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Guillemette Belleteste (Traducteur)
EAN : 9782070306138
496 pages
Éditeur : Gallimard (24/02/2005)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 787 notes)
Résumé :
Sous la canicule qui frappe l'Angleterre en ce mois d'août 1935, la jeune Briony a trouvé sa vocation : elle sera romancière. Du haut de ses treize ans, elle voit dans le roman un moyen de déchiffrer le monde. Mais lorsqu'elle surprend sa grande sœur Cecilia avec Robbie, fils de domestique, sa réaction naïve aux désirs des adultes va provoquer une tragédie. Trois vies basculent et divergent, pour se recroiser cinq ans plus tard, dans le chaos de la guerre, entre la ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (115) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  28 août 2016
En Angleterre, durant l'été très chaud de 1935, Briony, jeune adolescente d'une famille aisée, interprète à tort une scène surprise entre sa grande soeur et le fils d'une employée de ses parents.
Son erreur de jugement, liée à son imagination débridée, est le début d'une logique qui provoque un drame qui marque la famille à jamais. A partir de là, tous agissent et réfléchissent pour essayer de rattraper le mal qui a été fait, ou qu'on leur a fait - jusqu'au dénouement insoupçonné qui les attend, des années plus tard, alors que la guerre est là.
Ce roman est une petite merveille qui prend son temps pour révéler une analyse admirable de la complexité psychologique de ses personnages. On sort de ce récit, indélébile, ébahi par la justesse du ton et par la virtuosité de l'écriture de Ian McEwan.
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carre
  22 octobre 2012
Expiation est un roman sur la culpabilité, le mensonge et les conséquences dramatiques que celui-ci peut engendrer.
1935. La jeune Briony, rêve de devenir romancière. Elle est témoin d'une scène que la jeune fille va mal interpréter entre sa soeur ainée Cécilia et Robbie fils d'une domestique. L'imagination fertile de la jeune fille, va provoquer un drame et changer à jamais leur destinée.
McEwan installe une dramaturgie qui se renforce pour atteindre une puissance et un souffle épique remarquable.
Partagée en trois parties, McEwan livre un roman d'une grande force, l'écriture donne toute la complexité des personnages enfermés dans une logique destructrice. La première partie peu laisser croire que l'on est dans une ambiance british un peu surannée, dans un ton lent mais McEwan réussit son effet car s'installe petit à petit une angoisse suggérée.
En cela les deuxièmes et troisièmes parties sont à mon sens, les plus réussies tant l'intensité dramatique va crescendo. On garde longtemps en nous, l'amour sacrifié entre Cécilia et Robbie, tandis que Briony doit se battre avec ces démons.
Un grand roman, normal McEwan est un grand écrivain.
Joe Wright a d'ailleurs signé une très belle adaptation ciné « Reviens-moi » avec Keira Keightley et James McAvoy.
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Gwen21
  22 janvier 2020
Voici un roman au titre mystérieux qui dévoile sur sa couverture une fillette assise sur les marches brûlées de soleil d'un parc. Il n'en a pas fallu plus pour me projeter en pensée dans la campagne anglaise, au sein d'une demeure figée dans ses traditions et son mobilier.
Et bien, je n'étais pas loin de la vérité.
Campagne anglaise, oui.
Gentry anglaise, oui.
Jardin à l'anglaise, oui.
Traditions, oui.
Bien qu'en cet an de grâce 1935, ces dernières soient écornées et achèvent de consommer le changement survenu pendant et à l'issue de la Première Guerre mondiale : les filles de la maison ont coupé leurs cheveux et plongent dans la piscine, les jeunes femmes fument et vont à l'université. Sous la canicule de cet été meurtrier, Briony, une jeune personne de treize ans, semble bien gonflée de son importance. Encouragée dans sa vanité, elle décide que seul le métier d'écrivain peut mettre en lumière son extraordinaire imagination et c'est en vrai tyran qu'elle se laisse mener par elle, au point de bouleverser à jamais les destins de ses proches.
Le pitch est très loin de révéler toute la complexité psychologique très fine qui structure ce roman tel un puzzle. La première partie est un huis-clos que n'aurait pas renié la Reine du Crime, la so british Agatha Christie. C'est la partie que j'ai le plus appréciée. Il n'y a pas que la chaleur qui oppresse, l'auteur communique avec talent à ses lecteurs le malaise qu'il installe page après page entre les murs de la riche demeure dans laquelle s'agitent les domestiques et où les maîtres périssent d'oisiveté. Dans cette première partie, l'auteur suit le point de vue de tous les protagonistes ; système de narration qu'il abandonnera hélas dès la seconde partie.
On passe alors de l'atmosphère d'un thriller à celle d'un récit de guerre, témoin des drames humains sans nombre de la période. La Seconde Guerre mondiale a éclaté et l'auteur nous fait vivre la terrible retraite de Dunkerque. Le récit se concentre alors sur deux personnages et non plus sur une galerie ; c'est presque un second roman que l'on découvre, passant du crime à la quête de rédemption, pour finir par l'expiation qui donne son nom au livre.
Un beau roman construit de manière originale et qui m'aura bien embarquée malgré sa noirceur et sa violence. L'adaptation de Joe Wright (à qui l'on doit également celle d'"Orgueil et Préjugés" en 2005) ne m'a pas entièrement convaincue, bien qu'elle soit très fidèle au roman. Je n'en retiendrai que l'esthétisme des années 30 très bien rendu et le jeu délicat de Keira Knightley.

Challenge MULTI-DÉFIS 2020
Challenge BBC
Challenge Notre-Dame de Paris
Lecture commune avec Crazynath
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Crazynath
  22 janvier 2020
Expiation est un livre qui trainait dans ma Pal depuis un bon moment…
Aussi, quand Gwen m'a proposé de faire une lecture commune, ce livre est tombé à point nommé…
Nous nous retrouvons dans l'Angleterre de 1935, en été plus précisément, et la canicule est au rendez-vous… Nous allons rencontrer les différents membres de la famille Tallis et plus particulièrement Briony, la petite dernière. A treize ans, elle rêve de devenir romancière et vit dans sa petite bulle. Comme toute adolescente qui se respecte, elle est sujette à interprétation et ses jugements sont quelquefois erronés…Et c'est ce qui va se passer quand elle commence à surveiller sa soeur ainée ….Le résultat va aboutir sur une tragédie et une terrible méprise…
J'ai beaucoup aimé cette partie, et l'auteur à réussit à créer une ambiance qui restitue bien le contexte de cette période…Même si on sent encore l'insouciance un peu surannée de cette classe sociale, les prémisses de la guerre sont bien la…
La deuxième partie est presque un choc pour le lecteur car elle nous plonge en 1940, en pleine débâcle et nous suivons un seul personnage, soldat anglais, qui n'a qu'un objectif : arriver à Dunkerque pour pouvoir être évacué…. Cette partie retrace bien cette terrible page de la deuxième guerre mondiale…L'impuissance des fuyards face aux avions meurtriers de la Luftwaffe… Un petit bémol cependant : je m'étais habituée au rythme de la première partie, et tout à coup n'avoir plus qu'un seul personnage central a été un peu frustrant, surtout que j'avais envie de connaitre l'évolution des différents protagonistes et la suite des évènements qui s'étaient déroulés l'été 1935…
En 1940, Briony a grandi, elle a dix-huit et elle beaucoup évolué dans ses réflexions…Elle prend des décisions d'adulte, et certaines vont être en lien avec ce qu'il s'est passé il y a cinq ans…
Je ne peux que saluer la qualité de l'écriture de l'auteur, tout en sensibilité et finesse…J'y reviendrais car j'ai « L'intérêt de l'enfant « dans ma Pal…
Un très beau livre, une très belle lecture…
Challenge BBC
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Fuyating
  14 août 2018
Ce livre est une petite merveille ! Je replonge avec délice dans un roman de Ian McEwan, et me dis une fois encore que ce monsieur est brillant. Il a une très belle plume, délicate et poétique. L'auteur sait décrire les relations humaines et les sentiments avec brio.
Dès le début du roman, nous sommes happés par l'ambiance, la moiteur de cet été-là, la paresse et la langueur de la journée. Une tension s'installe petit à petit et s'intensifie au fil des pages, et nous sentons assez rapidement poindre une tragédie, sans savoir exactement quelle forme celle-ci prendrait. Mon coeur s'accélérait de plus en plus, me demandant toujours ce qui allait arriver.
La première et la deuxième parties sont très intenses (à mon goût), et la troisième partie est un peu différente, mais tout aussi intéressante.
J'aime cette ambiance si particulière que l'auteur sait créer, ainsi que la description de ses personnages. Cela m'est difficile de mettre des mots qui refléteraient exactement ce que je ressens.
Concernant l'histoire en elle-même, elle était passionnante ! Et j'ai beaucoup aimé la fin, qui nous laisse emplis de doutes !
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Citations et extraits (69) Voir plus Ajouter une citation
TestiflyTestifly   22 septembre 2013
Il posa les mains sur ses épaules et rencontra la fraîcheur de sa peau nue. Lorsque leurs visages se rapprochèrent, il était si peu sûr de lui qu'il crût qu'elle allait s'enfuir, ou le gifler du plat de la main, comme dans les films. Sa bouche avait un goût de rouge à lèvres et de sel. Ils s'écartèrent, le temps d'une seconde, il la prit dans ses bras et ils échangèrent un nouveau baiser, plus confiants cette fois. Avec audace, ils se touchèrent du bout de la langue, et c'est alors qu'elle laissa échapper ce soupir de défaillance qui, il le comprit plus tard, était le signe d'une transformation. Jusque-là, le ridicule d'avoir un visage familier si près du sien avait perduré. Ils se sentaient observés par les yeux stupéfaits des enfants qu'ils avaient été. Mais le contact des langues, muscles vivants et fuyants, chair humide contre chair, et l'étrange plainte qu'il lui arracha changèrent tout. Il eut l'impression d'être pénétré, transpercé de haut en bas, de sorte que son corps s'ouvrait et qu'il fut capable de sortir de lui-même et de l'embrasser librement. Cette conscience de soi était maintenant devenue quelque chose d'impersonnel, de presque abstrait. Le gémissement qu'elle avait poussé était avide, et le rendait avide à son tour. Il la poussa brutalement dans l'angle, entre les livres. Pendant qu'ils s'embrassaient, elle tira sur ses vêtements, s'acharnant sans résultat sur sa chemise, sa ceinture. Leurs têtes roulèrent et chavirèrent l'une contre l'autre tandis que leurs baisers se faisaient plus dévorants. Elle le mordit à la joue, pas vraiment par jeu. Il s'arracha d'elle, puis revint et elle lui mordit profondément la lèvre inférieure. Il lui baisa la gorge, lui renversant la tête contre les étagères, elle le saisit par les cheveux, guidant son visage vers sa poitrine. Apres quelques tâtonnements maladroits, il trouve la pointe de son sein, petite et dure, et l'entoura de sa bouche. Le dos de Cecilia se raidit, puis frémit tout du long. Un instant, il crut qu'elle s'était évanouie. Elle lui entoura la tête de ses bras et, lorsqu'elle resserra son étreinte, il se redressa de toute sa taille, pour tenter de reprendre souffle, et l'enveloppa, lui écrasant la tête sur sa poitrine. Elle le mordit de nouveau et tira sur sa chemise. Lorsqu'ils entendirent un bouton rebondir sur le parquet avec un léger bruit, ils durent réprimer un petit sourire et détourner les yeux. Un effet comique aurait tout gâché entre eux. Elle emprisonna son téton entre ses dents ; la sensation fut insupportable. Il lui renversa le visage et, l'enserrant contre sa poitrine, lui baisa les yeux et sépara ses lèvres avec sa langue. Frappée d'impuissance, elle laissa de nouveau échapper comme un soupir de déception.
*******[...] Ils étaient au-delà du présent, en dehors du temps, sans souvenirs et sans futur. Il n'y avait plus qu'une sensation qui effaçait tout, excitante et envahissante, et le son de l'étoffe sur l'étoffe de la peau sur l'étoffe tandis que leurs membres se coulaient l'un par-dessus l'autre dans cette lutte sensuelle et sans relâche. [...] Ils s'embrassèrent de nouveau, les bras de Cecilia noués derrière la tête de Robbie. Elle lui lécha l'oreille, puis en mordilla le lobe. Accumulées, ces morsures l'aiguillonnèrent, l'enragèrent, le stimulèrent. Sous sa robe, il chercha ses fesses et les serra violemment. Les yeux dans les siens, elle allongea le bras pour ôter ses chaussures. Une agitation désordonnée s'installait à présent, recherche de boutons, de positions de jambes et de bras. Elle n'avait vraiment aucune expérience. Sans dire un mot, il guida son pied sur l'étagère la plus basse. Ils étaient gauches, mai trop oublieux d'eux-mêmes à présent pour ressentir une quelconque gêne. Lorsqu'il retroussa de nouveau la robe de soie moulante, il pensa que son expression d'incertitude reflétait la sienne. Mais il n'y avait plus que l'inévitable, et il ne leur restait plus qu'à l'atteindre.
*******[...] Elle murmura son nom avec la circonspection d'un enfant qui s'essaie à des sons distincts. Lorsqu'il énonça le sien en réponse, on aurait dit un mot nouveau - les syllabes restaient les mêmes, le sens était différent. Enfin, il prononça ces trois mots simples que nul art médiocre, nulle mauvaise foi ne réussiront jamais à déprécier tout à fait. Elle les répéta, avec exactement la même légère insistance sur le dernier mot, comme si elle était la première à les dire...
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lilibaliliba   23 juin 2009
Les répétitions gênaient aussi son sens de l’ordre. Le monde contenu qu’elle avait défini avec des lignes nettes et parfaites avaient été défiguré par les gribouillis d’autres esprits, d’autres besoins ; et le temps lui-même, si facilement divisé sur papier en actes et en scènes, s’écoulait à présent de facon incontrôlable. Sans doute qu’elle n’aurait plus Jackson jusqu’après le déjeuner. Léon et ses amis devaient arriver tôt dans la soirée, peut-être même plus tôt, et la représentation devait avoir lieu à sept heures. Et il n’y avait pas encore eu de vraie répétition et les jumeaux ne savaient pas jouer, ni même énoncer, et Lola avait volé le role qui revenait de droit à Briony, et rien ne pouvait être organisé, et il faisait chaud, ridiculement chaud. Opprimée, la jeune fille s’agita et se leva. La poussière des planches avait sali ses mains et le dos de sa robe. Perdue dans ses pensées, elle s’essuya les paumes sur le devant de sa robe tout en allant vers la fenêtre. La facon la plus simple d’impressionner Léon aurait été d’écrire pour lui une nouvelle, de la lui remettre elle-même entre les mains, et de l’observer pendant qu’il la lisait. Les lettres du titre, la couvertures illustrées, les pages reliées—dans ce mot même, elle ressentit l’attrait du format net, limité, et contrôlable qu’elle avait abandonné en décidant d’écrire une pièce. Une nouvelle était directe et simple, n’autorisant rien à s’interposer entre elle-même et son lecteur—pas d’intermédiaires avec leurs ambitions personnelles et leur incompétence, pas de pression de temps, pas de limites de ressources. Dans une nouvelle, vous n’aviez qu’à souhaiter, vous n’aviez qu’à mettre sur papier, et vous pouviez posséder le monde ; dans une pièce, vous deviez vous débrouiller avec ce qui se présentait : pas de chevaux, pas de rues de village, pas de bord de mer. Pas de rideau. Cela semblait si évident à présent qu’il était trop tard : une nouvelle était une forme de télépathie. En inscrivant des symboles
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patrick75patrick75   30 décembre 2012
Enfant, Turner avait essayé une fois de se persuader qu'éviter les joints du trottoir devant la cour de récréation de son école, pour empêcher sa mère de mourir subitement, était une bêtise. Mais il n'avait jamais marché dessus et elle n'était pas morte.
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patrick75patrick75   28 décembre 2012
Et bien qu'elle en fût horrifiée, ce fut une nouvelle découverte, un moment qui prenait vie, une autre première que d'inspirer de la haine à un adulte. Les enfants haïssaient en abondance, par caprice. Cela n'avait guère d'importance. Mais incarner l'objet d'une haine adulte constituait une initiation à un univers solennel, neuf. C'était une promotion.
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patrick75patrick75   26 décembre 2012
Mon enfant bien-aimée, tu es jeune et charmante,
Mais naïve tu crois, car du monde ignorante,
Voir le monde à tes pieds,
Alors qu'il ne demande qu'à te piétiner.
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