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Guillemette Belleteste (Traducteur)
ISBN : 2070306135
Éditeur : Gallimard (24/02/2005)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 627 notes)
Résumé :
Sous la canicule qui frappe l'Angleterre en ce mois d'août 1935, la jeune Briony a trouvé sa vocation : elle sera romancière. Du haut de ses treize ans, elle voit dans le roman un moyen de déchiffrer le monde. Mais lorsqu'elle surprend sa grande sœur Cecilia avec Robbie, fils de domestique, sa réaction naïve aux désirs des adultes va provoquer une tragédie. Trois vies basculent et divergent, pour se recroiser cinq ans plus tard, dans le chaos de la guerre, entre la ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (75) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  28 août 2016
En Angleterre, durant l'été très chaud de 1935, Briony, jeune adolescente d'une famille aisée, interprète à tort une scène surprise entre sa grande soeur et le fils d'une employée de ses parents.
Son erreur de jugement, liée à son imagination débridée, est le début d'une logique qui provoque un drame qui marque la famille à jamais. A partir de là, tous agissent et réfléchissent pour essayer de rattraper le mal qui a été fait, ou qu'on leur a fait - jusqu'au dénouement insoupçonné qui les attend, des années plus tard, alors que la guerre est là.
Ce roman est une petite merveille qui prend son temps pour révéler une analyse admirable de la complexité psychologique de ses personnages. On sort, de ce récit indélébile, ébahi par la justesse du ton et par la virtuosité de l'écriture de Ian McEwan.
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carre
  22 octobre 2012
Expiation est un roman sur la culpabilité, le mensonge et les conséquences dramatiques que celui-ci peut engendrer.
1935. La jeune Briony, rêve de devenir romancière. Elle est témoin d'une scène que la jeune fille va mal interpréter entre sa soeur ainée Cécilia et Robbie fils d'une domestique. L'imagination fertile de la jeune fille, va provoquer un drame et changer à jamais leur destinée.
McEwan installe une dramaturgie qui se renforce pour atteindre une puissance et un souffle épique remarquable.
Partagée en trois parties, McEwan livre un roman d'une grande force, l'écriture donne toute la complexité des personnages enfermés dans une logique destructrice. La première partie peu laisser croire que l'on est dans une ambiance british un peu surannée, dans un ton lent mais McEwan réussit son effet car s'installe petit à petit une angoisse suggérée.
En cela les deuxièmes et troisièmes parties sont à mon sens, les plus réussies tant l'intensité dramatique va crescendo. On garde longtemps en nous, l'amour sacrifié entre Cécilia et Robbie, tandis que Briony doit se battre avec ces démons.
Un grand roman, normal McEwan est un grand écrivain.
Joe Wright a d'ailleurs signé une très belle adaptation ciné « Reviens-moi » avec Keira Keightley et James McAvoy.
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Ancolie
  18 septembre 2012
Briony est une fille un peu fantasque, envahie par son monde imaginaire, dont l'ultime but dans la vie est de devenir écrivain.
Elle vit dans une famille aisée d'un village anglais des années trente avec ses parents, un père absent et une mère emprisonnée par des migraines incessantes, un frère aîné adoré et une soeur, Cécilia, plus âgée qu'elle.
Briony du haut de ses treize ans croit tout savoir de la vie, elle juge sans nuance. Témoin d'une scène d'amour entre sa soeur Cécilia et Robbie, un ami de la famille d'une condition sociale moins élevée, elle l'interprète à sa façon et son attitude aura un impact énorme sur ses proches.
Ian McEwan décrit avec maestria ce petit monde, ce que chacun ressent, ce qui est caché derrière les intentions de chacun, sur l'importance du passé familial. C'est un livre lent mais tellement fin dans la psychologie des personnages que jamais je ne m'y suis ennuyée.
Comme l'indique le titre, c'est un roman sur les conséquences que peuvent avoir nos actes, sur le besoin de réparer ses erreurs et sur le pardon.
Mais c'est aussi un livre sur le pouvoir de l'écriture et celui de l'écrivain. La fin, surprenante, est révélatrice à ce sujet. L'histoire nous fait oublier qui se cache derrière elle et à l'heure des révélations, on se sent un peu manipulé devant l'audace de l'écrivain (mais qui est-il vraiment ?).
J'ai également été emportée par le caractère de Briony, intelligente et naïve à la fois, par la si belle histoire d'amour entre Cécilia et Robbie et par le compte rendu vibrant de vraisemblance du repli des Anglais en 1940.
Pour moi, un très grand roman.
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pyrouette
  19 décembre 2013
Tout est dit dans le titre ou presque ! La vérité et la réalité sont propres à chaque individu selon son état émotionnel du moment. On peut briser des vies ou les porter aux nues, vivre avec des regrets ou des remords ou rester dans sa conviction de l'instant. L'auteur a d'abord placé le décor : un été caniculaire à la fin des années 30 en Angleterre. Une vaste maison où se croisent les membres de la famille, les amis et les serviteurs. L'ambiance est lourde, la chaleur accable les protagonistes, tout est lent, angoissant. Une vision, quelques secondes et la tragédie peut commencer. Superbe histoire.
Lien : http://pyrouette.canalblog.c..
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patrick75
  31 décembre 2012
Voici un livre qui porte bien son titre, expiation.
EXPIATION : châtiment, peine subie suite à une faute ou à un crime, pour se faire pardonner ( synonyme: repentir, purgatoire, rachat ) .
Cela dit, il s'agit pratiquement d'un résumé. Reste à replacer les faits dans leurs contextes historiques. L'Angleterre à la fin des années trente, le corps expéditionnaire britannique envoyé en France...et Dunkerque.
J'ai bien aimé le dernier chapitre ou le personnage principal, âgée de près de 80 ans, revient sur les évènements passés.
Racontée avec talent, cette histoire est un bon moment de lecture.
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Citations & extraits (49) Voir plus Ajouter une citation
TestiflyTestifly   22 septembre 2013
Il posa les mains sur ses épaules et rencontra la fraîcheur de sa peau nue. Lorsque leurs visages se rapprochèrent, il était si peu sûr de lui qu'il crût qu'elle allait s'enfuir, ou le gifler du plat de la main, comme dans les films. Sa bouche avait un goût de rouge à lèvres et de sel. Ils s'écartèrent, le temps d'une seconde, il la prit dans ses bras et ils échangèrent un nouveau baiser, plus confiants cette fois. Avec audace, ils se touchèrent du bout de la langue, et c'est alors qu'elle laissa échapper ce soupir de défaillance qui, il le comprit plus tard, était le signe d'une transformation. Jusque-là, le ridicule d'avoir un visage familier si près du sien avait perduré. Ils se sentaient observés par les yeux stupéfaits des enfants qu'ils avaient été. Mais le contact des langues, muscles vivants et fuyants, chair humide contre chair, et l'étrange plainte qu'il lui arracha changèrent tout. Il eut l'impression d'être pénétré, transpercé de haut en bas, de sorte que son corps s'ouvrait et qu'il fut capable de sortir de lui-même et de l'embrasser librement. Cette conscience de soi était maintenant devenue quelque chose d'impersonnel, de presque abstrait. Le gémissement qu'elle avait poussé était avide, et le rendait avide à son tour. Il la poussa brutalement dans l'angle, entre les livres. Pendant qu'ils s'embrassaient, elle tira sur ses vêtements, s'acharnant sans résultat sur sa chemise, sa ceinture. Leurs têtes roulèrent et chavirèrent l'une contre l'autre tandis que leurs baisers se faisaient plus dévorants. Elle le mordit à la joue, pas vraiment par jeu. Il s'arracha d'elle, puis revint et elle lui mordit profondément la lèvre inférieure. Il lui baisa la gorge, lui renversant la tête contre les étagères, elle le saisit par les cheveux, guidant son visage vers sa poitrine. Apres quelques tâtonnements maladroits, il trouve la pointe de son sein, petite et dure, et l'entoura de sa bouche. Le dos de Cecilia se raidit, puis frémit tout du long. Un instant, il crut qu'elle s'était évanouie. Elle lui entoura la tête de ses bras et, lorsqu'elle resserra son étreinte, il se redressa de toute sa taille, pour tenter de reprendre souffle, et l'enveloppa, lui écrasant la tête sur sa poitrine. Elle le mordit de nouveau et tira sur sa chemise. Lorsqu'ils entendirent un bouton rebondir sur le parquet avec un léger bruit, ils durent réprimer un petit sourire et détourner les yeux. Un effet comique aurait tout gâché entre eux. Elle emprisonna son téton entre ses dents ; la sensation fut insupportable. Il lui renversa le visage et, l'enserrant contre sa poitrine, lui baisa les yeux et sépara ses lèvres avec sa langue. Frappée d'impuissance, elle laissa de nouveau échapper comme un soupir de déception.
*******[...] Ils étaient au-delà du présent, en dehors du temps, sans souvenirs et sans futur. Il n'y avait plus qu'une sensation qui effaçait tout, excitante et envahissante, et le son de l'étoffe sur l'étoffe de la peau sur l'étoffe tandis que leurs membres se coulaient l'un par-dessus l'autre dans cette lutte sensuelle et sans relâche. [...] Ils s'embrassèrent de nouveau, les bras de Cecilia noués derrière la tête de Robbie. Elle lui lécha l'oreille, puis en mordilla le lobe. Accumulées, ces morsures l'aiguillonnèrent, l'enragèrent, le stimulèrent. Sous sa robe, il chercha ses fesses et les serra violemment. Les yeux dans les siens, elle allongea le bras pour ôter ses chaussures. Une agitation désordonnée s'installait à présent, recherche de boutons, de positions de jambes et de bras. Elle n'avait vraiment aucune expérience. Sans dire un mot, il guida son pied sur l'étagère la plus basse. Ils étaient gauches, mai trop oublieux d'eux-mêmes à présent pour ressentir une quelconque gêne. Lorsqu'il retroussa de nouveau la robe de soie moulante, il pensa que son expression d'incertitude reflétait la sienne. Mais il n'y avait plus que l'inévitable, et il ne leur restait plus qu'à l'atteindre.
*******[...] Elle murmura son nom avec la circonspection d'un enfant qui s'essaie à des sons distincts. Lorsqu'il énonça le sien en réponse, on aurait dit un mot nouveau - les syllabes restaient les mêmes, le sens était différent. Enfin, il prononça ces trois mots simples que nul art médiocre, nulle mauvaise foi ne réussiront jamais à déprécier tout à fait. Elle les répéta, avec exactement la même légère insistance sur le dernier mot, comme si elle était la première à les dire...
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lilibaliliba   23 juin 2009
Les répétitions gênaient aussi son sens de l’ordre. Le monde contenu qu’elle avait défini avec des lignes nettes et parfaites avaient été défiguré par les gribouillis d’autres esprits, d’autres besoins ; et le temps lui-même, si facilement divisé sur papier en actes et en scènes, s’écoulait à présent de facon incontrôlable. Sans doute qu’elle n’aurait plus Jackson jusqu’après le déjeuner. Léon et ses amis devaient arriver tôt dans la soirée, peut-être même plus tôt, et la représentation devait avoir lieu à sept heures. Et il n’y avait pas encore eu de vraie répétition et les jumeaux ne savaient pas jouer, ni même énoncer, et Lola avait volé le role qui revenait de droit à Briony, et rien ne pouvait être organisé, et il faisait chaud, ridiculement chaud. Opprimée, la jeune fille s’agita et se leva. La poussière des planches avait sali ses mains et le dos de sa robe. Perdue dans ses pensées, elle s’essuya les paumes sur le devant de sa robe tout en allant vers la fenêtre. La facon la plus simple d’impressionner Léon aurait été d’écrire pour lui une nouvelle, de la lui remettre elle-même entre les mains, et de l’observer pendant qu’il la lisait. Les lettres du titre, la couvertures illustrées, les pages reliées—dans ce mot même, elle ressentit l’attrait du format net, limité, et contrôlable qu’elle avait abandonné en décidant d’écrire une pièce. Une nouvelle était directe et simple, n’autorisant rien à s’interposer entre elle-même et son lecteur—pas d’intermédiaires avec leurs ambitions personnelles et leur incompétence, pas de pression de temps, pas de limites de ressources. Dans une nouvelle, vous n’aviez qu’à souhaiter, vous n’aviez qu’à mettre sur papier, et vous pouviez posséder le monde ; dans une pièce, vous deviez vous débrouiller avec ce qui se présentait : pas de chevaux, pas de rues de village, pas de bord de mer. Pas de rideau. Cela semblait si évident à présent qu’il était trop tard : une nouvelle était une forme de télépathie. En inscrivant des symboles
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patrick75patrick75   28 décembre 2012
Et bien qu'elle en fût horrifiée, ce fut une nouvelle découverte, un moment qui prenait vie, une autre première que d'inspirer de la haine à un adulte. Les enfants haïssaient en abondance, par caprice. Cela n'avait guère d'importance. Mais incarner l'objet d'une haine adulte constituait une initiation à un univers solennel, neuf. C'était une promotion.
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patrick75patrick75   30 décembre 2012
Enfant, Turner avait essayé une fois de se persuader qu'éviter les joints du trottoir devant la cour de récréation de son école, pour empêcher sa mère de mourir subitement, était une bêtise. Mais il n'avait jamais marché dessus et elle n'était pas morte.
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patrick75patrick75   26 décembre 2012
Mon enfant bien-aimée, tu es jeune et charmante,
Mais naïve tu crois, car du monde ignorante,
Voir le monde à tes pieds,
Alors qu'il ne demande qu'à te piétiner.
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Vidéo de Ian McEwan
L'auteur britannique Ian McEwan, invité de François Busnel, publie «Dans une coque de noix», court roman drôle et érudit, version inattendue de «Hamlet» donnant la parole à un foetus. Jean-Marie Rouart explore les secrets du plaisir dans «Une jeunesse perdue». Gonzague Saint Bris revisite l'histoire de France sous l'angle sulfureux des passions plus ou moins avouables des grands hommes. Dans «Colette et les siennes», Dominique Bona raconte l'histoire de quatre beautés libres à Paris en août 1914. Mariette Darrigrand, sémiologue, signe «J'te kiffe Je t'aime», un essai drôle et instructif sur le langage de l'amour.
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