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Héloïse Esquié (Traducteur)
EAN : 9782844852083
625 pages
Éditeur : Allia (01/02/2006)

Note moyenne : 4.51/5 (sur 50 notes)
Résumé :
Please Kill Me est le fruit (vénéneux) de centaines d'heures d'entretiens avec ceux qui ont animé l'un des mouvements culturels et musicaux les plus détonants de la fin du vingtième siècle : le punk-rock américain. Réalisé sous forme de montage nerveux, extrêmement vivant et souvent impitoyablement drôle ou tragique, ce livre dans lequel les voix se répondent rarement pour s'accorder nous offre une plongée incroyable dans la vie quotidienne pleine de bruit et de fur... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Woland
  17 septembre 2012
Please Kill Me : The Uncesored Story of Punk
Traduction : Héloïse Esquié
ISBN : 9782844852083

Amoureux du punk et, plus généralement, de la Musique, il vous faut ce livre dont le prix vous paraîtra au premier abord un peu conséquent mais qui, lecture faite, démontre amplement qu'il le vaut bien. (Au reste, vous pourrez vous le procurer sur des sites marchands à un prix relativement correct.) "Please Kill Me" est en effet l'une de ces Bibles comme on les aime : ambitieuse, bouillonnante, débordante de vie (s) et de personnages extraordinaires, détaillée à l'extrême et relatant enfin une histoire qui, si mythique ou au contraire si iconoclaste qu'elle puisse apparaître, n'en prend pas moins sa juste place dans le courant puissant de l'Histoire des Arts. Seuls reproches : le manque de clarté de certains documents iconographiques - mais elle est peut-être voulue car elle s'inscrit dans la logique punk - ainsi que leur rareté, en tous cas si on les compare à ceux produits par l'autre "Bible" sur le sujet : "Punk : Hors Limites" de Colegrave et Sullivan, dont nous parlerons bientôt. En outre, les documents de "Please Kill Me" sont tous en noir et blanc.
L'un des aspects les plus intéressants de l'Art, quel qu'il soit, c'est avant tout l'histoire de sa genèse - enfin, j'avoue que cela m'a toujours branchée et que l'âge a l'air d'aggraver le phénomène . Pour le punk, mouvement musical si contesté et qui, lui-même, contestait absolument tout, cet aspect devient primordial. Car enfin, si l'on veut critiquer quoi que ce soit, il faut savoir de quoi l'on parle. Quand il arrive à la fin de "Please Kill Me", le lecteur sait non seulement qu'il a désormais toutes les cartes en main pour débattre du punk quand et comme il le désire mais surtout, il comprend qu'il ne regardera plus jamais ce mouvement du même oeil qu'auparavant.
Le punk, qui n'adoptera ce nom que bien plus tard en l'empruntant à un fanzine dont l'un des rédacteurs du livre (Legs McNeil) était "le punk de service", naît à la Factory, où déambulaient Warhol et sa clique. Eh ! oui, il faut s'y faire : à l'origine, comme son grand frère le rock, qu'il regarde d'ailleurs avec un mépris total, le punk est américain - et "Please Kill Me" s'attarde d'ailleurs assez peu sur le punk anglais, plus social, plus politique. Les musiciens du Velvet Underground, avec les incroyables chansons de Lou Reed et la voix, non moins incroyable, de l'ancien mannequin allemand Nico, s'inscrivent dans la mouvance. Comme s'y inscrit déjà sans le savoir un certain James Österberg Jr, mieux connu sous le nom d'Iggy Pop, venu admirer le jeu de scène "hors limites" de Jim Morrison, jeu de scène qu'il reprendra à son compte en le radicalisant encore.
Se greffe aussi là-dessus le groupe des New-York Dolls, mouvement en principe apparenté au rock et dont les membres portaient des vêtements de femme par pure provocation. (Iggy Pop nous dirait probablement qu'il s'agissait de "robes pour hommes" et non de "robes de femmes" ... ) Parmi les Dolls, deux grands noms du punk, Johnny Thunders et Jerry Nolan, qui, rongés par les drogues - l'héroïne surtout - et par l'alcool, mourront l'un et l'autre la même année, en 1975 - après la séparation des Dolls, Thunders avait fondé les Heartbreakers.
Comme vous pouvez vous l'imaginer, l'histoire ne s'arrête pas là. Fort de plus de six-cents pages tout à fait passionnantes, "Please Kill Me" raconte la geste du punk en l'insérant dans L Histoire des années soixante, soixante-dix et quatre-vingt. Tendre, enthousiaste, cynique, nostalgique, précis, évitant la dispersion en dépit du choix de laisser la parole à ceux qui firent et vécurent le punk, ce livre est de ceux qui, malgré leur épaisseur, se dévorent en deux ou trois jours. Aucun danger d'indigestion ou de malaise : c'est grand, c'est drôle, c'est brillant, c'est extravagant - c'est triste, c'est tragique ... c'est le punk, cet enfant terrible du rock et des hippies, qui continue à haïr ses parents autant qu'il leur fait honneur, cette musique irritante, hargneuse, provocante, lourde de révolte et de dédain, dont on ose espérer que nos chanteurs formatés de toutes les latitudes perçoivent encore dans leur dos les ricanements grinçants.
... A quand le retour de pareils trublions - et de pareils musiciens ? A quand le retour d'une musique qui innove, qui invente ? ...
En attendant qu'Euterpe nous redevienne bienveillante, à nous et à notre XXIème siècle, lisez "Please Kill Me" : ça vous fera prendre votre mal en patience. ;o)
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girafe83500
  05 juin 2015
Il m'est très difficile de rédiger un avis concernant ce livre. En effet, il parle d'une musique que j'écoute encore, d'une époque que j'ai vécu par ricocher au travers mes deux frères (ma mère s'est prise des rides et des crises) car pour ma part j'étais plus jeune.
Je n'ai pas aimé le début du livre qui est remonté trop loin aux sources, le mouvement hippie trop présent. Bâtit sur des témoignages, l'ouvrage fait presque ragot, même si le ton du no limit du mouvement punk est mis en évidence. L'envie de liberté ne ressort pas assez, même si cela viendra plus tard dans le livre.
Une fois ces débuts un peu difficile, je me suis retrouvée en immersion et là j'ai dévoré les chapitres, je trouvais que le livre se lisait trop vite. La différence de motivation entre les origines du punk aux états-unis et en Angleterre est bien mise en évidence. Dommage que le mouvement en France ait été occulté car nous avions aussi nos bons groupes.
Pour la dernière partie, je n'ai pas aimé car j'adore la musique mais je ne suis ni fan ni groupie. Donc les anecdotes purement personnelles ne m'ont pas intéressées.
Hommage à ce livre qui a le mérite de mettre en avant que le rock est un style musical et de vie avant gardiste qui fait évoluer les mentalités et les modes de vie. le rock dans tous ses excès a toujours apporté un chamboulement en s'opposant et en résistant au trop propre trop lisse. Les gouvernements ne craignent pas les messages des chanteurs de variétés mais ceux des rockeurs qui osent remettre en cause et affronter toute forme d'aliénation.
Un livre qui ne doit pas être jugé et à réserver aux initiés.
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GuyLiguili
  04 octobre 2010
Sex and drugs and rock & roll !
Du Velvet Underground aux Sex Pistols en passant par MC5, les Stooges, les New York Dolls, les Ramones, Television et autres groupes, l'histoire d'une musique excitante ayant poussé sur le fumier de la drogue et de la prostitution.
Seuls Iggy, Lou Reed et John Cale s'en sont sortis, à peu près, intacts.
Celà peut paraître sordide (ce l'est très souvent) mais paradoxalement c'est drôle et bourré de vie car c'est incroyable de voir ce instinct de survie côtoyer l'autodestruction et souvent la combattre courageusement sans, hélas, la vaincre.
L'originalité de l'ouvrage est qu'il est constitué d'interviews de ceux qui ont vécu cette expérience et dont certains sont dorénavant décédés.
Tout amateur de rock conséquent doit lire ce livre passionnant.
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Toftaky
  04 avril 2011
Le mouvement Punk n'est pas né à Londres en 1976 avec les premiers concerts des Sex Pistols.
Legs McNeil et Gillian McCain nous font remonter aux origines du genre musical, le New York du début des années 70, au travers de centaines d'heures d'entretiens avec les survivants de cette époque agitée mais aussi de par leurs souvenirs personnels d'acteurs du mouvement.
Allez traîner au CBGB voir les premiers concerts de Patti Smith, asseyez vous chez Max's à une table avec Lou Reed et Bowie, parcourez les bas-fonds de New York aux cotés des Ramones, laissez Iggy Pop, Andy Warhol, Jerry Nolan, Johnny Rotten et tous les autres vous raconter leur version des faits et méfaits…
Drôle, riche d'anecdotes plus trashs les unes que les autres, ce livre explique surtout comment une poignée de jeunes, désabusés par l'échec de la révolution hippie, va dynamiter la culture, les arts des Sixties pour imposer une esthétique toujours en vogue trente ans plus tard.
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tagadavice
  04 janvier 2013
Assemblage d'interview de la pop, punk, post punk generation! Les auteurs ont savamment "accroché" des bouts d'interviews faites aux plus grands de cette génération pour nous racconter de manière chronologique, les derives, les reves et la folie de cette époque et de ses acteurs. A lire absolumment!
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
WolandWoland   18 septembre 2012
[...] ... Lou Reed : Tout seul. Personne à qui parler. Viens un peu par là que je te cause ...

On jouait ensemble, il y a des années, dans un appartement à trente dollars par mois, on avait vraiment pas un rond, on bouffait des flocons d'avoine matin et soir et on faisait des dons du sang pour se faire offrir un petit déj, entre autres, ou encore on posait pour des tabloïds hebdomadaires bas de gamme. Quand ma photo est parue, la légende disait que j'étais un maniaque sexuel qui avait tué quatorze enfants et filmé les meurtres pour les projeter dans un grange du Kansas, à minuit. Et quand ça été le tour de John Cale [= musicien et producteur. Alto, basse et clavier du Velvet Underground], la légende disait qu'il avait tué son amant parce qu'il était sur le point de se marier avec sa soeur et qu'il ne voulait pas que sa soeur épouse un pédé.

Sterling Morrison [= bassiste et guitariste du Velvet Underground - Co-écrivit certaines chansons avec Lou Reed] : Les parents de Lou Reed ne supportaient pas qu'il fasse de la musique et qu'il traîne avec des indésirables. J'avais tout le temps peur de ses parents - la seule relation que j'ai eue avec eux, c'était cette menace constante qu'ils chopent Lou pour l'envoyer chez les dingues. C'était une véritable épée de Damoclès. Chaque fois que Lou attrapait une hépatite, ils se précipitaient pour lui mettre la main dessus et l'enfermer.

John Cale : C'est de là que Lou a tiré le meilleur de son oeuvre. Sa mère était une espèce d'ancienne reine de beauté et il me semble que son père était un comptable fortuné. Ce qui est sûr, c'est qu'ils l'ont mis dans un hôpital où il a reçu des électrochocs quand il était gamin. Apparemment, il était à l'Université de Syracuse, et on l'a forcé à choisir entre faire de la gym ou entrer dans le Corps d'entraînement des officiers de réserve. Il a refusé de faire de la gym sous prétexte qu'il risquerait de se casser le cou et, quand il a intégré le bataillon d'entraînement, il a menacé de mort le sergent instructeur. Puis il a explosé une fenêtre ou une porte vitrée avec le poing, et il a été placé en hôpital psychiatrique. Je ne connais pas tous les détails. Chaque fois que Lou m'en parlait, il changeait légèrement de version. ... [...]
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WolandWoland   18 septembre 2012
[...] ... Bob Gruen [= photographe] : La première fois que j'ai vu Richard Hell [= bassiste, chanteur et compositeur - Television, puis The Heartbreakers], il entrait au CBGB's vêtu d'un tee-shirt blanc avec un oeil de taureau peint, et les mots "Please Kill Me" inscrits par dessus.

C'était un des spectacles les plus choquants que j'aie jamais vus. Les gens avaient pas mal d'idées délirantes à l'époque, mais de là à trouver quelqu'un qui marche dans les rues de New-York avec une cible sur la poitrine, et une invitation à l'assassiner - c'est une sacrée formulation.

Richard Hell : Je ne me rappelle pas avoir porté le tee-shirt "Please Kill Me", mais je me souviens avoir forcé Richard Lloyd [= guitariste, chanteur et parolier de Television] à le porter. J'étais bien trop lâche.

Richard Lloyd : Richard Hell s'était fabriqué un tee-shirt qui disait "Please Kill Me", mais il ne voulait pas le porter. J'ai dit : "Je vais le porter, moi." Alors, je l'ai mis quand on a joué l'étage au Max's à Kansas City et, après le concert, ces gamins se sont pointés vers moi. Ces fans m'ont jeté ce regard vraiment psychotique - ils ont regardé aussi profond qu'ils ont pu dans mes yeux - et ils ont demandé : "T'es sérieux ?"

Puis, ils ont poursuivi : "Si c'est le cas, on se fera un plaisir de t'obliger, parce qu'on est tes plus gros fans !" Ils n'arrêtaient pas de me mater, avec ce regard sauvage, et je me suis dit : "C'est la dernière fois que je porte ce tee-shirt." ... [...]
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Culturesmonde sur France culture Claire Debru traductrice de "The Other Hollywood" de Legs McNeil et Jennifer Osborne
Culturesmonde sur France culture Claire Debru traductrice deThe Other Hollywood de Legs mcneil et Jennifer Osborne. editionsallia251 videos. Subscribe Subscribed Unsubscribe 32. 10 views. Like 0 Dislike 0. Like. Sign in to youtube. Sign in with your youtube Accountyoutube Google+ Gmail Orkut Picasa or Chrome to like editionsallias video. Sign in. I dislike this. Sign in to youtube. Sign in with your youtube Accountyoutube Google+ Gmail Orkut Picasa or Chrome to dislike editionsallias video. Sign in ...
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