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EAN : 9782253037972
279 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/12/1985)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 97 notes)
Résumé :
A vingt-trois ans, Carson McCullers publie Le cœur  est un chasseur solitaire et l'Amérique salue son génie.« Une telle intensité, une telle noblesse d'esprit, notre prose n'a rien connu de pareil depuis Herman Melville », affirme aussitôt Tennessee Williams.Après des années de silence, la romancière américaine publie en 1961 L'Horloge sans aiguilles, son dernier roman. « Mon travail d'écrivain a toujours été très pénible. Mais j'ai toujours su qu'il ne suffisait pa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Tandarica
  11 avril 2020
Le racisme est la véritable nouveauté du roman. McCullers s'y attaque et fustige l'atroce conservatisme quotidien et populaire du Sud, paternaliste. L'autre thème majeur est le temps : nous voyons tous une montre sans aiguilles, car nous ne savons pas quand nous mourons. La distance rassure, comme elle empêche Jester de tuer Sammy, grâce à ses fugaces effets.
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ATOS
  14 septembre 2019
1961- Dernier roman de Carson McCullers... Et c'est là, encore, un très bon roman.
Le Sud des États Unis semble figé, enkysté dans son système ségrégationniste, rempli d'iniquité, de violence et de haine. le temps ne semble pas faire son oeuvre et son horloge est sans aiguilles.
La mort semble avoir élu domicile dans le Sud..La folie fait rage dans le coeur des enfants.
Mémoire, identité, propriété ...l'histoire est en marche mais pour la communauté de Milan, petite ville de Géorgie, rien ne devrait venir déboulonner ce qui paraît être pour elle la base infernal de son socle  : son «  bon vieux temps » accouplé à « son bon droit »...Jusqu'à la folie, jusqu'au meurtre… jusqu'à l'auto destruction. Entêtement fou d'une société qui voit dans le monde de demain l'anéantissement de tout ce qu'elle avait érigé allant jusqu'à rejeter les fondements même de la constitution américaine.
Cette société ne reconnaît pas la loi, elle ne veut que reconnaître « son droit ». Et ce n'est pas par hasard si l'histoire s'articule autour de la folie d'un vieux juge...et qu'un des derniers chapitres voit se rassembler douze de ses citoyens dans l'arrière boutique d'une pharmacie. Douze, comme douze jurés, douze apôtres de l'apocalypse...
Si Carson McCullers nous a très souvent présentés des personnages « hors normes », loin des critères utopistes et hypocrites d'une « american way of life », c'est dans ce dernier roman qu'elle nous montre ce qui sont vraiment les monstres. Ils sont juge.., shérif.., caissier, ingénieur, ouvrier, père de famille... « des individus quelconques »...Humains plein de « petites faiblesses et de petites laideurs » et gros de leur imbécile certitude…Oui les vrais monstres sont là.
Oui l'horloge sans aiguilles mériterait un film , comme le fut le roman de James Balwin «  Si Beale Street pouvait parler », que Barry Jenkins a su si magnifiquement adapté à l'écran.
«  Dans l'éditorial du n° 8 de America (2018), François Busnel affirme : « L'Amérique de Trump se voit comme une nation exceptionnelle et entend « redevenir grande » – comprendre « redevenir blanche ». Elle oublie qu'elle est née d'un vol » - la piste des larmes est là pour en témoigner- « et s'est développée grâce à un meurtre. Avec, dans sa cale, des millions d'esclaves. (…) Partant d'une base aussi douteuse, peut-on concevoir une nation en paix ? Cette question, aucun politique n'ose la poser en Amérique. Ce sont les romanciers qui la font surgir ».
Literature save America !.. Et le monde !
Astrid Shriqui Garain
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mumuboc
  01 mars 2020
1953 - J.T. Malone, 40 ans, pharmacien apprend qu'il est atteint d'une leucémie et qu'il lui reste quelques mois à vivre. Mettant en doute le diagnostic il va continuer à tenir sa boutique dans la chaleur étouffante de Milan, petite bourgade de Géorgie aux Etats-Unis. de son côté le juge John Clane, figure emblématique de la communauté, au soir de sa vie et après une attaque qui le laisse handicapé et souffrant de diabète, voit se profiler avec inquiétude la promulgation de nouvelles lois mettant fin à la ségrégation raciale. Il ne peut accepter que son "monde" change, nostalgique du passé et défenseur acharné de la suprématie blanche. Il est le passé et ne peut se résoudre au présent et encore moins au futur.
Des hommes qui voudraient être maîtres du temps, que ce soit le leur ou celui de leur pays, le maîtriser, en être les aiguilles, les acteurs mais le temps s'échappe..... Tic-tac, Tic-tac.....
Comme dans ses précédents romans : le coeur est un chasseur solitaire, Frankie Addams, Carson McCullers dont c'est le dernier roman, dresse, à travers les portraits d'adolescents et d'adultes, le portrait d'une Amérique et surtout celle des Etats du Sud, où règnent la ségrégation, le racisme et la violence qui en découle.
Deux adolescents : Jester Clane, petit-fils du juge et Sherman Pew, métis aux yeux bleus, tous deux âgés de 17 ans et orphelins, sont en quête de leurs origines mais ont une relation qui les trouble. Jester cherche à savoir pourquoi son père, avocat, s'est suicidé, Sherman a été trouvé bébé sur le banc d'une église et voudrait connaître ses origines. Ils représentent l'avenir, portent un regard sur les actions du passé et refusent de les perpétuer, ils se sentent isolés, en manque d'affection et prennent conscience de ce qui les sépare des générations précédentes.
Tic-tac, tic-tac, tic-tac... Malone va mourir, le temps lui est compté mais sur l'horloge de sa vie, les aiguilles n'en marquent pas l'heure il ne peut croire que sa vie va s'arrêter. Pour le juge Clane c'est tout un monde qui est en train de changer (et non de disparaître malheureusement) pour ceux qui régnaient en maîtres absolus, ayant droit de vie et de mort à qui n'avait pas la bonne couleur de peau. Noirs et blancs cohabitent mais ne se mélangent pas, beaucoup servent encore les autres mais quand un vent de libération et d'égalité se profile, les vieux réflexes émergent et la violence s'installe.
C'est une sorte de testament que livre Carson McCullers avec ce court roman. Avec regret, mélancolie, elle ne peut que constater que malgré le temps, les lois, les mentalités ne changent guère mais espère en l'avenir à travers Sherman et Juster. Avec toute la douceur qu'on lui connaît et à travers ses portraits, elle dresse le tableau d'une Amérique ancrée dans ses certitudes, son immobilité mais avec une lueur malgré tout d'espoir.
L'atmosphère est particulièrement bien rendue, la chaleur moite, poisseuse, la langueur qui saisit les corps mais qui échauffent les esprits, les rapports entre maîtres et esclaves serviteurs, blancs et noirs, avec malgré tout une sorte de bienveillance parfois malsaine entre les personnages, un sentiment de supériorité d'un côté, de savoir et en particulier avec la confrontation entre le Juge et Sherman, passionné de littérature.
Quand on lit Carson McCullers, c'est une plongée dans l'Amérique à travers sa jeunesse mais aussi ses vieux réflexes, une musique aux accents de blues, de mélancolie et une sorte de crainte que les choses ne changent jamais...
Lien : https://mumudanslebocage.wor..
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carnet-de-voyage
  27 avril 2017
A quoi peut être utile une horloge sans aiguilles ?
Sans aiguilles, l'horloge peut-elle marquer le temps qui passe ?
Si, comme J.T. Malone, nous sommes atteint d'une leucémie, les aiguilles de l'horloge sont, alors, comme deux faucilles , prêtes à nous faucher dans la fleur de l'âge, faucilles tenues par une Mort, funeste apparition spectrale, tapie dans l'ombre....
Quand on sait que le temps est compté, je peux vous assurer que chaque minute compte et que chaque minute passée est une de moins...........
"L'Horloge sans aiguilles" traite de la temporalité perdue dans la vie de "ces condamnés à longue peine".
Oh bien sur nous n'avons pas que Malone qui meurt à petit feu... Son ami, le juge Clane, qui vit reclus, dans un carcan de préjugés et de souvenirs du Sud, semble lui aussi condamné...
Et que dire du petit fils du juge, du noir qui lui sert "d'homme de confiance", alors que le juge, prône les "valeurs ancestrales du Grand Sud" ?....
Une horloge indique la même heure à toute les personnes qui la consulte, mais chacun, trouve un intérêt différent à l'heure indiquée en fonction de ses occupations et de sa vie personnelle....
Une vie nait, une vie s'éteint...
Les aiguilles de l'horloge tournent tout comme la terre tourne sur elle-même...
Carson Mc Cullers nous livre un livre d'une grande pudeur, où la vie s'écoule, lentement certes, mais inexorablement....
C'est un livre qui ressemble, à une bougie qui s'éteint doucement....elle fume encore mais ne peut plus brûler mais pourtant nous regardons ses volutes de fumée et nous apprécions l'odeur de sa mèche qui s'éteint...
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cmpf
  22 mai 2020

La quatrième de couverture est assez trompeuse. On croit qu'on va accompagner un homme atteint d'une maladie mortelle vers sa mort, mais ce n'est pas un huis clos. D'autres personnages prennent une grande place.
Outre J. T. Malone, pharmacien atteint de leucémie, et son épouse dont il s'est éloigné sinon physiquement, du moins sentimentalement, il y a le vieux juge Clane et son petit-fils Jester, également Sherman, noir aux yeux bleus à la recherche de son identité et différents habitants de la petite ville de Milan dans le Michigan.
A part une petite allusion une horloge sans aiguille, il n'y a pas vraiment une lente attente de la mort.
Donc j'ai été un peu déçue par rapport au texte de présentation, mais j'ai quand même apprécié ce roman.
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
Alice_Alice_   02 août 2013
Depuis le début de la soirée, Jester était en proie à l’ivresse et pour la première fois de sa vie, à l’ivresse passionnée ; cependant, il ne put répondre. Car la passion de la prime jeunesse est dispensée à la légère, mais puissante. Elle peut naître instantanément d’une chanson entendue la nuit, d’une voix, de la vue d’un inconnu. La passion vous fait rêver en plein jour, vous empêche de vous concentrer sur vos maths et, au moment où vous aspirez à vous montrer spirituel, elle fait de vous un imbécile. Dans la prime jeunesse, le coup de foudre, ce raccourci de la passion, vous change en somnambule. Vous ne savez plus si vous êtes assis ou couché et vous ne pourriez vous rappeler, fût-ce au prix de votre vie, ce que vous avez mangé au dernier repas. Jester, encore novice en passion, avait très peur. Il ne s’était jamais enivré et n’avait jamais désiré être ivre. Excellent élève au collège, sauf en géométrie et en chimie, il était de ces garçons qui ne se laissent aller à la rêverie que dans leur lit ; il se l’interdisait même, malgré son envie, une fois que la sonnerie de son réveil avait cessé. Pour une nature de ce genre, le coup de foudre ne peut qu’être effrayant. Jester avait l’impression que toucher Sherman l’eût conduit à un péché mortel, mais quel était ce péché, il n’aurait su le dire. Il se contentait d’éviter soigneusement de le toucher, tout en le couvant de ce regard de somnambule que donne la passion.
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oliviersavignatoliviersavignat   08 juillet 2020
-- Pourquoi n'es-tu pas entré ? demanda Jester.
-- Oh! quel abruti tu fais! Tu ne comprends pas que je n'avais pas la moindre intention d'épouser cette vierge française, pure comme un lis ? Je me suis contenté de rester là tout l'après-midi, à observer ces Français bien nippés qui attendaient que je vienne épouser la vierge française, pure comme un lis. C'était ma "fiancée" et, quand la nuit tombée, ils ont compris que je ne viendrais pas. Ma "fiancée" s'est évanouie. La vieille mère a eu une crise cardiaque. Le vieux père s'est suicidé en pleine église.
-- Sherman Pew, tu es le plus grand menteur que la terre ait jamais porté."
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fbalestasfbalestas   29 avril 2018
J.T. Malone n'était plus le seul à se faire du souci pour le vieux juge; Jester, lui aussi, commençait à s'inquiéter. Il avait beau être égoïste, égoïste, égoïste et être accablé de problèmes personnels, il se tourmentait pour son grand-père. Le juge, dans son enthousiasme forcené pour son amanuensis, avait tout simplement perdu la tête. C'était Sherman par-ci, Sherman par-là, tout le long du jour. Le vieil homme dictait son courrier le matin, puis, à midi, il prenait un verre avec son secrétaire. Ensuite il déjeunait en tête à tête avec Jester à la salle à manger, tandis que Sherman se préparait un "léger sandwich" qu'il allait manger dans la bibliothèque. Il avait dit au juge qu'il désirait réfléchir à la correspondance du matin, qu'il ne voulait pas être dérangé par la conversation de Verily, à la cuisine, et qu'un déjeuner copieux l'empêchait de se concentrer sur son travail.
Le juge avait souscrit à cet arrangement, ravi que sa correspondance fût considérée avec tant de sérieux, ravi au septième ciel par tout, ces temps-ci.
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patatarte2001patatarte2001   19 août 2019
Ça t’intéressera peut être de le savoir, mon petit, mais autrefois, je me suis passionné pour le socialisme et même pour le communisme. D'un point de vue tout scientifique, remarque bien, et pour un temps très court. Puis, un jour, j'ai vu une photographie représentant des jeunes femmes bolchevistes à la douzaine, toutes vêtues du même costume de gymnastique, toutes accroupies, accomplissant le même mouvement. Des douzaines et des douzaines, exécutant le même exercice - rien que des poitrines semblables, des cuisses identiques -, chaque pose, chaque côte, chaque postérieur pareil à son voisin, pareil. Je ne déteste certes pas les femmes saines et bien en chair, mais, plus j'examinais cette photo, plus je me sentais révolté. Remarque que j'aurais fort bien pu apprécier une de ces femmes, isolée de cette prolifération de chair féminine...mais, à les voir identiques les unes aux autres, ça m'a révolté. Et tout mon intérêt, pour scientifique qu'il fût, m'a abandonné. Ne viens pas me parler de standardisation.
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patatarte2001patatarte2001   16 août 2019
Un jour viendra, pour ceux de ta génération – j'espère que je ne serai plus de ce monde.... -, où l'enseignement sera mixte...sans démarcation de couleur. Cette idée te plaît-elle ?
Jester ne répondit pas.
« Cela te plaira de voir un gros lourdaud de nègre partager le banc d'une délicate petite fille blanche ? »
Le juge ne croyait pas pas réellement à cette possibilité ; il cherchait à impressionner Jester pour bien lui faire comprendre la gravité de la situation. Du regard, il somma son petit-fils de réagir en gentilhomme sudiste. « Et si c'est une grosse fille blanche qui partage le banc d'un délicat petit garçon noir ?
- Quoi ?
Jester ne répéta pas ses paroles alarmantes et d'ailleurs le juge n'avait aucune envie de les réentendre. 
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[Centenaire Carson McCullers] Véronique Ovaldé, auteure et préfacière du Coeur est un chasseur solitaire, nous parle de Carson McCullers.
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