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EAN : 9782714458650
400 pages
Belfond (20/08/2015)
3.83/5   259 notes
Résumé :
En URSS, en 1986.
Dans un minuscule appartement de Moscou, un petit prodige de neuf ans joue silencieusement du piano pour ne pas déranger les voisins.
Dans une usine de banlieue, sa tante travaille à la chaîne sur des pièces de voiture, et tente de faire oublier son passé de dissidente.
Dans un hôpital non loin de là, un chirurgien s'étourdit dans le travail pour ne pas penser à son mariage brisé.
Dans la campagne biélorusse, un jeune ga... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (86) Voir plus Ajouter une critique
3,83

sur 259 notes
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nadejda
  16 août 2015
J’ai su dès le début que j’allais aimer ce livre avec, à la première page, la vision de cette femme qui pédale dans Paris le long du quai de Valmy et dont chaque inspiration est pleine de celui qui l’a quitté. Tout ce qui l’environne lui offre, sans que sa volonté y prenne part, des réminiscences de son mari décédé Grigori, « Chacune des milliers d’actions minuscules qui se déroulent autour d’elle trouve un écho dans ce qui fut leur histoire. »
« Voilà les petites consolations que la mort procure . Son mari parvient toujours à tourner la clé pour ouvrir une chambre inconnue au fond de son coeur. »
On comprend tout de suite en poursuivant la lecture que Paris c’est après, des années après ce mois d’avril 1986 qui verra l’explosion d’un réacteur de la centrale nucléaire de Tchernobyl ; une explosion qui va bouleverser la vie de tous à des degrés et dans des directions différents, en provoquant des rencontres et aussi des séparations improbables auparavant.
Et c’est aussi toute la société russe, le régime dictatorial installé depuis 70 ans qui est en train, comme le réacteur de se lézarder et s’écrouler progressivement avec l'apparition d'une violence larvée à laquelle chacun est confronté : Maria dans l’usine où elle travaille, Evgueni son neveu, enfant différent, habité par la musique qui est persécuté à l’école, Grigori qui va soigner ceux que les radiations ont atteints dans leur chair, la mère de Artiom et Sofia, contrainte de quitter sa maison qui se trouve dans la zone irradiée, dont le mari comme bien d’autres sera emmené sans qu’elle puisse savoir où …
L’auteur a l’art de nous faire pénétrer au coeur des êtres, des coeurs souvent malmenés à cause de la douleur de la perte d’êtres aimés mais aussi perte de leurs rêves broyés par cette société où la peur, le soupçon pendant des dizaines d’années ont été érigés en principe de gouvernement, ont imprégné leur quotidien divisant amis et familles, perte de leur enfance… Et malgré tout c’est la violence qu'il va traverser, un soir où il aurait du se produire pour la première fois en public, qui va permettre à Evgueni l’enfant prodige de dépasser enfin les contradictions qui le déchiraient pour se consacrer pleinement à la musique.
Violence aussi du silence qui entoure tout ce qui est arrivé à Tchernobyl.
L’un des textes cités en épigraphe est un excellent raccourci de l’ensemble du roman :
« Tout ce qui est solide, bien établi, se volatilise, tout ce qui était sacré se trouve profané, et à la fin les hommes sont forcés de considérer d’un oeil détrompé la place qu’ils tiennent dans la vie et leurs rapports mutuels. »
Karl Marx, Friedrich Engels, « Le manifeste communiste ».
(Oeuvres. Economie I, Gallimard La Pléiade 1965 p 163-164)
Energie et lumière baigne ce livre : énergie et lumière semeuse de mort, dégagée par l’explosion du réacteur de la centrale mais aussi énergie et lumière qui émanent d' êtres rares tels que Maria, tante d'Evgueni, Grigori chirurgien, Nadia mère courage généreuse et d'autres qui se croisent, s’entraident et luttent pour préserver la vie ; énergie et lumière qui les enveloppent, les protègent au milieu des souffrances qu’ils traversent. Et c’est ce mélange violent et beau qui fait de « Tout ce qui est solide se dissout dans l’air » un roman inoubliable.
Un grand merci à Babelio et aux éditions Belfond qui m’ont offert là une lecture bouleversante.


Lien : http://www.babelio.com/livre..
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cuisineetlectures
  04 septembre 2015
Le 26 avril 1986, dans la centrale nucléaire de Tchernobyl, un incident d'une gravité exceptionnelle vient de se passer, mais rien n'est prévu pour informer, évacuer et soigner la population. Des équipes sont envoyées sur les lieux sans précautions, elles vont mourir dans d'atroces conditions, mais rien ne doit filtrer.
Grigori fait partie de l'équipe médicale dépêchée sur place. Ce chirurgien compétent est d'une grande lucidité sur la catastrophe qui se déroule sous ses yeux mais il reste impuissant face à la résistance politique du Kremlin qui veut étouffer l'information. Darragh McKeon ne centre pas son récit sur cet homme courageux mais étoffe son roman avec une multitude de personnages qui gravitent autour du médecin.
Ce qui frappe dans cette histoire bouleversante, c'est le silence pesant auquel est contraint chacun des protagonistes : sa femme journaliste dissidente à la carrière brisée, devenue ouvrière dans une usine, une famille d'éleveurs, un jeune pianiste prodige obligé de jouer en silence sur un piano en plastique, un jeune garçon qui part à la chasse avec son père pour la première fois, le 26 avril 1986… le froid dans les maisons, la peur de parler, les queues interminables dans les magasins, le poids de parti, tout est souffrance.
Tout ce qui est solide se dissout dans l'air est animé d'un souffle romanesque captivant, le récit est particulièrement rythmé, charpenté par d'abondantes recherches documentaires. Il est pourtant pétri d'humanité et ne sombre pas dans un pathos dérangeant…
Je remercie Babelio et les éditions Belfond pour la découverte de ce premier roman qui mérite un grand succès.
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Nastie92
  17 septembre 2015
La quatrième de couverture du très beau roman d'Isabelle Hausser "Nitchevo" nous dit :
"« Nitchevo » : ces trois syllabes, en russe, signifient «rien». L'exclamation de la résignation, l'acceptation fataliste du sort, et finalement, l'opiniâtreté à vivre."
Et là, je suis sûre que vous vous dites : "Nastie92 perd la boule, elle se trompe de livre."
Eh bien non !
Si je vous parle de "Nitchevo", c'est parce qu'il m'a trotté dans la tête pendant toute ma lecture. Pas pour l'histoire (qui n'a rien à voir), mais parce que "Nitchevo" est un titre qui aurait très bien convenu à cet ouvrage.
Les personnages de ce roman sont résignés, mais en même temps dotés d'une grande force et d'une grande volonté. Ces deux aspects conjugués en font des êtres attachants, et l'on compatit à leur sort bien plus que s'ils se révoltaient bruyamment.
Pas de cris ni de hurlements, plutôt une sorte de fatalisme désabusé, mais qui n'est en aucun cas de la passivité face aux évènements.
Ce qui m'a frappée pendant ma lecture, c'est que tout est gris, tout est terne dans ce pays. Il y a comme un voile de tristesse qui recouvre tout, même dans les passages qui se déroulent avant l'accident. Un voile de tristesse également entre les êtres dont le quotidien est une lutte constante pour survivre et s'en sortir : une vie sans éclat, une vie pauvre, une vie laborieuse, une vie difficile.
Et ce sont ces personnes démunies que la catastrophe de Tchernobyl est venue frapper, comme s'il fallait ajouter l'horreur à la tristesse.
Je trouve que cet aspect est l'une des grandes réussites du roman. Mettre en scène des victimes dont la vie n'était pas rose du tout est, me semble-t-il, bien plus efficace que ce qu'aurait pu être le contraste entre une vie d'avant colorée et l'après accident.
Malgré le bouleversement induit par la catastrophe, il y a comme une sorte de continuité dans la tristesse, ce qui rend le récit d'autant plus émouvant.
Un premier livre tout en finesse, bravo Darragh McKeon !
Merci à Babelio et aux éditions Belfond pour ce roman dont le titre un peu énigmatique au départ prend son sens lors de la lecture. Un titre qui lui va très bien. Ce qui ne vous empêche pas d'aller jeter un coup d'œil du côté de Nitchevo si vous avez envie d'aller explorer les mystères de l'âme russe...
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Dixie39
  24 février 2018
Darragh McKeon dans Tout ce qui est solide se dissout dans l'air, situe principalement son roman en Union Soviétique, de la catastrophe de Tchernobyl à nos jours. Nous connaissons tous, ce que fut l'État soviétique avant la Perestroïka et nous savons la manière désastreuse dont ces dirigeants ont géré la catastrophe nucléaire, préférant sacrifier des populations entières au nom de la préservation de la sacro-sainte Patrie et de son idéal politique. Peut-être avez-vous lu beaucoup de livres sur ce sujet, certains parfois insoutenables, révoltants ou poignants – La Supplication de Svetlana Alexievitch est tout cela à la fois – et on peut se demander ce qu'un jeune auteur irlandais pourrait apporter de plus sur un tel sujet ?
Darragh McKeon ne s'attache pas spécialement à la tragédie qui s'est déroulée, même si c'est forcément un point central de son récit, mais plus aux personnages dont la vie va, pour chacun différemment, être impactée par cette catastrophe. Comment peut-il en être autrement ? C'est la première chose qui vient à l'esprit. Comment peut-on organiser sa vie après ça ? Et bien, Maria, Evgueni, Sofia, Artiom et tant d'autres l'ont pu. Et pour une raison fort simple : la désinformation, alliée à une répression de fer et une mise à l'écart des victimes (populations proches, liquidateurs, etc) a paralysé et anéanti toute réaction de masse possible. Seul Grigori, chirurgien appelé sur les lieux de la catastrophe, se démène avec les armes qu'il a et un sacré courage pour essayer d'informer, soigner, sauver, agir…, sidéré et révolté par les décisions prises au plus haut degré de l'État et suivies passivement et sciemment en toute connaissance de la situation et des conséquences d'une telle obéissance. Seul, il lutte, jusqu'à ce qu'il ne se contente plus que de soigner, apaiser les maux, et sauver le peu de vies qui peut encore l'être. Et pour combien de temps…
"combats humains, combats de chiens."
On a cette impression terrible que ce drame sans nom, aux conséquences qu'aucun autre état du monde n'avait encore eu à gérer dans son histoire, ne pèse pas bien lourd devant le poids de la répression, la peur d'être dénoncé pour dissidence, de perdre son emploi, de ne plus pouvoir subvenir au besoin de sa famille…
"Il faudrait un gros tuyau d'arrosage pour nettoyer toute l'Union soviétique, faire table rase du passé. Virer ceux qui sont au pouvoir. Promouvoir les personnes de talent. Écouter les nouvelles idées. Il faudrait procéder à tout cela, mais ça n'arrivera jamais. le système ne le permettra pas".
Il y a quelque chose de pathétique dans leurs histoires et pourtant, on se demande comment il aurait pu en être autrement. Et c'est triste et déprimant d'en arriver à cette conclusion. Mais tant que les Hommes seront prêts à TOUT pour défendre une idéologie, tant que les réalités imaginaires (quelles qu'elles soient : religieuses, politiques, et même humanistes…) auront plus de valeur que la réalité des êtres de chair et de sang, des terres et des océans, … voilà ce qu'il en coûtera ! Voilà le prix qu'il nous faudra payer !
Lien : https://page39web.wordpress...
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sabine59
  03 décembre 2018

Un premier roman impressionnant, coup de poing.
Avril 1986. Tchernobyl. Tous les personnages qui vont prendre vie pour nous auront un rapport avec cette catastrophe nucléaire et seront liés entre eux, d'une manière ou d'une autre.
Grigori, le chirurgien envoyé sur les lieux , est impuissant devant le désastre et furieux contre les autorités, qui n'ont pas su protéger la population. Maria, son ex-femme, séparée de lui par un lourd secret, et qui l'aime toujours, sera la dépositrice de son témoignage.
Il y a aussi Evgueni, le pianiste prodige de neuf ans , neveu de Maria, souffre-douleur d'autres garçons. Bien plus tard, il se confrontera aux souvenirs, à l'horreur qui avait été occultée. " Il observe les photos avec effroi et curiosité, ignorance et culpabilité. Tout cela, c'est son passé . Tout cela, c'est son pays."
Enfin Artiom, adolescent de treize ans, vivra en direct les radiations, et rencontrera Grigori, dans son errance, après son évacuation.
le style est d'une beauté sombre et flamboyante à la fois. Il rend bien l'obscurité liée à la mort, à l'effroi, à l'ignorance confrontée aux élans lumineux de vie, d'ardeur, de solidarité, d'humanité, qui germent, malgré le drame.
C'est un roman social puissant et terrible. Et nécessaire, pour ne pas oublier.
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critiques presse (4)
LaLibreBelgique   27 mars 2017
Des personnages qui ont une vraie épaisseur et une grandeur d’âme, un scénario bien ficelé, une intéressante réflexion sur la destinée, une place essentielle réservée à l’art.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LesEchos   01 décembre 2015
Sans sombrer dans le sentimentalisme, il donne coeur et âme aux passions humaines fauchées par la mort et la violence d'Etat.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Lexpress   07 septembre 2015
Puissant.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LaLibreBelgique   25 août 2015
Quatre anonymes parmi tant d’autres appelés à jouer malgré eux un rôle dans l’Histoire, après le 26 avril 1986.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (111) Voir plus Ajouter une citation
Nastie92Nastie92   07 décembre 2016
"Tu connais l'histoire du paysan qui élève des poulets ? demande-t-il à Maria.
- Non, je ne crois pas.
- Un matin, un éleveur de poulets se réveille, il va nourrir ses volailles. Dix d'entre elles sont mortes. Sans la moindre raison. Elles étaient en pleine santé, parmi les plus solides, alors il se pose des questions. Il a peur que le reste du poulailler soit touché, aussi il décide d'aller demander de l'aide au camarade Gorbatchev. "Donnez-leur de l'aspirine", lui répond le secrétaire général du Parti. Le paysan fait comme il lui a dit et dix autres poulets meurent dans la nuit. Il retourne voir Gorbatchev, qui lui conseille de leur administrer de la pénicilline. Il leur en donne, mais le lendemain matin toutes les volailles ont crevé. Le fermier est désespéré. "Camarade Gorbatchev, lui annonce-t-il, tous mes poulets sont morts. - Quel dommage, répond le premier secrétaire, j'avais encore plein d'autres remèdes à essayer."
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dancingbravedancingbrave   30 octobre 2017
(Immédiatement après l’explosion du réacteur de la centrale de Tchernobyl, les techniciens cherchent la bonne procédure)
Par miracle ils retrouvent le manuel des opérations, humide mais utilisable. Arrivent à la bonne section. La section existe donc. Oreilles vrillées par l’alarme. Yeux larmoyants. La section. Les pages feuilletées. Un titre : « Procédure d’opération en cas de fusion du réacteur ». Un bloc noirci à l’encre, sur deux pages, cinq pages, huit pages. Tout le texte a été effacé, les paragraphes masqués sous d’épaisses lignes noires. Pareil évènement ne peut pas être toléré, ne peut être envisagé, on ne peut pas plus prévoir une telle chose qu’elle ne peut se produire. Le système ne dysfonctionnera pas, le système ne peut dysfonctionner, le système est la glorieuse patrie.
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nadejdanadejda   16 août 2015
A son retour à Moscou, peu de temps après son mariage avec Grigori, elle a réussi à obtenir un poste de journaliste permanente dans une publication de renom… Elle y est restée plusieurs années, jusqu’à ce qu’émerge au grand jour un article clandestin qu’elle avait écrit.. Le début pour elle d’une période dangereuse. Elle a dû contenir tous les aspects de sa personnalité, museler sa nature réactive ; dorénavant, toutes les paroles qu’elle prononçait étaient examinées et interprétées.
(…) Elle s’est pliée à leurs demandes pour devenir ce qu’ils voulaient, c’est vrai. Elle s’habille de façon anonyme, acquiesce d’un hochement de tête à presque tout ce qu’on lui dit. Elle prend garde à ne pas croiser le regard des autres, hormis quelques amis en qui elle a confiance, si bien qu’elle avance tête baissée, pour se contenir elle-même, tel un vaisseau impavide qui jamais ne dévie de sa route. Ainsi est-elle toujours là, ainsi parvient-elle à survivre. p 155-156
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Nastie92Nastie92   23 avril 2016
Elle le regarda pour faire connaissance, et soudain le bleu de ses yeux était la seule couleur dans la pièce, des yeux qui résonnaient telle la note tenue d'un piano. Elle resta figée dans la contemplation, et il lui renvoya son regard. Elle jaugea sa manière de se tenir, ses pieds bien plantés par terre, les épaules en arrière, c'était un homme qui avait l'expérience de la vie, un homme capable de se mesurer aux choses. Elle ôta les épingles de sa bouche, puis elle dut présenter des excuses avant de se retirer, en proie à la confusion. Elle marcha pendant des heures cet après-midi-là en essayant de localiser en elle cette sensation, mais elle ne savait pas décrypter ses propres sentiments, ils étaient nouveaux pour elle, et ce fut plus tard seulement qu'elle comprit qu'il s'agissait de la sensation impalpable de l'amour, qu'elle s'était emparée d'elle à son insu, et que cette sensation ne faisait référence à rien en elle. Quand cette pensée lui devint claire, son mouvement premier fut de la repousser : ce genre de choses, c'était bon pour les adolescents, pas pour une femme de son âge. Elle savait combien le monde était dur, et que pour survivre il fallait se montrer pragmatique, être discrète et régulière, et choisir les choses en fonction de leur valeur.
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Nastie92Nastie92   25 mai 2016
La dispute s'est ainsi poursuivie pendant une demi-heure, jusqu'à ce que Grigori, vaincu, ramasse son sac et le pose sur ses genoux.
"La ville possède des réserves d'iode - je connais la procédure en cas d'attaque nucléaire. Au moins, versez-les dans l'eau potable.
- Vous l'avez dit vous-même, docteur, ces réserves sont là pour être utilisées en cas d'attaque nucléaire.
- Donc nous protégeons les nôtres de l'impérialisme capitaliste, mais pas de leurs congénères ?
- Sortez d'ici avant que j'ordonne votre arrestation pour propagande antisoviétique.
- Il n'y a pas que l'air qui est contaminé. Il y a votre esprit aussi.
- Dehors !"
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Darragh McKeon nous présente son premier roman, "Tout ce qui est solide se dissout dans l'air", en librairie aux éditions Belfond. En savoir plus : http://bit.ly/1JTCI2z
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