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ISBN : 224679854X
Éditeur : Grasset (02/09/2013)

Note moyenne : 3.76/5 (sur 61 notes)
Résumé :
Un jeune professeur est nommé en Roumanie en remplacement d'un confrère. Nous sommes trois mois avant la chute de Ceausecu, mais cela, il ne le sait pas.
Guidé par Leo, un trafiquant au marché noir, il découvre un pays où tout est rare et rationné, de l'électricité à la liberté. Les seules choses qui prospèrent sont l'ennui et les petits arrangements. Tout le monde espionne tout le monde, on ne sait à qui l'on peut faire confiance. Ce roman que Graham Green n... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Aela
  14 octobre 2013
Un jeune professeur anglais débarque en Roumanie en remplacement d'un confrère et va rester quelques mois, juste avant la chute du régime de Ceaucescu, ce qui explique le titre "les cent derniers jours".
Il est guidé dans ses premiers pas à Bucarest par Léo, un trafiquant au marché noir qui lui fait découvrir toutes les astuces des marchés parallèles.
Le jeune professeur va rencontrer une jeune femme fille d'un haut dignitaire du régime en place.
C'est un roman très intéressant et à valeur historique.
On découvre vraiment la vie quotidienne particulièrement difficile des Roumains à l'époque: nourriture rare et rationnée, pas de contraception, une surveillance constante.
Les arcanes de la politique sont largement évoquées aussi, avec des anecdotes savoureuses comme la description des visites officielles de chefs d'Etat en Roumanie: les magasins sont mystérieusement approvisionnés juste avant le passage des voitures officielles et la nourriture est rapidement enlevée des étals juste après la visite!
La capitale est soumise à la mégalomanie du dictateur tristement célèbre: un quart de la ville est démoli en huit ans. Les édifices sont coûteux et inutiles.
Une belle évocation de la Roumanie de l'ère communiste et aussi de la vie quotidienne derrière le rideau de fer dans les années 80.
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Tandarica
  04 novembre 2015
Un roman probablement en partie autobiographique, qui joue beaucoup avec les codes du roman d'espionnage (du roman à clefs également : Ciulan pour Emil Cioran, Isoldou pour Tzara, Toninescu pour Ionesco, je vous laisse deviner les autres : Sergiu Trofim pour Silviu…) : services secrets, marché noir, bandits, intrigues politiques, etc. C'est quelque part presque salutaire pour la vision du régime communiste roumain, le plus paranoïaque et le plus fermé de tous, dit la quatrième de couverture. Si vous vous rendez sur une librairie en ligne roumaine (je ne fais pas de publicité, mais certaines livrent fort bien à l'étranger), vous verrez qu'un genre spécifique de littérature y apparaît, à côté de la littérature classique, de la science-fiction ou de la littérature étrangère. Il est intitulé "epoca de aur", "l'âge d'or", par quoi on entend les années de dictature. On y trouve pas mal de témoignages, d'histoires absurdes, parfois aussi du "misérabilisme" pour ainsi dire, je ne m'appesantis pas, comme dans bien d'autres domaines, en un mot, on y trouve du plus ou moins à son goût.
Néanmoins, ce que cette littérature rend rarement, bien que cela arrive, c'est que d'une part, la vie continuait et que, d'autre part, les sentiments de la population roumaine sur ce régime sont sans doute bien plus ambigus qu'il n'y paraît sur le sujet : on trouve couramment des nostalgiques du communisme. Je cite également à titre d'exemple Ștefan Agopian qui indique, dans une interview sur Babelio, que la télévision ne fonctionnait que quelques heures par semaine et que cela lui a permis de vendre des quantités considérables de livres, plus ou moins sous le manteau. Inscrire la période dans une intrigue d'espionnage et d'amour dans l'ensemble assez divertissante, permet, sans passer sous silence ses côtés les plus atroces, loin de là, de la relativiser, au passé comme au présent. J'ajoute que le style anglais plutôt "laid back", simple, truffé d'aphorismes, loin d'être exempt de clichés et d'inexactitudes sur les lieux, les événements et les personnes, ajoute à cette efficacité. "New brothel, same old whores" (Nouveau bordel, même vieilles putes) conclut le livre.
le roman de Patrick Mc Guinness (sans oublier la couverture d'Andrei Pandele, donc roumaine) livre un éclairage complémentaire sur la Roumanie, qui est loin d'être le plus mauvais : pas le plus historique, le plus précis, le plus informé mais l'un des plus intimes, des plus britanniques, des plus accessibles, au fond, j'irai jusqu'à ajouter parce qu'il est loin d'être centré sur l'âge d'or, ou même sur la Roumanie, et qu'il y est question d'universel : de couple, d'argent et de vivre quelque part, potentiellement, bien entendu, à Bucarest.
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montmartin
  21 mai 2018
Quelques mois avant la fin de la dictature de Ceausescu, un jeune professeur d'anglais est envoyé à Bucarest pour une durée de six mois. Guidé par un autre enseignant qui participe au marché noir, le narrateur va vite découvrir ce qu'est la vie réelle des Roumains. La Nomenklatura est totalement corrompue, tout le monde surveille tout le monde et Bucarest est détruite au jour le jour, les coupures d'électricité sont quotidiennes et les magasins sont vides. Même les personnes qui paraissent les plus anodines peuvent être des membres de la police d'état. Ce roman est celui de la déliquescence des vieilles dictatures qui tombent comme des fruits pourris.
La force de ce roman c'est de nous faire vivre de l'intérieur la fin du régime totalitaire mis en place par Ceausescu et son épouse. Les souffrances quotidiennes des roumains, le marché noir, la vie de la nomenklatura, la destruction systématique du vieux Bucarest, rien ne nous est épargné et tout est parfaitement rendu par le style de l'auteur. Plus qu'un roman ce livre est un vrai témoignage.
Lien : http://notreavis.canalblog.c..
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Delphine-Olympe
  08 novembre 2013
Au moment de parler de ce roman, il m'apparaît bien difficile de le caractériser en quelques mots. Mais si je devais le faire, alors je dirais sans doute qu'il s'agit avant tout du portrait d'une ville, une ville meurtrie, martyrisée par un régime d'une totale incurie.
C'est une plongée dans un Bucarest désolé qui nous est proposée, un voyage de quelque cent jours qui précédèrent la chute de Ceausescu.

Les premières pages de ce livre sont une véritable réussite. L'auteur installe d'emblée une atmosphère. Bucarest y est vu à travers les yeux d'un jeune Anglais fraîchement débarqué pour enseigner sa langue, après avoir décroché à l'université un poste pour lequel il n'a ni postulé ni pris la peine de se rendre à l'entretien d'embauche. le décor est planté ! Bienvenu dans le règne de l'arbitraire et de l'absurde !
Dès son arrivée, le jeune homme se lie avec un certain Léo, véritable as de la débrouille, trafiquant en tout genre au marché noir, qui va lui servir de guide dans cette ville aux allures fantasmagoriques.
Léo a une marotte : il écrit un livre sur la capitale. Plus celle-ci s'efface sous les coups de boutoir des pelleteuses déployées sous l'impulsion du Camarade pressé de raser le passé pour construire un «avenir radieux», plus Léo s'efforce d'en consigner le souvenir dans ses cahiers. Mais la tâche est rude et Léo a du mal à suivre: «En huit ans, il avait vu démolir près d'un quart de la vieille ville».
A suivre les déambulations des deux personnages, on découvre la photo d'une cité où à un lacis de ruelles tortueuses et à de vénérables églises se superposent de larges avenues rectilignes aux noms évocateurs, telle l'avenue de la Victoire-du-Socialisme, et de sordides tours d'habitation.
Evidemment, on découvre les queues à n'en plus finir devant des magasins quasi-vides, ou ne vendant qu'un seul article dont les gens prétendant les acheter ne connaissent même pas la nature. Mais tout est bon à prendre, car pourra toujours être revendu au marché noir...
On pénètre dans des hôpitaux sombres et sous-équipés, où exercent des médecins désabusés.
Certaines scènes ubuesques pourraient prêter à rire, si elles ne révélaient le douloureux quotidien de tout une population : les habitants d'un quartier profitant du retour du courant pour prendre leur douche au milieu de la nuit ; les rendez-vous manqués parce que les lieux ont tellement changé que personne ne connaît la rue où l'on veut se rendre...
Sans parler des dogmes proprement hallucinants qui régissent jusqu'à la part la plus intime de la vie des individus.
Au terme de cette immersion, comme le laisse présager le titre, on assiste à la chute du régime, au «procès» et à l'exécution du couple Ceausescu. C'est assez troublant, pour qui se souvient de ces images diffusées en boucle, de revoir à froid, par le biais de la littérature, cet épisode qui traduisait à lui seul le profond bouleversement qu'étaient en train de connaître les équilibres mondiaux.
L'auteur, Patrick McGuinness, traduit parfaitement la perte de tous les repères, tant matériels que psychologiques, qu'ont vécu les populations ayant subi le joug des régimes communistes. Il évoque sans pathos, voire avec un sens de la formule non dénué d'humour, la méfiance généralisée, la pénurie de tous les biens de consommation, la surveillance constante et omniprésente, la résignation, l'ennui... Tout cela est extrêmement bien rendu.
Toutefois, si McGuinness insiste, à raison, sur l'incommensurable absurdité de ce système, il en oublie de rendre aussi sa cruauté. L'accent est mis surtout sur l'arbitraire, peu sur le régime de terreur sur lequel était assis le pouvoir. A lire ce roman, on perçoit plutôt faiblement la souffrance physique de ceux qui ont subi la torture - à laquelle il n'est fait allusion que dans les dernières pages. Quant à la douleur de ceux qui ont vu disparaître des êtres chers et à l'angoisse permanente d'être arrêté, elles ne paraissent pas aussi prégnantes qu'elles ont pourtant dû l'être. Il me semble que le roman aurait gagné en puissance s'il avait davantage insisté sur ces points.
Peut-être est-ce la raison pour laquelle ce roman m'a paru un peu long. Après un démarrage très convaincant, il s'essouffle un peu avant de se clore sur un final réussi. Mais à aucun moment je n'ai voulu l'abandonner et, en dépit de ces réserves, j'ai apprécié ce tableau de la capitale roumaine et de ses habitants. J'ai beaucoup aimé également le style de l'auteur qui, avec de surprenants rapprochements, l'emploi de formules enlevées et des dialogues bien menés, sert parfaitement le récit.
Ah ! Un bémol, indépendant de la volonté de l'auteur : dommage que le livre ait été trop rapidement relu. L'accumulation de coquilles et de mots oubliés ne sert jamais un texte ! A bon entendeur...

Lien : http://delphine-olympe.blogs..
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feanora
  30 janvier 2014
Premier coup de coeur de l'année.
Ce livre mérite grandement le prix du premier roman étranger qui lui a été attribué.
Le fait qu'il s' agisse d'une traduction ne nuit pas à la qualité de l'écriture.
Quelques mois avant la fin de la dictature de Ceaucecu, un jeune professeur d'anglais est envoyé à Bucarest pour une durée de six mois.
Guidé par un autre enseignant qui participe au marché noir, le narrateur va vite découvrir ce qu'est la vie réelle des Roumains.
La Nomenklatura est totalement corrompue, tout le monde surveille tout le monde et Bucarest est détruite au jour le jour, les coupures d'électricité sont quotidiennes et les magasins sont vides.
Même les personnes qui paraissent les plus anodines peuvent être des membres de la police d'état.
Le jeune professeur va nous retracer son séjour comme s' il effectuait un reportage.
La force de son récit est le fait que j'ai vraiment eu l'impression de vivre les événements tels qu'ils se sont déroulés.
Pour conclure, je dirais que si le narrateur ne tombait pas amoureux , on pourrait dire qu'il s' agit d'un livre d'histoire.
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critiques presse (2)
LaLibreBelgique   01 octobre 2013
Un roman troublant, qui s’immisce avec brio dans une réalité mouvante, aux innombrables ramifications
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Liberation   19 septembre 2013
L’auteur, dont c’est le premier roman, a un sens particulier, et particulièrement efficace, de la description. Le regard mélange un sens symboliste de l’image, l’art vivant du portrait, l’humour concis et précis des Anglo-Saxons, le goût de la maxime appliquée aux situations. Le tout est fondu sans grumeaux dans un récit d’apprentissage et policier.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
DrychDrych   18 janvier 2014
Ici, il ne fallait pas confondre les gens et ce qu'ils faisaient. C'est la première chose que j'ai apprise, et je l'ai apprise de Léo. Ils existaient dans un monde distinct de leurs actes. Il n'y a pas d'autre solution pour préserver l'amitié dans un état policier. Quand Rodica, la secrétaire du département, ouvrait nos bureaux pour qu'on fouille nos affaires et copie nos recherche, ou lorsque la propriétaire laissait entrer la police dans mon appartement, je ne disais rien. Je savais qu'elles savaient que je savais, et cela n'avait pas d'importance.
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katiouchakatioucha   03 novembre 2013
La folie, ce n'est pas de vivre dans un monde d'illusions. La folie, c'est l'espace entre ce monde rêvé et la réalité, quand on se retrouve évincé de l'un comme de l'autre. On ne s'en remet jamais.
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christian29christian29   14 janvier 2015
Les communistes ont aboli Dieu, mais ils ont gardé la théologie. Ils savaient que ça pourrait servir quand ils auraient tout foiré. Au moins, Dieu a une excuse pour ses erreurs : il n'existe pas. Ces salopards, si...
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sweetiesweetie   12 décembre 2015
(...) dans un État policier, on a tendance à exagérer les petites libertés qui sont préservées, ce qui finit par leur donner une importance démesurée, tandis que les pires simulacres deviennent totalement ordinaires à force d'être banalisés.
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sweetiesweetie   12 décembre 2015
Mon père se cognait au plafond de sa vie, persuadé d'être trop grand pour elle. Mais il n'était pas si grand que ça : sa vie s'était simplement racornie autour de lui parce qu'il ne s'en servait pas assez.
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