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ISBN : 2757850148
Éditeur : Points (12/01/2015)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Le fait essentiel de la communication, c'est la communication elle-même et ses " média " (langage, argent, imprimé, mode, télévision ou cybernétique), plutôt que le message communiqué. Le " message ", c'est-à-dire le contenu de la communication, n'est qu'un leurre qui détourne l'attention pendant que le " médium " exerce une action d'autant plus profonde qu'elle nous échappe. Cet ouvrage analyse d'une façon intuitive et parfois familière la nature des technologies q... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Nekoner
  03 janvier 2016
Un immense classique dans la compréhension des propriétés inhérentes aux différents médias (et non pas l'analyse de leurs contenus et de leurs évolutions.) le prolongement "naturel" de l'oeuvre de Walter Benjamin.
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Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
alzaiaalzaia   23 avril 2019
Alexis de Tocqueville a été le premier à comprendre la grammaire de l'imprimé et de la typographie. Aussi a-t-il pu déchiffrer le message des changements qui fermentaient en France et en Amérique avec autant de facilité que s'il avait lu à haute voix un texte qu'on lui aurait remis. En réalité si Tocqueville a pu lire le XIXe siècle français et américain comme à livre ouvert c'est qu'il avait assimilé la grammaire de l'imprimé y compris les exceptions. Au comte Molé qui lui demandait pourquoi il n'écrivait pas sur l'Angleterre qu'il connaissait et reconnaissait il répondit " Il faudrait être doué d'une grande fatuité philosophique pour imaginer pouvoir juger l'Angleterre en six mois. Un an m'a paru un espace trop court pour pouvoir apprécier convenablement les Etats-Unis et il est infiniment plus facile d'acquérir des idées claires et des notions précises sur l'Union américaine que sur la Grande-Bretagne. En Amérique toutes les lois sortent de la même pensée. Toute la société pour ainsi dire est fondée sur un seul fait; tout découle d'un principe unique. On pourrait comparer l'Amérique à une grande forêt percée d'une multitude de routes droite qui aboutissent au même endroit. Il ne s'agit que de rencontrer le rond-point et tout se découvre d'un coup d'oeil. Mais en Angleterre les chemin se croisent et ce n'est qu'en suivant chacun d'eux qu'on peut se faire une idée nette de l'ensemble.
Déjà dans son essai sur la Révolution française Tocqueville avait expliqué comment l'imprimé par saturation culturelle avait homogénéisé la nation française au cours du XVIIIe siècle. Les Français était les mêmes du nord au sud du pays. Les principes typographiques d'uniformité de continuité et de linéarité avaient submergé les structures complexes de l'ancienne société féodale et orale. La Révolution fut le fait de la nouvelle classe que formaient les gens de lettres et les gens de robe.
En Angleterre par contre la force des traditions orales du "Comme Law" reposant sur l'institution médiévale qu'était le Parlement fut telle que l'uniformité et la continuité de la nouvelle culture typographique visuelle ne purent jamais assoir complètement leur emprise. Il s'ensuivit que l'événement le plus important de l'Histoire d'Angleterre, la Révolution anglaise comme on dit "la Révolution française" n'a jamais eu lieu.
(...)
Le contraste que Tocqueville fait ressortir entre l'Angleterre et l'Amérique repose clairement sur le fait que la typographie et la culture typographique sont des facteurs d'uniformité et de continuité. L'Angleterre, écrit-il, a rejeté ce principe est s'est attachée à la dynamique tradition orale de la "Common Law" d'où l'absence de continuité et l'imprévisibilité de la culture anglaise.
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alzaiaalzaia   25 avril 2019
Le livre imprimé a incité les artistes à ramener le plus possibles toutes les formes d'expression à l'unique plan descriptif et narratif de l'imprimé. L'apparition des média électriques a libéré l'art de cette camisole de force instantanément créant le monde de Paul Klee de Picasso de Braque d'Eisenstein des frères Marx et de James Joyce. (...) Le récit qu'a fait Lillian Ross du tournage de "The red badge of courage" dans "Picture" n'est que du toc. Ce livre sot sur un grand film lui a valu une gloire facile parce qu'elle a postulé tout simplement que le médium "livre" était supérieur au médium "cinéma". C'est en tant qu'hybride que son livre a eu du succès.
Agatha Christie s'est surpassée dans "Labour of Hercule" (...) en trouvant à des thèmes classiques des analogies modernes plausibles, elle a donné au roman policier une extraordinaire intensité.
C'est cette méthode qu'utilise James Joyce dans "Gens de Dublin" et dans "Ulysse" où des parallèles exacts de thèmes classiques créent la véritable énergie hybride. Baudelaire disait Eliot "nous a montré comment donner sa plus haute intensité à la vie quotidienne" Cela ne se fait pas avec de quelconques ahans de puissance poétique mai par une simple adaptation ou un simple métissage de situations d'une culture avec celles d'une autre. C'est de là précisément que vient le fait que le métissage culturel est chose quotidienne pendant les guerres et les migrations. La recherche opérationnelle fait du principe d'hybridation une technique de créativité.
En appliquant la technique du scénario ou du reportage photographique à l'article de fond, les magazines ont découvert une forme hybride qui a mis fin au règne de la nouvelle.
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alzaiaalzaia   25 avril 2019
La raillerie de Joyce dans Finnegans Wake : "Ce que l'oiseau a fait hier l'homme le fera peut-être demain" est donc, à la lettre, une description des voies de la technologie. On a fait remarquer que le pouvoir de la technologie qui élargit les champs d'action par l'action alternative de saisir et lâcher prise ressemble à celui des grands singes arboricoles plutôt que ceux qui vivent au sol. Elias Canetti a fort justement associé cette capacité des grands singes à saisir et à lâcher prise à la stratégie des spéculateurs boursiers. Tout ceci se trouve condensé dans une variante populaire d'un vers de Robert Browning " Un homme doit pouvoir atteindre plus qu'il ne peut saisir ou qu'est-ce qu'une métaphore" Tous les média sont des métaphores actives en ce qu'ils peuvent traduire l'expérience en des formes nouvelles. La parole a été la première technologie qui a permis à l'homme de lâcher son milieu pour le saisir d'une autre façon. Les mots sont une sorte de système de recouvrement de l'information capable d'explorer à grande vitesse la totalité du milieu et de l'expérience. Ils constituent une technologie de la clarté. La traduction de l'expérience sensorielle directe en symboles vocaux permet d'évoquer et de recouvrer le monde entier à n'importe quel moment.
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alzaiaalzaia   04 mai 2019
Pour avoir un aperçu des chambardements de population et de modèles d'établissement que provoque l'accélération de la roue de la route et du papier examinons quelques exemples que nous fournit Oscar Handlin dans son ouvrage intitulé "Boston immigrants". En 1790 nous dit-il Boston était un ensemble compact où tous les ouvriers et tous les marchands vivaient à portée les uns des autres et où les zones domiciliaire ne tendaient pas à se répartir selon des critères de classe : "Mais à mesure que la ville grandissait et que les quartier excentriques se faisaient plus accessibles les habitants se disséminèrent et en même temps se répartirent par zones distinctes" Cette seule phrase résume le présent chapitre. On peut la généraliser pour y inclure l'écriture "A mesure que la connaissance s'étendait visuellement et qu'elle devenait plus accessible sous une forme alphabétique elle se répartit et se divisa en discipline spécialisées"
A la vitesse de l'électricité toutefois tout ce processus se renverse. L'implosion et la contraction remplacent l'explosion et l'expansion mécanique.
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alzaiaalzaia   23 avril 2019
C'est le principe de fractionnement qui est l'essence même de la technologie mécanique, qui façonnait les structures de travail et d'association des humain. L'essence de la technologie de l'automation et tout à l'opposé. Elle est englobante et profondément décentralisatrice, alors que la machine était fractionnelle, centralisatrice et superficielle dans son façonnement des relations humaines.
Au fil de ce raisonnement, l'exemple de la lumière électrique nous éclairera peut-être. La lumière électrique est de l'information pure. C'est un médium sans message pourrait-on dire tant qu'on ne l'utilise pas pour épeler une marque ou une publicité verbales. Ce fait caractéristique de tous les média signifie que le "contenu" d'une médium quel qu'il soit est toujours un autre médium. Le contenu de l'écriture c'est la parole tout comme le mot écrit est le contenu de l'imprimé et l'imprimé celui du télégraphe. Et si l'on demande "Quel est le contenu de la parole?" il faut répondre : "C'est un processus "actuel" de pensée en lui-même non verbal."
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