AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Marcel Duhamel (Traducteur)
EAN : 9782070410330
209 pages
Éditeur : Gallimard (19/10/1999)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 410 notes)
Résumé :
Hollywood avant la Seconde Guerre mondiale. Robert Syberten rencontre Gloria Bettie. Comme elle, il est figurant au cinéma. Mais loin d'avoir réalisé leurs rêves, ils n'ont eu qu'un long parcours chaotique semé d'échecs. Désœuvrés et sans argent, ils décident de s'inscrire à un marathon de danse dans l'espoir de décrocher les 1 000 dollars de récompense et de se faire remarquer par un des producteurs formant le public quotidien de ces soirées. Il ne leur reste plus ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (60) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  11 mars 2013
Cette critique vient en réaction à une critique récente qui, je pense, donne une idée assez piètre de ce livre. Loin de moi l'idée de dénigrer cette critique qui est légitime et parfaitement entendable. Seulement une volonté d'apporter un éclairage autre sur ce livre, que, personnellement, je tiens en TRÈS, TRÈS haute estime. (Je tiens également à apporter quelques précisions eu égard au film de 1967 réalisé par Sydney Pollack et qui se présente comme issu du livre.)
Ce film fut pour moi une cruelle déception ! Moi qui apprécie pourtant les talents de réalisateur de Pollack (notamment dans l'adaptation fameuse de la Ferme Africaine de Karen Blixen), je ne puis que vous inciter à 563000% à vous fier au livre de Mc Coy pour vous faire une idée véritable de l'oeuvre.
Le film me semble aussi lent et ennuyeux que le livre m'apparaît tonique et captivant. Sans être un navet, c'est tellement moins subtil, tellement modifié que ça ne ressemble plus beaucoup à l'original. Je pense notamment au rôle de Gloria interprété par Jane Fonda qui n'a pas grand-chose à voir avec la Gloria du livre. Personnellement, je trouve Jane Fonda imbuvable et caricaturale dans ce rôle.
Qu'en est-il du livre alors ? me direz-vous. Là, c'est une autre paire de manches et je pense qu'il serait très réducteur de s'arrêter au seul scénario. Voici mes raisons :
Au travers de ce petit roman, Horace McCoy a, à la fois le talent de choisir un élément anecdotique du fonctionnement d'une société (l'organisation des marathons de danse sur plusieurs semaines dans les années 1930 sur la côte ouest des USA) qui en illustre le principal dysfonctionnement (voyeurisme, cupidité, mercantilisme sur la vie des gens, etc.) et qui a donc une valeur de généralisation, mais également un talent de narration d'une redoutable efficacité.
Deux personnages, deux paumés, un homme et une femme, deux oubliés du rêve américain, qui cherchent désespérément une place de figurant à Hollywood se rencontrent par hasard.
Gloria décide Robert à participer à un marathon de danse dont la prime semble bien dérisoire, à savoir 1000 dollars, mais 1000 dollars, au milieu des années 30, en Californie, quand on vient d'un trou perdu, c'est presque la fortune !
La grande force de cet exemple réside dans le principe même de l'épreuve, vu qu'au moment où tous sont épuisés et auraient envie de jeter l'éponge, ils ont déjà tellement souffert qu'ils trouvent dommage d'arrêter si prêt du but, et du coup, tous re-signent pour un tour de plus de ce manège abject et sans fin. (En psychologie sociale, ce phénomène est connu sous le nom de " d'erreur de jugement des coûts irrécupérables " — sunk cost fallacy en anglais.) Dans les faits, c'est une attraction sur la fêlure des gens, télé-réalité avant l'heure ou gladiateurs modernes, où l'on attend que l'un des concurrents s'écroule, issue que les commanditaires attendent en refourguant au passage tout un monceau de pacotilles publicitaires.
C'est donc bien une vision qui de nos jours est et demeure pénétrante d'acuité, une réflexion qui n'a pas pris une ride sur notre système actuel (j'écris en cette première moitié de la décennie 2010) alors que le livre date de 1935, sur l'enfer du quotidien, sur la déprime que crée le système dont Gloria est le symbole. (Robert est pris d'extase à un moment, simplement à pouvoir contempler un coucher de soleil pendant quelques minutes.)
Pour continuer le parallèle avec le cinéma entamé plus haut, c'est une dénonciation au moins aussi forte que celle de Chaplin dans Les Temps Modernes. Gloria dit à un moment qu'elle se sent trop fatiguée pour vivre et pas assez courageuse pour mourir. Elle implore alors le coup de grâce à l'infortuné Robert, pauvre bougre et compagnon de descente aux enfers...
Robert et Gloria, d'une certaine manière vont sortir de la route toute tracée, et cela, l'Amérique ne peut le supporter, et elle les broiera pour en faire des exemples. Les organisateurs du concours, tout cyniques qu'ils sont, représentent la force et la faiblesse de l'Amérique, à la fois douée d'une énergie folle pour s'en sortir et mais parallèlement peu regardante sur les moyens à utiliser pour atteindre cet objectif.
Bref, selon moi, un chef-d'oeuvre absolu, fort, tonique et qui imprime l'inconscient, bien plus qu'un simple roman noir, une analyse et une critique sociale pertinentes, il y a, je le répète, toujours d'après moi, de la philosophie là-dessous, il y a de l'analyse sociale fine, il y a un tas de qualités. Je comprends toutefois que nous ayons chacun nos sensibilités différentes et que l'ouvrage puisse laisser certains lecteurs totalement de marbre. Comme je le précise à chaque fois, ceci n'est que mon avis, qu'on ferait peut-être mieux d'achever, c'est-à-dire, pas grand-chose.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          11730
kielosa
  04 octobre 2019

J'ai d'abord vu le film de Sidney Pollack de 1969, basé sur l'ouvrage de Horace McCoy de 1935, l'année de sa sortie dans nos salles et l'histoire m'a tellement impressionné que je suis retourné voir le film le lendemain. Et pas parce que j'étais un fan inconditionnel de Jane Fonda, ce que je n'étais pas, quoiqu'elle y est convaincante. L'idée qu'il y ait eu aux États-Unis des marathons de danse pour des sous, ou tout simplement pour se remplir l'estomac, m'avait laissé interdit. C'était avant de lire "Les raisins de la colère" du Prix Nobel John Steinbeck, LE livre sur la Grande Dépression américaine après le Krach de Wall Street de 1929.
D'après les statistiques de Babelio, dont la qualité scientifique n'est contestée par personne de sensé, ce roman a été lu par presque 1000 Babéliautes, 937 pour être aussi précis que notre site préféré ! Chiffre saisissant, auquel il convient naturellement d'ajouter toutes celles et tous ceux qui ont vu le film et dont le total doit être carrément hallucinant et se situer dans les dizaines de milliers de spectateurs, rien que dans les pays francophones de notre vieille Europe, que ce serait un exercice hautement futile que de vouloir résumer le récit de ce pauvre McCoy.
Au moment de la lecture en 1971, j'avais noté au crayon pour moi-même en bas d'une page à propos des marathons yankees de danse les qualificatifs suivants : inhumains, décadents et hypocrites.
Deux dames de la Ligue des mères pour le relèvement de la morale publique essaient de faire arrêter le marathon par le Conseil municipal de l'endroit parce qu'elles estiment que le spectacle est "vil et dégradant". Objectivement elles ont, bien entendu, raison. Mais si le Conseil municipal est réticent c'est que, comme souvent aux États-Unis, c'est tout d'abord une histoire de sous. Il y a en effet les entrées, la vente de boissons et victuailles et cela sur une période de marathon qui dépasse facilement le mois.
L'auteur fait référence à un marathon de danse qui s'est tenu, en cette période dans l'Oklahoma, et qui a duré 1.253 heures, soit plus de 52 jours d'affilé. Les participants étaient obligés de constamment se mouvoir, sauf lors d'une petite pause de 10 minutes tous les 2 heures. de très courtes pauses durant lesquelles il fallait se nourrir, se laver et changer de vêtements, se faire masser les muscles endoloris, se faire ausculter et à la rigueur soigner par le toubib et les infirmières et cela évidemment à toute vitesse et... dormir un petit bout, quitte à être obligé de se faire réveiller à l'ammoniaque pour pouvoir reprendre la "danse".
Certains organisateurs de telles festivités inventaient par ailleurs n'importe quoi pour augmenter la "qualité" des show en prévoyant des petits sprints et bien pires des derbys éliminatoires autour de la piste avec le couple qui faisait le moins de tours disqualifié.
Si participer à de tels événements était rentable, à vous de juger. Les participants recevaient 7 fois par 24 heures de la nourriture : 3 repas complets et 4 casse-croûte. Ils recevaient aussi vêtements et godasses, ce qui n'est pas un luxe car l'usure des vêtements et chaussures est importante. Puis, il y avait les sponsors, comme par exemple "La Bière Jonathan, qui ne fait pas engraisser" et offre au couple sortant gagnant d'un petit sprint 20 dollars.
Et finalement pour le couple victorieux, qui a tenu le plus longtemps, la prime. Dans l'exemple donné d'Oklahoma 1500 dollars pour 1253 heures. Faites vos calculs, mais n'oubliez pas qu'un dollar de 1935 vaut un peu plus qu'un dollar 2019 et que ce n'est qu'un seul couple qui touche le prix.
Compte tenu des dommages que de telles épreuves physiques causent au corps humain, la bonne question est de savoir si ces 1500 dollars permettront de financer l'aide médicale et pharmaceutique indispensables à moyen et à long terme pour soigner ces dommages ?
J'ai lu d'autres ouvrages de Horace McCoy, tels "Un linceul n'a pas de poches" de 1937 et "Pertes et fracas" de 1953, mais je crois que ce roman-ci constitue incontestablement son chef-d'oeuvre.
Il y a aussi son approfondissement des héros de l'histoire et lorsque Gloria, qui en a totalement marre de la vie, tout en ayant peur de mourir - comme dans le célèbre negro-spiritual "Old Man River" : "I'm tired of living and 'fraid of dying." - demande à la fin à son partenaire, en lui tendant un revolver : "prends-le et poinçonne mon ticket pour là-haut". Et Robert tire ......
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          8422
Cricri124
  22 octobre 2019
« Accusé, levez-vous… » (incipit)
L'accusé c'est Robert. Il est accusé d'avoir tué Gloria, sa partenaire d'infortune. Il n'a pourtant pas l'air d'un méchant garçon ce Robert. Qu'est ce qui a bien pu l'amener à tuer son amie ?
Le récit dure le temps de l'énoncé du verdict, le temps d'une sentence qu'il voudrait ne pas entendre (nous non plus!), une sentence qui est énumérée par à-coups, comme une ruade, à mesure qu'il se souvient de sa rencontre avec Gloria et de ce marathon de danse auquel ils ont participé, ou autrement dit, à ce qui l'a conduit dans ce tribunal.
Quelle ignominie ces marathons de danse ! La misère mise en scène… Marathon de la dernière chance ? Marathon de l'enfer ? Marathon de la honte ? Ils finiront par être interdits sur l'ensemble du territoire américain le 13 mars 1967. Mais dans cette Amérique désenchantée des années trente, ils fleurissent un peu partout et attirent nombre de candidats … et de supporters !
Avec nos marathoniens, le rêve américain en prend sacrément pour son grade. C'est une critique sombre et amère de la société américaine. D'un côté il y a l'exploitation de la misère sans aucun respect de la dignité humaine, de l'autre des hordes de personnes prêtes à tout, même à mourir, pour un repas et quelques miettes d'espoir, et au centre une foule avide du spectacle, à l'affut des débordements et de ceux qui s'écrouleront ! Voyeurisme, cupidité, magouille, corruption, compétition, sponsoring, humiliation… il y a tout ça et plus encore. C'est un microcosme d'un réalisme édifiant. le plus affligeant, c'est que bien que publié en 1935, ce livre reste par de nombreux aspects, contemporain à en pleurer !
Robert et Gloria vont devoir apprendre très vite les ficelles et les codes de ce petit monde organisé pour avoir une chance d'aller au bout. Au bout de quoi ? Ces deux-là forment un tandem plutôt discordant, deux manières de subir la misère, faites d'espoir et de désespoir : lui, le rêveur un peu naïf, qui prend la vie comme elle vient, croit en ses chances de devenir metteur en scène ; elle, la désillusionnée, qui traine son mal de vivre. Nous savons très peu de choses du passé des protagonistes et de leurs pensées, comme s'ils étaient enracinés dans le présent, sans passé, ni futur. Finalement, c'est à chacun de se faire sa propre opinion.
« On achève bien les chevaux » fait partie de ces courts romans d'une concision implacable qui en ont sacrément sous le capot. Il dérange, dégage une normalité qui fait froid dans le dos, et continue à vous hanter bien après l'avoir refermé. Je l'ai lu il y a plusieurs mois mais son souvenir est toujours aussi vivace, et sa fin est marquée au fer dans ma chair !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          6212
Bobby_The_Rasta_Lama
  08 mai 2018
"J'ai même vu, de mes yeux vu, la Sibylle de Cumes suspendue dans une fiole, et quand les enfants lui disaient : Sibylle, que veux tu ? Elle répondait : Je veux mourir."
( Pétrone, "Satiricon")
Amour, envie, joie, tristesse... il y a les sentiments et les états d'esprit qui restent toujours les mêmes, même si le monde continue à tourner et l'humanité continue son chemin. Et aussi le désespoir et la lassitude...
T.S. Eliot a choisi cette citation en 1922 comme ouverture de son "The Waste Land", un poème - lamentation... vivre en "terre vaine" est la même chose que d'être juste l'ombre d'un véritable être vivant.
La Sibylle de Pétrone, condamnée à l'immortalité et moquée de tous dans sa cage à Cumes dit "apothanein thelo" en grec; Gloria Beattie, sur le parquet d'un marathon de danse et sous les yeux des spectateurs avides dit "I wish I was dead" en anglais - mais ce sont les mêmes mots - "dans ce monde et dans ces conditions la vie n'a plus de sens".
"On achève bien les chevaux" est un roman court qui s'inscrit dans une époque bien précise - celle de la crise américaine après le "vendredi noir" au début des années 30.
McCoy connaissait bien (en tant qu'organisateur) les coulisses de ces "marathons" où les couples dansaient pendant des semaines entières (logés, nourris, avec une récompense de mille dollars qui se profile fugitivement à la fin). Sur le parquet on dansait, on mangeait, on se faisait soigner (de temps en temps on se mariait), on se soutenait mutuellement pour ne pas s'évanouir. Parfois aussi, on mourait.
Tout ça dans l'espoir de devenir le couple préféré du public, et dans le meilleur des cas, de se faire remarquer par quelque producteur hollywoodien.
Tel est le cas De Robert, qui entretient encore un semblant de rêve de devenir un jour metteur en scène. Il rencontre Gloria, une starlette rejetée, par hasard. Pour Gloria la vie ne vaut plus rien, c'est juste une image dans un miroir qui déforme le sourire en horrible grimace. Mais elle accepte d'accompagner Robert dans cette parodie d'amusement... alors, ils dansent - l'imbattable "couple 22"- en discutant de la vie d'une façon qui vous donne l'impression que la température autour de vous est en chute libre.
Il n'y a plus d'issue pour Gloria. Et Robert, dans sa brutalité, a quelque chose de terriblement noble - il ne veut pas mentir, il n'essaie plus de remonter le moral de sa partenaire en la persuadant qu'elle est différente de celle qu'elle pense être... Il l'aide seulement à "descendre de ce manège". Car on achève bien les chevaux par miséricorde...
Un contemporain (beaucoup plus célèbre) de McCoy a dit qu'une histoire, même toute simple (qui parle, par exemple, d'un vieil homme, de la mer et d'un gros poisson) et qui vient de la réalité, peut signifier des choses bien plus importantes que cette histoire elle-même. A condition qu'elle soit bien écrite.
Et dans ce sens, je pense que McCoy, avec son "petit" roman, a bien réussi.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          6114
HORUSFONCK
  04 juillet 2019
Il n'y aura jamais assez d'étoiles pour On achève bien les chevaux!
Horace Mac Coy remuait le bâton dans la plaie du mal américain...
Un cirque hallucinant, sur la piste duquel tournent les exclus du rêve américain, à bout de nuit, de jours et de forces. Un livre où le lecteur tourne avec les pages et chavire dans un moite effroi.
Chez Mac Coy, le dégout se ressent à chaque phrase comme dans Un linceul n'a pas de poche, paru sous le numéro 4 de la Série Noire.
Mais, On achève bien les chevaux n'a rien de vraiment...policier. Raison pour la quelle Gallimard le publia dans sa collection du monde entier.
Horace Mac Coy est un grand de cette littérature américaine de l'urgence, du désespoir et de la dénonciation: Des livres brefs, souvent, efficaces et qui tapent dans l'estomac là où cela fait mal.
Il fait partie, Horace Mac Coy, de cette génération disparue dont Marcel Duhamel publia quelques pépites dans la Série Noire (les premiers, ceux en jaune et noir avec jaquette luisante...)
Mais les héritiers de Mac Coy, Tracy, Cain, Goodis ont pris la relève, et le cauchemar américain continue de tourner comme un grand manège de l'infamie et de son âpre poésie.
Le Noir est une couleur, hélas, d'avenir.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          676

Citations et extraits (59) Voir plus Ajouter une citation
oliviersavignatoliviersavignat   30 juin 2020
-- Toutes vos ligues de vertu, de morale et tous vos foutus clubs féminins, continua-t-elle, m'ignorant complètement, sont plein de vieilles fouineuses et de punaises de sacristie qui n'ont pas rigolé depuis vingt ans et qui piquent une jaunisse quand elles voient que les autres se paient un peu de bon temps... Pourquoi les vieilles peaux comme vous ne s'arrangent-elles pas pour se soulager une fois de temps en temps ? C'est ça qui vous tracasse et vous rend comme ça..."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Cricri124Cricri124   22 octobre 2019
- Je dis que vous êtes cinglé, fit Gloria.
- Elle ne veut pas dire ça, monsieur Donald…, fis-je.
- Et comment que je le veux ! riposta Gloria. J’ai rien contre le mariage, dit-elle à Socks, mais tant qu’à faire, vous pourriez me dégoter un Gary Cooper ou un gros producteur, ou bien un metteur en scène. Je ne veux pas épouser ce gars-là. J’ai déjà assez de mal à m’en tirer toute seule.
- ça n’a pas besoin d’être permanent, dit Rocky. C’est simplement un truc spectaculaire.
- Exactement, reprit Socks. Naturellement, la cérémonie, faut que ce soit régulier – faut ça pour attirer les clients – mais…
- Vous n’avez pas besoin d’un mariage pour attirer les clients, interrompit Gloria. Vous allez bientôt être obligé de les mettre dans les lustres, si ça continue. Ça ne leur suffit pas comme spectacle, de voir ces pauvres minables se ratatiner tous les soirs sur la piste ?
- Vous ne voyez pas mon point de vue, dit Socks.
- Et comment que je le vois, répondit Gloria. Je vois même beaucoup plus loin que vous.

Chapitre IX
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          182
jeranjoujeranjou   08 mars 2013
Je me rappelle combien j'étais surpris quand on arreta Mario pour meurtre. Je ne pouvais pas le croire. C'était un des plus gentils garçons que j'eusse jamais connus. Mais c'était alors que je ne pouvais pas le croire. Maintenant je sais qu'on peut être gentil et être en même temps un assassin. Personne n'a jamais été plus gentil avec un femme que je ne l'étais avec Gloria. Ce qui prouve que ça veut rien dire d'être gentil...

Robert, le "gentil" assassin de Gloria

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          320
jeranjoujeranjou   11 mars 2013
La balle venait de la frapper sur le coté de la tête; le sang n'avait même pas commencé à couler. L'éclair de la déflagration illuminait encore son visage. [...]
Le procureur général s'est trompé quand il a déclaré au jury qu'elle était morte d'une mort affreuse, dans l'angoisse, sans amis, abandonnée, seule avec son misérable assassin.[...]
Elle n'est pas morte dans l'angoisse. Elle était détendue et reposée, elle souriait. C'était même la première fois que je la voyais sourire. Alors, comment aurait-elle pu être dans l'angoisse? Et, elle n'était pas sans amis, non plus.
J'étais son meilleur ami. J'étais son seul ami.


Une amitié singulière entre Robert et Gloria
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          220
Cricri124Cricri124   03 juillet 2019
- La Ligue des mères pour le relèvement de la moralité publique a condamné votre concours, dit Mme Highby. (…) Nous avons décidé de fermer votre établissement.
- Fermer ? dit Socks en fronçant les sourcils.
- Sur le champ. Si vous refusez, nous nous adresserons au Conseil municipal. Ce concours est vil et dégradant.
- Vous n’y êtes pas du tout, mesdames, dit Socks. Ce concours n’a rien de dégradant. Au contraire, ces jeunes gens en sont tous enchantés. Ils ont tous engraissé depuis que ça a commencé.

Chapitre X
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          2113

Videos de Horace McCoy (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Horace McCoy
ATTENTION : SCÈNE FINALE DU FILM !!
autres livres classés : grande dépressionVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (6 - polars et thrillers )

Roger-Jon Ellory : " **** le silence"

seul
profond
terrible
intense

20 questions
1899 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , thriller , romans policiers et polarsCréer un quiz sur ce livre

.. ..