AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Guillemette Belleteste (Traducteur)
ISBN : 2070306135
Éditeur : Gallimard (24/02/2005)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 663 notes)
Résumé :
Sous la canicule qui frappe l'Angleterre en ce mois d'août 1935, la jeune Briony a trouvé sa vocation : elle sera romancière. Du haut de ses treize ans, elle voit dans le roman un moyen de déchiffrer le monde. Mais lorsqu'elle surprend sa grande sœur Cecilia avec Robbie, fils de domestique, sa réaction naïve aux désirs des adultes va provoquer une tragédie. Trois vies basculent et divergent, pour se recroiser cinq ans plus tard, dans le chaos de la guerre, entre la ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (84) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  28 août 2016
En Angleterre, durant l'été très chaud de 1935, Briony, jeune adolescente d'une famille aisée, interprète à tort une scène surprise entre sa grande soeur et le fils d'une employée de ses parents.
Son erreur de jugement, liée à son imagination débridée, est le début d'une logique qui provoque un drame qui marque la famille à jamais. A partir de là, tous agissent et réfléchissent pour essayer de rattraper le mal qui a été fait, ou qu'on leur a fait - jusqu'au dénouement insoupçonné qui les attend, des années plus tard, alors que la guerre est là.
Ce roman est une petite merveille qui prend son temps pour révéler une analyse admirable de la complexité psychologique de ses personnages. On sort de ce récit, indélébile, ébahi par la justesse du ton et par la virtuosité de l'écriture de Ian McEwan.
Commenter  J’apprécie          1114
carre
  22 octobre 2012
Expiation est un roman sur la culpabilité, le mensonge et les conséquences dramatiques que celui-ci peut engendrer.
1935. La jeune Briony, rêve de devenir romancière. Elle est témoin d'une scène que la jeune fille va mal interpréter entre sa soeur ainée Cécilia et Robbie fils d'une domestique. L'imagination fertile de la jeune fille, va provoquer un drame et changer à jamais leur destinée.
McEwan installe une dramaturgie qui se renforce pour atteindre une puissance et un souffle épique remarquable.
Partagée en trois parties, McEwan livre un roman d'une grande force, l'écriture donne toute la complexité des personnages enfermés dans une logique destructrice. La première partie peu laisser croire que l'on est dans une ambiance british un peu surannée, dans un ton lent mais McEwan réussit son effet car s'installe petit à petit une angoisse suggérée.
En cela les deuxièmes et troisièmes parties sont à mon sens, les plus réussies tant l'intensité dramatique va crescendo. On garde longtemps en nous, l'amour sacrifié entre Cécilia et Robbie, tandis que Briony doit se battre avec ces démons.
Un grand roman, normal McEwan est un grand écrivain.
Joe Wright a d'ailleurs signé une très belle adaptation ciné « Reviens-moi » avec Keira Keightley et James McAvoy.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          600
Ancolie
  18 septembre 2012
Briony est une fille un peu fantasque, envahie par son monde imaginaire, dont l'ultime but dans la vie est de devenir écrivain.
Elle vit dans une famille aisée d'un village anglais des années trente avec ses parents, un père absent et une mère emprisonnée par des migraines incessantes, un frère aîné adoré et une soeur, Cécilia, plus âgée qu'elle.
Briony du haut de ses treize ans croit tout savoir de la vie, elle juge sans nuance. Témoin d'une scène d'amour entre sa soeur Cécilia et Robbie, un ami de la famille d'une condition sociale moins élevée, elle l'interprète à sa façon et son attitude aura un impact énorme sur ses proches.
Ian McEwan décrit avec maestria ce petit monde, ce que chacun ressent, ce qui est caché derrière les intentions de chacun, sur l'importance du passé familial. C'est un livre lent mais tellement fin dans la psychologie des personnages que jamais je ne m'y suis ennuyée.
Comme l'indique le titre, c'est un roman sur les conséquences que peuvent avoir nos actes, sur le besoin de réparer ses erreurs et sur le pardon.
Mais c'est aussi un livre sur le pouvoir de l'écriture et celui de l'écrivain. La fin, surprenante, est révélatrice à ce sujet. L'histoire nous fait oublier qui se cache derrière elle et à l'heure des révélations, on se sent un peu manipulé devant l'audace de l'écrivain (mais qui est-il vraiment ?).
J'ai également été emportée par le caractère de Briony, intelligente et naïve à la fois, par la si belle histoire d'amour entre Cécilia et Robbie et par le compte rendu vibrant de vraisemblance du repli des Anglais en 1940.
Pour moi, un très grand roman.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          351
daniel_dz
  18 février 2018
Voici un roman que je vous recommande de siroter, calé dans un bon fauteuil moelleux. Car il ne s'agit pas ici d'une intrigue qui vous tiendra en haleine, mais plutôt d'un texte d'ambiances, qui prend le temps de nous plonger à la fois dans le cadre de l'Angleterre des années 1935-1940, tout en nous faisant vivre de l'intérieur les sentiments de quelques personnages. Fines descriptions d'une société, fines descriptions d'individus. Un régal d'évasion.
« Expiation » est la troisième étape de ma découverte de Ian McEwan. Après « Solaire », qui m'avait un peu déçu, je voulais continuer à me faire une idée sur cet auteur, qui m'avait impressionné et ravi avec « Sur la plage de Chesil ». Bien m'en a pris, car j'ai retrouvé ici tout le plaisir que m'avait procuré ce dernier ouvrage.
Dans la première partie, l'auteur nous plonge en 1935 dans une réunion de famille bourgeoise anglaise. Briony, 13 ans, persuadée de ses talents d'écrivain, tente de persuader ses cousins d'interpréter la petite pièce qu'elle a composée pour l'occasion; malgré la différence d'époques, ces enfants qui se chamaillent m'ont rappelé les histoires de la Comtesse de Ségur (toujours un petit bonheur, l'évocation d'une lecture d'enfance…). D'autre part, Cecilia, la grande soeur de Briony, fait l'expérience de ses premiers sentiments amoureux avec Robbie; j'ai retrouvé dans ces belles pages la même finesse d'observation et la même pudeur dans la description des sentiments que celles qui m'avaient impressionné dans « Sur la plage de Chesil ». Mais Briony découvre par hasard des gestes de ces amoureux débutants. Elle interprète ces gestes comme une agression et, voulant protéger sa soeur, du haut de sa prétention, monte une machination qui causera un tort immense à Robbie.
La deuxième partie se passe en 1940, sur le front du nord de la France. On y retrouve Robbie en soldat. Il se prépare à rentrer blessé en Angleterre; sa relation avec Cecilia n'est pas éteinte. Ici encore, Ian McEwan centre son récit sur les hommes. On vit leurs souffrances, proches de celles des soldats de la Première guerre. On sent également le désarroi de la population, voyant leur cadre de vie dévasté par les bombardements.
Dans la troisième partie, on est surpris de retrouver Briony en infirmière, dans un hôpital londonien qui se prépare à l'arrivée d'un grand groupe de soldats rentrant du front français. le texte continue à se centrer sur les personnes, ici les débuts de jeunes infirmières, montrant leur difficulté à concilier compassion et discipline, dans la tradition de Florence Nightingale. Briony est torturée; elle tente de se faire pardonner par Cecilia et Robbie..

Vous risquez d'être déçus si vous vous focalisez sur la seule intrigue Briony-Cecilia-Robbie: cette intrigue est une sorte de liant entre les trois parties, mais si vous ne voyez qu'elle, vous risquez de trouver qu'il y a beaucoup trop de pages inutiles à l'intrigue. Voyez donc plutôt les trois parties comme trois tableaux de la société de l'Angleterre du début de la Seconde guerre. Et là, vous ne pourrez que tomber sous le charme de toutes les belles pages de description des ambiances et des personnes. Je vous les recommande chaleureusement !
Me voilà donc impatient de découvrir d'autres textes de Ian McEwan. Je suis preneur de vos bons conseils !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          217
pyrouette
  19 décembre 2013
Tout est dit dans le titre ou presque ! La vérité et la réalité sont propres à chaque individu selon son état émotionnel du moment. On peut briser des vies ou les porter aux nues, vivre avec des regrets ou des remords ou rester dans sa conviction de l'instant. L'auteur a d'abord placé le décor : un été caniculaire à la fin des années 30 en Angleterre. Une vaste maison où se croisent les membres de la famille, les amis et les serviteurs. L'ambiance est lourde, la chaleur accable les protagonistes, tout est lent, angoissant. Une vision, quelques secondes et la tragédie peut commencer. Superbe histoire.
Lien : http://pyrouette.canalblog.c..
Commenter  J’apprécie          360
Citations et extraits (52) Voir plus Ajouter une citation
TestiflyTestifly   22 septembre 2013
Il posa les mains sur ses épaules et rencontra la fraîcheur de sa peau nue. Lorsque leurs visages se rapprochèrent, il était si peu sûr de lui qu'il crût qu'elle allait s'enfuir, ou le gifler du plat de la main, comme dans les films. Sa bouche avait un goût de rouge à lèvres et de sel. Ils s'écartèrent, le temps d'une seconde, il la prit dans ses bras et ils échangèrent un nouveau baiser, plus confiants cette fois. Avec audace, ils se touchèrent du bout de la langue, et c'est alors qu'elle laissa échapper ce soupir de défaillance qui, il le comprit plus tard, était le signe d'une transformation. Jusque-là, le ridicule d'avoir un visage familier si près du sien avait perduré. Ils se sentaient observés par les yeux stupéfaits des enfants qu'ils avaient été. Mais le contact des langues, muscles vivants et fuyants, chair humide contre chair, et l'étrange plainte qu'il lui arracha changèrent tout. Il eut l'impression d'être pénétré, transpercé de haut en bas, de sorte que son corps s'ouvrait et qu'il fut capable de sortir de lui-même et de l'embrasser librement. Cette conscience de soi était maintenant devenue quelque chose d'impersonnel, de presque abstrait. Le gémissement qu'elle avait poussé était avide, et le rendait avide à son tour. Il la poussa brutalement dans l'angle, entre les livres. Pendant qu'ils s'embrassaient, elle tira sur ses vêtements, s'acharnant sans résultat sur sa chemise, sa ceinture. Leurs têtes roulèrent et chavirèrent l'une contre l'autre tandis que leurs baisers se faisaient plus dévorants. Elle le mordit à la joue, pas vraiment par jeu. Il s'arracha d'elle, puis revint et elle lui mordit profondément la lèvre inférieure. Il lui baisa la gorge, lui renversant la tête contre les étagères, elle le saisit par les cheveux, guidant son visage vers sa poitrine. Apres quelques tâtonnements maladroits, il trouve la pointe de son sein, petite et dure, et l'entoura de sa bouche. Le dos de Cecilia se raidit, puis frémit tout du long. Un instant, il crut qu'elle s'était évanouie. Elle lui entoura la tête de ses bras et, lorsqu'elle resserra son étreinte, il se redressa de toute sa taille, pour tenter de reprendre souffle, et l'enveloppa, lui écrasant la tête sur sa poitrine. Elle le mordit de nouveau et tira sur sa chemise. Lorsqu'ils entendirent un bouton rebondir sur le parquet avec un léger bruit, ils durent réprimer un petit sourire et détourner les yeux. Un effet comique aurait tout gâché entre eux. Elle emprisonna son téton entre ses dents ; la sensation fut insupportable. Il lui renversa le visage et, l'enserrant contre sa poitrine, lui baisa les yeux et sépara ses lèvres avec sa langue. Frappée d'impuissance, elle laissa de nouveau échapper comme un soupir de déception.
*******[...] Ils étaient au-delà du présent, en dehors du temps, sans souvenirs et sans futur. Il n'y avait plus qu'une sensation qui effaçait tout, excitante et envahissante, et le son de l'étoffe sur l'étoffe de la peau sur l'étoffe tandis que leurs membres se coulaient l'un par-dessus l'autre dans cette lutte sensuelle et sans relâche. [...] Ils s'embrassèrent de nouveau, les bras de Cecilia noués derrière la tête de Robbie. Elle lui lécha l'oreille, puis en mordilla le lobe. Accumulées, ces morsures l'aiguillonnèrent, l'enragèrent, le stimulèrent. Sous sa robe, il chercha ses fesses et les serra violemment. Les yeux dans les siens, elle allongea le bras pour ôter ses chaussures. Une agitation désordonnée s'installait à présent, recherche de boutons, de positions de jambes et de bras. Elle n'avait vraiment aucune expérience. Sans dire un mot, il guida son pied sur l'étagère la plus basse. Ils étaient gauches, mai trop oublieux d'eux-mêmes à présent pour ressentir une quelconque gêne. Lorsqu'il retroussa de nouveau la robe de soie moulante, il pensa que son expression d'incertitude reflétait la sienne. Mais il n'y avait plus que l'inévitable, et il ne leur restait plus qu'à l'atteindre.
*******[...] Elle murmura son nom avec la circonspection d'un enfant qui s'essaie à des sons distincts. Lorsqu'il énonça le sien en réponse, on aurait dit un mot nouveau - les syllabes restaient les mêmes, le sens était différent. Enfin, il prononça ces trois mots simples que nul art médiocre, nulle mauvaise foi ne réussiront jamais à déprécier tout à fait. Elle les répéta, avec exactement la même légère insistance sur le dernier mot, comme si elle était la première à les dire...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
lilibaliliba   23 juin 2009
Les répétitions gênaient aussi son sens de l’ordre. Le monde contenu qu’elle avait défini avec des lignes nettes et parfaites avaient été défiguré par les gribouillis d’autres esprits, d’autres besoins ; et le temps lui-même, si facilement divisé sur papier en actes et en scènes, s’écoulait à présent de facon incontrôlable. Sans doute qu’elle n’aurait plus Jackson jusqu’après le déjeuner. Léon et ses amis devaient arriver tôt dans la soirée, peut-être même plus tôt, et la représentation devait avoir lieu à sept heures. Et il n’y avait pas encore eu de vraie répétition et les jumeaux ne savaient pas jouer, ni même énoncer, et Lola avait volé le role qui revenait de droit à Briony, et rien ne pouvait être organisé, et il faisait chaud, ridiculement chaud. Opprimée, la jeune fille s’agita et se leva. La poussière des planches avait sali ses mains et le dos de sa robe. Perdue dans ses pensées, elle s’essuya les paumes sur le devant de sa robe tout en allant vers la fenêtre. La facon la plus simple d’impressionner Léon aurait été d’écrire pour lui une nouvelle, de la lui remettre elle-même entre les mains, et de l’observer pendant qu’il la lisait. Les lettres du titre, la couvertures illustrées, les pages reliées—dans ce mot même, elle ressentit l’attrait du format net, limité, et contrôlable qu’elle avait abandonné en décidant d’écrire une pièce. Une nouvelle était directe et simple, n’autorisant rien à s’interposer entre elle-même et son lecteur—pas d’intermédiaires avec leurs ambitions personnelles et leur incompétence, pas de pression de temps, pas de limites de ressources. Dans une nouvelle, vous n’aviez qu’à souhaiter, vous n’aviez qu’à mettre sur papier, et vous pouviez posséder le monde ; dans une pièce, vous deviez vous débrouiller avec ce qui se présentait : pas de chevaux, pas de rues de village, pas de bord de mer. Pas de rideau. Cela semblait si évident à présent qu’il était trop tard : une nouvelle était une forme de télépathie. En inscrivant des symboles
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
patrick75patrick75   28 décembre 2012
Et bien qu'elle en fût horrifiée, ce fut une nouvelle découverte, un moment qui prenait vie, une autre première que d'inspirer de la haine à un adulte. Les enfants haïssaient en abondance, par caprice. Cela n'avait guère d'importance. Mais incarner l'objet d'une haine adulte constituait une initiation à un univers solennel, neuf. C'était une promotion.
Commenter  J’apprécie          220
patrick75patrick75   30 décembre 2012
Enfant, Turner avait essayé une fois de se persuader qu'éviter les joints du trottoir devant la cour de récréation de son école, pour empêcher sa mère de mourir subitement, était une bêtise. Mais il n'avait jamais marché dessus et elle n'était pas morte.
Commenter  J’apprécie          310
patrick75patrick75   26 décembre 2012
Mon enfant bien-aimée, tu es jeune et charmante,
Mais naïve tu crois, car du monde ignorante,
Voir le monde à tes pieds,
Alors qu'il ne demande qu'à te piétiner.
Commenter  J’apprécie          370
Videos de Ian McEwan (113) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ian McEwan
The Child In Time (2017) - Bande Annonce
autres livres classés : seconde guerre mondialeVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

Test

ds

d
d
d
d

1 questions
2 lecteurs ont répondu
Thème : Opération Sweet Tooth de Ian McEwanCréer un quiz sur ce livre
. .