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EAN : 9782234083516
544 pages
Éditeur : Stock (17/05/2017)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Mick Kelly, Jake Blount, Benedict Mady Copeland, Biff Brannon vivent dans la même ville du fin fond des États-Unis. En chacun d'eux, des peines, des douleurs, mais également des rêves. Pour Mick, l'adolescente complexée, celui d'apprendre à jouer du violon : elle s'en est confectionné un qu'elle cache sous son lit. Biff, lui, observe ses clients pour échapper à sa vie de couple bien terne. Jake rêve d'un monde plus juste. Le Dr Copeland, victime d'harcèlements liés ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
fanfan50
  31 août 2019
J'avais lu de cet auteur deux livres : Frankie Addams et L'Horloge sans aiguilles que j'avais beaucoup aimés. En regardant les critiques j'ai vu que son premier livre était excellent. Je viens de le lire. C'est un pavé qui se lit bien au final. Mais je reste sur ma première impression : j'ai vraiment apprécié Frankie Addams.
Pour parler de ce livre, je vais mettre des citations tirées de l'édition Stock Cosmopolite.
A la suite du roman, il y a le texte intitulé Esquisse pour « le Muet » qui est une ébauche du Coeur est un chasseur solitaire. En le lisant, on voit repris plusieurs lignes générales du livre ainsi que les différents personnages.
(PAGE 407 de l'Edition La Cosmopolite Stock) « le thème principal du livre est donné dans les douze premières pages. C'est l'homme en révolte contre sa solitude et la nécessité où il est de s'exprimer aussi complètement que possible. Plusieurs thèmes secondaires se développent autour de ce thème principal. On peut les résumer ainsi : 1° Pour apaiser le profond désir de s'exprimer qui existe en lui, chaque homme s'invente un principe quelconque d'unification ou dieu. Ce dieu n'est qu'un reflet de l'homme qui le crée, et son essence est généralement inférieure à celle de son créateur. 2° Dans une société mal organisée, ces dieux personnels, ou principes, sont le plus souvent chimères ou fantasmes. 3° Chaque homme doit trouver sa forme d'expression personnelle – mais ce droit lui est souvent refusé par une société prodigue et imprévoyante. 4° Les humains sont faits pour s'entraider, mais une tradition sociale contre nature les pousse dans les chemins où ils se trouvent en désaccord avec leur nature profonde. 5° Certains hommes ont une nature de héros, en ceci qu'ils donnent tout ce qui est en eux sans penser à l'effort que cela implique ou au prix dont ils seront payés en retour.
L'esquisse de l'ouvrage est assez facile à tracer. Il s'agit de cinq personnages solitaires, en marge, qui cherchent un moyen de s'exprimer et de s'unir en esprit avec quelque chose qui les dépasse. L'un de ces personnages, John Singer, est sourd-muet – c'est autour de lui que s'ordonne le livre. Poussés par leur propre solitude, les quatre autres personnages découvrent en lui une sorte de supériorité, mystique, et ils en font leur idéal. du fait de son infirmité, la personnalité de Singer garde quelque chose de flou, d'imprécis. Ses amis peuvent donc lui attribuer toutes les qualités qu'ils souhaitent lui voir. Chacun l'interprète à travers ses propres désirs. Singer lit sur les lèvres et comprend ce qu'on lui dit. Son silence inaltérable a une force d'attraction irrésistible. Chacun fait de lui le réceptacle de ses sentiments et de ses pensées les plus intimes.
On peut mettre en parallèle le lien qui unit les quatre personnages à Singer et celui qui unit Singer à son ami sourd-muet, Antonapoulos. Seul Singer est capable de découvrir chez Antonapoulos un peu de sagesse et de dignité. L'amour qu'il lui porte imprègne le livre de la première à la dernière page. Singer est entièrement submergé par cet amour. Lorsqu'ils sont séparés, la vie n'a plus de sens pour lui, et il compte les jours qui le déparent de leur prochaine rencontre. Pourtant les quatre amis de Singer ignorent tout d'Antonapoulos jusqu'aux dernières pages du livre. L'ironie de cette situation grandit lentement, et plus le livre progresse, plus elle devient évidente. »
Les quatre personnages qui gravitent autour de Singer sont Mick Kelly, Jake Blount, le Dr Benedict Mady Copeland et Biff Brannon.
Les principaux traits de caractère de Mick Kelly sont une grande énergie créatrice et un grand courage. Avant qu'elle ait pu entreprendre quoi que ce soit, elle est vaincue par la société mais il y a quelque chose en elle qui ne pourra jamais être, et ne sera jamais détruit. C'est son caractère que j'apprécie le plus avec celui du Dr Copeland.
Jake Blount mène à sa façon un combat contre les injustices sociales. L'esprit révolutionnaire l'habite entièrement. Il souhaite modifier les conditions sociales contre nature qui existent de nos jours mais son drame vient de ce que la force qui l'anime ne trouve pas de canal pour s'écouler. Il se bat contre des moulins à vent. Il est persuadé que le carcan social actuel est sur le point de s'effondrer mais lorsqu'il rêve d'une civilisation future, il le fait avec autant de méfiance que d'espoir. Sa logorrhée verbale m'a souvent ennuyée.
Le Dr Copeland offre l'amer spectacle d'un Noir du Sud qui a reçu une bonne éducation. Il s'est battu pendant de longues années pour modifier certaines conditions de vie de ses semblables. Il s'est intéressé au contrôle des naissances, estimant que la faiblesse des Noirs tient pour une grande part à des relations sexuelles impulsives et à une natalité désordonnée et prolifique. Il est opposé au métissage. Ses théories présentent une grave lacune ; il n'admet pas la culture raciale du Noir. Il refuse par principe que le mode de vie des Noirs soit greffé sur celui des Blancs américains. Son idéal serait une race de Noirs ascètes. Il a le profil type d'un Révérend américain très à cheval sur ses principes.
Il y a aussi des personnages secondaires dont la figure de Portia Copeland Jone est la plus intéressante. C'est la fille du Dr Copeland mais il ne s'en est jamais vraiment occupé. Elle symbolise l'instinct maternel. Elle est inséparable d'Highboy, son mari, et de Willie, son frère. Ils sont tous les trois à l'opposé du Dr Copeland et des autres personnages principaux : ils ne cherchent jamais à lutter contre les événements.
Spiros Antonapoulos est décrit de façon détaillée dans le premier chapitre. Son niveau mental, sexuel et spirituel est celui d'un enfant de sept ans. Il a la maladie de Bright c'est-à-dire une insuffisance rénale chronique sans doute déclenchée par son diabète car il est obèse et ne vit que pour manger. Son seul intérêt pour moi dans l'histoire est l'attachement que lui porte le héros principal, Singer.
C'est une tranche de vie américaine des années 1930 concentrée dans le sud des Etats-Unis dans une ville dont on ignore le nom mais avec tout ce que cela implique.
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manujean137
  01 juillet 2017
Dans une ville du sud des États-Unis, quelques années avant la seconde guerre mondiale, ravagée par la pauvreté et le dénuement, cinq personnes se croisent et se rencontrent. Chaque chapitre adopte le point de vue de l'un de ces personnages, créant un tissage progressif intéressant. Divers thèmes sont abordés : communisme et anti-capitalisme, racisme, force de l'amitié, et l'ensemble est assez sombre, pouvant se résumer à "les gens sont malheureux et s'accommodent plus ou moins de leur malheur". En effet, les personnages décrits sont mus par un but dont la réalisation se trouve être compromise par les événements, suscitant déceptions, colère, abandons.
Une des forces de ce roman est le rendu assez réaliste des personnages, dont on suit les évolutions sur quelques saisons.
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OREILLYS
  10 avril 2018
Une histoire à plusieurs voix. C'est à travers 4 personnages, qui ne sont pas destinés à se fréquenter, que nous découvrons le personnage de Singer qui parvient à créer un lien entre ces personnages. Nous suivons Mick, jeune fille qui est en recherche d'un modèle, le docteur Copeland qui souhaite apporter un monde meilleur au genre humain, Jack, qui aspire aux mêmes attentes, mais par un autre moyen et enfin Biff, personnage discret, posé, qui accueille les autres.
Finalement, comme souvent dans la vie, les croyances montrent que nous passons à côté de pleins d'éléments et que nous voyons ce que nous voulons voir, là où parfois il n'y a rien ou bien tout autre chose.
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IndiaSong
  15 juin 2016
Un livre fort. qui marqua son epoque. Riche de personnages complexes. Embrassant des sujets aussi divers que les inegalités raciales dans le sud des Etats Unis.... où regne la segragation; la precarite sociale des plus demunis. La lutte des classes incomprise..
Un personnage enigmatique et merveilleux .. le MUet ; Titre originel de ce livre.
A lire
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BourlJean
  03 juin 2019
« le coeur de Carson était souvent solitaire et se montrait chasseur infatigable pour ceux à qui elle voulait l'offrir, mais une telle lumière irradiait de ce coeur qu'elle en effaçait les coins d'ombre. »
Tenessee WILLIAMS
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
SeriallectriceSVSeriallectriceSV   10 décembre 2019
Tu sais que tu peux pas emmener un moricaud dans un café d'hommes blancs ? » lui demanda un client.
Biff assistait à la scène de loin. Blount était très en colère, et on voyait bien à présent à quel point il était soûl.
« J'suis en partie nègre moi-même »? lança-t-il par défi.
Biff le surveillait d'un œil vigilant; la salle était silencieuse. Avec ses narines épaisses et le blanc de ses yeux qui roulaient, Blount était presque convaincant.
« Je suis en partie nègre et rital et polak et chinetoque. Tout ça. »
Des rires fusèrent.
« Et je suis hollandais et turc et japonais et américain. »
Il marchait en zigzag autour de la table où le muet buvait son café. Sa voix était forte et cassée. « Je suis un homme qui sait. Je suis un étranger dans un pays étrange.
- Calme-toi, lui répond Biff . »
Blount ne prêtait attention à personne excepté au muet. Ils se regardaient tous deux. Les yeux du muet étaient froids et doux comme ceux d'un chat. Il semblait écouter de tout son corps. L'ivrogne était fou furieux.
« Tu es le seul dans cette ville à saisir ce que je veux dire, poursuivit-il. Depuis deux jours je te parle dans ma tête parce que je sais que tu comprends ce que j'ai à dire. »
Dans un box, des gens riaient à une table parce que, sans le savoir, l'ivrogne avait choisi un sourd-muet comme interlocuteur. [...]
Blount s'assit à la table et se pencha vers Singer : «Il y a ceux qui savent et ceux qui ne savent pas. Et dix mille ignorants pour un homme averti. Voilà le miracle le plus inouï - que des millions de gens savent tant de choses sauf ça. C'est comme au quinzième siècle quand tout le monde, à part Colomb et quelques autres, croyait que la Terre était plate. Mais c'est différent : il fallait du talent pour imaginer que la Terre était ronde. Tandis que face à une vérité aussi criante, l'ignorance des gens tient du prodige. Toi, tu piges.
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   10 décembre 2019
Le magasin gonfle les prix de chaque article. Avec trois ou quatre enfants, ils sont aussi prisonniers que s'ils portaient des chaînes. C'est exactement le principe du servage. Pourtant, ici, en Amérique, nous nous proclamons libres. Et le plus drôle, c'est qu'on a tellement enfoncé cette idée dans le crâne des métayers, des ouvriers des filatures et de tous les autres qu'ils y croient vraiment. Mais il a fallu une sacrée épaisseur de mensonges pour les empêcher de comprendre.
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   10 décembre 2019
Le grand projet continuait à vivre dans son esprit, mais il n'avait pas le temps d'y réfléchir. Il allait de maison en maison accomplir un travail sans fin. Le matin très tôt, il partait en automobile , puis, à 11 heures, les patients arrivaient au cabinet. Au vif air automnal du dehors succédait l'odeur chaude et renfermée de la maison qui le faisait tousser. Les bancs de l'entrée étaient remplis de nègres malades qui l'attendaient patiemment. Parfois même le porche et la chambre à coucher étaient bondés. Il travaillait toute la journée et souvent la moitié de la nuit. A cause de la fatigue, il lui arrivait d'avoir envie de s'étendre par terre, de battre des poings et de pleurer. S'il parvenait à se reposer la nuit, il se rétablirait peut-être. Il avait une tuberculose pulmonaire, prenait sa température quatre fois par jour et faisait une radio une fois par mois. Mais il lui était impossible de se reposer. Car il y avait quelque chose de plus fort que la fatigue - c'était le grand projet.
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   10 décembre 2019
« Attention ! s'exclama-t-il. Nous nous sauverons. Mais pas par des prières et l'affliction. Pas par l'indolence ou l'alcool. Pas par les plaisirs physiques ou par l'ignorance. Pas par la soumission et l'humilité. Mais par la fierté. Par la dignité. En devenant durs et forts. Nous devons nous cuirasser pour notre grand dessein. »
[...] « Chaque année à cette époque, nous illustrons à notre petite échelle le premier commandement de Karl Marx. Chaque membre de cette assemblée a eu préalable apporté un cadeau. Un grand nombre d'entre vous se sont privés de confort afin de réduire les besoins de certains autres. Chacun a donné selon le maximum de ses moyens, sans penser à la valeur du cadeau qu'il recevrait en échange. Il nous paraît naturel de partager. Nous avons compris depuis longtemps qu'il est plus délectable de donner que de recevoir. Les paroles de Karl Marx ont toujours été inscrites dans nos coeurs : "De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins."»
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fanfan50fanfan50   31 août 2019
« Tout ce que je puis dire, c’est ceci : le monde est plein de cruauté et de mal. Ah ! Les trois quarts du globe sont en état de guerre ou d’oppression. Les menteurs et les monstres sont unis, mais les hommes qui savent sont isolés et sans défense. Pourtant ! Pourtant si vous me demandiez de montrer la zone la moins civilisée sur la face du globe, j’indiquerai ceci ».
- Regardez bien, avertit le Dr Copeland. Vous êtes en plein océan. »
Jake retourna de nouveau le globe et appuya son pouce carré et crasseux sur un emplacement soigneusement sélectionné. « Ceci. Ces treize Etats. Je sais de quoi je parle. J’ai lu des livres et j’ai bourlingué. Je suis allé dans chacun de ces treize foutus Etats. J’ai travaillé dans chacun d’eux. Et voilà pourquoi je suis de cet avis. Nous vivons dans le pays le plus riche du monde. Il y a suffisamment, et bien au-delà, pour qu’aucun homme, aucune femme, aucun enfant ne soit dans le besoin. Et par-dessus le marché, notre pays a été fondé sur ce qui aurait dû être un grand, un vrai principe – la liberté, l’égalité, et les droits de l’individu. Oh ! Et qu’en est-il sorti ? Il y a des sociétés qui valent des milliards de dollars – et des centaines de milliers de gens qui ne gagnent pas de quoi manger. Et ici, dans ces treize Etats, l’exploitation des être humains est telle que… qu’il faut le voir pour le croire. Dans ma vie, j’ai eu sous les yeux des spectacles à rendre fou. Un tiers au moins des habitants du Sud vit et meurt aussi pauvre que le paysans le plus démuni d’un Etat fasciste européen. Le salaire moyen d’un fermier dans une métairie ne dépasse pas 73 dollars par an. Et encore, c’est une moyenne ! Les salaires des métayers varient de 35 à 90 dollars par personne. Et 35 dollars par an, ça signifie environ 10 cents pour une pleine journée de travail. Il y a partout de la pellagre, de l’ankylostomiase et de l’anémie. Et de la famine, purement et simplement.
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