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Vorkosigan (McMaster Bujold) tome 1 sur 17

Geneviève Blattmann (Traducteur)
EAN : 9782290045114
315 pages
J'ai lu (04/01/1999)
3.75/5   117 notes
Résumé :
Nouvellement affecté sur une station orbitale, l'ingénieur Leo Graf y découvre que l'entreprise qui l'emploie a créé par génie génétique une nouvelle race totalement adaptée à l'impesanteur : les quaddies.
Dotés d'une constitution particulièrement résistante, d'un métabolisme leur permettant de compenser la fragilisation osseuse causée aux humains par la vie en impesanteur, leur trait le plus marquant reste la présence d'une seconde paire de bras à la place ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
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Opération cay a obtenu le nébula 1988.
Publié en France 9 ans après son écriture en 1988, après le succès français de la série vorkosigan.
L'action se passe environ 200 ans avant la naissance de Miles vorkosigan mais dans l'univers crée par Mme BUJOLD pour cette saga (elle a écrit opération cay après L'Apprentissage du guerrier : La Saga Vorkosigan ).

Les quaddies, dotés d'une paire de bras supplémentaires en lieu et place de leurs jambes ont été créés par manipulations génétiques pour en faire de parfaits techniciens en impesanteur.
Ils sont considérés par leurs créateurs, non pas comme des hommes, avec les droits qui vont avec, mais comme des biens d'équipement, pire que des esclaves.
Lorsqu'une nouvelle technologie (la gravité artificielle) va les rendre "obsolètes", Leo graf, dépêché pour les former va prendre fait et cause pour eux et les sauver de la fin programmée de leur espèce.

La naissance d'une nouvelle espèce humaine...
Une lecture extrêmement aisée, un style simple, accessible à des ado, des personnages particulièrement attachants, une petite réflexion sur l'esclavagisme, le racisme, l'identité collective et individuelle.
Un très bon moment de détente.
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Le livre date de 1988 mais constitue un bel hommage à certains classiques du genre. Pour augmenter leur marge bénéficiaire sur les chantiers spatiaux en gravité zéro, la mégacorporation GalacTech contourne la législation sur les manipulations génétiques pour créer de toutes pièce une nouvelle espèce humaine conçue pour le travail en apesanteur qui n'aura ni d'autres ambitions ni d'autres droits que celui d'être des biens d'équipement pour leurs maîtres.
Le fait que les TPLG du roman nomment leurs créations chimpanzés n'ait vraisemblablement pas un hasard. Tony et Claire les Quaddies ressemblent aux Cornelius et Zira des "Évadés de la planète des singes" (ou aux THX 1138 et LUH 3417 du film culte de George Lucas, et il n'est pas impossible qu'il y ait une peu des Bernard et Lénina du livre référence d'Aldous Huxley).


Leo Graf, professeur en ingénierie d'abord indifférent voire antipathique, va se révolter contre les réformes néoesclavagistes et se découvrir une vocation de leader révolutionnaire entre Moïse et Che Guevara et en menant son peuple d'adoption vers sa Terre Promise intersidérale. Il mène sa croisade des enfants et c'est à la fois lui contre tous et les Quaddies contre le Système. Au fur et mesure que la malchance s'abat sur eux (ah les scènes de bricolage à la "A-Team" ! lol), ils sont rejoints dans leur lutte finale par les tous les Gravs qui en ont marre des aberrations inhumaines de leur employeur. Et à la fin la connerie bureaucrato-libérale se saborde elle-même. Tout est bien qui finit bien et la morale est sauve !
Les style l'auteure est simple est très facile d'accès, bourrée d'humour ce qui ne gâche rien :
- avec ce couple mixte dont l'un kiffe les aventures bourrines des "ninjas des étoiles doubles" et l'autre les romances à l'eau de rose de Sir Randan par Valeria Virga
- la référence aux films cultes "la Ruche de la Mort" et sa suite "la Ruche contre-attaque"
- la référence bien sentie au "Prisonnier de Zenda" d'Anthony Hope
Et puis quand Silver la quaddy ne voit aucune différence entre les nobles d'Ancien Régime et les chefs d'entreprise modernes, et tant pis pour les bien-pensants qui vont juger cela caricatural ou simpliste, moi cela m'a fait sourire…

« Quelle fascinante technique de management. Il faut que je prenne des notes. »
J'ai un peu peur que les écoles de management soient à l'économie ce que l'Inquisition était à la religion : un lieu de pensée unique qui génère des fanatiques qui ne tolèrent pas l'hétérodoxie. En France la Word Company des "Guignols de l'info" a été créée par d'anciens étudiant d'HEC dégoûtés par ce qu'ils y avaient vu et entendu. J'ai comme l'impression que l'auteure américaine qui est de même génération suit la même démarche : dénoncer l'idéologie mortifère des héritiers des Chicago Boys.
Si on lit entre les lignes, c'est un véritable pamphlet anti néo-libéraux : ressources humaines et inhumaines, profit brut et profit net, retour sur investissement et marges bénéficiaires, méthodes éthiques et non éthiques, avantage légaux et illégaux, taxation dynamique et fraude fiscale, compétitivité et obsolescence… des éléments de langage qui cachent d'abord et surtout la réinvention légale de l'esclavage pour faire plus et encore plus de pognon (le mot réforme étant actuellement lui-même un cache sexe pour diverses formes de régressions sociales).
Le meurtre devient un avortement rétroactif et le génocide devient une élimination de cultures postfoetales expérimentales…


A ce petit jeu là, le détestable Bruce van Atta est le parangon des tyranneaux de bureaux que tout le monde a connu et subi au moins une fois dans sa vie professionnelle. Il campe à la perfection le connard carriériste incapable de sortir du « je, moi, le mien… » !


J'ai longtemps hésité entre 3 et 4 étoiles. Mais j'ai beaucoup aimé donc j'assume.
Un livre court un peu naïf voire kitschoune, mais assez efficace en raison de sa fluidité. Peu importe vu la puissance du message progressiste voire humaniste développé ici. Liberté, égalité, fraternité. Quaddies et Gravs doivent s'aider et non se concurrencer. Ni haine ni violence, ni mépris ni indifférence. Et si Leo c'était un Gandhi de Space-Op ? Une histoire qui rend meilleur et donne envie de rendre le monde meilleur. Un Prix Nebula bien mérité !
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Avant de vous parler un peu plus en détail de ce tome ci, je tenais à vous parler un peu de la série dont il fait parti et de mon rapport à celle ci.

La Saga Vorkosigan
La Saga Vorkosigan est l'une de mes séries de SF préférée. du fun et de l'action mélangée avec un personnage inoubliable.
Si vous cherchez de la SF hyper accessible et qui traverse plein de sous genres différents (on passe d'un coté pirates de l'espace à des intrigues politiques, de la découverte d'autres civilisations à un des enquêtes toutes aussi sympa les unes que les autres au fil des tomes …), n'hésitez pas ! Et n'ayez pas peur du nombre de tomes, chaque tome est court et se lit vraiment tout seul. Une série qu'on dévore.

Je l'ai lue début des années 2010, à l'époque où j'ai repris la lecture après une grosse panne de lecture de 7 ans.
Je pense que c'était le genre de séries dont j'avais vraiment besoin. J'ai lu tout les tomes à la suite, sans pouvoir les lâcher et j'étais vraiment triste à la fin de ne pas en avoir plus. (j'ai même versé une petite larme à l'idée de ne plus jamais lire à nouveau du Miles)

Il faut aussi savoir que cette série, est composée pour moi de 2 parties. Une principale qui suit le personnage principal Miles Vorkosigan et ce que j'appelle la secondaire, qui est composée de plein de tomes « hors séries » qui approfondissent l'univers.

Parmi eux on a certains qui sont des spin off, par exemple ceux sur la mère du héros, ou le tome sur son cousin, et d'autres qui sont plus la pour nous faire découvrir d'autres endroits du monde. Operation Cay est dans cette dernière catégorie. L'action se déroule plusieurs centaines d'années avant la trame principale, et ce qui s'y passe n'a aucun lien avec le reste.
C'est un préquel indépendant en gros.

Mais du coup j'avoue que si j'adore la série principale, mon avis pour les tomes HS est en général moindre.
Et si j'ai passé de très bons moment dans certains (Barrayar), ou des bons moments mais sans plus comme dans Ethan d'Athos ou L'alliance, d'autres m'ont moins plu (La Reine rouge par exemple).

Du coup Opération Cay est vraiment le tout dernier qu'il me restait à lire.
Celui qui, de base par son sujet, m'intéressait le moins sur le papier. Disons que depuis le début il ne me disais rien et que je n'entrais pas forcement dedans de manière particulièrement enthousiaste.

Ça explique aussi pourquoi j'ai mis 10 ans à la sortie après la série principale.
Je pense que si je n'avais pas eu cette LC proposée sur un groupe de lecture, en ayant le livre dans ma bibliothèque, je ne l'aurais surement jamais sorti (ou alors bien plus tard, encore dans 10 ans?).

Petit point niveau ordre de lecture.
Opération Cay (Chute Libre dans les intégrales) est placé en premier dans les intégrales de la série, parce que chronologiquement il se déroule avant l'intrigue principale. Mais personnellement je ne vous conseille pas vraiment de le lire en premier.

Je précise : c'est possible, il n'y a rien qui empêche ou gâche sa lecture si on le lit avant, mais c'est un livre qui du coup n'offre aucun background du monde. Sur ce point il est clairement plus destiné aux personnes connaissant déjà la série, car si on le lit tout seul on peut avoir l'impression que l'ensemble est un peu vide (il ne revient pas du tout sur le contexte général de l'univers, il parle juste d'un point précis du passé du monde). En gros il sera mieux apprécié lu au milieu, dans l'ordre de publication initial.
J'y reviens plus tard dans la suite de mon avis d'ailleurs.

Opération Cay
Du coup, ceci dit, parlons un peu plus du livre.

Leo est un professeur de soudure spatiale, un expert technicien qui a fait une grande carrière pour enseigner les danger du métier.
Il est recruté pour entrer dans un projet très spécial : le projet Quaddie.

Dans l'Habitat, une station immense coupée du monde, située dans un système inhabité mais riche en ressource, un grand groupe a développé un nouveau type d'humains. C'est une merveille de génétique, qu'on pensait impossible. A tel point que ceux ci sont carrément leur propre espèce d'homo sapiens, différente de celles des humains qui se considèrent comment « normaux ».

La caractéristique principale des Quaddie : avoir 2 bras qui remplacent leur jambes.
En fais même pour le reste de leur corps ils ont été développés spécifiquement pour le vide : os plus légers mais plus souples, système cardiaque et digestif adapté à une vie entière sans descendre une seule fois sur une planète.

En effet, dans le présent c'est ce qui coûte le plus cher aux employeurs qui travaillent dans l'espace : pour chaque trimestre passé dans le vide, un humain doit passer ensuite 1 mois en gravité, sinon il perd de la masse osseuse, il risque de développer des cancers, etc … Les dangers du vide en gros, comme on le voit sur les astronautes actuels dans la station spatiale.

Le grand groupe pense avoir réalisé leur jackpot avec ces Quaddie, car eux pourront travailler tout le temps, sans arrêt obligatoire. Ils pensent pouvoir les transformer en techniciens qualifiés et les louper au prix fort dans les chantiers et sur les stations spatiales en faisant un énorme bénéfice.

Mais le problème c'est que c'est un projet sur le long terme. En effet on ne peux développer que des bébés, pas directement des adultes.
Et ces bébés il va falloir leur laisser le temps de grandir, les éduquer, les donner un environnement de développement sain, les protéger des réactions racistes des autres humains qui les compare à des singes, etc … Sans parler du fait qu'il y en aura forcement qui ne seront pas adaptés au postes les plus rentables dans l'espace.
Beaucoup de temps et d'argent perdu en gros.

Quand Léo découvre ce projet bien caché, les premiers Quaddie arrivent à leur 20ènes d'années.
Ils sont tous très jeunes, très manipulables et très naïf. En effet l'entreprise ne leur a donné que les connaissances nécessaire à leur évolution dans leur métier et les a coupé du monde réel depuis leur naissance.
En plus Leo est horrifié de voir qu'ils sont vraiment traités comme des marchandises, des esclaves élevés en batterie. Ils n'ont même pas le choix de leur partenaire, car on leur faire avoir des bébés de façon planifiée pour augmenter leur nombre rapidement et mixer leur génétique.

L'entreprise se réfugie derrière le paravent que ce ne sont pas de vrai humains, et du coup qu'ils ne tombent pas sous le coup des lois qui bannissent ce genre d'action normalement.

Evidemment Leo ne va pas rester la à rien faire. Il utilise ses cours pour se rapprocher des jeunes gens et sonder le terrain pour voir si une action est possible et essayer de leurs ouvrir les yeux sans que la direction, qui surveille activement sa précieuse cargaison, ne s'en rende compte …

Mais dans toute entreprise les envies, les politiques, les têtes, changent au fil du temps. Et la nouvelle directrice qui vient faire un tour sur place pour voir montre bien qu'elle en a marre de voir ce projet coûter si cher. Elle ne considère pas les quaddie comme des humains, mais plus comme des animaux encombrants.
Pour elle s'en débarrasser de façon rapide serait une bonne solution.

Leo et ses jeunes amis vont devoir mettre leur grand projet à exécution plus rapidement que prévu …

Sur le papier on retrouve tout à fait les thèmes forts de la série principale. Ça aurait très bien pu vraiment bien marcher.
Mais finalement tout ce que j'en retiens c'est une petite lecture pas vraiment marquante.

Déjà pour moi ce roman se classe plus en littérature jeunesse, un fait que je n'aurais jamais dit sur les autres tomes de la série.
En effet la majorité des personnages principaux ont moins de 20 ans et découvrent la vie.

Ils sont d'une naïveté gentillette qui rend l'ensemble un peu trop manichéen (les gentils petits Quaddie mignons contre la classe dirigeante de l'entreprise méchante, raciste et sans coeur)

Leo est le seul vrai adulte raisonnable de l'ensemble en gros.

Et même Leo, c'est vraiment le type au grand coeur, qui devient un peu le papa des Quaddie, leur mentor. Il est aussi un peu mou j'ai trouvé, pas le genre hyper actif.
Mais il n'a pas de vrai personnalité en dehors de ça, c'est juste le gentil qui va lutter contre les méchants.

L'autre point qui donne cette impression de roman jeunesse a été le fait qu'il n'y ai quasiment pas de background ou de descriptions.
L'Habitat est une station spatiale utilitaire, lambda, au milieu du vide, sans lien avec aucune nation, aucune politique ou autre …
J'en avais déjà parlé avant sur le fait que je ne recommandais pas de lire ce livre en premier pour découvrir la série. Ce n'est certainement pas en lisant ce tome qu'on a conscience de tout ce qui rendait la Saga Vorkosigan intéressante, les différents peuples, les personnages forts et marquants …

Et dernièrement, j'aurais aimé voir mieux traité le thème de l'exploitation sexuelle. Notamment une des personnages principaux qui subit clairement ce qu'on appelle aujourd'hui des viols. Je sais qu'il faut mettre ce livre dans son contexte (il a été écrit et publié dans les années 80 en VO), et que du coup ça n'était pas un sujet qu'on traitait de la même façon à l'époque. Mais le fait que ça soit passé sous silence, en dehors du fait qu'elle n'est plus obligé de le faire après, m'a déçu.

Alors certes je ne dis pas que c'était une mauvaise lecture dans l'ensemble. J'ai passé un bon moment.
Mais pas grand chose de plus quoi.
C'était assez basique finalement.

Un bon thème, mais des personnages et un univers qui manquaient de substance.

Du coup on peut limite appeler ça une déception vu que j'aurais voulu l'apprécier comme le reste de la Saga. Mais vu que déjà au départ je n'en attendais pas grand chose et que je ne l'ai pas sorti avec enthousiasme, je peux juste dire qu'il a été à l'image de ce que j'en imaginais et de ce qui me retenais de la lire plus tôt.

Dommage.
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Formidable !
Je l'ai englouti en deux jours, c'est dire !

Je me suis régalé. Outre le côté divertissement avec une intrigue menée tambour battant, c'est plein d'humanité, de réflexions sur les manipulations génétiques et la manipulation des esprits, sur l'esclavage, la propriété, la notion d'individu vs "produit", la révolte, la parentalité.

Cela rappelle un peu la controverse de Valladolid, avec beaucoup plus d'action. Leo Graf est un héros très attachant, qui change au fil du livre (d'assez distancié il devient proche de ses élèves, pour finir par les défendre contre l'infâme bureaucratie uniquement préoccupée de profit de la société Galac'Tech, son employeur), qu'on aime suivre, et van Atta un méchant qu'on adore détester.
Les personnages entre les deux sont formidablement décrits, que ce soit les mutants ou les "Gravs" (ceux qui ont des jambes) impliqués dans tout ce bidzouf...

C'est bien écrit, bien traduit, bourré d'humour noir, un vrai régal. Bonne maîtrise de son sujet par l'auteur, on sent la "bouteille" acquise après l'écriture des tomes précédents (celui-ci est le 11ème dans l'ordre d'écriture, malgré qu'il soit le 1er dans les intégrales... (juste parce qu'il est dans le même monde, sans doute. aucun rapport avec les Vorkosigan, en fait).)

(Ah oui, précision, j'ai finalement acheté les intégrales qu'on trouve maintenant, car me retrouver tous les tomes d'occasion, et les remettre dans l'ordre, c'était trop de boulot, lol..., je viens donc de commencer mon intégrale 1, mais je vais pas tout lire d'un coup, d'où mon avis sur ce tome 1 "séparé").
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J'ai lu la saga Vorkosigan dans l'ordre chronologique des livres et non pas dans celui des parutions. J'ai donc commencé en toute logique par celui-ci, opération Cay, qui se déroule 200 ans avant la naissance de Miles Vorkosigan. J'ai bien aimé cette entrée en matière, même si les romans suivants seront, à mon avis supérieurs.
Les quaddies sont des êtres génétiquement modifiés pour travailler en apesanteur dans les stations spatiales. Ils ont 4 mains et pas de jambes. Ils ne sont pas considérés comme des êtres humains, même pas comme des esclaves mais comme des objets appartenant à la firme qui les a créés. Cela sent bon la critique de l'extrême capitaliste. Une invention les rend inutiles, il faut donc s'en débarrasser. Léo Graf, un personnage qui évolue au fil du roman jusqu'à prendre fait et cause pour cette nouvelle race humaine va donc affronter le représentant de la firme en question, une caricature de méchant qu'on adore détester, van Atta. Comment sauver les quaddies ?
Il s'agit d'une gentille critique du capitalisme et du néo libéralisme, alors en plein euphorie à l'époque d'écriture du roman (fin des années 1980). Mais cela se lit facilement, le style est fluide, dynamique, avec un humour très présent (même si Lois McMaster Bujold fera mieux ensuite). Les personnages sont attachants. L'action ressemble à ces romans de cape et d'épée écrit au XIXe siècle dans le rythme et la structure.
Je recommande.
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Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
Ils veulent vous expédier en gravispace, c’est vrai, mais pour vous mettre dans une sorte de camp de prisonniers. C’est comme cela qu’on déguise un génocide. Les administrateurs se succèdent, indifférents à votre sort, vous devenez une dépense que l’on reporte de budget en budget. Une dépense qui augmente, comme c’est toujours le cas. En conséquence, le personnel grav qui s’occupe de vous se réduit peu à peu à mesure que la compagnie vous déclare « autonomes ». Les systèmes vitaux se détériorent avec les années. Les pannes surviennent de plus en plus souvent, la maintenance n’étant assurée que de loin en loin.
Et puis une nuit, une panne grave se produit, sans que personne n’ait jamais à donner d’ordre ni à appuyer sur une gâchette. Vous appelez à l’aide. Personne ne sait qui vous êtes. Personne ne sait quoi faire. Ceux qui vous ont installés là sont depuis longtemps partis. Aucun héros ne prend l’initiative ; l’héroïsme est tué dans l’œuf par les blâmes et les sous-entendus menaçants de la compagnie. L’inspecteur chargé de l’enquête, après avoir compté les corps, découvre avec soulagement que, sur le papier, vous n’étiez en fait que du matériel. Le dossier de l’Opération Cay est refermé sans bruit. Une affaire classée. Ça peut prendre vingt ans. Peut-être dix, ou même cinq. On vous condamne simplement à la mort par l’oubli.
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- Ton cycle menstruel est toujours interrompu en raison de l’allaitement, n’est-ce pas ? Je t’ai pris un rendez-vous à l’infirmerie pour demain matin. Le Dr Minchenko te donnera des médicaments pour faire revenir tes règles. Tu pourras essayer dès le deuxième cycle.
- Ô mon Dieu… Si tôt que cela ? Claire considéra un instant Andy, qui se démenait toujours dans les bras du Dr Yei, et se rappela l’état de faiblesse dans lequel l’avait plongée sa première grossesse. Je suppose que je pourrai le supporter. Mais vous n’aviez pas dit que l’idéal était d’espacer les naissances de vingt-sept mois ?
Le Dr Yei prit son temps pour répondre, choisissant ses mots avec soin.
- La compagnie a décidé d’accroître la productivité. Dans tous les domaines.
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La hiérarchie économique était semblable à une pyramide inversée : les véritables producteurs qui se trouvaient à sa pointe, en bas, faisaient vivre une montagne de plus en plus grande de courtiers et autres intermédiaires qui prélevaient tous leurs dix pour cent au passage, ce qui suscitait chez Leo le plus de fierté secrète que d’irritation.
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Combien de chirurgiens peuvent se vanter d'avoir sauvé trois mille vies en dix ans de carrière ? Lors de cette mémorable tournée d'inspection, il l'avait fait une fois par mois pendant un an. Invisible, sans que personne ne viennent chanter ses louanges. Les désastres qui ne surviennent pas ne font jamais la une des journaux.
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- J’aurais cru que l’utilisation de ces réplicateurs étaient limités aux urgences obstétriques.
- En fait, l’unique frein à leur utilisation réside dans leur coût exorbitant, expliqua Van Atta. Ce n’est sans doute qu’une question de temps avant que les femmes riches abandonnent leur devoir biologique au profit de ses machines.
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