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France Camus-Pichon (Traducteur)
EAN : 9782070350247
384 pages
Éditeur : Gallimard (10/01/2008)
3.6/5   413 notes
Résumé :
Pour Henry Perowne - neurochirurgien réputé, mari heureux, père comblé d'un musicien de blues et d'une poétesse - ce devrait être un samedi comme les autres.
Pas question d'aller défiler contre la guerre en Irak. Plutôt goûter les plaisirs de la vie. Et pourtant... Un banal accrochage et voilà la violence qui surgit dans son existence protégée. Henry aura beau tenter de reprendre le fil de sa journée, ses vieux démons et le chaos du monde le rattraperont sans... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (71) Voir plus Ajouter une critique
3,6

sur 413 notes

palamede
  02 août 2017
Pour lui rien n'est dû au hasard ou à une quelconque intervention divine ; son esprit cartésien est capable d'élaborer une explication rationnelle sur tout. Ou presque, car pour des sujets plus complexes tels que la littérature, l'art, l'amour, ou l'intérêt de faire la guerre en Irak, il n'a pas toujours de réponses satisfaisantes.
Mais il a un moyen d'éviter les questionnements qu'il estime stériles : privilégier les évènements de sa vie privée, et bien sûr se réjouir quand tout va bien de ce côté-là, oubliant du même coup le chaos du monde. Une attitude que l'on pourrait qualifier de matérialiste et individualiste, assez commune il est vrai.
Mais ça c'était avant l'accident. En fait un banal accrochage engendrant une violence qui transforme les perspectives du brillant chirurgien du cerveau. Car son bel édifice de certitudes va prendre l'eau, pour ne pas dire sombrer. Désormais il ne pourra plus se leurrer, ni ignorer le reste du monde et ce qui l'agite.
Ha ! le grain de sable qui fait dérailler la belle mécanique et nous révèle à nous-mêmes. Un sujet, qui nous concerne tous, traité non sans ironie, évidemment, avec ce diable de McEwan qui pointe, avec ce Samedi magistral et inoubliable, nos faiblesses, nos compromissions, nos contradictions et notre égocentrisme.
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nameless
  20 février 2016
Samedi 15 février 2003 : A Londres, plus de 2 millions de pacifistes, comme dans d'autres métropoles du monde, convergent vers le centre ville pour protester contre la guerre en Irak, dont “la date précise doit être fixée, comme pour les grands événements sportifs en plein air” (p. 347). Parallèlement, Henry Perowne, brillant neurochirurgien, organise sa journée de repos après avoir fait matinalement l'amour avec sa femme dont il est toujours amoureux, “qui d'autre pourrait l'aimer avec autant d'empathie, de chaleur et d'humour, ou partager avec lui un passé aussi riche ?”(p. 61). Il envisage au cours de ce samedi, une partie de squash avec un confrère anesthésiste, une visite à sa mère alzheimerienne, une virée chez le poissonnier pour se procurer les ingrédients nécessaires à la préparation d'une matelote de lotte au Tautavel, un côtes du Roussillon village, puisque le soir même, toute la famille sera réunie autour de la table du dîner : son épouse Rosalind, son beau-père Grammaticus, ses enfants, Theo, musicien, et Daisy, poétesse, de retour au bercail après une trop longue absence.

Pour se rendre au terrain de squash, en quelques minutes pense-t-il, Henry utilise sa luxueuse Mercedes “commandée sur Internet grâce à un engin posé sur son bureau” (p. 106). Mais le 15 février 2003 n'est pas un samedi comme les autres. Des rues sont bloquées ou interdites à cause de cette gigantesque manifestation populaire à laquelle Henry ne participe pas, revendiquant un droit à l'oubli temporaire des problèmes du monde. Des embouteillages se créent. C'est dans ce contexte imprévisible que l'instant T va survenir, qu'un grain de sable va enrayer les rouages bien huilés de sa vie. Un banal accrochage, un rétroviseur arraché sur la BMW série 5, “véhicule qu'Henry associe à la délinquance, aux dealers” (p. 113) de Baxter, au volant, accompagné de deux amis, dont on apprendra peu après qu'ils sont aussi ses acolytes. le ton monte entre les deux conducteurs, et en guise de constat à l'amiable, Henry, qui n'épouve aucun goût particulier pour les confrontations, et n'a rien d'un tueur, échappe de peu à un cassage de gueule en règle. Il est sauvé parce qu'en neurochirurgien éclairé, il détecte immédiatement chez son agresseur les premiers signes visibles d'une Chorée de Huntington et que lui parler de sa maladie est pour Henry le seul moyen de désamorçer la violence de Baxter, humilié devant ses complices. Mais pour combien de temps ?

Voilà un roman, qui à mon sens, est un grand roman. 24 heures dans la vie d'un homme, racontées en 350 pages, c'est dire que le moindre battement de cil est décortiqué, analysé, et à ce titre la description clinique de la recette de la matelote, de l'intervention chirurgicale subie par Rosalind, celle de l'exérèse d'une tumeur de l'hypophyse, au cours de laquelle Henry est tombé amoureux de sa future femme, de la partie de squash passée sous un microscope électronique, sont des morceaux d'anthologie littéraire, comme l'était dans Délire d'Amour, la chute inaugurale de la montgolfière, relatée sur plus de 70 pages.

Comment un banal incident, en déclenchant une réaction en chaîne, peut-il faire basculer le cours d'une existence ? Comment les conséquences d'une action peuvent-elles échapper et engendrer de nouveaux événements, de nouvelles conséquences, jusqu'à une situation préalablement inimaginable (p. 348) ? Comment un homme cartésien, individualiste, matérialiste, “toujours surpris par l'indéfectible fidélité des objets “(p. 95), expert dans l'art de réparer des cerveaux esquintés, mais qui comprend mal l'intérêt de la littérature, n'a “jamais imaginé vivre un jour dans une maison dotée d'une bibliothèque” (p. 91), va-t-il être déstabilisé dans ses certitudes, ses convictions intimes ? C'est ce que raconte, avec virtuosité Ian McEwan, qui relie subtilement l'histoire individuelle de son héros à l'Histoire du monde, tout en proposant à ses lecteurs des pistes de réflexion politique et philosophique.

Au terme de cette lecture, sonnée par l'intensité et la portée de ce roman, j'étais heureuse que dimanche arrive enfin !
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bidule62
  31 mars 2021
De l'auteur j'avais bcp aimé "L'intérêt de l'enfant", "Dans une coque de noix", "Expiation", un peu moins "Opération sweet tooth".
J'ai emprunté ce "Samedi" en catastrophe avant le début du confinement pas-de-calaisien par crainte (justifiée) de la fermeture des bibliothèques. le fait d'être rejoints par le reste des Hauts-de-France, par l'Ile-de-France et quelques autres départements volontaires (merci ! ) a permis de voir mes bibliothèques bien aimées réouvrir ! On prend ses petits plaisirs comme ils viennent... Donc merci aux 18 autres départements de s'être associés à ce confinement qui a permis au département initial où j'habite d'être un peu moins confiné....
*
Donc par crainte d'être à court de livres j'ai encore fait un stock et j'ai choisi cet auteur anglais que j'apprécie. Oui mais voilà, ça ne marche pas à tous les coups. J'ai vraiment eu bcp de mal à accrocher à ce roman. Par principe j'essaie de lire 100 pages avant d'abandonner. Là je peux vous dire que j'ai vu la page 50, 70, 90.... et je trouvais ça long ! Mais j'ai fini le livre. Je voulais savoir où l'auteur voulait nous emmener.
Et je serais bien en peine de vous l'expliquer !
*
Ce livre est centré sur un Anglais lambda. Tout à fait lambda cet Anglais, le commun des mortels : un neurochirurgien réputé, marié et heureux en ménage, avec une avocate douée et sexy malgré ses passés 40 ans, deux enfants artistes précoces (déjà publiée pour la poétesse, déjà enregistré pour le fils musicien), une maison en plein centre de Londres... Un personnage lambda quoi !
Vous aurez compris que j'ai eu du mal à simplement m'intéresser à la vie de ce personnage, vie bouleversée par un accrochage automobile.
Franchement bcp de choses m'ont échappé dans ce livre. la toute fin remonte un peu l'intérêt de celui-ci mais après 300 pages d'ennui (description d'une partie de squash, d'une opération à cerveau ouvert.....)
*
J'aurais pu m'en passer.
Heureusement les bibliothèques ont réouvert....
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Allantvers
  03 octobre 2019
Une journée dans la vie d'Henry Perowne, neurochirurgien réputé, père et mari comblé, bien décidé à faire en sorte que ce samedi reste ce havre de paix et de plaisirs personnels en dépit des bruits cahotiques et menaçants du monde.
Une journée dans la ville de Londres où, contrairement à Perowne, les deux millions de manifestants qui affluent dès le matin sont bien décidés à inscrire cette marche dans un engagement citoyen contre la guerre en Irak qui s'annonce.
Une journée dans les médias dont les écrans déversent en boucle leurs flots d'images dépourvues de clés de lecture et comme issues de réalités parallèles, alternant menaces et propos faussement rassurants.
Une journée dérangeante pour le lecteur, qui ressent dans sa propre chaussure le caillou qui va faire dérailler la route bien tracée de la journée de Perowne : quand celui-ci se retrouve mis en danger par Baxter, un petit malfrat atteint d'une maladie neurologique dégénérative incurable que Perowne reconnait mais qu'il se révèle incapable de contrer, c'est toute la fragilité, l'égoïsme et la lâcheté de notre modèle individualiste et consumériste occidental qui nous saute au visage.
En explorant toutes les zones d'ombres tout en forçant le lecteur à garder les yeux ouverts, l'écriture précise, inquisitrice et sans concessions de McEwan contribue à ce malaise. C'est un peu masochiste mais c'est ce qui force mon admiration pour cet écrivain que j'apprécie un peu plus à chaque nouvelle lecture.
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Croquignolle
  17 janvier 2021
Samedi.... comme un jour sans fin !
Non ! Pas comme un jour répétitif qui se rejoue à l'infini, mais comme un jour dont on ne voit pas le bout.
Chaque minute s'étend avec une pesanteur lancinante.
Chaque heure semble contenir dix fois plus de minutes qu'à la normale.
Et les pages de ce livre que j'ai tournées avec une lenteur terrifiante.
Samedi... comme un roman dense, sans chapitres, sans espace.
350 pages pour décrire un seul jour dans la vie d'Henry Perowne.
Un petit trajet en voiture, par exemple, est motif à de nombreuses digressions mêlant le "ici et maintenant" avec des pensées philosophiques, politiques, sociales, médicales et familiales.
Samedi... comme ce roman que j'ai aujourd'hui de la peine à évaluer.
D'un côté, le manque d'action et la lenteur du texte m'ont déconcertée, ennuyée et on fait traîner cette première "vraie" lecture de l'année.
De l'autre, un suspense présent malgré tout qui invite à continuer, à faire confiance et une écriture riche et passionnée qui m'a, à certains moments, réellement envoûtée.
Au final, une impression que ce Samedi, même s'il ne m'a pas particulièrement transcendée, restera gravée dans ma mémoire comme un jour qui a vraiment compté !
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Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
palamedepalamede   04 août 2017
Rares sont les moments où les musiciens atteignent ensemble quelque chose de plus délectable que tout ce qu'ils ont pu connaître en concert ou en répétition, bien au-delà de la simple collaboration ou compétence technique, et où leur expression acquiert la légèreté et la grâce de l'amitié ou de l'amour. C'est alors qu'ils nous offrent un aperçu de ce que nous pourrions être, de ce que nous avons de meilleur, de ce monde impossible où l'on donne tout aux autres sans rien perdre de soi-même.
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Nono19Nono19   08 décembre 2013
C'est un lieu commun de l'éducation et de la génétique moderne: les parents influent peu, voire pas du tout, sur la personnalité de leurs enfants. Impossible de savoir quel numéro on va tirer. Dans une certaine mesure, on peut agir sur l'ouverture au monde, la santé, les perspectives de carrière, l'accent, les bonnes manières. Mais ce qui détermine vraiment quel genre d'individu viendra partager votre vie, c'est la rencontre de tel spermatozoïde avec tel ovule, le choix des cartes dans les deux jeux, la façon dont elles sont battues, coupées et réunies avant la partie. Heureux de vivre ou névrosé, gentil ou envieux, curieux ou indifférent, expansif ou timide, plus toutes les nuances intermédiaires: pour l'amour-propre parental, la découverte que l'essentiel du travail a déjà été fait peut représenter un véritable affront. A l'inverse, elle peut vous dédouaner. On s'en rend compte dès qu'on a plus d'un enfant: deux êtres totalement dissemblables peuvent émerger à partir d'un bagage de départ à peu près similaire.
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palamedepalamede   03 août 2017
Le monde n'a pas fondamentalement changé. Parler d'un siècle de crise est excessif. Il y a toujours eu des crises, et le terrorisme islamiste finira par prendre place parmi les guerres récentes, les changements climatiques, la mondialisation du commerce, le manque d'eau potable et de terres cultivables, la famine, la misère et autres fléaux.
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palamedepalamede   31 juillet 2017
Nu sous son peignoir - l'uniforme des vieux et des malades -, ses cheveux clairsemés en bataille après une nuit écourtée, sa voix grave de chef de clinique rendue plus aiguë par l'émotion, Henri a justement besoin d'apaisement. Ainsi commence le long processus au terme duquel vous devenez l'enfant de vos enfants. Jusqu'au jour où ils vous disent : " si tu recommences à pleurer papa, on te ramène à la maison. "
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palamedepalamede   30 juillet 2017
Les théories primitives de ceux qui croient à l'existence de puissances surnaturelles se résument à ce que ses confrères psychiatres appellent " un problème de référent ". Un excès de subjectivité, une façon de prendre ses désirs pour des réalités, l'incapacité à accepter sa propre insignifiance.
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Videos de Ian McEwan (108) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ian McEwan
Ian Mc Ewan commence à publier des nouvelles à la fin des années 1970, avant de s'aventurer avec le Jardin de ciment (1978) dans le territoire du roman. Il s'attache depuis à arpenter le genre romanesque dans ses moindres recoins, change d'univers et de registre à chaque nouvelle publication, et passe avec virtuosité de la fresque historique (Expiation, 2001) au roman d'espionnage (Opération Sweet Tooth, 2012), du drame familial (L'Enfant volé, 1987) à la comédie satirique (Solaire, 2010). Au fil des métamorphoses de son oeuvre, l'inscription de la fiction dans le réel demeure un point d'ancrage : la guerre en Irak, le réchauffement climatique, le Brexit ou encore l'évolution des nouvelles technologies – thème de son dernier livre, Une machine comme moi – font irruption dans la trajectoire de ses personnages pour bousculer ou faire basculer leurs vies.
Héritier du grand roman du XIXe siècle, De Balzac à Jane Austen, McEwan a pour ambition de réconcilier cet héritage avec les leçons du modernisme et du post-modernisme. Pour cela, il s'appuie à la fois sur la force et le charisme de ses personnages, sur des structures narratives complexes et sur une écriture visuelle qui explique sans doute le grand nombre d'adaptations cinématographiques que ses romans ont connu.
Animés par des producteurs et productrices de France Culture, les entretiens du cycle « En lisant, en écrivant » sont réalisés en public à la BnF, puis diffusés dans la grille d'été de France Culture et disponibles en podcast. Genèse des oeuvres, sources d'inspiration, aléas de la vie quotidienne d'un auteur ou d'une auteure, édition et réception des textes – autant de sujets que ces rencontres permettent d'aborder, au plus près de la création littéraire.
En savoir plus : https://www.bnf.fr/fr/masterclasses-litteraires
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