois, Billy, qui ne se sent nulle part à sa place, de part et d'autre de la frontière, ne trouvera la paix que dans la solitude de l'errance, dans le contact avec les animaux, dans la rencontre intense mais toujours épisodique d'êtres humains au caractère trempé et à la vie fracassée.
La lecture est difficile, ça gratte… le style rêche de McCarthy n'invite pas toujours à tourner les pages, mais on s'accroche… On s'accroche parce que cela en vaut diablement la peine. Billy apprendra, mais à quel prix, que même si la plupart des humains ne valent pas grand-chose, et que finalement les animaux gardent cette innocence et souffrent de l'existence de l'homme, certains de ces humains méritent d'être rencontrés. Qu'ils soient gangsters, bandits de grands chemins, ermites à moitié fous, aveugles errants,… Tous ont une histoire à partager, et leur rencontre avec Billy sera pour eux l'occasion de transmettre leur parcours. Un seul regret, ne connaissant pas un mot – ou presque – d'espagnol, les longs passages non traduits (des dialogues surtout) m'ont au départ bien plu, puis à la longue un peu fatigué, avec le sentiment diffus de passer à côté de quelque chose. A bientôt pour le troisième volet de cette trilogie, qui verra la rencontre de John Crady Cole et de Billy dans cette région des Etats-Unis vivant encore au dix-neuvième siècle, le reste du monde rentrant de plein pied dans l'ère moderne des guerres mondiales.
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carre
  18 avril 2012
Bien avant "La route" qui l'a fait connaitre à un plus large public, le grand Cormac McCarthy, avait déjà sévit. Et de quelle manière. Ce long roman genre road-movie est un pur bonheur de lecture. Billy, vit avec son frère Boyd et ses parents sur un ranch près de la frontière américano-mexicaine. Un jour, il découvre une louve qui attend des petits, après l'avoir maitrisée, il décide de la ramener sur ces terres mexicaines. L'aventure va l'emmener bien au déla de ce qu'il imaginait.
Deuxième livre de la trilogie des Confins, McCarthy dans un style riche, puissant, sec, pose de nombreuses questions sur la nature humaine, dans des décors sauvages magnifiques. Elégamment et abondamment dialogué (d'ailleurs tous les dialogues en espagnol sont retranscrits sans traduction, mais facile de compréhension) , l'on suit les péripéties de Billy avec un grand plaisir. Un souffle épique flotte constamment sur le roman , Mc Carthy ramifie de nombreuses histoires à la trame originelle qui donne une force et une ampleur incroyable au récit.
Mc Carhy est considéré comme un auteur majeur, on sait pourquoi. Vamos amigo.
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bgbg
  30 novembre 2013
Le grand passage, par Cormac MacCarthy. Après "De si jolis chevaux" qui contait déjà l'épopée mexicaine tourmentée de deux jeunes gens, la trilogie des confins se poursuit avec "Le grand passage", livre tout aussi puissant, et qui reprend les thématiques du premier : des adolescents sans avenir et en quête d'ailleurs, les grands espaces, déserts, montagnes, passages accidentés, la confrontation de jeunes américains avec la vie mexicaine, à la fois pauvre, rude et violente, et chaleureuse, humaine. La solitude est aussi un thème récurrent. Quoi qu'il en soit, les règles ne sont pas les mêmes de part et d'autre de la frontière des Etats-Unis avec le Mexique. Là, les hommes, voleurs de chevaux, brigands de grands chemins ou employés de latifundiaires, s'accomplissent dans la violence et la vengeance et ne supportent pas l'atteinte à leur honneur. Nos deux américains, Billy et son jeune frère Boyd, affrontent avec une certaine naïveté, mais aussi de l'audace et du courage, la nature qui peut être très hostile, le dénuement et la faim qui sont leur condition habituelle, et les hommes dont la sauvagerie s'exprime à tout bout de champ. Ils font aussi des rencontres de haute spiritualité où s'expriment des conceptions parfois alambiquées de la vie, de la mort ou de la religion. Ces sages sont un connaisseur en loups, un vieil ermite, un gitan, un révolutionnaire, etc.
La barbarie humaine, omniprésente, prend une forme particulièrement tragique quand, au cours d'une fête de village, les hommes s'en prennent à une louve gravide que Billy avait capturée et qu'il voulait ramener et relâcher dans son Mexique natal ; sur une scène, devant une foule déchaînée, ils lâchent leurs chiens sur la louve enchaînée, chacun à leur tour. le premier voyage de Billy s'achève ainsi sur un revers, qui sera doublé, à son retour chez lui par un drame qui a décimé sa famille.
Il lui reste à repartir avec son jeune frère sur les terres mexicaines, à la recherche des chevaux volés à ses parents. Il reviendra sans son frère et sans les chevaux, après avoir vécu des chocs de toutes sortes, de la violence, des rencontres pleines d'humanité, encore de la violence … Il y retournera une troisième fois à la recherche de son frère, qui avait "fugué" avec une petite mexicaine.
Ce livre sombre, désespéré, est beau, ensorcelant et rayonnant à la fois. Envoûtant, extrême, il prend aux tripes. L'écriture de Cormac McCarthy est tout à fait singulière, tout est décrit avec minutie et comme si tout avait la même importance, les paysages comme les gestes quotidiens, les rixes comme les actes dans leur technicité la plus pointue, les envolées, les argumentations théoriques comme les dialogues les plus banals… McCarthy ne sonde pas les âmes, ne s'embarrasse pas de psychologie, c'est son style, ses descriptions qui dessinent ses personnages. Les reliefs de leurs personnalités comptent peu, car ce qui accroche, c'est une histoire, une trajectoire, une destinée qui se fondent dans une quête infinie, une recherche mystique, et la révélation d'une angoisse diffuse qui atteint le lecteur de plein fouet.
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JaneEyre
  24 juillet 2015
Ce deuxième tome de la trilogie des confins reprend les thèmes (adolescence, errance, Mexique, chevaux...) que j'avais bien aimé dans de si jolis chevaux. J'ai particulièrement aimé le début du livre, qui raconte la capture de la louve, et l'installation du rapport de force et de confiance entre Billy et l'animal. Pour ne pas révéler l'intrigue je m'arrete là mais j'ai été très touchée et j'ai trouvé qu'il y avait une vraie puissance dans ces passages.
Par contre je me suis un peu perdue par la suite, certains dialogues (non traduit dans mon edition, sachant je vis dans le nord est de la France et que j'ai jamais parlé un mot d'espagnol du coup...) m'ont "fatiguée", et je pense, humblement, n'avoir pas saisi toutes les références ni toute la philosophie qu'il y a derrière ces passages (?)... Donc j'ai un peu traîné la patte sur la bonne seconde moitié du livre... Je suis donc un peu mitigée, et je préfère le premier tome. Peut-être devrais-je relire celui ci dans quelques années? Je l'ai trouvé trop peu accessible.
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Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   09 octobre 2017
Le corrido est l'histoire du pauvre. Il ne reconnaît pas les vérités de l'histoire mais les vérités des hommes. Il raconte l'histoire de cet homme solitaire qui est tous les hommes. Il croit que lorsque deux se rencontrent il peut arriver l'une ou l'autre de deux choses et aucune autre. L'une est un mensonge et l'autre la mort.
Ça peut vouloir dire que la mort est la vérité.
Oui. Ça veut dire que la mort est la vérité.
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SachenkaSachenka   11 octobre 2017
Ce qui l'avait emporté se présentait comme le symbole et le produit du monde disparu mais n'était ni l'un ni l'autre. Il dit que de toute façon le passé n'était guère plus qu'un rêve et que le pouvoir qu'on lui accordait dans le monde était grandement exagéré. Car le monde était refait chaque jour à neuf et c'était seulement parce que les hommes s'accrochaient à des coquilles disparues qu'ils avaient pu faire du monde une coquille de plus.
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SachenkaSachenka   04 octobre 2017
Tout homme sait au fond de lui que quelque chose est averti de son existence. Quelque chose en est averti, dont on ne peut ni fuir ni se cacher. Imaginer qu'il peut en être autrement c'est imaginer l'innommable. Le problème n'a jamais été que cet homme a cessé de croire en Dieu. Non. C'est plutôt qu'il en était venu à croire des choses terribles au sujet de Dieu.
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petchpetch   02 novembre 2013
Quand il sortit au soleil et détacha le cheval du compteur de stationnement les gens qui passaient dans la rue se retournèrent pour le regarder. Une créature venue des plateaux sauvages, une créature surgie du passé. Déguenillée, sale, l’œil et le ventre affamé. Tout à fait inexplicable. En ce personnage incongru ils contemplaient ce qu'ils enviaient le plus au monde et ce qu'ils méprisaient le plus.
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darkon31darkon31   28 juin 2009
Il dit à Billy qu'il était un huérfano mais qu'il devait cesser pourtant ses errances et se trouver une place dans le monde parce qu'errer de cette manière deviendrait pour lui une passion et que cette passion le rendrait étranger aux hommes et finalement à lui-même. Il dit que le monde ne peut être connu que tel qu'il existe dans le coeur des hommes. Car si le monde semble être un lieu où résident les hommes c'est dans l'homme en réalité que réside le monde et pour le connaître c'est donc là qu'il faut chercher et apprendre à connaître le coeur des hommes et pour cela il faut vivre avec les hommes sans se contenter de passer parmi eux.
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Videos de Cormac McCarthy (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Cormac McCarthy
Les Sables de l?Amargosa - Claire Vaye Watkins .Une terrible sécheresse a fait de la Californie un paysage d?apocalypse. Fuyant Central Valley devenue stérile, les habitants ont déserté les lieux. Seuls quelques résistants marginaux sont restés, prisonniers de frontières désormais fermées, menacés par l?avancée d?une immense dune de sable mouvante qui broie tout sur son passage. Parmi eux, Luz, ancien mannequin, et Ray, déserteur « d?une guerre de toujours », ont trouvé refuge dans la maison abandonnée d?une starlette de Los Angeles. Jusqu?à cette étincelle : le regard gris-bleu d?une fillette qui réveille en eux le désir d?un avenir meilleur. Emmenant l?enfant, ils prennent la direction de l?Est où, selon une rumeur persistante, un sourcier visionnaire aurait fondé avec ses disciples une intrigante colonie? Salué par la presse américaine, Les Sables de l?Amargosa surprend autant par son réalisme, d?une brûlante actualité, que par sa dimension prémonitoire. Portée par une langue d?une beauté brutale, ponctuée de scènes mémorables, cette fable réinvente le roman de l?errance dans la lignée de John Steinbeck et Cormac McCarthy. http://www.albin-michel.fr/ouvrages/les-sables-de-lamargosa-9782226328588
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La Route de C.McCarthy (SPOIL)

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