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ISBN : 9791022403269
Éditeur : Michel Lafon (10/01/2019)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 82 notes)
Résumé :
Bienvenue à Manhattan, en 2118. New York est à la pointe de l’innovation et du rêve. La ville est désormais une tour de mille étages où les plus aisés vivent à son sommet. Tout semble parfait, lisse et idéal. Jusqu’au jour où une jeune femme tombe du millième étage…
Meurtre ou accident ? Les suspects sont nombreux. La belle et riche Eris, qui découvre un secret familial terrible ? Rylin, qui travaille pour un garçon des étages supérieurs ? Watt, qui espionne ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (65) Voir plus Ajouter une critique
Aelynah
  26 février 2017
Un synopsis qui promet du suspens, de la tension et du mystère ?? Une morte inconnue ?? de nombreux suspects et victimes potentielles ??Moi j'adhère et je vote pour. Alors une fois lu qu'en est-il ?
Tout d'abord, je l'avoue, j'ai eu du mal à démarrer. Beaucoup trop de personnages différents à la fois et malgré leur spécificité à chacun il a été assez difficile pour moi de les différencier rapidement. Heureusement, l'auteure va ensuite n'en mettre en avant que 5 particulièrement et nous les faire suivre au travers de chapitre à leur nom.
Ainsi nous entrerons à la fois dans leur monde personnel mais aussi dans leur psyché, leurs peurs et leurs secrets.
Et des secrets, il y en a… un paquet ce qui, là encore a été assez lourd à engranger dès les premiers chapitres mais s'est vite avéré très intéressant et addictif une fois que tous les éléments ont su s'emboiter.
Avery, par exemple, celle qui a tout pour être heureuse et qui pourtant cache un désespoir profond. Elle aime en secret, celui qu'elle ne pourra jamais avoir. de fait elle nous émeut et nous touche tout en nous laissant voir une facette plus sombre de la personnalité chatoyante qu'elle irradie autour d'elle.
Leda, ensuite que nous découvrons dès le départ avec un sacré passif plutôt lourd. Et puis par la suite elle sera celle qui va le plus m'énerver.
Rylin et Eris sont mes préférées.
Eris car elle va montrer une évolution plus profonde que les autres et dont la personnalité va vraiment changer au fil des pages.
Rylin enfin pour les filles, issue des bas étages, sa découverte d'un monde diamétralement opposé au sien va être une expérience de chaque instant.
Mais heureusement l'auteure nous permet de suivre l'un des garçons et pas des moindres puisqu'il s'agit de Watt. Watt le petit génie en informatique, issu lui aussi des étages les plus bas. Il est intelligent, censé et a la tête sur les épaules. Il m'a de suite plu.
Chacun est complexe. Car comme je le disais, chacun a ses secrets plus ou moins bien gardés, assumés ou sombres. Mais ce qui va faire fonctionner ce roman ce sont les croisements, les interactions de chacun à divers moments sur les autres. Parfois ce ne sera que bref et d'autres plus soutenus mais ce sont ses échanges qui vont apporter de l'eau au moulin de l'auteure et à son intrigue.
Avery semble être le personnage que l'auteure veut mettre en avant mais ce n'est peut-être tout simplement qu'une impression parce que c'est la première que l'on rencontre.
Enfin … que l'on rencontre vivante !
Car celle par qui tout arrive, celle qui va être le début et probablement la fin de tout, est celle que l'on ne connait pas encore. Celle qui, un soir, va chuter du dernier étage et s'écraser 4 km plus bas laissant derrière elle une aura de mystère et quelques indices troublants et tellement microscopiques que le lecteur va s'interroger à chaque nouvelle jeune fille qu'il croisera : est-ce elle ?? Pourquoi ??
Le prologue nous plonge de suite dans l'expectative de façon aussi brutale que notre victime va plonger du toit.
Katharine McGee a la plume leste et fluide, elle sait y faire pour nous jeter dans les atmosphères je ne peux pas lui retirer cela. Car petit à petit sans vraiment nous en rendre compte elle va intensifier sa présence, rendre sa plume plus incisive en jugeant au passage ses personnages.
Les amitiés semblent fortes, et pourtant !!
Les amours compliquées, ça c'est sûr ! L'argent ne fait pas le bonheur pourrait être le dicton phare de ce roman.
Nous les suivons tous en les connaissant parfois intimement et pourtant même ainsi l'auteure réussit à créer la surprise. Elle sème des indices, des obstacles parfois aussi qui plongent le lecteur dans l'expectative. La surprise aura été totale pour moi lorsque le nom de celle qui chute va être divulgué. J'ai bien eu des soupçons ou surtout des envies de protection farouche sur certaines d'entre elles mais je n'imaginais pas cela ainsi.
Le scénario est vraiment bien ficelé et même si les premiers chapitres sont parfois un peu longs, ils mettent le monde en place et nous présente les protagonistes de façon fort à propos.
Nous les côtoyons dans ce monde futuriste, si surprenant et déstabilisant aussi par les technologies utilisées qu'il m'a fallu appréhender. Mais une fois celles-ci intégrées, j'ai pu apprécier la vision de l'auteure et surtout son imagination fertile et franchement intéressante.
Comment suggérer que la ville de New York n'existe plus vraiment sous forme de ville mais sous celle d'une tour ? Une tour, pour être précise de 1000 étages soit plus de 4 kilomètres de haut. Cela paraît effarant, et à la fois totalement subjuguant.
Les nantis frôlant bien entendu les sommets alors que les plus démunis côtoient les étages inférieurs. Cela m'a rappelé le roman post apocalyptique Silo de Hugh Howey par cet étalonnage des pouvoirs.
Par contre, il est un point qui m'a un tantinet gêné, Katharine McGee a créé un monde futuriste, empli de technologies plus ou moins géniales à imaginer mais aussi dans lequel la drogue semble une banalité. Que ce soit pour les nantis ou les basses classes elle est partout, dans les fêtes de ces gosses friqués aux bas-fonds de la tour. Elle semble posséder la constance d'un personnage à elle seule par son omniprésence. On la découvre sous diverses formes, prises pour diverses raisons de l'envie de s'éclater à celle d'oublier. Elle est presque partout.
Mais ce n'est que mon avis car si l'on met cela de côté, Katharine McGee a su trouver un style qui tient le lecteur en haleine. A nous les faire côtoyer tous, elle va nous amener à avoir nos préférences dans les personnages. Et au final, une fois que l'on est lancé dans le roman, on ne peut qu'avancer à leur suite, sans traîner pour aller vers la fin de cette énigme : QUI est donc tombé ??
Comme je le stipulais précédemment je n'ai eu aucun flash et lorsqu'à la lecture des derniers chapitres j'ai vu monté le suspens, prenant, terrifiant de densité, mon coeur a cru parfois raté un battement. J'ai ainsi découvert qui était tombé et cela m'a fait comme un souffle froid dans le dos. Je comprends maintenant pourquoi ce roman est le premier d'une trilogie, je crois, car cette mort nous promet de beaux rebondissements pour la suite de la saga !

Lien : http://lespassionsdaely.cana..
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BOOKSANDRAP
  03 février 2017
> https://booksandrap.wordpress.com/2017/02/03/inaccessibles-tome-1-katharine-mcgee/

Avis : J'ai passé un super moment.
Je ne m'attendais pas à autant apprécié et à autant être happé par ce bouquin. C'est une réelle bonne surprise et une des plus jolies découvertes de ce début 2017.
Je dois bien avouer qu'au début je n'étais pas dedans. Et puis les chapitres passant, on commencer à cerner les personnages, l'histoire, l'univers et on se prends vite au jeu. Je l'ai véritablement dévoré. Y'a pas d'autres mots je l'ai bouffé en 2 soirées, j'étais totalement obnubilée par cette histoire et surtout vraiment intriguée par la trame.

Ce qui accroche l'oeil tout de suite, c'est l'univers dystopique bien évidemment. J'aime beaucoup ce genre dans la littérature, si la plume et le style de l'auteur suivent, c'est un bon moment garanti. Et là ça l'a carrément fait avec moi. Au delà d'être une idée vraiment originale, c'est un univers riche et intéréssant que nous propose Katharine McGee. J'ai adoré le concept. Une tour immense de 1000 étage. Les pauvres dans les étages les plus bas, les riches aux étages supérieurs. Tous cohabitent sans vraiment se croiser. Et puis un jour tout bascule. Entre rivalité, secrets et petits mensonges, « Inaccessibles » plonge ses lecteurs dans le luxe et la frivolité.
Vous l'avez sûrement déjà entendu mais je suis tout à fait d'accord avec ce résumé : C'est un parfait mélange entre la série Gossip Girl et de la dystopie pure au XXIème siècle !

Autant j'ai beaucoup aimé le style assez rythmé et vraiment sympa à suivre autant je m'attendais à tout autre chose. Enfin pas complètement.
Je m'attendais à ce qu'on suive ces gosses mais je pensais que le côté enquête quasi thriller de l'histoire qu'on nous promettait dans la quatrième serait nettement plus présente. Où est passée la fille qui est tombé du millième étage ? Qui est-elle ? Quand est-ce qu'on comprends ce qui s'est déroulé pour elle ? Bien trop tard malheureusement.
Si je peux vous donner un conseil, détachez-vous vraiment du résumé de l'histoire. Ce résumé est écrit pour la saga entière et n'est pas vraiment ce qui se passe dans ce premier tome.
Je trouve que ça a été mit de côté pour favoriser les romances et l'univers fantastique et c'est dommage car ça aurait rendu le bouquin beaucoup plus addictif et prenant. Néanmoins on s'y plonge sans difficulté, c'est assez visuel on s'imagine parfaitement cette tour immense où riches et pauvres ont élus domicile. Mais ce n'est pas à la hauteur des attentes que j'avais de ce bouquin. J'imaginais autre chose d'où ma petite déception quand même. Mais je garde en tête que c'est un premier tome et que ce premier volet servait à vraiment mettre en place les personnages en détails et l'environnement pour la suite, ce qui me console un peu.

On est plongés dés la première lignes dans le vif du sujet.
J'ai vraiment aimé que le bouquin ne mette pas une cinquantaine de pages pour démarrer. Directement on fait la connaissance, en alternant les points de vue, de tous les personnages qu'on va suivre durant toute la durée de l'histoire. On apprends à les connaitre et à connaitre leur vices au fur et à mesure et ça j'ai adoré.
J'ai plus ou moins apprécié chacune des « intrigues », chacun des parcours et des quotidiens qu'on nous propose. On a le point de vue de jeunes issus de milieu différent et ça c'était appréciable de voir à quel points certaines choses différent niveau qualité de vie et préoccupations. Légère préférence tout de même pour Eris et Rylin qui sont pour moi, des personnages plus intéressant et complexes que les autres ! Elles ont une vraie histoire, une vraie problématique beaucoup moins légère et superficielle que les autres qui manquent de pep's et tournent vite en rond.
Par contre j'ai déteste Leda et je pense que vous la détesterez très vite aussi. C'est le genre de personnage qui tape vite sur le système et qu'on a envie de bâillonner pour arrêter de l'écouter. C'est un personnage qui m'a tellement mise en colère, je l'ai trouvé vraiment borderline et excessive dans tout. Je pense que je l'ai vraiment haï à partir de la moitié quand elle commence à montré son vrai visage et devient vite obsessionnelle.

À côté de ça, j'ai quand même un point négatif, où plutôt une facette du livre qui ma vraiment dérangé. Aucun n'est sincères. Je n'ai réussi à m'attacher à aucun d'eux car tous gardent pour eux tout un tas de secrets. Ils sont sensés tous être amis, ou en tout cas la plupart mais ils n'agissent pas en tant que tel, ils sont toujours sur la réserve, se protègent eux-même, omettent des choses. J'ai vraiment été dérangé par cet aspect car c'est vraiment assez malsain et bizarre. Pour le coup certains ont tout un tas de scandales et de secrets répréhensibles mais quand même, quand on est amis avec quelqu'un on est quand même sensé partager des choses et pas tout garder pour soi. J'avais l'impression que toutes les relations étaient assez hypocrites et recouverte d'une épaisse couche de vernis pour que personne ne les voit tels qu'ils sont vraiment. Ça m'a vraiment fait penser à Gossip Girl certes, alors si vous aimez cette série, lancez-vous niveau potins vous serez servis !

Concernant la conclusion du livre, cette fin est vraiment sympa. Elle donne très envie de lire la suite malheureusement ce n'est pas pour tout de suite il va falloir prendre son mal en patience. Avec les dernières pages on sent que tout se met vraiment en place on a l'impression que ça y est dans le second tome les choses vont bouger on va plus se concentrer sur l'intrigue etc.
Je suis hyper curieuse et impatiente de découvrir la suite des aventures de cette petite bande, et voir où l'auteur va nous emmener.
Un final réussi qui promet de belles choses. « Inaccessibles » est une très jolie surprise que je vous recommande chaudement ! En plus d'être beau c'est un young-adult sacrément bon.

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theannashaw
  16 octobre 2019
Dans le cadre de mon objectif « faire baisser ma pile à lire » j'essaye de lire et de chroniquer un maximum de tomes un de séries qui patientent sur mes étagères, notamment quand ceux-ci sont réédités en poche ou que c'est le cas de l'un des autres tomes de la série. C'est ainsi que La tour aux milles étages, premier volume d'un thriller futuriste, est finalement passé entre mes mains.

En 2118, il ne reste rien ou presque du Manhattan que nous connaissons, la ville ayant été transformée en une immense tour de mille étages à la pointe de l'innovation, où les plus aisés vivent dans les sommets et où la technologie pallie à tous les désagréments. Jusqu'au jour où une jeune fille tombe du millième étage. Mais que s'est-il passé réellement sur le toit ce soir là ? Quelle est l'identité de la victime ? Et plus important encore, s'il s'agit d'un meurtre, qui est le coupable ?

J'ai vraiment passé un super moment avec ce roman qui se lit tout seul tant nous somme emportés dans l'histoire et ce dès les premières pages du roman. le prologue s'ouvre en effet sur la chute de la jeune fille dont nous ne connaîtrons l'identité qu'à la toute fin du roman. Entre temps le livre nous renvoie deux mois en arrière quand tout commence et que les vies de six jeunes gens changent, se croisent et qu'une suite d'événement commencent, les entraînant tous jusqu'au jour de la chute fatale.

Nous suivons donc en alternance la vie et les points de vue de cinq personnages : Leda, qui cache à tous qu'elle revient tout juste d'une cure de désintoxication et est amoureuse d'un garçon dont elle ne peut révéler l'identité à personne, pas même sa meilleure amie ; Éris, dont la vie parfaite vole en éclats quand elle découvre un affreux secret de famille ; Rylin, qui fait partie des bas quartiers et à qui la vie n'a pas toujours sourit jusqu'à ce qu'elle décroche un poste dans les plus hautes sphères de la tour ; Watt, qui est un petit génie de la technologie et se retrouve embarqué dans une histoire qui le dépasse quand on l'engage pour espionner un garçon des étages supérieurs ; et Avery qui vit au dessus de toute cette agitation dans l'appartement du millième étage où tous pensent qu'elle mène une vie parfaite, pourtant il n'y a qu'une seule chose qu'Avery désire au monde, une chose qu'elle ne peut obtenir.

On s'attache à certains des personnages, on s'agace des réactions et des choix d'autres par moments, on est franchement effrayé par le chemin qu'en prennent d'autres, mais une chose est sûre : aucune des histoires racontées dans ce roman ne nous laisse indifférents. Et l'on regarde avec fascinations les destins de ses adolescents, dont certains qui n'étaient à la base jamais sensés se croiser, s'emmêler, se croiser et se lier pour le meilleur et le pire.

Parce que la force de ce roman c'est son côté inévitable. Dès le tout début on sait ce qui va arriver, comment l'histoire va se terminer pour l'un des personnages tout en ne sachant pas lequel d'entre eux sera la victime, ni lequel d'entre eux est le coupable. On regarde alors à la fois hypnotisé et un peu terrifié par notre impuissance tous les éléments se mettre en place sans que les personnages ne puissent l'éviter pour arriver au début de l'histoire, à la chute.

Je crois que c'est ce que j'ai préféré dans cette histoire, les sensations que nous fait ressentir l'autrice, la manière dont elle nous montre comment une situation à la base insignifiante glisse doucement mais surement vers le drame, comment certains sombrent petit à petit dans la folie à cause d'éléments qui paraîtraient sans importance pour d'autres. Parce que contrairement aux personnages nous savons comment tout va finir, nous voyons les rouages de l'histoire, les moments clés où une décision différentes aurait pu éviter le drame. Ce qui rend l'histoire à la fois plus addictive et angoissante.

Un très bon thriller qui nous tient en haleine d'un bout à l'autre de l'histoire et dont la fin ne nous donne qu'une seule envie, celle de nous jeter sur le second tome pour voir comment les personnages vont parvenir à s'extirper plus ou moins indemnes des situations affreuses, des mensonges et des quiproquos dans lesquels ils sont coincés.
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PapillonVoyageur
  25 avril 2017
Inaccessibles, tome 1 m'a toujours fait de l'oeil depuis l'annonce de sa sortie. En effet, sa couverture classe et raffinée ne passe pas inaperçue... Sans parler du résumé alléchant. J'avais peur qu'en fait, ce livre s'avère moins bien qu'il n'y paraît et que l'engouement perpétré par Michel Lafon autour soit mensonger. Au final, j'ai été agréablement surprise. Ce roman est un coup de foudre, et je remercie beaucoup Livraddict et les Éditions Michel Lafon pour cette lecture et leur confiance.
C'est l'histoire de New York en 2118, à la pointe de l'innovation. La ville n'est plus qu'une énorme Tour de mille étages et de quatre kilomètres de hauteur, où les plus riches vivent à son sommet. La vie de ces derniers paraît utopique et idéale, jusqu'au jour où une jeune femme tombe du dernier étage, ce qui n'était jamais arrivé... Était-ce un meurtre, un assassinat, un suicide, un accident ? Les suspects sont nombreux. Entre soirées démentes, amitiés brisées ou renforcées, secrets inavouables et tensions prédominante, la Tour aux milles étages n'a pas fini de nous empêtrer dans ses mystères.
D'abord, je tiens à dire que c'est un livre à ne PAS SPOILER ! Quand nous le débutons, nous sommes projetés au moment où la victime tombe de la Tour. Confrontés à ses dernières pensées et aux sentiments qui l'assaillent, nous parvenons à voir ce qu'elle ressent durant sa chute ultime. Cela écoeure, glace le sang, apporte des questions... Qu'a-t-il pu bien se passer ? le chapitre suivant revient deux mois en arrière, afin de nous ramener au début de toute l'histoire et de comprendre pourquoi ou comment une personne est tombée de la Tour. J'ai adoré le côté dystopique du roman. Tout est à la pointe de la technologie, c'est recherché jusqu'au bout de la part de l'auteure. Tout concorde et semble cohérent, même les idées les plus absurdes. Katharine McGee fait, selon moi, un énorme clin d'oeil à la série TV Gossip Girl avec une telle trame. Néanmoins, son idée diffère totalement par ses personnages divergents et le futur dans lequel ils sont amenés à vivre. L'idée qu'une ville devienne une Tour est ici démontrée à la perfection. Quoi de mieux pour gérer un peuple que le rassembler en un endroit ? Réfléchi et maîtrisé, ce livre pousse également à la réflexion quant à notre propre avenir. Qui nous dit que personne n'y a déjà pensé ? Offrir une vision du monde utopique pour qu'en fait, derrière, nous soyons H24 surveillés. Notons également la place importante de la hiérarchie qui ressemble à celle de notre vie actuelle, avec plus d'euphémisme. Mêlée à cela l'intrigue mystérieuse autour d'une mort qu'on nous déballe dans le résumé, c'est un roman qui mélange plein d'ingrédients susceptibles de concocter la recette parfaite.
Ajoutée à cela, la plume aiguisée de Katharine McGee n'a de cesse de nous surprendre. Ce roman se lit tellement vite qu'en une après-midi, j'avais déjà dépassé la moitié, alors qu'il fait 420 pages, que c'est écrit petit et que le format est plus grand que grand ! Addictif au point de vous obséder, ce livre vous fera perdre la tête. En plus d'être un véritable page-turner, il nous propose un panel de plusieurs narrations diverses écrites à la troisième personne, ce qui nous offre une vue nette et complète sur l'histoire. En tant que lecteurs, nous connaissons les secrets et la vie de chaque personnage (qui a le droit à une narration, en tout cas). On est comme spectateur d'un film où les scènes changent selon la personne dont on nous montre le quotidien. C'est très risqué de la part de l'auteure d'avoir fait cela parce que les individus auraient pu se confondre, être similaires ou avec des réactions trop exagérées pour être différenciés. Or, l'écrivaine a su gérer ses narrations, ce qui rend le roman très riche et très étendu. On sait tout dans les moindres détails à mesure que l'histoire découle et que la tension monte. Katharine McGee ne nous laisse pas le temps de souffler.
Dans les personnages narrateurs, on a d'abord Avery, qui ne m'a pas convaincue. Je l'ai trouvée superficielle, clichée et peu naturelle. Aussi, son égocentrisme et son égoïsme m'ont agacée. Pour son propre bonheur, elle n'hésite pas à faire souffrir d'autres personnes, même si elle tente de montrer l'image de quelqu'un d'attentionné. Personnellement, je l'ai trouvée insupportable. Mais, ce n'est rien à côté de Leda, la meilleure amie d'Avery, également narratrice. Pour cela, elles se complètent bien. Leda ne pense qu'à elle aussi, sans tenter de se soucier des autres, leur cachant plein de choses. Elle est agressive et à la ramasse. Si, au départ, j'appréciais son point de vue (jeune fille avec vie difficile sortant de la désintoxication en secret), j'ai de suite été refroidie. Il s'avère qu'elle est vraiment exécrable. Mais, ce sont les seules qui m'ont autant déçue puisque nous avons encore trois autres points de vue que j'ai adoré : Eris, Rylin et Watt. La première est également meilleure amie avec Avery mais ne lui ressemble absolument pas. C'est le genre de personne qui se soucie beaucoup des autres mais dont personne ne se soucie. Sa vie bascule au début du roman quand elle découvre un secret énorme sur sa famille. Elle va alors comprendre les véritables enjeux de la vie, qui ne sont pas toujours agréables. Elle connaît une belle évolution que j'admire. La deuxième est une jeune fille des étages inférieurs qui galère vraiment à joindre les deux bouts. Pour gagner son argent, un personnage (que j'aime beaucoup) la contactera pour qu'elle travaille à son service très haut dans la Tour. de quoi justifier sa présence auprès des riches... Et Watt, le seul homme qui a droit à sa narration, m'a également plu. Créateur d'ordinateur quantique (ce qui est illégal), il parvient à tout savoir sur tout le monde. Il s'est alors inscrit sous le pseudo « Nadia » sur un genre de site secret où Leda lui demande son aide... C'est ainsi qu'il va plonger droit dans les embrouilles du haut de la Tour. Son humanité et son côté calculateur sont vraiment intéressants à découvrir. Il est très attachant... C'est le genre de personnage qu'on ne veut pas voir souffrir, tout comme Eris ou Rylin. En-dehors de ces derniers, il y a eu Atlas, le frère d'Avery, que je n'ai pas aimé. Il paraissait surfait, pas du tout naturel. En revanche, j'ai adoré Cord, qui entretien une relation avec Rylin et j'ai regretté qu'on ait pas droit à son point de vue. Peut-être dans le tome 2 ?
Le final du roman m'a trop dégoûtée. Comme vous vous en doutez, vu que l'histoire relate les péripéties avant la chute et la mort d'un personnage, arrivés à la fin, on apprend l'identité de la victime. Et, on a connaissance des circonstances, si c'est un suicide, un accident, un meurtre ou un assassinat. Avec une telle fin, les protagonistes se retrouvent empêtré dans une impasse qui nous donne un avant-goût de la suite, qu'il me tarde de lire avec impatience. Cette fin ouverte et intenable ferait comprendre à n'importe qui que c'est « à suivre », comme une fin de saison de série. J'ai vraiment hâte de lire la suite !!
Grosso modo, cette « utopie » futuriste nous ensorcelle du début à la fin sans nous laisser de répit, avec des tensions semblables à celles de la série à succès Gossip Girl. Les secrets et les mystères vous happeront, tandis que votre attachement envers certains personnages grandira et que votre dégoût pour d'autres vous enveloppera. N'oubliez pas une chose ! Laissez-vous trop emporter, et plus dure sera la chute... Une histoire que je conseille sans aucune hésitation !
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Ikebukuro
  26 mars 2017
J'avais déjà repéré ce titre sur les sites US car j'adore les livres chorales et les intrigues qui se passent dans un même lieu. Ici le terrain de jeux est vaste puisque les personnages disposent de mille étages pour s'en donner à coeur joie. Sachant que plus on est riche, plus on vit en hauteur et moins on a de chances de fréquenter les habitants des étages les plus bas. Difficile à partir de là de ne pas avoir l'impression d'être dans une sorte de Gossip Girl dystopique car tous les ingrédients sont réunis. Les filles parfaites, sans souci d'argent, fréquentant une école pour l'élite et où le paraître est beaucoup plus important que ce que l'on est. le bad boy plein aux as, orphelin qui ne sait pas vraiment comment passer le temps (hello Chuck !), la fille parfaite un peu border line, celle qui a perdu sa mère et doit trimer pour s'en sortir et s'occuper de sa jeune soeur, le garçon sans argent mais super intelligent qui ne fait pas toujours les bons choix, amoureux de la fille parfaite… Bref vous l'aurez compris on est dans un page-turner où romance, thriller, coups-bas et personnages caricaturaux se mélangent allègrement.
Tout était finalement réuni pour faire une pâle copie des séries pour ados sans grand intérêt et plutôt convenue mais à ma grande surprise… j'ai adoré. Alors oui, je suis consciente que ça n'est pas franchement de la grande littérature et que l'on est face à pas mal de clichés… mais n'empêche, je me suis laissée prendre au jeu. Peut-être que j'étais simplement d'humeur à lire ce genre d'histoire, peut-être que j'avais envie de quelque chose de simple, de dynamique, d'un peu jubilatoire je l'avoue (car quelquefois je prends plaisir à deviner les rebondissements) mais ça fait du bien de temps en temps de lire un bon divertissement, sans se prendre la tête, et avec des personnages que l'on aime détester. J'ai beaucoup aimé l'univers de la Tour qui devient finalement un personnage à part entière et les trouvailles du quotidien : le maquillage (on ne se refait pas), la domotique, les déplacements qui mettent le monde à quelques minutes, le quotidien et le fait que malgré toutes cette technologie les aspirations des personnages sont les mêmes qu'aujourd'hui. Finalement le coeur humain n'évolue pas, il aspire à trouver l'amour, il est confronté à l'envie, à la jalousie, au deuil, à comment affronter la perte d'un être cher, la peur d'être différent… J'ai adoré le "personnage" de Nadia l'IA de Watt, j'aurai adoré qu'elle soit un peu plus présente tout au long du roman et qu'elle prenne un peu plus d'ampleur dans l'intrigue, voire peut-être qu'elle se rebelle ? Un bilan positif pour ce roman que j'ai vraiment apprécié tant au niveau de l'intrigue, que de l'univers créé par l'auteur, que des personnages même si ces derniers mériteraient d'être un peu plus travaillés afin qu'ils prennent de la consistance.
Finalement ce roman fut mon plaisir coupable du mois de mars et un très bon moment de lecture. Il me semble qu'il y aura une suite, déjà annoncée pour 2017 en VO.
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Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
CielvariableCielvariable   07 avril 2018
Leda n’était pas aussi bonne skieuse que les autres, mais elle avait gobé une pastille d’adrénaline pendant la montée et elle se sentait bien, presque aussi bien que quand elle piquait les meilleurs comprimés de sa mère. Elle avait suivi Atlas en faisant de son mieux pour ne pas se laisser distancer. Elle adorait la façon dont le vent griffait sa combinaison en polyduvet, et n’entendait rien d’autre que le sifflement de ses skis sur la neige et, par-dessous, l’écho grave du vide. Elle avait songé que, vraiment, ils tentaient le diable en filant dans l’air rare du glacier à la lisière du ciel.

Puis Avery avait hurlé.

La suite se brouillait dans son esprit. Leda avait tâtonné à l’intérieur de son gant pour enfoncer le bouton rouge d’urgence qui appellerait son drone-ski, mais déjà, celui d’Avery ramassait la jeune fille quelques mètres plus loin, sa jambe formant un angle horrible.

Le temps que ses amis regagnent la suite au dernier étage de l’hôtel, Avery se trouvait déjà à bord d’un jet qui la ramenait à la maison. Elle se rétablirait très vite, leur avait assuré M. Fuller ; elle avait juste besoin qu’on ressoude son genou, et il voulait qu’elle voie les meilleurs experts de New York. Leda savait ce que ça signifiait. Après l’opération, Avery se rendrait au cabinet d’Everett Radson pour qu’il efface la cicatrice au microlaser. Que Dieu la préserve de la moindre marque sur son corps parfait.

Plus tard ce soir-là, les autres jeunes faisaient trempette dans le jacuzzi de la terrasse et se passaient des bouteilles de crème de whisky glacée en portant des toasts à Avery, aux Andes et à la neige qui commençait à tomber. Comme cette dernière s’épaississait, ils avaient fini par grommeler en signe de protestation et par se replier dans leur lit. Mais Leda, qui était assise près d’Atlas, n’avait pas bougé, et lui non plus.

Elle le désirait depuis des années, depuis qu’Avery et elle étaient devenues amies, depuis la première fois qu’elle l’avait rencontré chez les Fuller, quand il les avait surprises en train de chanter des chansons de Disney et que, de honte, Leda avait viré à l’écarlate. Mais jamais elle n’avait pensé avoir la moindre chance avec lui. D’une part, il avait deux ans de plus qu’elle, d’autre part, c’était le frère d’Avery. Jusqu’à cet instant où tout le monde avait déserté le jacuzzi et où Leda avait hésité en se demandant si, peut-être, avec un peu de chance… Elle avait une conscience aiguë de son genou qui effleurait celui d’Atlas sous l’eau, déclenchant des picotements le long de tout son flanc gauche.

– Tu en veux ? murmura le jeune homme en lui passant la bouteille.

– Merci.

Leda se força à détacher son regard des cils d’Atlas, auxquels des flocons de neige s’accrochaient telles de minuscules étoiles. Elle but une longue gorgée de crème de whisky. L’alcool sucré comme un dessert coula tout seul dans sa gorge en laissant une brûlure dans son sillage. La tête de Leda lui tourna à cause de la chaleur du jacuzzi et de la proximité d’Atlas. Peut-être les effets du comprimé d’adrénaline ne s’étaient-ils pas tout à fait dissipés, ou peut-être était-ce sa propre excitation qui la rendait étrangement audacieuse.

– Atlas, dit-elle doucement.
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CielvariableCielvariable   07 avril 2018
Deux mois plus tôt

– J’ai passé une super soirée, déclara Zay Wagner en raccompagnant Avery Fuller jusqu’à la porte du penthouse de sa famille.

Ils étaient descendus à l’Aquarium de New York, au 830e étage, et avaient dansé dans la douce phosphorescence des bassins, parmi les visages familiers. Avery se fichait pas mal des poissons mais, comme son amie Erin le disait toujours, une soirée, c’est une soirée, pas vrai ?

– Moi aussi. (La jeune fille leva sa tête aux cheveux blond vif vers le scanner rétinien, et la porte se déverrouilla. Elle gratifia Zay d’un sourire.) Bonne nuit.

Il lui prit la main.

– Je pensais que je pourrais peut-être entrer ? Vu que tes parents ne sont pas là…

– Désolée, marmonna Avery en dissimulant son irritation sous un bâillement feint. (Toute la soirée, Zay avait inventé des excuses pour la toucher. Elle aurait dû le voir venir.) Je suis crevée.

– Avery. (Le jeune homme laissa retomber sa main, fit un pas en arrière et passa les doigts dans ses cheveux.) Ça fait des semaines que ça dure. Je vais finir par croire que je ne te plais pas.

Avery ouvrit la bouche sans qu’aucun son n’en sorte. Elle ne savait pas quoi répondre.

Quelque chose passa sur le visage de Zay – de l’agacement, de la confusion ?

– Pigé. On se voit plus tard. (Il battit en retraite vers l’ascenseur puis se retourna et la détailla une fois de plus de la tête aux pieds.) Tu es vraiment très belle ce soir, ajouta-t-il.

Les portes de la cabine se refermèrent avec un petit bruit mat.

Avery soupira et pénétra dans le somptueux vestibule de son appartement. Avant sa naissance, quand la Tour était en construction, ses parents avaient enchéri sur ce penthouse qui occupait tout le dernier étage et possédait le seul hall sur deux niveaux du bâtiment. Ils en étaient si fiers ! Avery, elle, détestait l’écho lugubre que ses pas y produisaient, les miroirs scintillants qui recouvraient chaque surface. Elle ne pouvait regarder nulle part sans croiser son propre reflet.

La jeune fille se débarrassa de ses escarpins à talons et, pieds nus, se dirigea vers sa chambre en les abandonnant au milieu du vestibule. Quelqu’un les ramasserait le lendemain – un des bots, ou Sarah si elle daignait se pointer à l’heure.

Pauvre Zay. Avery l’aimait bien : il était drôle de cette façon bruyamment pétillante qui la faisait toujours rire. Mais elle ne ressentait rien quand ils s’embrassaient.

D’un autre côté, le seul garçon qu’elle aurait vraiment eu envie d’embrasser était celui auquel elle ne pourrait jamais toucher.
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CielvariableCielvariable   07 avril 2018
Avery se demanda si quelqu’un d’autre qu’elle avait déjà mis les pieds ici. Des barrières de sécurité bordaient un côté du toit, sans doute au cas où des ouvriers de maintenance monteraient ici, mais à sa connaissance ce n’était jamais arrivé.

Elle n’en avait jamais parlé à Atlas. C’était l’un des deux seuls secrets qu’elle lui cachait. Si son frère l’avait découvert, il aurait fait en sorte qu’elle ne puisse pas revenir, et Avery n’aurait pas supporté de renoncer à cette liberté. Elle aimait monter sur le toit, sentir le vent cingler son visage et emmêler ses cheveux, la faire larmoyer, et hurler si fort qu’il noyait ses pensées incontrôlables.

Elle se rapprocha du bord en savourant le vertige qui lui nouait l’estomac tandis qu’elle balayait la ville du regard. En contrebas, les monorails ondulaient dans les airs tels des serpents fluorescents. L’horizon semblait impossiblement loin ; la vue de la jeune fille portait depuis les lumières du New Jersey à l’ouest jusqu’aux rues du Sprawl au sud, à Brooklyn à l’est et, au-delà, à l’éclat couleur d’étain de l’Atlantique.

Sous ses pieds nus se dressait la plus grande structure existant sur Terre, un monde complet en soi. C’était si étrange de penser qu’elle surplombait des millions de gens qui mangeaient, dormaient, rêvaient et se touchaient… Avery cligna des yeux, en proie à une solitude aussi subite qu’aiguë. Ils étaient tous des étrangers pour elle, y compris ceux qu’elle connaissait. Que savait-elle d’eux, ou d’elle-même, ou de quoi que ce soit dans cette vie ?

La jeune fille s’accouda à la balustrade en frissonnant. Un seul faux mouvement pourrait la faire basculer dans le vide. Une fois de plus, elle se demanda ce qu’elle ressentirait durant une chute de quatre kilomètres de haut. Elle imagina que ce serait sans doute paisible, cette impression d’apesanteur alors même qu’elle atteindrait la vitesse maximale. Elle mourrait d’une crise cardiaque longtemps avant de toucher le sol. Fermant les yeux, elle se pencha en avant et crispa sur le bord ses orteils aux ongles vernis en argent. À cet instant précis, la face interne de ses paupières s’alluma comme ses lentilles lui signalaient un appel entrant.

Avery hésita, une vague d’excitation coupable la submergeant à la vue de son nom. Elle avait si bien réussi à éviter ça pendant tout l’été, en se distrayant d’abord avec le programme d’études à Florence et plus récemment avec Zay ! Mais finalement elle se détourna et redescendit rapidement l’échelle.
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CielvariableCielvariable   07 avril 2018
Le lendemain matin, elle entra dans la cuisine d’un pas sautillant, les cheveux encore humides de la vapeur du jacuzzi, le souvenir des caresses d’Atlas gravé sur sa peau comme un tatouage à l’encre indélébile. Mais il n’était plus là.

Il avait pris le premier jet pour rentrer à New York – et se rendre au chevet de sa sœur, selon leur père. Leda avait acquiescé calmement mais, à l’intérieur, elle avait la nausée. Elle connaissait la véritable raison du départ d’Atlas. Il l’évitait. D’accord, avait-elle songé, un tourbillon de colère engloutissant sa souffrance. Elle allait lui montrer. Elle aussi, elle se ficherait de ce qui s’était passé entre eux.

Mais elle n’avait jamais eu l’occasion de lui prouver son indifférence. Atlas avait disparu plus tard dans la semaine, avant la reprise des cours, alors qu’il aurait dû entamer le troisième trimestre de son année de terminale. Sa famille l’avait recherché de manière aussi frénétique que brève, s’interrompant en apprenant que le jeune homme allait bien.

Presque un an plus tard, la disparition d’Atlas n’intéressait plus personne. En public, ses parents la traitaient comme une lubie juvénile dont on ne pouvait que rire. Combien de fois Leda les avait-elle entendus, durant un cocktail, affirmer qu’il avait pris une année sabbatique pour parcourir le monde, et qu’ils en avaient eux-mêmes eu l’idée ? C’était leur version des faits et ils s’y tenaient, mais Avery avait raconté la vérité à Leda. Les Fuller ignoraient où se trouvait leur fils et même s’il rentrerait un jour. Atlas appelait régulièrement sa sœur pour la rassurer, mais en cryptant le point d’origine de son appel, et toujours quand il s’apprêtait à changer d’endroit.

Leda n’avait jamais avoué à Avery ce qui s’était passé cette nuit dans les Andes. Elle ne savait pas comment aborder le sujet depuis la disparition d’Atlas, et plus longtemps elle gardait son secret, plus c’était difficile. Ça lui faisait mal de penser que le seul garçon à qui elle ait jamais tenu s’était littéralement enfui après avoir couché avec elle. Leda tentait d’entretenir sa colère contre lui, parce que c’était toujours mieux que de souffrir bêtement. Mais même la colère ne suffisait pas à faire taire la douleur sourde qui pulsait en elle chaque fois qu’elle pensait à lui.
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CielvariableCielvariable   07 avril 2018
C’était entièrement la faute du père d’Eris. Le dix-huitième anniversaire de la jeune fille approchait et, ce jour-là, elle avait dû rendre visite à l’avocat de la famille pour remplir les formalités liées à son fonds fiduciaire – une activité excessivement ennuyeuse qui consistait à signer des tas de documents en présence d’un témoin officiel, ainsi qu’à passer un test ADN et se soumettre à un dépistage de drogue. Elle n’avait pas compris grand-chose hormis le fait que, si elle faisait tout ça, elle serait riche un jour.

La famille de son père avait inventé la technologie de répulsion magnétique qui permettait de maintenir les hovers en l’air, si bien qu’ils nageaient dans le fric depuis plusieurs générations. Everett Radson n’avait fait qu’augmenter une fortune déjà colossale en devenant le chirurgien plastique le plus célèbre du monde. Il n’avait commis que deux erreurs dans sa vie, deux divorces coûteux avant de rencontrer enfin la mère d’Eris lorsqu’il avait quarante ans et elle vingt-cinq, et qu’elle travaillait comme mannequin. Il ne parlait jamais de ses mariages précédents et, puisqu’il n’avait pas eu d’enfants avant elle, Eris ne l’interrogeait jamais sur le sujet. Pour être franche, elle préférait ne pas y penser.
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