AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2072849977
Éditeur : Gallimard (09/01/2020)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 9 notes)
Résumé :
Londres, 1982. Dans un monde qui ressemble à s’y méprendre au nôtre, quelques détails dissonent : les Beatles sont toujours au complet, les Anglais ont perdu la guerre des Malouines et le chercheur Alan Turing est encore en vie. Grâce à lui, les prouesses technologiques sont inouïes et les avancées scientifiques en matière d’intelligence artificielle fulgurantes. C’est ainsi que Charlie fait l’acquisition d’un «Adam», un androïde doté de l’intelligence artificielle ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
motspourmots
  13 janvier 2020
Je suis amoureuse du cerveau de Ian McEwan. C'est sans doute pour cela que parmi ses écrits, celui que tout le monde cite en parlant de lui, Sur la plage de Chesil est très loin d'être mon préféré. Car ce que j'aime par-dessus tout chez cet écrivain, c'est l'intelligence qu'il déploie pour positionner les couches successives qui constituent ses intrigues les plus puissantes et les plus stimulantes pour mes petits neurones qui frétillent ainsi de pur bonheur. Son humour noir se nourrit des failles de l'espèce humaine qu'il se plait à décortiquer avec la méticulosité d'un médecin légiste. Et il atteint ici des sommets, venant presque détrôner Expiation dans mon palmarès tout personnel de la collection McEwan.
"Le présent est la plus fragile des constructions improbables. Il aurait pu être différent. En partie ou en totalité, il pourrait être tout autre."
Oui, tiens. Alan Turing aurait pu ne pas se suicider en 1954, ses recherches permettre d'énormes avancées scientifiques et sociétales. Il pourrait vivre tranquillement, à Londres en 1982 avec son compagnon, admiré et respecté par la communauté mondiale pour avoir permis la création de l'Internet, ouvert la voie à la guérison de nombreuses maladies grâce aux travaux sur les cellules souche et mis sur les rails les progrès de l'intelligence artificielle. Progrès grâce auxquels Charlie, jeune homme oisif, boursicoteur à ses heures et passionné d'anthropologie et de technologie fait l'acquisition de l'un des 25 "androïdes" à l'image de l'homme tout juste mis sur le marché britannique. Paramétré par Charlie et Miranda, sa petite amie et voisine, Adam prend sa place dans le foyer, capable de faire la conversation, d'assumer les tâches ménagères ou de servir d'encyclopédie. Tout comme de composer des poèmes ou de faire l'amour à Miranda, ce qui n'est pas sans créer une situation inédite rapidement évacuée par la jeune femme ; juste "une putain de machine" explique-t-elle... Et puis ceci est vite oublié lorsque Adam prend la main sur les opérations boursières de Charlie et commence à lui faire gagner des montants qui lui permettent d'envisager de sacrément élever son niveau de vie. Sauf que. Ce n'est pas si simple. Plus Adam explore l'activité humaine, plus il apprend plus son mal être affleure. Programmé par l'homme pour être parfait, comment doit-il réagir face au mensonge et aux nombreuses turpitudes, faiblesses, imperfections qui symbolisent justement l'espèce humaine ? Et dont Miranda et Charlie sont loin d'être exempts.
Je parlais plus haut des différentes strates qui nourrissent un roman de Ian McEwan et celui-ci en est particulièrement riche. D'abord dans la rencontre entre l'homme et la machine qui le renvoie à un face à face vertigineux avec un lui-même amélioré, qui pourrait le remplacer en tout. Ensuite dans le contexte revisité d'une année 1982 qui voit l'Angleterre de Thatcher battue par l'Argentine dans l'affrontement pour les îles Falklands, prémices d'une immense crise économique et politique dans un monde où l'on s'amuse de détails saupoudrés ici et là comme l'identité des présidents des Etats-Unis et de la France ou la présence des quatre membres des Beatles... C'est finement amené, fondu dans la narration, juste assez pour créer le décalage propice à déstabiliser. On pourrait aussi parler de la façon dont McEwan utilise les oeuvres littéraires comme matière d'étude accélérée de l'espèce humaine pour Adam, connecté à une base de données illimitée. "La religion et les grandes littératures du monde ont clairement démontré que nous savons bien nous conduire. Nous exprimons nos aspirations dans la poésie, la prose, les chants, et nous savons ce qu'il faut faire. le problème est la mise en pratique, persévérante et collective".
Ian McEwan trouve ici une façon brillante d'interroger le sens de la vie en mêlant ressources scientifiques et littéraires au service d'une réjouissante réflexion intellectuelle, aussi romanesque que cérébrale. C'est du très très grand art.
"Eh bien voilà, conclut Adam, il y a le cerveau et il y a l'esprit. Ce vieux problème, aussi insoluble chez les machines que chez les humains".
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          214
jostein
  19 janvier 2020
Ian McEwan fait partie des auteurs qui me fascinent pour son analyse du couple, du rapport à l'enfant. Toujours dans un contexte particulièrement bien travaillé, l'auteur excelle à détailler les sentiments de ses personnages.
Avec Dans une coque de noix, Ian McEwan se plaçait dans la tête d'un foetus. Aujourd'hui, Une machine comme moi explore les sentiments d'un androïde face aux arrangements de la nature humaine.
Charlie, passionné d'anthropologie et de technologie, vivote en boursicotant sur Internet. Il a investi tout l'héritage de sa mère dans l'achat d'un androïde nommé Adam. Alan Turing, toujours vivant en cette année 1982, a mis son génie au service du transhumanisme en travaillant sur l'intelligence artificielle. Douze Adam et treize Eve, première version d'humanoïdes sous différentes ethnies viennent d'être mis sur le marché.
Charlie est fier d'avoir pu acheter un exemplaire. Il propose à Miranda, la voisine du dessus dont il est amoureux, de l'aider à personnaliser son Adam en définissant la moitié des préférences de sa personnalité. Un peu comme leur enfant qui aurait la moitié des gènes de chacun de ses parents. En appliquant le caractère de ce qu'elle considère comme l'homme idéal, Miranda voue Adam à un amour aveugle pour elle-même. Cet amour, s'il pose quelques problèmes au couple, est le seul rempart contre l'autodestruction des humanoïdes de première version.
« On crée une machine possédant l'intelligence et la conscience de soi, et on la précipite dans notre monde imparfait. Un tel esprit conçu selon des principes généralement rationnels, bienveillants envers autrui, se trouve vite aux prises avec un ouragan de contradictions. »
Le passé de Miranda montre comment l'être humain doit composer avec le chagrin, la douleur. le mensonge, la manipulation, la vengeance sont des leviers, des réactions humaines habituelles. Adam ne peut comprendre comment les émotions peuvent pervertir les actes.
Ian McEwan place cette problématique dans un monde où il bouscule l'Histoire. Margaret Thatcher est en mauvaise position suite à sa défaite dans la guerre des Malouines. Tony Benn, du parti travailliste enclin au désengagement de la course aux armements nucléaires et de l'Union Européenne, lui succèdera. On ne rate pas une petite tacle au Brexit.
« Seuls le IIIe Reich et d'autres tyrannies recouraient au plébiscite pour adopter une politique, et il n'en sortait généralement rien de bon. L'Europe n'était pas simplement une union qui bénéficiait surtout aux grandes entreprises. L'histoire des Etats membres du continent était fort différente de la nôtre. »
On l'a vu, Turing est en vie, les Beatles sont toujours un groupe et Georges Marchais est Président de la France. L'Angleterre croule sous le chômage et les manifestations. Extrapolation et fond de vérité.
« On parla de la chance, de son rôle dans la vie d'un enfant- la famille au sein de laquelle il naît, l'amour qui lui est prodigué ou non, et avec quel discernement. »
Bien évidemment, Ian McEwan ne peut s'empêcher de défendre L'intérêt de l'enfant en invitant dans son récit le petit Mark, enfant malmené par sa famille. Seul l'enfant peut ramener le couple vers l'essentiel.
« Les humains étaient éthiquement défaillants : inconsistants, émotifs, sujets à la mauvaise foi, à des erreurs cognitives, souvent pour servir leurs propres intérêts. »
Au coeur de ce rêve de vertu robotique rédemptrice, j'ai peiné à saisir une unité au roman. le regard sur la société en crise est pertinent mais se mêle assez mal avec les phases plus romanesques du passé de Miranda et du présent de Mark. Certains passages plus politiques ou techniques m'ont semblé rébarbatifs et ont cassé mon rythme de lecture. J'en oubliais presque l'essentiel du roman ( enfin ce qui me captivait le plus). Quelque soit le degré d'intelligence d'un humanoïde, jamais il ne pourra intégrer la complexité de la nature humaine. Une complexité parfois bien néfaste quand elle permet de s'accommoder de certaines situations tragiques.
Un roman pertinent, intelligent mais qui m'a un peu tenue à distance de l'essentiel ( enfin de ce que je considérais comme essentiel).
Lien : https://surlaroutedejostein...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Fuyating
  14 janvier 2020
Décidément, Ian McEwan est plein de ressources et de sujets divers et variés pour ses livres ! Cet auteur ne cesse de me passionner.
Dans "Une machine comme moi", Ian McEwan nous interroge sur les androïdes et l'intelligence artificielle. Cette uchronie se situe en 1982 et Alan Turing, toujours vivant, fait avancer la technologie à pas de géant.
L'auteur décrit avec beaucoup de sensibilité les sentiments humains mais aussi ceux d'Adam, ce robot plus vrai que nature et parfait en tout point. Justement, tellement parfait qu'il peut être compliqué pour lui de s'adapter à notre monde cruel et imparfait. Les défauts et imperfections des hommes sont ainsi mis en lumière, nous montrant les faiblesses de chacun, ces petits mensonges qui peuvent parfois être nécessaires pour vivre en harmonie. de nombreuses interrogations sont également posées tout au long du roman sur le côté éthique ainsi que sur le côté moral de l'intelligence artificielle.
Je recommande vivement cette lecture passionnante et enrichissante qui nous montre un passé peut-être futuriste !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
WerdeWerDubist
  05 octobre 2019
Un livre assez étonnant de cet auteur anglais que adore, Ian Mc Ewan. Une dystopie où le Rouyaime Uni perd la guerre des falklands, où les manifestations monstres obligent Margaret Thatcher à quitter le pouvoir, où Georges marchais est président de la republique française (!), bref un monde assez différent de celui que nous avons en mémoire.
Un monde surtout où il est possible d'acquérir des androids (et oui on se souvient de notre Azymov d'anthologie qui revient à la mode), des Adam ou des Eve en série limitée qui ont quasiment tous les attributs de l'être humain...
Un relation quasi triangulaire se noue entre le jeune homme désargenté et quelque peu veule qui investit les maigres économies de son héritage dans l'acquisition de cette "machine", Jack, sa compagne et "Mr Robot".
Jamais dénué d'humour, Ian Mc Ewan laisse sa compagne expliquer à son amant plus âgé, que notre rbot est plutôt bien doté par Dame Nature et de plus un amant assez efficace...
Plus sérieusement le livre, outre une intrigue à rebondissement qui éclaire la psychologie du personnage féminin sous un jour nouveau à la moitié du livre, apporte plutôt une réflexion sur la condition humaine, la place faite à de possible androides incapables de duplicité et la relation à inventer entre l'humain qui calcule et l'androîde ni machine ni humain, prisonnier de son statut de machine et de sa "perfection" morale.
Une véritable interrogation quasi philosophique et ontologique se fait jour sur la place et le positionnement de ces androides dans la vie de l'homme, les rapports que ces derniers entretiennent ensemble et les complications liés au jeu du maître et de l'esclave, l'esclave, comme dans la dialectique célèbre, ne tardant pas à devenir le maître...Mais un jeu perdant in fine car les jeux sont pipés dés le départ.
Bref un livre magistral à la fois divertissant, troublant et qui amène à réfléchir sur les enjeux de l'ntelligence artificielle et la co-existece de l'humain et de l'intelligence non humaine. Asse vertigineux et très réussi.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          31
Rhodopsine
  18 juin 2019
Retour aux années 1980. Non, départ vers les années 1980. Pas les nôtres, celles écrites par Ian McEwan. Reprogrammez un peu vos connexions neuronales: Alan Turing est adulé, votre voiture n'a besoin de personne derrière le volant, l'Argentine a remporté la guerre des Malouines, et Adam et Eve sont arrivés. Mais si, vous savez bien, les humains de synthèse, des robots plus vrais que nature, des machines pensantes, douées de parole, d'émotions, de pensées. Une belle avancée pour l'humanité, tout de même; programmables, paramétrables, ils sont capables d'analyser toute la production d'haïkus pour en créer des mieux que parfaits. Ils peuvent même tomber amoureux. Ils peuvent se suicider, aussi. Ils ont un sens aigu de la justice, une habileté hors du commun. Mais alors, ce sont des humains?
Un roman vertigineux qui foisonne de questions, une uchronie habile, des personnages subtils. Une bonne nouvelle: dans ce futur-là, il existe encore des écrivains, des livres, et de l'imagination.
Lu en VO
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60

critiques presse (2)
LaCroix   16 janvier 2020
Explorant une nouvelle fois l’âme humaine, sondant d’une conscience inquiète le bien et le mal, [...] Ian McEwan déploie ses talents de conteur et de moraliste dans une uchronie aussi réjouissante que dérangeante.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Bibliobs   15 janvier 2020
Telles sont, pour l’écrivain, les limites de l’intelligence artificielle : nul robot ne pourra jamais comprendre pourquoi nous réussissons si bien à tout bousiller sur notre passage.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
FuyatingFuyating   19 janvier 2020
Nous pouvons guérir des millions de maladies mortelles. Des millions de gens vivent dans la misère alors qu'il y a de quoi les nourrir. Nous dégradons la biosphère alors que nous savons qu'elle est notre seule demeure. Nous nous menacons les uns les autres avec des armes nucléaires tout en sachant où cela peut nous conduire. Nous adorons les créatures vivantes, mais nous autorisons une extinction massives des espèces. Et tout le reste : génocides, tortures, esclavagisme, violences domestiques meurtrières, maltraitances des enfants, fusillades dans les établissements scolaires, viols, centaines d'agressions quotidiennes. Nous vivons avec ce tourment, et nous ne nous étonnons pas de réussir à trouver le bonheur malgré tout, et même l'amour. Les esprits artificiels ont moins de défenses que nous.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
FuyatingFuyating   19 janvier 2020
L'une des zones les plus sombres est celle de la vengeance. C'est une pulsion grossière. Une culture de la vengeance conduit au malheur des individus, à des tueries, à l'anarchie, à un chaos social.
Commenter  J’apprécie          00
FuyatingFuyating   19 janvier 2020
Notre propre réussite technique nous dépassait, comme elle devait fatalement le faire, nous laissant échoués sur le petit banc de sable de notre intelligence limitée.
Commenter  J’apprécie          00
FuyatingFuyating   15 janvier 2020
Se disputer avec la personne qu'on aime est une torture d'un genre particulier. Le moi se retourne contre lui-même. L'amour se retrouve aux prises avec son contraire, en termes freudiens. Et si la mort gagne et l'amour meurt, qui s'en soucie ? Vous, et c'est ce qui vous met en rage et vous rend encore plus téméraire. Il y a aussi un épuisement intrinsèque. Les deux personnes savent, ou croient savoir, qu'une réconciliation doit intervenir, même si cela risque de prendre des jours, voire des semaines. Ce moment, quand il viendra, sera délicieux et promet beaucoup de tendresse et de plaisir. Alors, pourquoi ne pas se réconcilier dès maintenant, aller au plus court, s'épargner l'effort de se mettre en rage ? Aucun de vous n'en est capable. Vous êtes sur un toboggan, vous avez perdu le contrôle de vos émotions, et de votre avenir. Cet effort de paiera, de telle sorte que chaque parole blessante devra finalement être retirée à cinq fois son prix. Inversement, accorder son pardon exigera des trésors de concentration et d'altruisme.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
AnnaDelRioAnnaDelRio   14 janvier 2020
- Tu sais, quand il bande...
- Je n'ai pas envie de savoir.
- C'est lui qui me l'a dit. Sa verge se remplit d'eau distillée. Venant d'un réservoir dans sa fesse droite.
Piètre consolation, mais j'étais déterminé à garder mon calme. "C'est ce que disent tous les hommes."
Commenter  J’apprécie          10
Videos de Ian McEwan (115) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ian McEwan
Le romancier et scénariste britannique Ian McEwan fait paraître en France son nouveau roman, Une machine comme moi (Gallimard), une fiction qui se joue dans une réalité alternative pour interroger notre propre avenir. Une uchronie écrite avec le mordant propre à l'auteur de "L'Enfant volé", prix Fémina étranger 1993.
La Grande table Culture d'Olivia Gesbert – émission du 14 janvier 2020 À retrouver ici : https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-1ere-partie/saison-26-08-2019-29-06-2020
Abonnez-vous pour retrouver toutes nos vidéos : https://www.youtube.com/channel/UCd5DKToXYTKAQ6khzewww2g/?sub_confirmation=1
Et retrouvez-nous sur... Facebook : https://fr-fr.facebook.com/franceculture Twitter : https://twitter.com/franceculture Instagram : https://www.instagram.com/franceculture
+ Lire la suite
autres livres classés : intelligence artificielleVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Test

ds

d
d
d
d

1 questions
5 lecteurs ont répondu
Thème : Opération Sweet Tooth de Ian McEwanCréer un quiz sur ce livre