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France Camus-Pichon (Traducteur)
EAN : 9782070785469
160 pages
Éditeur : Gallimard (11/09/2008)
3.56/5   848 notes
Résumé :
"Ils étaient jeunes, instruits, tous les deux vierges avant leur nuit de noces, et ils vivaient en des temps où parler de ses problèmes sexuels était manifestement impossible…" Le soir de leur mariage, Edward Mayhew et Florence Ponting se retrouvent enfin seuls dans la vieille auberge du Dorset où ils sont venus passer leur lune de miel. Mais en 1962, dans l'Angleterre d'avant la révolution sexuelle, on ne se débarrasse pas si facilement de ses inhibitions et du poi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (160) Voir plus Ajouter une critique
3,56

sur 848 notes

marina53
  07 juin 2017
C'est au premier étage de cette auberge de Dorset, de style géorgien, dans ce salon confiné, qu'Edward et son épouse, Florence, dînent en tête-à-tête. Après la cérémonie à l'église St Mary d'Oxford et la réception festive, le tout jeune couple s'offre une nuit de noces. Quoi de plus beau et de romantique que cette suite dans cette auberge, devant la porte-fenêtre ouverte, donnant sur la plage de Chesil avec ses galets à perte de vue. Dans la pièce voisine, le lit à baldaquin et sa courtepointe d'un blanc pur. Ce lit sur lequel ils s'allongeraient côte à côte et qui serait le fruit de leurs premiers ébats. Mais, chacun de son côté, redoute ce moment, s'inquiète de ce qui doit se passer maintenant que la noce est célébrée...
C'est dans cette suite que tout va se jouer. Qu'en à peine quelques heures, la vie de ces jeunes mariés va basculer, que les espoirs et les rêves, même les plus inavouables, vont s'évaporer... Une rencontre à Londres alors qu'ils étaient étudiants, lui en histoire, elle en musique. Une attirance mutuelle. Aussi, quoi de plus naturel que d'officialiser cet amour. Mais, à l'aube des années 60, dans cette Angleterre prude, Edward Mayhew et Florence Ponting, âgés d'une vingtaine d'années, ne connaissent rien à l'amour. Vierges, ils ne savent comment s'y prendre. Ce qui devait être une nuit inoubliable devient, au fil des heures, grotesque. Emplie de silences, de désirs enfouis, de peur et d'embarras, cette nuit de noces suffira à changer le cours des choses. Ian McEwan décrit avec sensibilité une relation à la fois confuse et malhabile. L'auteur exprime avec justesse les sentiments et les pensées de chacun, se glissant d'ailleurs parfaitement dans la peau d'une femme, et éclaire sur la différence de point de vue. Un roman subtil, touchant et intelligent sur le malentendu, l'ambiguïté, les non-dits. Un huis-clos délicat servi par une écriture sensible et minutieuse.
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latina
  30 juin 2017
Qu'est-ce qui peut provoquer le fiasco d'une nuit de noces, alors que les membres du couple sont amoureux, avec le même niveau d'instruction et de curiosité intellectuelle ?
Il faut dire que nous sommes en 1962, et cette année ne brille pas par son émancipation sexuelle ! le poids de la société rigide pèse sur les épaules des jeunes gens, surtout sur les jeunes filles, élevées pour se « préserver » jusqu'au mariage.
D'autant plus que notre jeune fille, Judith, a un gros problème : il lui manque une « simple attitude mentale que tout le monde possédait, un rapport immédiat et sensuel aux êtres et aux choses, ainsi qu'à ses propres besoins, à ses propres désirs. Toutes ces années, elle avait vécu isolée, à la fois en elle-même et d'elle-même. » En d'autres mots : elle a horreur de tout ce qui pourrait pénétrer (au sens premier du terme) son intimité. Alors qu'Edward, son mari depuis le matin, ne rêve que de « ça », ne pense qu'à « ça ». Bonjour l'incompréhension ! Et comme Judith n'en a parlé à personne, même pas à sa mère, surtout pas à sa mère, une froide intellectuelle de haute volée, elle est stressée, angoissée. Car elle aime son mari et elle voudrait tellement lui faire plaisir ...
Nous suivons donc la soirée de ce jeune couple, depuis le souper dans le salon attenant à leur chambre d'hôtel jusqu'à l'apothéose finale. Ian Mc Ewan nous guide tantôt vers le moment de leur rencontre et l'histoire de leur amour, tantôt vers leur passion et leurs études(Edward adore l'histoire et Judith est une violoniste sensible et talentueuse), tantôt vers leur enfance (bizarre quand même, le père de Judith...)
Et nous assistons à leurs tentatives maladroites pour se rejoindre physiquement. La juxtaposition de leurs pensées produit un hiatus révélateur du profond abîme qui les sépare. Cela en deviendrait même risible.
Mais on n'a pas envie de rire. Oh non. Je me dis que quelques gestes peuvent changer le cours d'une vie, quelques mots aussi, jetés dans le tourbillon d'incompréhension.
Ian Mc Ewan a disséqué de façon magistrale et profonde les coeurs et les corps, et curieusement, alors qu'on pouvait s'attendre à une histoire érotique, pleine de gestes sensuels, on a affaire à une histoire cérébrale et toute intérieure.
Et le cérébral dans une nuit de noces ? Cela donne un vrai fiasco.
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palamede
  19 juillet 2017
Tout commence par le dîner de nuit de noces d'Edward et Florence servi dans leur chambre qui fait face à la mer et à la plage de Chesil. Un dîner compassé et formel car pour l'heure les deux jeunes mariés, prisonniers de leur époque, n'ont vraiment jamais discuté de ce qui leur tient à coeur ; partager les sentiments, les analyser n'est pas encore entrés dans les moeurs.
Difficile à dire d'Edward ou de Florence celui qui est le plus angoissé par ce moment. Florence se sait incapable de surmonter sa frayeur, sa répugnance même d'un contact intime, alors qu'Edward, ignorant de ça, ne pense plus qu'à la manière de s'y prendre avec sa jeune femme qu'il désire plus que tout autre chose.
À l'heure où la Grande-Bretagne devient une puissance de second rang, son empire colonial disparaissant à mesure que les pays intégrés proclament leur indépendance, ces deux jeunes gens inhibés par le passé vont connaître une nuit de noces calamiteuse. Faute de dialogue, tout n'est que méprise sur les pensées, les émotions et le désir de l'autre et le mal est irréparable.
La rencontre des corps, la possession physique, un moment incontournable qui détermine et influe l'avenir d'un couple. Un moment qui n'appartient qu'à lui - mais dans lequel le poids de l'éducation et de la société pèse lourd quand il fixe ses règles : les interdits et les libertés. Une première intimité conjugale (pré-révolution sexuelle) que Ian McEwan analyse avec finesse, délicatesse et précision dans ce roman aussi troublant que magistral.
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torpedo
  09 février 2018
Angleterre 1962. Florence et Edward sont jeunes, intelligents et font un mariage d'amour. Et pourtant leur couple explose le jour de leur mariage. En fin psychologue, Ian McEwann dissèque les sentiments humains. L'amour, les non-dits, les faux-semblants, le respect mutuel. Et nous interroge : mariage et relations sexuelles sont-ils inséparables ? A la fin du roman, nous découvrons la solution apportée par une Florence amoureuse, qui se révèle rebelle et diablement anti-conformiste pour l'époque, à laquelle Edward répond choqué mais dont il saisira la portée bien des années plus tard.
Ce roman ne laisse pas indifférent, porté par une prose toute en finesse.
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Dionysos89
  26 mai 2014
C'est Sur la plage de Chesil que se déroule le drame. Un couple, deux jeunes gens encore vierges, replis d'appréhension et de préjugés. Ian McEwan ne choisit pas ses situations au hasard.
En seulement cent cinquante pages et cinq gros chapitres, l'auteur réussit à faire alterner non seulement les points de vue de chacun des deux personnages principaux, mais également leurs états d'âme en contradiction avec leurs actions et leurs paroles. L'état de fait est clair : ils ne savent pas comment se conduire : les à-priori, les sous-entendus et les faux-semblants sont lourds de sens et l'accumulation des rappels sur leur maigre existence qui les a menés là sont autant d'eau apporté au moulin de l'incompréhension.
C'est d'ailleurs dans cette perspective que ce roman est intéressant. C'est le manque de communication et de compréhension mutuelle qui mènent à ce que les deux héros redoutent autant l'un que l'autre. Petites déceptions et maladresses évitables nous entraînent immanquablement vers la catastrophe qui humilie les deux protagonistes. L'importance des discussions croisés n'en est que plus soutenue : sans multiplier les phases de dialogues, mais en s'appuyant au contraire davantage sur la narration, Ian McEwan réussit à faire intervenir à la fois les conversations directes au sein du couple ainsi que les conversations que chacun des deux nouveaux conjoints s'infligent entre sa conduite et son intellect.
Le fait que tout cela se passe dans l'Angleterre des années 1960 ajoute évidemment au puritanisme ambiant, mais aurait tout aussi bien pu ne pas être évoqué, puisque malgré leur éducation (elle est une future musicienne de renom, lui poursuit ses études supérieures d'histoire), ils ne réussissent pas à se détacher du poids familial et du « devoir » conjugal considéré comme une charge à accomplir le plus dignement possible. Finalement, à force de vaines avancées et de reculs poussifs, on se demande toujours trop si nous faisons le bon choix ; là n'est pas, semble-t-il, la philosophie de l'auteur.
Jusqu'au bout, on attend le coup de massue suivant apposé sur la pruderie de ce jeune couple, Ian McEwan, en n'allant pas chercher trop loin son sujet, se concentre bien sur son propos : l'excès de retenue ne fait pas bon ménage avec l'épanouissement de chacun. Les regrets nous hanteraient presque en quittant la plage de Chesil.
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Citations et extraits (58) Voir plus Ajouter une citation
mandarine43mandarine43   05 novembre 2011
[ Incipit ]

Ils étaient jeunes, instruits, tous les deux vierges avant leur nuit de noces, et ils vivaient en des temps où parler de ses problèmes sexuels était manifestement impossible. Mais ce n’est jamais facile. Ils venaient de s’installer pour dîner dans un minuscule salon au premier étage d’une auberge de style géorgien. Dans la pièce voisine, visible par la porte ouverte, se trouvait un lit à baldaquin assez étroit, dont la courtepointe d’un blanc pur s’étendait, incroyablement lisse, comme si aucune main humaine ne l’avait touchée. Edward n’avoua pas qu’il n’était encore jamais allé à l’hôtel, alors que Florence, après ses nombreux voyages avec son père dans son enfance, était une habituée. En apparence, tout leur souriait. Leur mariage à l’église St Mary d’Oxford s’était bien passé : la cérémonie religieuse avait été sans fausse note, la réception, festive, les adieux de leurs copains de fac et de lycée, aussi bruyants que chaleureux. Contrairement à ce qu’ils redoutaient tous les deux, les parents de Florence n’avaient pas regardé les siens de haut, et sa mère à lui n’avait commis aucun impair ni complètement oublié la signification de cette journée. Les mariés avaient pris la route dans une petite voiture appartenant à la mère de Florence, et ils étaient arrivés en début de soirée à leur hôtel sur la côte du Dorset, par un temps indigne de la mi-juillet et de l’occasion, mais parfaitement convenable : s’il ne pleuvait pas, il ne faisait pas non plus assez chaud, selon Florence, pour manger sur la terrasse comme ils l’avaient espéré. Edward pensait que si, mais, poli à l’extrême, jamais il n’aurait osé la contredire un soir pareil.

Ils dînaient donc dans leur suite, devant la porte-fenêtre ouvrant sur le balcon d’où l’on apercevait la Manche, et la plage de Chesil avec ses galets à perte de vue. Deux jeunes gens en veste noire et nœud papillon assuraient le service à partir d’une table roulante installée dans le couloir, et leurs allées et venues, dans ce qu’on appelait communément la suite nuptiale, produisaient sur les lattes en chêne du parquet bien ciré des couinements amusants qui rompaient le silence. Fier et protecteur, le jeune homme suivait des yeux chacun de leurs gestes ou expressions, à l’affût de la moindre trace de sarcasme. Il n’aurait pas toléré l’ombre d’une moquerie. Mais ces adolescents d’un village voisin s’acquittaient de leur tâche le dos courbé, le visage fermé, l’air hésitant et les mains tremblantes dès qu’ils posaient quelque chose sur la nappe en lin amidonné. Eux aussi avaient le trac.
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palamedepalamede   18 juillet 2017
... il devait tout de suite chasser ce fantasme, sous peine de jouir trop vite... In extremis, il pensa aux informations et au Premier ministre, Harold Macmillan, homme grand et voûté, l'air d'un morse, ancien combattant couvert de décorations : il incarnait tout ce qui n'était pas la gaudriole, juste ce qu'il fallait. Réduction du déficit commercial. Blocage des salaires et des prix. Certains l'accusaient de brader l'Empire, mais il n'avait pas le choix avec ce vent de changement qui soufflait sur l'Afrique ... Des gens bien informés se plaignaient de ce qu'il ensevelissait la nation sous une avalanche de téléviseurs, de voitures, de supermarchés et autres nuisances. Il offrait à la population ce qu'elle réclamait. Du pain et des jeux. Une nouvelle nation. Et voilà maintenant qu'il voulait faire entrer les Anglais dans l'Europe : comment lui donner tort ?
Enfin calmé. Les fantasmes d'Edward s'évanouirent ....
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marina53marina53   07 juin 2017
Le fait de tomber amoureuse lui révélait combien elle était bizarre, enfermée dans ses préoccupations quotidiennes. Chaque fois qu'Edward lui demandait : "Comment tu te sens ?", ou bien : "À quoi tu penses ?", elle avait toujours du mal à répondre. Lui avait-il donc fallu tout ce temps pour découvrir qu'il lui manquait une simple aptitude mentale que tout le monde possédait, un mécanisme si ordinaire que personne n'en parlait jamais, un rapport immédiat et sensuel aux êtres et aux autres, ainsi qu'à ses propres besoins, à ses propres désirs ? Toutes ces années durant, elle avait vécu totalement isolée, à la fois en elle-même et d'elle-même, sans jamais vouloir ni oser regarder en arrière.
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bacoltranebacoltrane   24 décembre 2008
Voilà comment on peut radicalement changer le cours d'une vie : en ne faisant rien. Sur la plage de Chesil il aurait pu appeler Florence, s'élancer pour la rattraper. Il ne pouvait pas, ou ne voulait pas savoir qu'au moment ou elle s'enfuyait, sûre dans sa détresse qu'elle allait le perdre, jamais elle ne l'avait aimé plus fort, plus désespérément, et entendre le son de sa voix aurait été pour elle une délivrance, et elle serait revenue sur ses pas. Au lieu de quoi il était resté là, glacial et muet, sûr de son bon droit, dans ce crépuscule estival, à la regarder fuir le long de la grève, tandis que le bruit de sa course laborieuse se perdait dans celui du ressac, jusqu'à ce qu'il ne reste plus d'elle qu'un point flou, toujours plus petit, sur l'immense route de galets, droite et luisante dans la lumière blafarde.
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torpedotorpedo   09 février 2018
On s'aime tous les deux : c'est un fait objectif. Aucun de nous n'en doute. On sait déjà qu'on peut se rendre heureux. Et maintenant, on est libres de faire nos propres choix, de décider la vie qu'on veut mener. Au fond, on n'a de conseils à recevoir de personne. On dépend de personne ! Et aujourd'hui les gens vivent de toutes sortes de manières différentes, ils peuvent suivre leurs propres règles, leurs propres normes, sans avoir à demander la permission à quiconque. (...) Nous aussi on peut obéir à nos propres règles. (...) Je t'aime Edward et on n'est pas obligés d'être comme tout le monde, et en fait personne, absolument personne ne saurait ce que l'on fait ou pas.

[Florence s'adressant à Edward]
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Vidéo de Ian McEwan
Ian Mc Ewan commence à publier des nouvelles à la fin des années 1970, avant de s'aventurer avec le Jardin de ciment (1978) dans le territoire du roman. Il s'attache depuis à arpenter le genre romanesque dans ses moindres recoins, change d'univers et de registre à chaque nouvelle publication, et passe avec virtuosité de la fresque historique (Expiation, 2001) au roman d'espionnage (Opération Sweet Tooth, 2012), du drame familial (L'Enfant volé, 1987) à la comédie satirique (Solaire, 2010). Au fil des métamorphoses de son oeuvre, l'inscription de la fiction dans le réel demeure un point d'ancrage : la guerre en Irak, le réchauffement climatique, le Brexit ou encore l'évolution des nouvelles technologies – thème de son dernier livre, Une machine comme moi – font irruption dans la trajectoire de ses personnages pour bousculer ou faire basculer leurs vies.
Héritier du grand roman du XIXe siècle, De Balzac à Jane Austen, McEwan a pour ambition de réconcilier cet héritage avec les leçons du modernisme et du post-modernisme. Pour cela, il s'appuie à la fois sur la force et le charisme de ses personnages, sur des structures narratives complexes et sur une écriture visuelle qui explique sans doute le grand nombre d'adaptations cinématographiques que ses romans ont connu.
Animés par des producteurs et productrices de France Culture, les entretiens du cycle « En lisant, en écrivant » sont réalisés en public à la BnF, puis diffusés dans la grille d'été de France Culture et disponibles en podcast. Genèse des oeuvres, sources d'inspiration, aléas de la vie quotidienne d'un auteur ou d'une auteure, édition et réception des textes – autant de sujets que ces rencontres permettent d'aborder, au plus près de la création littéraire.
En savoir plus : https://www.bnf.fr/fr/masterclasses-litteraires
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