AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio

Suzanne V. Mayoux (Traducteur)
EAN : 9782070401130
251 pages
Éditeur : Gallimard (05/11/1996)
3.44/5   40 notes
Résumé :
A trente ans passés, Jeremy, orphelin très jeune, épouse Jenny. Plusieurs années après son mariage, Jeremy se penche sur le passé de June, sa belle-mère, qui se bat contre la mort dans une maison de retraite. Jeremy décide d'écrire l'histoire du couple que formaient June et son mari après la Seconde Guerre mondiale. Il découvre que, soudain terrorisé par le mal, incarné par des chiens noirs, June a eu la révélation d'une présence divine en elle et s'est retirée dans... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Allantvers
  30 novembre 2020
Les chiens noirs, c'est le nom que Churchill donnait aux accès dépressifs qui l'assaillaient; pour June, qui en fait la rencontre bien réelle et brutale au sortir de la guerre alors qu'elle était une jeune communiste convaincue, ce sera le symbole de la découverte du mal, et cette certitude emportera ses convictions.
Cette femme fascine son gendre, le narrateur, qui va à travers elle, son parcours, son ex-mari, sa propre histoire familiale, remonter rien moins que toute l'histoire idéologique du 20ème siècle en passant par le camp de concentration de Majdanek où s'est déchaînée l'horreur nazie, et Berlin au moment où la chute du mur entraîne celle du communisme, pour finir dans une bergerie en France dans un lieu de paix transcendant ces idéologies.
Climat intimiste, rythme lent, introspection lucide, on est bien dans un roman de McEwan chez qui comme toujours l'intelligence du propos l'emporte sur la dynamique de l'action. Ce n'est pas le plus accessible de ses romans, mais pour sa profondeur de réflexion il mérite d'autant plus que l'on s'y laisse porter, aidé en cela par la fluidité limpide de sa plume.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          242
Fortuna
  19 septembre 2014
Jeremy, orphelin très tôt de ses deux parents, a pris l'habitude d'adopter les parents de ses camarades.
Quand il rencontre Jenny, la femme de sa vie, il va spontanément s'intéresser à ses beaux-parents – malgré leur divorce et le peu de relations qu'ils entretiennent avec leur fille.
June – la mère de Jenny – exerce une fascination sur lui et il va entreprendre l'écriture d'un récit sur sa vie. En recoupant son témoignage avec celui de son ex-mari, Bernard, il prend conscience de la difficulté de sa tâche.
Jenny et Bernard se sont rencontrés à la fin de la 2nde guerre mondiale et ont adhéré au parti communiste. Lors de leur voyage de noces dans le sud de la France, la région du Larzac, Jenny va être confrontée à une expérience qui va modifier le cours de son existence : la rencontre de deux chiens noirs. Issus du folklore britannique, personnification du diable, annonciateurs de la mort, ils ne sont pas sans évoquer également la fameuse bête du Gévaudan qui hanta la Lorèze au 18ème siècle. Cette apparition diabolique – on est juste après la guerre, les traces des nazis sont encore profondément présentes – a une résonnance politique certaine. Jenny abandonnera le parti communiste juste après – autre forme de terreur politique.
La conséquence directe de cette apparition sera l'acquisition d'une ferme dans le Larzac, où elle passera la majeure partie de sa vie, d'abord avec son mari et ses enfants, puis seule. Elle suivra une voie de plus en plus mystique, considérant avoir eu une véritable révélation divine.
C'est un roman assez étrange, qui mêle plusieurs épisodes de l'histoire récente – occupation de la France par les Allemands, évocation du camp de concentration qui sera le lieu de rencontre de Jenny et Jeremy, chute du mur de Berlin où se rendra en direct ce dernier en compagnie de son beau-père Bernard, resté fidèle au parti communiste…Il se déroule dans une France qui demeure exotique et mystérieuse pour le narrateur, renforçant son aspect énigmatique. Au final, un récit déroutant qui mérite certainement une relecture…
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
Lesptitschats
  02 septembre 2014
J'ai vraiment bien aimé ce roman. La première partie, où on découvre un jeune homme en quête de parents de substitution. La 2ème partie où l'on découvre Bernard et June. Et la 3ème partie où les choses se dénouent.
Je ne connaissais pas du tout cet auteur et je lui ai une certaine fluidité d'écriture. Cette fluidité n'atténue en rien le détail des nombreuses descriptions, à s'y plonger les yeux fermés, même si certaines descriptions sont peut être exagérées, mais après tout c'est un roman, tous les écarts son permis!
Les personnages sont attachants même agaçants parfois, je trouve que c'est une réussite, cela veut dire qu'on se projète complètement du côté des différents protagonistes.
Par contre, il y a quand même plusieurs passages qui m'ont, non pas choqué, mais que j'ai quand même trouvé très ambigu...et suis d'ailleurs étonné que personne ne les ais soulevés ici avant moi, est-ce mon esprit détraqué qui me joue des tours....???
" Quand elle demanda si elle pouvait visiter l'intérieur de la bergerie, elle n'avait pas terminé sa question qu'il était déjà debout et se dirigeait vers la porte d'entrée, au nord. Bernard dit qu'il se sentait trop bien pour bouger. June pénétra à la suite du berger dans une obscurité totale. Il alluma une lampe qu'il souleva à son usage à elle. Elle s'avança d'un ou deux pas et s'immobilisa. Il planait une douce odeur de paille et de poussière. C'était un long volume de grange au toit élevé, partagé en deux étages par un plafond voûté en pierre qui s'était en partie effondré, dans un coin. le sol était en terre battue. June garda le silence durant une minute. L'homme attendait patiemment. quand enfin elle se retourna pour demander: "Combien?", il tenait son prix tout prêt." Et se n'est qu'un exemple.
Bref j'ai bien aimé ce roman et le relirait à l'occasion.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
bacoltrane
  09 septembre 2015
En réponse à l'utopie sociétale - le communisme - ce superbe roman développe par le cheminement et la transformation intérieure de June - confrontée au mal absolu, les chiens noirs - la citation de Gandhi : "Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde".
Commenter  J’apprécie          40
Hanta
  15 juin 2020
Ian McEwan est un auteur qui ne m'a jamais déçu. Chacun de ces romans nous plonge dans une ambiance particulière où règne un malaise.
Il s'agit d'un couple dont l'histoire d'amour a fait naufrage à cause d'une divergence d'idéologies: si Bernard, le mari, reste un communiste convaincu, sa femme June abandonne le parti pour se tourner vers une religion teintée de mysticisme. Ce revirement s'est déclenché suite à un incident impliquant deux chiens noirs lors d'une randonnée.
Chacun est convaincu de la justesse de sa voie et ne peut accepter le point de vue de son conjoint. C'est l'éternel combat entre l'athéisme et la religion sans qu'il y ait un réel consensus.
Le narrateur Jeremy est un personnage intéressant car c'est à travers le prisme de son regard que l'on découvre le couple. J'ai aimé suivre cet éternel orphelin en quête de la famille idéale qu'il n'a jamais eu.
Le style d'écriture est limpide, doux et très agréable à lire. J'ai passé un bon moment de détente donc je vous recommande cet ouvrage !
Lien : https://leslecturesdehanta.c..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30

Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
vieiloursvieilours   15 août 2013
Tout ce que j'ai accompli qui ait la moindre valeur, il m'a fallu le faire seule.A l'époque, ça m'était égal. Je m'en satisfaisais - soit dit en passant, je n'ai pas recherché le bonheur. Le bonheur est quelque chose d'occasionnel, un éclair estival.Mais ce que j'ai trouvé, c'est la paix de l'esprit, et tout au long de ces années j'estimais que j'étais très bien toute seule. J'avais ma famille, des amis, des visiteurs. J'étais contente quand ils venaient, contente quand ils partaient. Mais à présent...
[...]
- Lorsqu'on m'a révélé la gravité de ma maladie et que je suis venue m'isoler pour la dernière fois, la solitude s'est mise à m'apparaître comme mon plus gros échec. Une énorme erreur. Vivre bien, ça sert à quoi si l'on est seul ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
AllantversAllantvers   26 novembre 2020
Le moyen le plus simple de remplacer un parent manquant, c'est d'en devenir un soi-même ; pour secourir l'enfant abandonné que l'on porte en soi, le mieux est encore d'avoir des enfants à aimer.
Commenter  J’apprécie          40
AllantversAllantvers   27 novembre 2020
J'ai passé ma vie à découvrir que dès l'instant où l'on pénètre pleinement dans le présent, on trouve l'infinitéde l'espace, l'infinité du temps, appelle ça Dieu si tu veux...
Commenter  J’apprécie          30
AllantversAllantvers   27 novembre 2020
C'est la photographie elle-même qui crée l'illusion d'innocence. L'ironie de l'image figée prête à ses sujets une appatente insouciance du fait qu'ils vont changer ou mourir. C'est de l'avenir qu'ils sont innocents.
Commenter  J’apprécie          20
vieiloursvieilours   19 août 2013
Nous n'avons pas besoin d'un Dieu pour aimer, merci bien. Je déteste la manière dont les chrétiens ont confisqué ce mot.
Commenter  J’apprécie          10

Videos de Ian McEwan (108) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ian McEwan
Ian Mc Ewan commence à publier des nouvelles à la fin des années 1970, avant de s'aventurer avec le Jardin de ciment (1978) dans le territoire du roman. Il s'attache depuis à arpenter le genre romanesque dans ses moindres recoins, change d'univers et de registre à chaque nouvelle publication, et passe avec virtuosité de la fresque historique (Expiation, 2001) au roman d'espionnage (Opération Sweet Tooth, 2012), du drame familial (L'Enfant volé, 1987) à la comédie satirique (Solaire, 2010). Au fil des métamorphoses de son oeuvre, l'inscription de la fiction dans le réel demeure un point d'ancrage : la guerre en Irak, le réchauffement climatique, le Brexit ou encore l'évolution des nouvelles technologies – thème de son dernier livre, Une machine comme moi – font irruption dans la trajectoire de ses personnages pour bousculer ou faire basculer leurs vies.
Héritier du grand roman du XIXe siècle, De Balzac à Jane Austen, McEwan a pour ambition de réconcilier cet héritage avec les leçons du modernisme et du post-modernisme. Pour cela, il s'appuie à la fois sur la force et le charisme de ses personnages, sur des structures narratives complexes et sur une écriture visuelle qui explique sans doute le grand nombre d'adaptations cinématographiques que ses romans ont connu.
Animés par des producteurs et productrices de France Culture, les entretiens du cycle « En lisant, en écrivant » sont réalisés en public à la BnF, puis diffusés dans la grille d'été de France Culture et disponibles en podcast. Genèse des oeuvres, sources d'inspiration, aléas de la vie quotidienne d'un auteur ou d'une auteure, édition et réception des textes – autant de sujets que ces rencontres permettent d'aborder, au plus près de la création littéraire.
En savoir plus : https://www.bnf.fr/fr/masterclasses-litteraires
+ Lire la suite
autres livres classés : chiensVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Test

ds

d
d
d
d

1 questions
6 lecteurs ont répondu
Thème : Opération Sweet Tooth de Ian McEwanCréer un quiz sur ce livre