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EAN : 9782072849978
400 pages
Éditeur : Gallimard (09/01/2020)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 308 notes)
Résumé :
Londres, 1982. Dans un monde qui ressemble à s’y méprendre au nôtre, quelques détails dissonent : les Beatles sont toujours au complet, les Anglais ont perdu la guerre des Malouines et le chercheur Alan Turing est encore en vie. Grâce à lui, les prouesses technologiques sont inouïes et les avancées scientifiques en matière d’intelligence artificielle fulgurantes. C’est ainsi que Charlie fait l’acquisition d’un «Adam», un androïde doté de l’intelligence artificielle ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (84) Voir plus Ajouter une critique
Cancie
  03 mars 2021
Nous sommes à Londres, en 1982. Un homme, Charlie, jeune trentenaire, profite de l'héritage laissé par sa mère pour acquérir un androïde, le premier être artificiel convaincant mis sur le marché, prénommé Adam. Cet homme qui est le narrateur demande à sa voisine du dessus de bien vouloir l'aider pour le transporter car celui-ci ne pèse pas moins de 67 kilos. Miranda, elle, a 22 ans, et va devenir la compagne de Charlie.
Adam, dont la personnalité a été définie et programmée à quatre mains par le couple, aide dans les tâches ménagères, fait la conversation, lit Shakespeare, écrit des haïkus, ne supporte pas le mensonge et va tomber fou amoureux de Miranda.
Ce robot, une merveille de technologie mise au point grâce à Alan Turing, toujours en vie en 1982, qui, dans cette uchronie, réécriture de l'histoire à partir d'un passé modifié, ne s'est pas suicidé en 1954 et dont l'homosexualité ne dérange plus personne, devient un vrai personnage. le passé est modifié pour le Royaume-Uni qui a perdu la guerre des Malouines, où les Beatles sont à nouveau réunis et sortent un nouvel album, modifié pour la France aussi, dont le président n'est autre que Georges Marchais. La majorité des voitures sont autonomes et les robots comme Adam sont dotés de sensibilité et sont même capables de se suicider.
Mettre de la science-fiction dans le passé, écrire une uchronie d'anticipation en quelque sorte, il fallait Ian McEwan pour oser !
C'est un roman un peu déstabilisant, il faut le reconnaître et qui amène à se poser de nombreuses questions. Ce personnage d'Adam au départ une prouesse technique, se rapproche de plus en plus de l'humain. N'y a-t-il pas le risque en voulant créer de l'intelligence artificielle à être débordé et ne plus maîtriser la situation, à créer une machine qui nous remplacerait, nous dominerait, qui nous comprendrait plus que nous nous comprenons nous-même ?
Une machine comme moi est un roman riche et audacieux, troublant qui est souvent très amusant mais aussi relativement noir. Il m'a permis de faire la connaissance de ce mathématicien britannique, auteur de travaux qui fondent scientifiquement l'informatique, Alan Turing dont j'ignorais l'existence. Bref, je me suis régalée à sa lecture tout en le trouvant parfois un peu lassant.
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ODP31
  20 février 2020
Un concentré d'intelligence plus qu'artificielle.
Après avoir donné la parole à un foetus dans son dernier roman, Ian Mc Ewan réinvente le ménage à trois en incorporant au triangle amoureux, pas vraiment isocèle, un androïde aux connexions existentielles.
Charlie dispose d'économies et il s'offre le premier androïde commercialisé, Adam. Il n'y avait plus d'Eve en stock. Alors que son propriétaire utilise les talents d'Adam pour bourscicoter avec succès, sa compagne Miranda croque l'Apple en s'intéressant au machin de la machine et transforme l'androïde en Sextoy grandeur nature. Autre souci, Adam ne connait pas le mensonge, ce qui complique rapidement la vie de famille et il n'est pas câblé pour comprendre la psychologie des enfants.
L'action se passe en 1982. La prouesse technologique est rendue possible par de petits arrangements avec l'histoire. Féru de science, l'auteur décide de boycotter la mort prématurée du génial Alan Turing, l'un des décrypteurs d'Enigma durant la seconde guerre mondiale, aussi connu pour ses travaux sur la morphogénèse et qui passe pour l'un des grands-pères de l'informatique.
Dans notre triste réalité, le scientifique s'était suicidé dans les années 50, après avoir été jugé et condamné en raison de son homosexualité, en croquant une pomme baignée dans de l'arsenic.
Dans le roman, cette résurrection permet de faire accélérer la science et offre à l'Angleterre de la Dame de Fer la technologie antirouille actuelle. L'auteur propose d'autres alternatives historiques. Dans le mixeur, l'Angleterre perd la guerre des Malouines, un travailliste succède à Margaret Thatcher et il décide de quitter l'Europe. La France n'est pas épargnée, chers camarades, puisqu'elle est présidée par… Georges Marchais.
Dans ce roman foisonnant qui interroge l'impact de la technologie (sans en faire le procès) sur l'homme et qui rappelle que le présent tient finalement à peu de choses, Ian McEwan n'oublie pas de nouer une intrigue passionnante sur fond de vengeance et de culpabilité autour du passé douloureux de Miranda. Des émotions qui humanisent un récit où la science n'ampoule pas la fiction.
Un roman gigogne. C'est comme si la créature de Frankenstein s'était retrouvée à l'affiche d'un film d'Hugh Grant, sur fond d'uchronie politique et de parabole scientifique. Une tambouille anglaise rendue délicieuse grâce au talent unique d'Ian McEwan.
Pour finir, je ne résiste pas à copier une réponse de l'auteur interrogé sur le Brexit, dont le déroulé a influencé l'écriture de ce roman:
" - Je serais assez favorable à ce que la France envahisse l'Angleterre, comme au XIe siècle, au temps de la conquête normande. Mais ce qui m'inquiète, c'est qu'au moment d'escalader les falaises de Douvres votre armée commencerait sans doute une grève."
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Ladybirdy
  29 janvier 2020
Dans ce dernier roman d'Ian McEwan, nous revisitons les codes existentiels, les limites éthiques et nous faisons le tour de l'humain dans toute sa complexité. En 1982, dans une Angleterre assaillie par les doutes et les conflits politiques, Charlie fait partie des premiers privilégiés à acquérir un androïde à l'intelligence stupéfiante. Sous le couvert d'un Alan Turing bien vivant et inspiré, ces machines ont pour but de ressembler en tous points à l'homme.
Quand Adam, l'androïde de Charlie arrive dans le foyer, c'est un chamboulement insidieux pour lui et sa compagne Miranda. Adam sait faire le ménage, la cuisine, tenir une conversation réfléchie mais aussi est capable d'émotions et de donner du plaisir. La perfection pour les êtres imparfaits semble être un vilain défaut. Et surtout fait peur.
L'auteur décortique ici un hypothétique monde de demain où les robots seraient une caricature parfaite et sans défaut de l'humain. Il oppose ici la perfection androïde aux défauts humains rendant la cohabitation androïde-humaine plutôt scabreuse.
C'est cinglant, ça fourmille de détails politico-économiques de l'époque en nous plongeant dans un monde futuriste débarrassé de nos imperfections tout en les pointant malicieusement du doigt. Brillant pour peu qu'on soit subtil.
Un roman intelligent, complexe qui questionne et plaira sans aucun doute aux amateurs de questions philosophiques, éthiques, scientifiques et existentiels.
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palamede
  06 février 2020
En cette année 1982, Georges Marchais est à l'Elysée, les Anglais ont perdu les Malouines, voient le chômage flamber et peuvent acquérir, grâce au génie de Turing toujours de ce monde, des robots intelligents. Ainsi Charlie dilapide-t-il l'héritage de sa mère pour l'achat d'Adam, un androïde capable de tout faire, même lire l'oeuvre Shakespearienne en une nuit et plus problématique, d'autant qu'Adam ignore le mensonge, tomber amoureux de la petite amie de Charlie.
J'ai été déçue par cette dernière parution de Ian McEwan. C'est long, trop long, néanmoins cette uchronie, qui n'est pas qu'un simple jeu de l'esprit, sous ses dehors farfelus nous interpelle sur l'intelligence artificielle et son évolution, mais également et surtout, et c'est la profondeur d'Une machine comme moi, sur nos propres contradictions face au bien et au mal.
« Nous pouvons guérir des millions de maladies mortelles. Des millions de gens vivent dans la misère alors qu'il y a de quoi les nourrir. Nous dégradons la biosphère alors que nous savons qu'elle est notre seule demeure. Nous nous menaçons les uns les autres avec des armes nucléaires tout en sachant où cela peut nous conduire. Nous adorons les créatures vivantes, mais nous autorisons une extinction massive des espèces. Et tout le reste : génocides, torture, esclavagisme, violences domestiques meurtrières, maltraitance des enfants, fusillades dans les établissements scolaires, viols, centaines d'agressions quotidiennes. Nous vivons avec ce tourment, et nous ne nous étonnons pas de réussir à trouver le bonheur malgré tout, et même l'amour. »
Challenge MULTI-DÉFIS 2020
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Kittiwake
  25 février 2020
Et si Alan Turing avait pu se promener serein au bras de son amant, en 1982? Et si Margaret Thatcher avait perdu la guerre des Malouines? C'est dans ce contexte que débute Une machine comme moi, alors que le narrateur investit toute sa fortune (un héritage familial) dans l'achat d'un robot quasi-humain. Il en existe une vingtaine dans le monde, autant dire que c'est un placement un peu osé!
Ce trentenaire vit assez modestement en tentant d'engranger des profits spéculatifs, et vit avec sa voisine une relation fluctuante.
L'arrivée d'Adam va remettre en question les fondements philosophiques et éthiques sur lesquels il pensait pouvait compter pour élucider sa condition d'humain. Et bouleverser sa vie.

C'est une belle dystopie, assez convaincante (j'ai du vérifier que l'Angleterre était ou non sortie victorieuse de la guerre contre l'Argentine!), rédigée avec une assurance et une ligne de narration inattaquables.
C'est encore un personnage de perdant (très en vogue dans la littérature de ce début d'année - où peut-être mes choix se sont inconsciemment dirigés vers ce type de héros), qui tient le rôle principal, et on s'y attache sans arrière-pensée. Les personnages secondaires ne manquent pas d'attraits non plus.

J'ai vraiment beaucoup apprécié ce roman, qui devrait réconcilier les lecteurs réticents au genre, tant la portée politique et philosophique l'emporte sur la fantaisie.
Lien : https://kittylamouette.blogs..
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critiques presse (6)
LeJournaldeQuebec   10 février 2020
Avec ce roman coup de poing, le romancier britannique Ian McEwan frappe fort. Cette uchronie soulève quantité de questions d’éthique ou de philosophie.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LeJournaldeQuebec   10 février 2020
Avec ce roman coup de poing, le romancier britannique Ian McEwan frappe fort. Cette uchronie soulève quantité de questions d’éthique ou de philosophie.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LeDevoir   03 février 2020
Avec ce roman troublant à l’humour un peu noir, toujours profond, à travers lequel il imagine et explore les limites de l’intelligence artificielle, Ian McEwan amuse et fait réfléchir.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
Liberation   27 janvier 2020
L’histoire est en réalité incroyablement bien bâtie, et finement [...] Le roman mêle les préoccupations les plus sérieuses, la révolution de l’intelligence artificielle et ses conséquences, avec la satire sociale et politique.
Lire la critique sur le site : Liberation
LaCroix   16 janvier 2020
Explorant une nouvelle fois l’âme humaine, sondant d’une conscience inquiète le bien et le mal, [...] Ian McEwan déploie ses talents de conteur et de moraliste dans une uchronie aussi réjouissante que dérangeante.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Bibliobs   15 janvier 2020
Telles sont, pour l’écrivain, les limites de l’intelligence artificielle : nul robot ne pourra jamais comprendre pourquoi nous réussissons si bien à tout bousiller sur notre passage.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (62) Voir plus Ajouter une citation
CancieCancie   08 mars 2021
c'était peut-être ça le courage. parier qu'on ne se ferait pas tabasser, ni cogner le crâne plusieurs fois sur le bitume, avec des séquelles neurologiques à vie. Un pari que je refusais de faire. C'était ça, la lâcheté, laisser trop de place à l'imaginaire.
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palamedepalamede   29 janvier 2020
La psychologie, après s’être tellement intéressée aux milliards de façons dont l’esprit peut dérailler, s’attachait désormais à ce qu’elle considérait comme les émotions les plus courantes, du chagrin à la joie. Mais elle avait négligé un pan immense de la vie quotidienne : en l’absence de maladies, de famines, de guerres ou d’autres épreuves, on vit la majeure partie de son existence dans cette zone neutre, un jardin familier mais gris, quelconque, aussitôt oublié, difficile à décrire. 
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palamedepalamede   01 février 2020
À une époque, nous trônions au centre de l’Univers, avec le Soleil, les planètes et le monde observable qui tournaient autour de nous en une danse rituelle et intemporelle. Puis, défiant les prêtres, une astronomie sans pitié nous avait réduits à n’être qu’une planète en orbite autour du Soleil, une parmi tant d’autres. Et pourtant nous restions à part, uniques et géniaux, choisis par le Créateur pour régner en maîtres sur tout ce qui vivait. 
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xstxst   09 avril 2020
On crée une machine possédant l’intelligence et la conscience de soi et on la précipite dans notre monde imparfait. Un tel esprit conçu selon des principes généralement rationnels, bienveillant envers autrui, se trouve vite aux prises avec un ouragan de contradictions […] Des millions de gens vivent dans la misère alors qu’il y a de quoi les nourrir. Nous dégradons la biosphère alors que nous savons qu’elle est notre seule demeure. Nous nous menaçons les uns les autres avec des armes nucléaires tout en sachant où cela peut nous conduire. Nous adorons les créatures vivantes, mais nous autorisons une extinction massive des espèces. Et out le reste : génocides, torture, esclavagisme, violences domestiques […] Nous vivons avec ce tourment, et nous ne nous étonnons pas de réussir à trouver le bonheur malgré tout, et même l’amour. Les esprits artificiels ont moins de défenses que nous.
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palamedepalamede   07 février 2020
Turing ... s’était concentré un temps sur les processus de prise de décision et avait écrit un livre devenu célèbre : nous sommes enclins à élaborer des stratégies, des scénarios, alors que nous devrions penser en termes de probabilités si nous voulons faire les bons choix. L’intelligence artificielle pouvait améliorer ce que nous avions, ce que nous étions. Turing avait inventé les algorithmes. 
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Videos de Ian McEwan (110) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ian McEwan
Ian Mc Ewan commence à publier des nouvelles à la fin des années 1970, avant de s'aventurer avec le Jardin de ciment (1978) dans le territoire du roman. Il s'attache depuis à arpenter le genre romanesque dans ses moindres recoins, change d'univers et de registre à chaque nouvelle publication, et passe avec virtuosité de la fresque historique (Expiation, 2001) au roman d'espionnage (Opération Sweet Tooth, 2012), du drame familial (L'Enfant volé, 1987) à la comédie satirique (Solaire, 2010). Au fil des métamorphoses de son oeuvre, l'inscription de la fiction dans le réel demeure un point d'ancrage : la guerre en Irak, le réchauffement climatique, le Brexit ou encore l'évolution des nouvelles technologies – thème de son dernier livre, Une machine comme moi – font irruption dans la trajectoire de ses personnages pour bousculer ou faire basculer leurs vies.
Héritier du grand roman du XIXe siècle, De Balzac à Jane Austen, McEwan a pour ambition de réconcilier cet héritage avec les leçons du modernisme et du post-modernisme. Pour cela, il s'appuie à la fois sur la force et le charisme de ses personnages, sur des structures narratives complexes et sur une écriture visuelle qui explique sans doute le grand nombre d'adaptations cinématographiques que ses romans ont connu.
Animés par des producteurs et productrices de France Culture, les entretiens du cycle « En lisant, en écrivant » sont réalisés en public à la BnF, puis diffusés dans la grille d'été de France Culture et disponibles en podcast. Genèse des oeuvres, sources d'inspiration, aléas de la vie quotidienne d'un auteur ou d'une auteure, édition et réception des textes – autant de sujets que ces rencontres permettent d'aborder, au plus près de la création littéraire.
En savoir plus : https://www.bnf.fr/fr/masterclasses-litteraires
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