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Gilles Goullet (Traducteur)
ISBN : 2207134954
Éditeur : Denoël (16/03/2017)

Note moyenne : 4.09/5 (sur 63 notes)
Résumé :
2110. Sur une Lune où tout se vend, où tout s’achète, jusqu’aux sels minéraux contenus dans votre urine, et où la mort peut survenir à peu près à n’importe quel moment, Adrianna Corta est la dirigeante du plus récent des cinq «Dragons», ces familles à couteaux tirés qui règnent sur les colonies lunaires. Elle doit l’ascension météoritique de son organisation au commerce de l’Hélium-3. Mais Corta-Hélio possède de nombreux ennemis, et si Adrianna, au crépuscule de sa ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
Aelinel
  10 mai 2017
Sans l'excellente critique d'Apophis, je n'aurais jamais eu l'idée de sélectionner ce roman, lors de la dernière Masse critique de Babélio (que je remercie d'ailleurs au passage ainsi que les éditions Denoël pour cette lecture). En effet, avec Luna, je sors complètement de ma zone de confort. Je suis rarement allée lorgner, en littérature, du côté de la Planet Opera. Et pourtant, aucune appréhension au début de ma lecture! Les raisons ? Une confiance aveugle en Apophis et un roman estampillé "Luttes de pouvoir » façon Game of Thrones. Je n'ai pas hésité longtemps!
Dans un futur très proche, la Terre a connu de graves crises économiques. Les Hommes décident alors de coloniser la Lune et de l'exploiter afin d'assurer la survie de leur espèce et maintenir à leur niveau, leurs besoins les plus élémentaires que sont l'électricité ou le chauffage. Parmi les pionniers, cinq grandes entreprises, les Dragons se partagent le gâteau et dominent les 1,5 millions d'habitants de la Lune :
- Mackenzie Metals, issus d'Australie et Costa Hélio, originaire du Brésil, exploitent les sols pour son minerai et leur transformation en énergie.
- VTO, une entreprise russe, assure les transports.
- AKA, société ghanéenne, prend en charge la nourriture.
- Taiyang de Chine a développé les technologies de pointe.
Mais, sur la Lune, la vie est difficile. Tout se vend, s'achète et se recycle : de l'air que l'on respire, en passant par son urine d'où l'on tire les sels minéraux jusqu'à son corps complètement réutilisé après avoir trépassé.
Une fois n'est pas coutume, je vais débuter ma chronique en râlant. En effet, il s'agit du premier tome d'une trilogie mais cela est précisé sur... la quatrième de couverture, noyé dans le synopsis! Pourquoi n'avoir pas mis un petit "1" ou "I" à côté du titre, sur la première de couverture pour l'indiquer clairement? On aurait pu croire à un One-shot...
Bref, pour en revenir au roman, je dois bien avouer que les choses avaient un peu mal débuté.
- En effet, le dramatis personae au début du roman est tellement dense qu'il m'a fallu du temps (environ 100 pages) pour visualiser chacun des personnages.
- Idem pour le vocabulaire (oko, hwaejang ou zashitnik, etc...) à appréhender mais au final, je me suis vite adaptée.
- Et enfin, le style littéraire qui m'avait un peu rebutée au départ (il me paraissait haché), s'est révélé par la suite, très fluide.
Puis, une fois, plongée au coeur de l'action, impossible de lâcher le livre jusqu'au bout tant j'ai été happée (je l'ai quasiment lu en une journée). J'irais même plus loin en affirmant que ma lecture s'est avérée être un petit coup de coeur.
- A cela, l'adoption du roman choral faisant intervenir tour à tour les protagonistes : j'adore ce style littéraire. Je trouve que cela confère beaucoup de dynamisme au récit et permet aussi au lecteur d'être acteur dans le sens où il peut être surpris par un personnage tout en modifiant sa perception de ce dernier.
- La "Lutte des pouvoirs" est également un thème que j'affectionne particulièrement. le jeu de dupes en est pour moi, le point d'orgue et j'adore lorsqu'un auteur s'y adonne (c'est d'ailleurs, ce qui m'avait beaucoup plu dans Les piliers de la terre de Ken Folett ou Gagner la guerre de Jaworski) : ce sera le plus malin et le plus machiavélique qui, au final, remportera la partie.
- Enfin, l'univers est également très intéressant : on sent que l'auteur s'est penché sur la question pour le faire vivre et le rendre presque "crédible", si je puis dire. Je citerais ainsi la faible apesanteur lunaire qui participe directement au récit. Je ne saurais dire si le worldbuilding est original car je lis peu de Planet Opera mais, pour ma part, cela m'a beaucoup plu.
En conclusion, le premier tome Luna s'est avéré être un petit coup de coeur et sans nul doute, je répondrai présente pour la suite. Un grand merci à toi Apophis pour la découverte!
Lien : https://labibliothequedaelin..
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Apophis
  21 mars 2017
Ce livre, quelle baffe ! Il frôle la perfection de tellement près que c'en est presque incroyable. Rythme, ambiance, personnages, intrigue, univers, thèmes, dialogues, tout est maîtrisé, passionnant de la première à la dernière ligne. Ah ça, ces derniers temps, nous avons eu droit, tous éditeurs confondus, à d'excellents romans de SF, mais ce nouveau McDonald les écrase tous. Game of Domes, Dallas de l'espace, déclare l'auteur. Certes, les comparaisons avec l'oeuvre de G.R.R. Martin en SFFF sont la plupart du temps abusives… mais pas là. C'est exactement ça (mais mélangé à du Kim Stanley Robinson -en plus nerveux-, entre autres). Luna vous happe dès les premières lignes et ne vous lâche plus jusqu'au dernier mot. Vivement la suite !
Retrouvez l'argumentaire complet sur mon blog.
Lien : https://lecultedapophis.word..
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Horizon_du_plomb
  17 août 2019
« La Lune n'était pas un monde, mais un sous-marin.  »
Encore un de ces livres de SF qui fait partie de ma longue liste de retard. La nouvelle que la NASA compte vraiment privatiser l'ISS m'a convaincu de lire le livre vu qu'il présente un futur crédible, celui où ce seront les consortiums qui exploreront l'espace, pas les états.
« Quand les Dragons se battent, tout le monde se fait brûler »
« La Lune connaît mille façons de vous tuer. C'est la règle n° 1 et elle régit tout. »
L'auteur s'est permis des libertés tout en maintenant un canevas classique lié à l'adaptation TV possible. Arrêtons de parler de Games of Thrones, ce livre tient bien plus de Dune que de GoT pour qui connaît ses classiques. En tout cas, les clins d'oeil y sont surmultipliés. L'auteur joue bien l'aspect saga familiale en parlant des sentiments présents à l'intérieur de la fratrie.
« Les Corta coupent. C'est notre nom.  »
« Il n'y avait là ni Mère Nature ni Gaïa pour s'opposer à la volonté des hommes. Tout ce qui vivait venait de nous. Dona Luna était dure et sans merci, mais belle. Elle pouvait être une femme en train de voler avec des ailes de libellule. »
Un des points forts du livre est qu'il n'y a pas vraiment de longueur, tout paraît quasiment nécessaire, signe des livres qui accrochent bien. Pareil, au-delà de la trame d'actions, des images marquantes restent clairement en tête après la lecture. Personnellement, l'auteur est arrivé à retranscrire chez moi ces visions d'hommes se baladant sur la surface de la Lune, ces visions de la Terre depuis la Lune mais dans un contexte plus sophistiqué, futuriste (on voit aussi comme il s'est bien inspiré du Rover qui y a été envoyé aussi). Bref, sans être de la grande littérature comme on peut en voir aussi dans l'imaginaire et malgré le fait qu'on rencontre des lieux communs (quasi inévitables dans un contexte d'adaptation possible), l'auteur continue son style de qualité.
«  L'attention est oxygène. »
À nouveau l'auteur s'imprègne de cultures différentes en les mélangeant avec de le technologie. Un livre qui m'a fait penser à Vostok car il rapproche la chaleur d'une communauté latine et ses traditions à un milieu désertique et hostile qui impose d'être dur. Dans les deux cas, cela marche bien. C'est d'autant plus subtil, qu'au delà des Russes ou des Chinois, ce sont encore des pays émergents ou même parfois associés aux migrants (Achi ou les AKA). Il m'a manqué un peu le coté poétique de la Maison des derviches et du Fleuve des dieux mais on retrouve les thèmes de l'auteur (dont la spiritualité) et le fond s'allie toujours bien à l'action.
Mon personnage préféré est clairement Wagner. Au contraire, j'ai trouvé Rafa antipathique, parfois j'y voyais même un Georges Bush junior (qui gérait aussi son club de sport) en plus sensible et intelligent. Malgré cela, j'ai regretté un certain manichéisme entre les Corta et Mackenzie qu'on trouvait déjà entre les Atréides et les Harkonnens : on a l'impression d'avoir juste des bons face à des mauvais avec juste quelques nuances. C'est un peu trop facile comme d'ailleurs d'autres clés facilement perceptibles malgré quelques belles surprises. Encore une fois, pour moi, c'est le principal défaut du livre, ce coté grosses ficelles, même si elles fonctionnent, au milieu de pépites d'originalité (la Longue Course par exemple fonctionne vraiment très bien alors qu'on pourrait y voir un rajout inutile).
« Et ça vous gâche tout : une fois qu'on a baisé en chute libre, on trouve grossier et laid de le faire sous pesanteur. »
Je n'ai pas lu Trône de fer, j'ai juste vu la série, mais j'ai trouvé que l'auteur en rajoutait un peu sur le sexe (déjà présent dans le cycle de Dune) clairement même si on sent que l'auteur s'est amusé avec ses personnages adolescents.
« La cour de Clavius semble servir à éviter les lois. Ce qu'elle déteste le plus, c'est en établir une nouvelle, parce que cela figerait les choses et supprimerait la liberté de négocier. Il y a beaucoup d'avocats mais peu de lois. Les procès sont des négociations prolongées. (…) Mais la première chose qu'on remarque, c'est le bruit : des centaines d'avocats, de juges, de plaignants et de parties concernées, tous vantant à tue-tête leur marchandise, se disputant le travail. C'est comme les Bourses dans les vieux films : des types à cravate qui se bousculent en criant offres et demandes. C'est un marché judiciaire. »
« La seule belle chose sur la Lune, ce sont les gens. (…)  Les gens disent que la Lune est dure : non, ce sont les gens qui sont durs. Ce sont toujours les gens. »

On aurait pu imaginer un autre régime dictatorial sur la Lune comme cela a déjà été fait. Non, ici, le monde que nous décrit McDonald est celui d'un capitalisme sauvage mais on ne le ressent pas complètement à la lecture. Sans doute parce que le tout est enrobé d'un coté féodal et qu'il parle des pauvres aussi, s'intéresse plus aux liens humains qui continuent à exister dans cette sauvagerie. L'environnement resserre les liens humains. Si la surface de la Lune est parsemée de rails, ses sociétés sont parsemées d'allégeances à des groupes multiples sans que plus aucune nation ne soit vraiment représentée au sens strict. En fait, le modèle de la Lune de McDonald n'est pas si éloigné du modèle de la Chine moderne (où les grands oligarques affiliés au parti ont un poids politique considérable malgré un régime de libre marché).
« Et c'est toujours pareil pour chaque Joe Moonbeam qui débarque à Méridien en quête du pays de tous les possibles. Nous avons tous à affronter notre Jour de Lune, celui où il faut décider de rester ou de repartir. »
Lirai-je la suite ? C'est comme de dire: « ai-je encore envie de voir cette pleine Terre, me perdre à la regarder » .
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XS
  18 mai 2019
Il est plongé dans son bouquin et a du mal à le lâcher, ce qui est rare. 'En quelque sorte, Games of thrones sur la Lune' m'a-t-il résumé.
Poussée par la curiosité, à peine l'a-t-il refermé que je le lui emprunte. Voyons donc ce qu'il en est...
Ian McDonald a imaginé une jeune société sur la Lune où la vie est pour le moins compliquée et rugueuse ; le droit y est particulier : aucune loi n'existe, tout est question de compromis. L'économie y est partout : même l'air permettant de respirer doit être payé. Les relations y sont moins codifiées que sur Terre : open bar, du moins tant qu'aucun contrat n'officialise la relation. La gravité y est moindre que sur Terre : tous les récents immigrés s'y déplacent maladroitement... Voilà de magnifiques ressorts narratifs.
A travers de nombreux personnages -il faut un peu s'accrocher au début- se dessine le conflit qui va voir se déchirer deux des cinq grandes familles de la planète. Les personnages sont marquants, en particulier trois des personnages féminins loin d'être cantonnés à des rôles subalternes – Ariana, fondatrice de la lignée Corta, sa fille Ariel, et Mariana, ingénieure nouvellement arrivée sur la Lune illustrent des rôles très forts et rares. Moins remarquables car plus classiques sont les personnages masculins, bien qu'intéressants dans leurs complexités.
Et un final qui coupe le souffle. Et qui appelle, comme souvent, un tome suivant.
Oui, j'ai vraiment beaucoup aimé. Et je vais chercher à lui piquer la suite ;).
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SamuelZiterman
  21 mars 2017
« Luna » est un roman de Ian McDonald, publié le 16 mars 2017 en France, dans la collection lunes d'encre des éditions DENOEL. Traduction de l'anglais par Gilles Goullet et illustration de couverture de Manchu. il s'agit du premier tome d'une série qui en comportera trois. Celui-ci s'intitule « Nouvelle Lune ».
Concernant l'auteur, Ian McDonald est né en 1960 à Manchester, il vit désormais en Irlande. Ces romans et nouvelles sont imprégnés de conflits entre différents groupes sociaux. Conflits basés sur la religion, les origines… C'est mon premier roman de cet auteur, mais c'est typiquement le genre de thème que j'affectionne.
Justement, qualifier le genre de Luna n'est pas si simple. C'est de la Science-Fiction, parfois hard, mais c'est aussi de l'anticipation sociale et du cyberpunk.
Vous l'aurez compris l'action se déroule sur la lune, dans 100 ans . Sur notre satellite, tout se vend, tout s'achète. Il n'y a pas de droit pénal, tout est régi par contrat. Tu peux payer ? C'est à toi. Tu ne peux pas payer ? Tu dégages. C'est rude. Une nouvelle conquête de l'ouest.
Cinq grandes familles, cinq corporations, se partagent l'essentiel des richesses et du pouvoir.
Il s'agit des cinq dragons :
Les Corta, des Brésiliens, propriétaires de Corta Helio, spécialisé dans l'extraction d'Hélium ; les Mackenzie, des Australiens, propriétaires de Mackenzie Metals, spécialisée dans l'extraction de métal ; les Sun, des Chinois, propriétaires de Taiyang, spécialisée dans les technologies de pointe ; les Asamoah, des Ghanéens, propriétaires de Aka, spécialisée dans l'agriculture et enfin les Vorontsov, des Russes, propriétaires de VTO spécialisée, dans le transport.
Chaque grand famille possède sa ville, ses exploitations, une carte est fournie.
Comme si tout ce petit monde ne suffisait pas, il y a bien sûr d'autres factions, par exemple la LDC (Lunar Development Corporation) avec à a sa tête « l'aigle », organisme qui a le monopole de tout ce qui est organique, et en haut de l'organisation institutionnelle de la lune.
Il y a un dramatis personae fournit en début de livre, indispensable et détaillé.
Le récit se déroule essentiellement autour de la famille Corta, la plus jeune famille, souvent qualifiée de parvenus. le roman débute sur le rite initiatique de Lucashino, fils de Lucas – cadet de la famille -. Rite qui n'est autre qu'une course de quinze secondes, à poil, à la surface de la Lune, avec tout ce que cela implique.
La famille organise ensuite une fête pour célébrer le passage du rite par Lucashino. Lors de la fête, une tentative d'assassinat sur Rafa, l'ainé des Corta, est déjouée. Il est sauvé in extremis par une Joe Moonbeam, (comprenez : Joe Rayon de Lune, une nouvelle arrivée).
Ce terme n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. L'univers est riche d'argot, de mots empruntés à une multitude de langues : chinois, portugais, russe, yoruba, espagnol, arabe… Un glossaire est fourni en fin de livre, tout aussi indispensable et détaillé que le dramatis personae.
Cet attentat ravive les tensions entre les Corta et les Mackenzie, directement incriminé. La dernière guerre entre ces deux familles n'est pas si loin.
Bien sûr, cette attaque n'est qu'un point de départ des tensions. Mais il va être question d'alliances, de nikahs (contrat de mariage), entre les grandes familles. Les nikahs sont importants, les gamins des grandes familles sont traités comme de la marchandise, des éléments de négociation, mariés de force.
Même au sein des Corta le récit ne va pas être simple. La matriarche, Adriana, qui a construit l'empire familial prépare sa succession. Rafa, l'ainé, est impétueux, Lucas, le cadet, a soif de pouvoir. Ariel, la fille de la fratrie est avocate et se moque de l'extraction d'Hélium. Il y a tout un tas d'histoires dans l'Histoire. C'est foisonnant.
Je pense qu'il est nécessaire de ne pas aller plus loin dans la trame du roman, pour ne pas gâcher l'intrigue et la découverte.
Le premier tour de force de Ian McDonald est de fournir une intrigue riche, sans perdre le lecteur et sans donner un rythme lourd ou trop alambiqué. le tout se déroule rapidement avec actions et rebondissements.
La vie sur la lune est fascinante. Tous les habitants ont un chib, une lentille de contact permettant, entre autres, de vérifier l'état de ses quatre fondamentaux : l'air, l'eau, le carbone et les données.
Autre idée géniale, les assistants, des familiers visiblent uniquement en réalité augmentée. Tout le monde en a un et le trimbale toujours à proximité. Il fait office d'IA personnelle, de Google, d'assistants. Il est personnalisable et ça coûte de l'argent, un peu comme des skins dans un jeu vidéo. le porteur communique avec lui par subvocalisation. Cet aspect offre des possibilité folles.
La vie sur la lune est rude. Les relations contractuelles régissent tout. Comme le dit la couverture, il y a mille façons d'y mourir. Si vous n'avez plus d'air ou d'oxygène, la LDC vous recycle. Si vous êtes victime d'une dépressurisation à la surface, la LDC vous recycle. Les combats sont menés à l'arme blanche, au couteau, le reste est trop risqué. C'est violent et impitoyable.
Ian McDonald s'est vraiment penché sur tous les aspects de la vie, même la sexualité. Sur la lune, les notions d'hétéro, ou d'homo n'existent pas. Chacun est potentiellement le partenaire sexuel d'un autre individu. Il y aussi des asexués et des autoséxués.
Il est difficile de faire le tour des idées fascinantes portées par l'auteur et son univers, tant elles sont nombreuses. Et il convient d'en garder pour les futurs lecteurs.
Luna est pour moi une grande découverte de Ian McDonald, un auteur brillant qui traite la Science-Fiction sous un prisme social. Son style est rude, humain, sans tomber dans la vulgarité, pourtant il traite de sujets sensibles. La lune devient un laboratoire social.
Le livre est souvent comparé à Game Of Thrones, c'est sûr que ces cinq grandes familles qui se battent pour le pouvoir ramènent facilement à la saga qui fait vendre. Mais, l'univers posé par Ian McDonald est plus rude encore, la vie sur la lune exacerbe tous les sentiments. Il y a des intrigues de cours, des morts et de la violence, je pense que la comparaison s'arrête là.
Si vous aimez les livres riches, foisonnant de bonnes idées, Luna est fait pour vous. Si les intrigues de cours, les coups fourrés et les luttes de pouvoir vous intéressent, foncez aussi.
Malgré la complexité apparente, la présence d'un dramatis personae et d'un glossaire, le tout est fluide.
Un livre à mettre entre toutes les mains, la lune n'est là que pour ajouter de l'adversité à une fresque sociale fascinante.
Pour ma part, il va falloir attendre la suite. Je vais me consoler avec la maison des derviches, du même auteur, qui semble tout aussi riche et intéressant.
Bonne lecture.
Lien : http://lecture42.blog/luna-f..
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critiques presse (1)
Telerama   08 mars 2017
Le roman est porté par une écriture élégante qui crée, sans lourdeur, un monde proche et lointain du nôtre.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
Horizon_du_plombHorizon_du_plomb   17 août 2019
Des fleurs. Des fleurs blanches, des bateaux en papier, des cierges. Nous allions tout au bord de l’eau, l’océan nous léchait les orteils. Même mãe, elle entrait jusqu’aux chevilles dans les déferlantes, avec le sable qui lui filait sous les orteils. Des fleurs dans nos cheveux, des cierges dans nos mains. Nous attendions l’instant où la Lune commence à s’extraire de l’océan. Et il arrivait : un tout petit bout de Lune, fin comme une rognure d’ongle. On aurait dit qu’elle saignait sur l’horizon. Énorme. Vraiment énorme. Puis mes perceptions changeaient et je voyais qu’elle ne se levait pas derrière le rebord du monde : elle se formait à partir de l’eau. L’océan s’agitait et déferlait et le blanc des vagues montait dans la Lune. Je n’arrivais pas à parler. Aucun d’entre nous n’y arrivait. On restait immobiles, on était des milliers. Une ligne de blanc et de bleu au bord du Brésil. Ensuite la Lune se détachait, complète, et dessinait sur l’océan une ligne argentée qui venait jusqu’à moi. Le chemin d’Iemanjá. La voie empruntée par la déesse pour atteindre notre monde.  Et je me souviens d’avoir pensé que les voies allaient dans les deux sens. Je pouvais prendre celle-là pour atteindre la Lune. Nous jetions ensuite nos fleurs dans les vagues, qui les emportaient. Nous allumions nos bougies chauffe-plat dans les bateaux en papier que nous mettions à l’eau après les fleurs. La plupart coulaient, mais certains suivaient le chemin de Lune conduisant à Iemanjá. Je n’ai jamais oublié ces minuscules bateaux voguant en direction de la Lune, ballottés par les vagues. 
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LadyDoubleHLadyDoubleH   01 novembre 2018
Il n’y a pas de lois sur la Lune, rien que le consensus, et le consensus proscrit les armes à projectiles. Les balles sont incompatibles avec les environnements pressurisés et les mécanismes complexes. Couteaux, gourdins, garrots, machines subtiles et poisons lents, petits assassins biologiques comme les affectionnent les Asamoah : tels sont les instruments de la violence. Les conflits sont modestes et se livrent nez à nez.
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MahaultMotsMahaultMots   18 octobre 2018
C’était une fille habitée de fantômes, Achi. Celui de l’absence de racines. Celui de l’exil depuis un pays mort. Celui du privilège : Papa était ingénieur logiciel, maman venait d’une famille riche. Londres accueillait à bras ouverts les réfugiés comme eux. Celui de la culpabilité : elle était vivante quand des dizaines de milliers d’autres avaient succombé. Son fantôme le plus sombre était celui de la réparation. Elle ne pouvait rien aux circonstances de sa naissance, mais elle pouvait se les faire pardonner en se rendant utile. Ce fantôme-là ne la lâchait jamais, lui criait à l’oreille : Rends-toi utile, Achi ! Pendant toutes ses études à l’University College de Londres puis son troisième cycle au MIT : Règle les problèmes ! Expie ! Le fantôme de l’utilité l’a envoyée combattre la désertification, la salinisation, l’eutrophication. C’était une guerrière des trucs en « -ation ». Il a fini par l’envoyer sur la Lune. Quoi de plus utile que de protéger et nourrir un monde entier ?
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PostTenebrasLirePostTenebrasLire   25 février 2019
On a toujours cru que l’apocalypse des robots prendrait la forme de flottes de drones tueurs, de mechas de guerre gros comme des pâtés de maisons et de terminators aux yeux rouges. Pas d’une rangée de caisses enregistreuses automatiques à l’Extra ou à la station Alco du coin, pas de la banque en ligne, des taxis automatiques,...
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LadyDoubleHLadyDoubleH   01 novembre 2018
On a toujours cru que l’apocalypse des robots prendrait la forme de flottes de drones tueurs, de mechas de guerre gros comme des pâtés de maison et de terminators aux yeux rouges. Pas d’une rangée de caisses enregistreuses automatiques à l’Extra ou à la station Alco du coin, pas de la banque en ligne, des taxis automatiques, du système automatique de triage médical à l’hôpital. Un par un, les robots sont venus nous remplacer.
Et nous voilà maintenant dans la société la plus dépendante aux machines jamais crée par l’humanité. Je suis devenue riche, j’ai bâti une dynastie basée sur sur ces même robots qui ont réduit la Terre à la mendicité.
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Videos de Ian McDonald (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ian McDonald
Ian McDonald - La Petite Déesse et autres nouvelles .A l?occasion des Utopiales 2013 à Nantes, Ian McDonald nous présente son nouveau recueil, « La Petite Déesse et autres nouvelles » publié aux éditions Denoël lunes d?encres. Pour en savoir plus : http://www.mollat.com/livres/mcdonald-ian-petite-deesse-9782207111260.html http://www.mollat.com/livres/mcdonald-ian-fleuve-des-dieux-9782070453610.html http://www.mollat.com/livres/ian-mcdonald-maison-des-derviches-9782207111307.html Notes de musique : treasureseason, Return to Dope Mountain, Fjords ®
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