AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Marie-Madeleine Fayet (Autre)Denis de Rougemont (Autre)
ISBN : 2253031755
Éditeur : Le Livre de Poche (25/04/2001)

Note moyenne : 4.19/5 (sur 458 notes)
Résumé :
De ce roman foisonnant de personnages se détache la figure adolescente de Mick, qui ressemble étrangement à Carson McCullers.
Pauvre, passionnée de musique, elle rôde dans les cours des immeubles pour surprendre les accents d'une symphonie qui s'échappent d'un poste de radio.
Mick et bien d'autres figures attachantes s'entrecroisent dans ce roman qui emprunte ses décors au sud des Etats-Unis, où vécut Carson McCullers à la fin des années 1930.
... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (42) Voir plus Ajouter une critique
joedi
18 mars 2016
Dans le sud des Etats-Unis, fin des années 1930, Carson McCullers publie son premier roman, elle est âgée de vingt-deux ans, c'est sans doute son chef-d'oeuvre. C'est à cette époque et dans cette région, qu'elle situe les personnages de le coeur est un chasseur solitaire.
J'ai suivi Mick, jeune adolescente passionnée de musique ; Singer, sourd-muet à qui tout le monde se confie ; Jake qui dessoûle rarement, au tempérament fou et bagarreur ; Biff, tenancier du café de New York ; Portia, négresse qui fait le ménage chez les parents de Mick et son père médecin ; les parents, frères et soeurs de Mick. Avec ces personnages attachants d'une grande sensibilité j'ai découvert une Amérique raciste et très pauvre. Une citation de Carson McCullers qui, à mon avis, définit son écriture : « Comment donner vie à un personnage sans amour, et sans ce combat qui va de pair avec l'amour ? ».
Commenter  J’apprécie          753
michemuche
20 août 2015
J'ai découvert ce roman grâce à la critique de Titania, le titre m'avait attiré, ensuite le livre en main j'ai aimé la photo de couverture, une fillette pieds nus,assise sur une rambarde en bois. Voilà le cheminement qui m'a conduit à la lecture de " le coeur est un chasseur solitaire " de Carson Mc Cullers.
Ce récit à mi chemin entre " les raisins de la colère " de Steinbeck et "ne tirez pas sur l'oiseau moqueur " de Harper Lee raconte le quotidien d'hommes et de femmes dans une Amérique des années 1930.
La misère sociale et le racisme vécus par les personnages font de ce livre une véritable étude sociologique.
Biff Brannon, le patron du bar "le café de New-York " côtoie à longueur de journée Jack Blount un "rouge " grande gueule et ivrogne, John Singer un sourd-muet, un homme au grand coeur, toujours à l'écoute des autres.
Mick Kelly une adolescente passionnée de musique.
Il y a aussi le docteur Copeland, médecin noir et sa fille Portia.
Tous ces personnages ont en commun l'amour du genre humain.
Chacun à sa façon va apporter quelque chose à l'autre, c'est ce que j'ai ressenti
Le docteur Copeland et son désespoir face au manque de réaction de sa communauté, Jack Blount enrage, fulmine devant la misère et l'inaction de la communauté blanche.
Le manque de " savoir " font des deux protagonistes des êtres incompris et violent.
Une belle histoire pleine d'humanité, des personnages attachants malgré leurs travers.
Un très grand livre, merci Titania
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          609
patrick75
17 juin 2012
Une ville du sud des Etats-Unis...dans les années trente.
Le soleil est de plomb, les journées s'étirent, interminables.
Les routes sont recouvertes de poussières. Les "noirs" mettent leurs misères en musique et se tournent vers le ciel dans l'espoir d'une réponse à leurs prières.
Un patron de bar fait des mots croisés sur son comptoir...seul...on entend le bourdonnement du ventilateur.
Un sourd-muet, dans sa chambre, reste planté devant un jeu d'échec.
Un "poivrot" assis à une table, parle tout seul.
Le temps s'écoule lentement...la sueur imprègne les vêtements.
Carson Mc.Cullers nous dresse le portrait d'une poignée d'habitant d'une ville du sud, de leurs états d'âmes...leurs ennuis...mais aussi leurs rêves.
Tout cela d'une façon très simple, sans grand effets.Elle immisce dans son récit, de manière parcellaire, les grand thèmes sociétal de l'époque: les problèmes communautaires et le racisme, le chômage et la misère, la montée du nazisme en Europe et l'antisémitisme.
Un récit lent, qui permet de bien restituer l'ambiance de l'époque...une tranche de vie.Ecrit à l'age de vingt-deux ans...un talent précoce.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          560
Titania
28 février 2015
Dans une ville du Sud des Etats-unis pendant la Grande Dépression des années 30, la guerre s'annonce comme un lourd nuage qui peine à crever avant l'orage. La misère est terrible.
On suit des personnages dans leurs échanges et leurs faits et gestes du quotidien. Ils sont tous à un point de bascule de leur existence. Tout en appartenant à un groupe, à une famille à un quartier, ils sont désespérément seuls, au milieu de plein de gens.
Biff Brannon vient de perdre Alice sa femme, il tient le "café de New York" où passe tout le quartier. John Singer, le muet, dont l'ami vient d'être interné, devient paradoxalement celui qui recueille les confidences de tous. le médecin noir, Benedict Copeland, se dévoue corps et âme pour sa communauté et rêve de Droits Civiques. Portia sa fille travaille dans la pension de famille des Kelly, dont la fille de 14 ans, Mick rêve d'un ailleurs fait de musique et de concerts. Jake, le communiste rageur, arrive de nulle part et s'installe en ville, pour tenter de transformer la misère en révolte, au milieu des ouvriers des filatures hébétés de fatigue et des prédicateurs de toutes les Eglises.
Carson MCCullers évoque ce Sud complexe, la misère sociale, et la ségrégation raciale, dans lequel la violence explose parfois de manière inattendue. Sa vision du monde est pessimiste. Ses personnages se débattent dans des combats désespérés, qui n'ont pas d'issue.
C'est vraiment un grand roman, très bien construit, rien que sur des petits faits, des héros d'un quotidien difficile, qui nous parle de plein de choses, de la fin de l'enfance, de la difficulté d'une époque, de rêves impossibles, et d'amours inavouables.
Un auteur vraiment important, un roman qui laisse songeur un moment.

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          510
Allantvers
17 mai 2015
Merci à l'ami qui a poussé ce bouquin dans mes mains, c'est un bijou solaire au charme douloureux.
Je n'en voulais pas au départ, pensant, bêtement, le titre trop beau pour ne pas être trop sentimental, et l'auteur trop jeune pour composer une oeuvre réellement marquante.
Grave erreur! "Le coeur est un chasseur solitaire" est une splendide symphonie humaine dans laquelle plusieurs personnages d'une grande profondeur et subtilement cernés viennent jouer leur partition dans cette petite ville condamnée à la misère du Sud des Etats Unis :
Biff le restaurateur qui regarde passer sa vie, Mick l'adolescente à la tête pleine de musique, le docteur Copeland, Noir en fureur contre l'oppression des siens et plus encore par son incapacité à les tirer vers le haut, Blount le vagabond enragé contre l'injustice faite aux pauvres... tous trainent leur rêves, leurs colères, leurs douleurs dans les rues brulées de soleil, se croisent et se parlent sans se comprendre, comme s'ils étaient condamnés à la solitude de leur condition.
Tous convergent vers Singer, sourd muet, personnage qui m'a le plus marquée, si digne, si humain, qui aspire comme un buvard impotent les flots de mots déversés sur lui, ses grandes mains qui s'agitent quand il parle le langage des sourds, son élégance, son amour inconditionnel pour son ami Antonapoulos devenu fou.
J'ai été complètement subjuguée par ce livre, par l'atmosphère qu'il dégage dès les premières pages, par la plume délicate de la toute jeune Carson Mc Cullers qui anime sans juger ses personnages, par la construction enfin, en étoile autour de Singer, de l'intrigue dans laquelle il s'en passe beaucoup et il ne se passe rien.
Magnifique!
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          464
Citations & extraits (70) Voir plus Ajouter une citation
mumubocmumuboc08 septembre 2017
Il était sage et il comprenait ce qu'était un ferme idéal, ce dont les autres blancs étaient incapables. Il écoutait, et son visage avait une expression de douceur, quelque chose de juif, la compréhension de quelqu'un qui appartient à une race opprimée.
Commenter  J’apprécie          170
patrick75patrick7508 juin 2012
Elle essaya de se rappeler le nom du compositeur dont elle avait entendu la musique, à la radio, l'hiver dernier.Elle l'avait demandé à une élève de l'école qui possédait un piano et prenait des leçons de musique et l'élève avait demandé à son professeur.Il parait que ce compositeur n'était qu'un enfant qui avait vécu quelque part en Europe à une époque lointaine.
Mais il avait beau n'être qu'un enfant, il avait écrit des oeuvres splendides pour piano et violon et pour orchestre aussi.
Elle pouvait se rappeler six de ses oeuvres.Quelques-unes étaient rapides et tintaient comme des clochettes.Une autre était comme l'odeur de la terre après la pluie au printemps.Mais toutes l'attristaient et l'excitaient en même temps.Elle fredonna un des airs et, dans cette maison vide, chaude,ou elle se trouvait seule, elle sentit les larmes lui monter aux yeux.
Sa gorge se serra et elle fût incapable de continuer à chanter.
Rapidement elle écrivit le nom du compositeur en tête de liste: Motsart.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          290
patrick75patrick7511 juin 2012
Elle ne pouvait écouter assez pour tout entendre. La musique bouillonnait en elle. Que faire ? S'attacher à certains passages merveilleux pour ne plus les oublier... Ou se laisser aller, écouter ce qui venait sans penser, sans essayer de se rappeler ? Seigneur ! Le monde entier était cette musique et elle n'avait pas assez de tout son être pour écouter.
Commenter  J’apprécie          420
joedijoedi14 mars 2016
Quand il essayait de se rappeler son visage il ne trouvait qu'un blanc en lui. La seule chose qu'il pût se rappeler clairement c'étaient ses pieds courts et dodus, très blancs et très lisses, avec de petits orteils. La plante en était rose et il y avait un petit grain de beauté près du talon gauche. Le soir de leur mariage il lui avait ôté ses chaussures et ses bas et lui avait baisé les pieds. Et, à tout prendre, cela n'était pas si mal trouvé puisque les Japonais croient que le morceau de choix chez une femme ...

Page 167
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          231
colimassoncolimasson26 décembre 2012
« Vous voyez, c’est comme s’il y avait deux personnages en moi. L’un est instruit. J’ai été dans plusieurs des grandes bibliothèques du pays. J’ai lu. J’ai lu tout le temps. J’ai lu des livres qui disaient la vérité pure, honnête. Dans ma valise j’ai des livres écrits par Karl Marx et Thorstein Veblen et d’autres du même genre. Je les ai lus et relus et plus j’étudie plus je deviens fou. Je connais chaque mot imprimé sur chaque page. D’abord j’aime les mots. Matérialisme dialectique… Prévarication jésuitique… Jake roulait les syllabes dans sa bouche avec une amoureuse solennité… Propensité téléologicale… »
Le muet s’essuya le front avec un mouchoir soigneusement plié.
« Mais ce que je veux, c’est ceci. Quand une personne sait et ne peut pas convaincre les autres, que fait-elle ?
Singer remplit un verre de vin jusqu’au bord et le mit d’autorité dans la main meurtrie de Jake.
« Se soûler, hein ? dit Jake avec un mouvement saccadé du bras qui répandit des gouttes de vin sur son pantalon blanc. Mais, écoutez : vous regardez de tous les côtés et vous ne trouvez que médiocrité et corruption. Cette chambre, cette bouteille de vin, ces fruits dans ce panier sont tous des produits de profit et de perte. Un type ne peut pas vivre sans accepter passivement la médiocrité. Quelqu’un se crève à la peine pour chaque bouchée que nous mangeons et chaque guenille que nous portons… et personne n’a l’air de s’en rendre compte. Tout le monde est aveugle, sourd et obtus…stupide et médiocre. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
Videos de Carson McCullers (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Carson McCullers
[Centenaire Carson McCullers] Véronique Ovaldé, auteure et préfacière du Coeur est un chasseur solitaire, nous parle de Carson McCullers.
autres livres classés : solitudeVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Dead or Alive ?

Harlan Coben

Alive (vivant)
Dead (mort)

20 questions
1063 lecteurs ont répondu
Thèmes : auteur américain , littérature américaine , états-unisCréer un quiz sur ce livre
. .