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ISBN : 2841115682
Éditeur : Editions Nil (22/08/2013)
Résumé :
« Mon nom est Judith McPherson. J'ai dix ans. Lundi, il s'est produit un miracle. »

Judith McPherson n'a pas grand-chose dans la vie. Elle vit avec son père John au pied des montagnes, dans une ville de « fenêtres cassées et d'hommes aux dents cassées », dans un pavillon silencieux, plein de reliques poussiéreuses, de souvenirs de sa mère qu'elle n a jamais connue. Si la ville est entièrement gouvernée par l'économie des usines, les McPherson vivent s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Syl
  26 août 2013
D'après la Genèse, Dieu créa le monde en six jours. Après les ténèbres, l'abîme et les eaux, viennent la lumière, puis successivement, le firmament des cieux, l'air, la terre, le soleil, le jour, la lune, les étoiles, les saisons, les créatures animales et Adam…
Judith McPherson est une petite fille de dix ans, précoce et dotée d'une vive imagination. Orpheline de mère, elle vit avec son père qui est membre de la communauté des Frères. Ils prêchent la parole du Christ dans leur cité ouvrière et annoncent la fin du monde pour bientôt. Armageddon sera la dernière bataille du bien contre le mal et l'anéantissement de ce monde.
Le quotidien de Judith est rythmé par les Choses Nécessaires, la lecture de la Bible, les rencontres avec les Frères de la congrégation, l'école et son pays imaginaire.
Judith a dans sa chambre "Le plus beau de tous les pays". A la manière de Dieu, elle a créé son petit paradis. Une terre, une galaxie, elle s'évade dans cette dimension qu'elle aime penser, dessiner et réaliser.
D'abord, il y a eu les champs, une maquette composée de toiles, de plastiques et de papiers. Les rivières et les montagnes sont apparues pour orner le paysage de manière méthodique et artistique. Et la lumière a suivi avec un soleil de fer suspendu au dessus. Des miroirs sont des mers, les villages des boîtes, des morceaux de papiers mâchés s'animent… Toute matière est bonne pour la création.
A l'école, son regard est souvent baissé pour récolter des miettes, des particules, un papier, un bouton, et lorsqu'il s'élève à la hauteur de ses camarades qui jouent dans la cour, elle se rabat vite dans son univers. Elle a le sien, ils ont le leur.
Cinglée, tarée. Leurs paroles la blessent, puis viennent les gestes, les menaces.
"Il a les cheveux jaune paille, des cils pales et un toupet. du toupet, il n'en manque pas, d'ailleurs. Il y a deux autres garçons avec lui. L'un deux m'arrache mon sac. Il le retourne et le papier de bonbon, le lacet et les couvercles de boîtes s'envolent.
Le garçon aux cheveux jeune paille me relève d'un coup.
- Qu'est-ce qu'on pourrait faire d'elle ? demande-t-il.
- La suspendre à la rambarde.
- Lui baisser son pantalon.
Le garçon aux cheveux jaune paille sourit. Il lance :
- T'as déjà vu l'intérieur d'une cuvette de chiottes, la cinglée ?"
Noyée, la tête plongée dans une cuvette des W.C. C'est terrifiant.
La menace de Neil Lewis poursuit Judith tout le week-end. Il faudrait qu'un évènement bouscule l'ordre des choses pour qu'elle ne puisse pas aller en classe lundi.
Alors qu'elle écoute attentivement le prêche de Frère Michaels, une révélation s'impose à elle. Tout est question de foi, "tout est possible, à tout moment, partout et pour toutes les sortes de gens."
Elle voudrait une neige épaisse, paralysante. Elle prie en répandant sur le dessus du Plus Beau de Tous les Pays, du coton. "Qu'il neige, qu'il neige…" et la nuit dans ses rêves, Dieu intervient en lui parlant. Simple hallucination engendrée par un esprit inventif ? Judith n'approfondit pas la question car il semblerait qu'elle soit une élue. Un miracle se produit le lendemain et surprend tout le monde. La neige recouvre tout.
D'une manière spontanée, simple, Judith confie dans ses écrits ce premier signe. Elle essaie également de prouver que cette coïncidence d'octobre n'en est pas une. Après la neige, elle additionne d'autres petits miracles et les énumère. Toujours accompagnée par la voix qui l'encourage, elle aspire à plus… faire tomber la neige, retrouver le chat de Madame Pew, ce n'est pas suffisant ! Elle désire ne plus avoir peur, être débarrassée de Neil et se faire aimer de son père.
Très vite, son ascendant dévie de sa trajectoire. Elle appelle ça "l'effet boule de neige" et "les ennuis appellent les ennuis". Les évènements se succèdent en modifiant l'ordonnance du quotidien, heurtant sa bulle familiale et le Plus Beau de Tous les Pays. Il est difficile de tout maîtriser, surtout la violence et l'intolérance.
Mais l'amour ne serait-il pas la plus belle des fois ?
L'histoire de Judith est belle. La poésie de son journal est douce, faite d'espérance, de sincérité, mais le lecteur en perçoit aussi toute la tristesse. Elle allie à la candeur de son âge, des réflexions d'une maturité surprenante. Ses secrets, son désenchantement, ses angoisses, ses rêves, ils sont racontés, écrits et enfouis dans son pays imaginaire, là où se cache l'âme de sa mère.
Seule enfant de la congrégation, élevée dans une foi aveugle qui est une force et une faiblesse, Judith connaît la retenue et la prudence. Elle discerne avec lucidité les tangentes des mondes, ses agressions, ses discriminations et les subit sans opposer de défense. Tendre l'autre joue est un précepte de la Bible.
Lorsque la voix lui parle, on ne sait d'où elle vient et Judith aime à penser qu'elle appartient à Dieu. Elle est salvatrice. Les mots s'enchainent alors… élue, "Etre suprême", bien, miracles, pacte, choix… et nous retrouvons par opposition… doute, méfiance, scrupule, colère, mal, démon. La voix peut-être l'expression d'un délire, d'une schizophrénie, elle est inquiétante, mais Judith s'en accommode relativement bien et conserve son objectivité. Ce petit bout de fille, tendre et fragile, n'hésite pas à s'imposer lorsque son jugement diffère de celui de "Dieu". Elle a un esprit libre.
Dans un style imagé, fantasque, émouvant, parfois désopilant et drôle, Judith nous présente son entourage : un père atone, qui paraît indifférent, ancré dans le souvenir de sa femme et qui appréhende l'amour, une vieille voisine charmante, les membres de la communauté qui lui témoignent de l'affection, Neil Lewis son tortionnaire à l'école… et son professeur Madame Pierce pour qui elle éprouve une véritable confiance. Madame Pierce peut être considérée comme un miracle car depuis son arrivée à l'école, l'existence de Judith est beaucoup plus sereine. Vigilante, attentive, elle a rapidement compris son calvaire.
Elle dévoile aussi une société en perdition, pauvre, des âmes troublées qui s'égarent dans la violence ou la religion (très actuel). Autres thèmes abordés, le deuil, vécu avec rancoeur, la quête d'amour, entre un père et sa fille, et la puissance de l'imagination et de la création.
Le Plus Beau de Tous les Pays est le premier roman de Grace McCleen. Sur la quatrième de couverture, il est précisé qu'elle a vécu dans une famille de chrétiens fondamentalistes, à l'écart du monde. Je peux en conclure que les pensées de Judith ont dû être les siennes un jour et qu'elle nous rapporte quelques bribes de cette vie passée…
Ce livre est une rentrée littéraire. Je vous le recommande car il est un de mes derniers coups de coeur !
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AliceFee
  31 août 2013
Mlle Alice, pouvez-vous nous raconter votre rencontre avec le Plus Beau de tous les Pays?
"J'ai rencontré ce livre grâce aux éditions Nil. La couverture et le résumé m'ont donné envie de découvrir cette histoire racontée par une petite fille de 10 ans."
Dites-nous en un peu plus sur son histoire...

"Judith est sûre que sa fin est proche. Lundi, Neil, son camarade de classe, va lui mettre la tête dans les toilettes et elle va se noyer. Sauf que Judith à la foi. Alors elle prie, elle demande un miracle, espère de la neige alors qu'on est en Octobre. Et lundi matin, quand elle se lève, le monde est recouvert de son manteau blanc."
Mais que s'est-il exactement passé entre vous?

"J'ai lu plusieurs chroniques sur ce livre et presque toutes parlent de coup de coeur. Et comme pour "la femme qui décida de passer une année au lit", il y a quelque chose que j'ai du mal à appréhender. Ce n'est pas du tout une critique mais j'essaie vraiment de comprendre comment on peut adorer se plonger ainsi dans le malheur des autres. En ce qui me concerne, j'avais mal au ventre tellement j'étais angoissée pour Judith, cette lecture m'a tendu et m'a donc été assez désagréable. de plus, je n'ai pas du tout apprécié la façon dont est traitée la religion. Certes, Judith et son père appartiennent à une communauté religieuse que certains qualifieraient d'extrémiste, voire d'illuminée, et il y a sûrement beaucoup de choses à un dire. Mais ici, on a l'impression qu'à la fin, le père et la fille seront heureux s'ils arrêtent de croire en Dieu. Sans parler du fait que Judith entend Dieu dans sa tête et qu'il la culpabilise de tout ce qui arrive autour d'elle alors même que cette enfant est la gentillesse incarnée. Ce n'est ni juste, ni la conception que je me fais de Dieu."
Et comment cela s'est-il fini?

"Je regrette de dire que j'étais soulagée de fermer ce livre. Je pense qu'il s'adresse à un certain public et que je n'étais clairement pas la bonne cible. Certains ont besoin de ce genre de livres pour se plonger dans des sujets sérieux, des réflexions, quant à moi j'ai besoin de livres qui me divertissent pour arrêter d'y penser."

Lien : http://booksaremywonderland...
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Bazart
  28 novembre 2013
Judith McPherson n'a pas grand-chose dans la vie. Elle vit avec son père John au pied des montagnes, dans une ville de « fenêtres cassées et d'hommes aux dents cassées », dans un pavillon silencieux, plein de reliques poussiéreuses, de souvenirs de sa mère qu'elle n'a jamais connue.
Si la ville est entièrement gouvernée par l'économie des usines, les McPherson vivent sous l'autorité de la sainte Bible. Ils appartiennent à une secte, les Frères, qui étudient quotidiennement le texte et effectuent tous les dimanches du porte-à-porte dans les rues environnantes pour avertir de l'imminence de l'Apocalypse.
Victime de brimades à l'école, Judith trouve du réconfort dans la création, loin des regards, d'un monde en miniature avec des montagnes de papier mâché et des rivières en film alimentaire, des champs de velours côtelé marron et un miroir pour la mer. Judith l'appelle « le Plus beau de tous les pays », d'après une phrase tirée du livre d'Ézéchiel.
Voici un livre à la fois déroutant et émouvant. le lecteur ne pourra qu'être touché par la solitude de cette fillette qui grandit auprès d'un père qui la néglige, des adultes d'une communauté qui annone la fin du monde et des élèves qui la harcèle à l'école car elle est différente. Elle s'est créé un monde, entend Dieu lui parler, et croit que grace à sa foi elle peut faire des miracles et influer sur les évènements.
Nous souffrons avec son père et elle lorsque les harcèlements se durcissent, et la fin est inattendue. "Le plus beau de tous les pays" est un roman à conseiller par son originalité et les sujets qu'il aborde, la foi, la différence, et la difficulté de vivre dans un monde hostile.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Biname
  01 octobre 2013
J'ai toujours un mal d'écrire sur un très très très gros coup de coeur. Mes émotions prennent le dessus et je n'arrive pas à trouver les mots pour partager avec vous mes impressions sur le roman. J'ai l'impression que je ne saurai vous donner que des adjectifs et encore je serai frustrée car ce n'est pas avec ça que l'on donne envie de lire un roman.
Ce premier roman (de l'auteur) répond à l'une de mes plus grandes faiblesses en littérature: les romans de vie qui parlent de l'enfance. de cet éveil au monde, de la brutalité qu'il peut contenir. Les rapports parfois dures avec ses parents et surtout le monde imaginaire (ou réel) que l'on peut se créer pour totalement survivre chaque jour.
Un roman d'une force incroyable que j'ai totalement dévoré. Superbement écrit, il y a peu de mots pour décrire ce plaisir. Je le conseille vivement
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LesLecturesDeCledesol
  22 août 2013
Je tiens tout d'abord à remercier les Editions Nil, pour m'avoir permis de découvrir ce titre en avant-première, il fait parti des nombreux livres de cette rentrée littéraire 2013, et ce fut un réel plaisir !
Ce livre m'a énormément plu, coup de coeur à l'horizon !
Il est pourtant assez difficile de parler de ce roman, sans trop en dire, ce qui gâcherait votre plaisir si vous désirez le lire. Ce roman nous raconte l'histoire de Judith, petite fille de dix ans. Il est écrit à la première personne, un peu à la façon d'un journal intime. de cette façon, Judith se confie à nous, et nous avons accès à ses pensées les plus profondes ce qui la rend très attachante.
Judith est vraiment le centre de ce roman. C'est une fillette hors du commun, elle réfléchit beaucoup, et voit de la beauté dans le monde, là ou le commun des mortels, ne verrait qu'un tas de détritus. Judith se construit un monde imaginaire dans sa chambre. On pourrait croire qu'il s'agit juste d'une petite fille à l'imagination débordante mais il en est rien. On sent une blessure profonde en elle, et l'on se pose rapidement des questions. Est-elle maltraitée d'une quelconque façon ? As-t-elle subit un choc émotionnel ou tout autre blessure ? Voilà les questions qui s'enchaînent rapidement, mais en fait, il s'agit un petit peu de tout cela à la fois.
De part sa différence de religion, Judith est malmenée et rejetée par ses camarades de classes et en particulier un groupe de garçon mené par un jeune briguant que même l'instituteur n'arrive pas à maîtriser. Son père autoritaire et taciturne, rejette toutes les formes de fantaisies à la maison, et reproche sans cesse à Judith de vivre dans son monde. Elle souffre également de l'absence de sa mère, et elle a souvent l'impression que son père ne l'aime pas.
La religion est très présente dans sa vie, et elle attend sereinement la fin du monde annoncée, comme le début d'un monde meilleur ou elle retrouverait sa mère, et son père, ensemble. La famine, les pollutions et les guerre n'existeraient plus.
Autour de Judith, personnage central de ce roman, gravite une galerie de personnages, réels ou même parfois imaginaires. le père de Judith y tient une place très importante. On sent en lui, une énorme blessure. C'est un homme blessé par la vie qui tente de garder pied, dans la religion. Mais ne vous inquiétez pas, si en effet la religion est très présente dans ce livre, elle ne dérange pas le lecteur, du moins personnellement elle ne m'a pas dérangé.
Ce livre est avant tout un roman qui parle de la différence, qu'elle soit d'opinion, de croyance, de milieu. C'est un roman qui laisse planer un sentiment de malaise durant la lecture, qui fait réfléchir. En bref, un roman à découvrir d'urgence !!!
Ce roman a été publié aux Editions Nil en Août 2013.
Lien : http://milleetunepages.com/2..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
MontahaBanniMontahaBanni   07 juillet 2016
Je me dis qu'il y a des palais dans les nuages, des montagnes dans les vasques naturelles, des autoroutes dans la poussière à mes pieds, et des villes au verso des feuilles d'arbres; qu'il y a un visage sur la lune, une galaxie dans mon oeil et un tourbillon au sommet de ma tête.

Et alors. Je sais que je suis à la fois gigantesque et minuscule , que je suis éternelle et je peux disparaître d'un instant à l'autre, que je suis aussi jeune qu'un bébé souris et aussi vieille que les montagnes de l'Himalaya. Que je suis immobile et que je virevolte . Et que , si je suis poussière, alors je suis aussi la poussière des étoiles .
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BazartBazart   16 novembre 2013
« Mon nom est Judith McPherson. J'ai dix ans. Lundi, il s'est produit un miracle. »
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SylSyl   25 août 2013
"Il a les cheveux jaune paille, des cils pales et un toupet. Du toupet, il n’en manque pas, d’ailleurs. Il y a deux autres garçons avec lui. L’un deux m’arrache mon sac. Il le retourne et le papier de bonbon, le lacet et les couvercles de boîtes s’envolent.
Le garçon aux cheveux jeune paille me relève d’un coup.
- Qu’est-ce qu’on pourrait faire d’elle ? demande-t-il
- La suspendre à la rambarde.
- Lui baisser son pantalon.
Le garçon aux cheveux jaune paille sourit. Il lance :
- T’as déjà vu l’intérieur d’une cuvette de chiottes, la cinglée ?"
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matata59matata59   17 octobre 2013
J'ai réfléchi un instant.
-Vous n'en avez jamais assez?
-Pardon?
-D'avoir raison.
-S'il est une chose dont Je ne Me lasse jamais, a dit Dieu, c'est bien d'avoir raison.
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Video de Grace McCleen (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Grace McCleen

Le plus beau de tous les pays - Grace McCleen
A paraitre le 22 août 2013 http://editionsnil2013.tumblr.com/ https://www.facebook.com/nileditions Judith McPherson n'a pas grand-chose dans la vie. Elle vit...
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