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EAN : 9782815943840
184 pages
Éditions de l’Aube (03/12/2021)
3.57/5   7 notes
Résumé :
« Je vous écris de chez ces hommes qui se sont mis à douter, à s’interroger et à se dire qu’un changement était souhaitable. Je vous écris de chez ces hommes qui s’étonnèrent qu’aucun d’entre eux ne vienne prendre la parole et porter une voix aux côtés des femmes qui révélaient alors ce qu’elles avaient subi ou subissaient encore. Je vous écris de chez ces hommes qui exprimèrent alors la volonté et l’envie de se battre ensemble, femmes et hommes. Pour inventer... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
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Un essai revigorant et riche pour bien commencer 2022. Avec David Medioni, qui veut redonner ses lettres de noblesse à la séduction, je vous souhaite la plus belle des années 2022, de générosité, de fraternité et d'égalité.

«Et si, au fond, la séduction et l'érotisme tels que nous les entendons n'étaient rien d'autre qu'une générosité complice où l'on donne autant que l'on reçoit, où l'on partage et où l'on ouvre l'ensemble de ses sens? Pour ressentir ensemble.» C'est la thèse défendue par David Medioni qui, après Être en train, nous offre cet essai qui fait le constat d'un dérangement des relations entre hommes et femmes qui soit se joue sur le rôle agressif, chacun des sexes défendant son pré carré et s'arc-boutant sur ses conquêtes, soit sur un nouvel ordre amoureux qui donne aux femmes, après #MeToo, le rôle de juge des règles autorisées en matière de séduction. Ce qui pour l'hétérosexuel commun est plutôt paralysant. Et ne parlons pas de la crise sanitaire venue compliquer encore davantage les choses.
Le constat ne date pourtant pas d'hier. Déjà, il y a des décennies on vilipendait Romain Gary lorsqu'il affirmait que «le drame des hommes et des femmes, en dehors des situations d'amour, en dehors des situations d'attachement profond, est une sorte d'absence de fraternité. Tout cela est dû à des siècles et des siècles de préjugés qui font que l'homme doit conserver son image virile et supérieure, la femme son image féminine, douce et soumise et que finalement, l'égalité dans l'explication franche, ouverte et libre (y compris dans les questions sexuelles) est un tabou.»
En critiquant cette «intoxication, cette infection virile» qui n'a que très peu de rapports authentiques avec la virilité ou ce qu'elle est réellement, le romancier était dans le vrai. On ne l'a pas écouté. Alors David Medioni, qui cherche à «tracer les lignes d'une masculinité pour le XXIe siècle a l'idée de partir pour Venise afin d'y rencontrer un maître en matière de séduction, le grand Casanova. Et le miracle se produit, assis dans une trattoria, il peut deviser avec l'auteur d'Histoire de ma vie, manuel inspirant pour tout séducteur et lui exposer son projet, «réinventer l'homme, pris dans un étau entre la performance patriarcale qui incombe – qu'on le veuille ou non – à chacun des hommes, et le nécessaire accueil des femmes dans l'égalité, C'est maintenant. Ou jamais.»
Après un instant de sidération devant l'état des relations entre hommes et femmes aujourd'hui, le Vénitien ne tarde pas à reprendre la main et à donner raison à son interlocuteur, fervent amateur du badinage et même de l'amour galant. Car il s'agit bien plus d'avancer ensemble, de se découvrir dans un respect mutuel que de conquérir. La séduction n'est pas une bataille, mais un subtil besoin de découvrir l'autre, quitte à se découvrir soi-même. Reste la délicate question de la sexualité. Que David et son interlocuteur cernent, notamment avec les femmes et les réflexions de Belinda Cannone Belinda, Amandine Dhée, Anne Dufourmantelle ou encore Delphine Horvilleur (voir à ce propos la bibliographie éclairante ci-dessous).
«Recentrons nous. Ce que j'avançais était qu'en plus de se transformer en érotisme au moment où elle entre dans le champ charnel, la séduction mute aussi en une curiosité complice et égalitaire des deux êtres humains concernés. Toujours entre deux partenaires de jeux. C'est ainsi que la sexualité érotique, faite de séduction, de complicité et d'égalité, est peut-être le plus grand champ des possibles qui soit et, par la même occasion, un terreau fertile d'élaboration d'un nouvel ordre social où l'homme et la femme, suite aux jeux qu'ils ont explorés et auxquels ils ont gagné ensemble, trônent désormais sur le pied d'égalité le plus parfait.»
Joli programme pour 2022!
Je vous souhaite à tous qui me faites l'honneur de me lire, de pouvoir partager la même émotion que Maria Casarès s'adressant à Albert Camus: «nous nous sommes rencontrés, nous nous sommes reconnus, nous nous sommes abandonnés l'un à l'autre, nous avons réussi un amour brûlant de cristal pur, te rends-tu compte de notre bonheur et de ce qui nous a été donné?»

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Encore un mec qui se vend comme un homme déconstruit et qui prétend lutter pour l'égalité mais qui, dès les première pages se plaint avant tout d'être victime du féminisme militant. Dommage parce que, de temps à autre il avait des idées pas inintéressantes mais tout est noyé dans son mépris et son arrogance.

Il démarre sans pression son livre à la façon de Virginie Despentes, sans, bien sûr, rendre à César ce qui est à César.

Quelques pages plus loin le voilà qui associe une barbe à une masculinité obligatoire, déclinant à cette personne le droit de se sentir femme. Ce qui est drôle c'est qu'après m'être intéressé à cette séquence télé il s'est avéré que ce n'était qu'un homme privilégié de plus, se sentant tout à fait homme mais se servant des débats féministes pour ramener le sujet à lui et dominer la conversation. Double punition pour les femmes puisqu'il sert d'exemple à David Medioni pour taper sur le sujet à son tour.

Ensuite c'est Paul B. Preciado qui en prend pour son grade, grande figure de la cause transsexuelle. Puis il critique les lieux non mixtes ouverts uniquement au femme. Faut-il lui rappeler les boy's club qui existent à travers le monde encore aujourd'hui ?

Il remet en question les propos d'une femme qui préfère se tenir loin des hommes, disant que c'est caricatural d'associer l'hétérosexualité au violon, à la violence et la mort. Qu'il aille dire ça aux 120 femmes qui meurent chaque années des coups de leur conjoint ou de leur ex.

"Pourquoi ce ton guerrier, martial, péremptoire et définitif ?" Parce que 120 femmes mortes chaque année, bouffon.

Je ne vois qu'un dominant de plus qui s'offusque' qu'on bouscule l'ordre établi mais qui le dit suffisamment délicatement et avec de joli mots pour que "ça passe"

Il demande si ce n'est pas un poil exagéré "tout ça". Je dirais toujours moins que les 94 000 viols et tentatives de viol chaque année.

"Est-ce que rejeter les hommes n'est pas une régression terrible ?" Et le patriarcat qui sévit encore partout dans le monde, c'est quoi d'après lui ?

Devinez quoi, la première personne qu'il cite est un homme. What a surprise ! Sans compter que la suite du livre et un échange imaginaire entre lui et Giacomo Casanova. Donc basiquement deux hommes qui décident ensemble comment régler le problème du féminisme. Lol.

"L'envie de parler pour rendre bruyant le silence de mes congénères" AHAH ! Depuis quand les hommes sont silencieux en fait ? Ils détiennent la parole majoritaire dans tous les grands médias mainstream, ils ont la main sur tout, ils sont la pensée dominante, c'est juste scandaleux de lire ça.

Soit disant que la majorité a compris mais alors, Monsieur, pourquoi les chiffres ne baissent pas ? Pourquoi aujourd'hui nous comptons plus de féminicides que l'année dernière à la même date ?

"Il n'y a pas de femmes inaccessibles, il n'y a que des hommes pressés." René Follet
Encore un homme cité et cette fois pour dire quoi ? Qu'en insistant suffisamment toutes les femmes peuvent céder. C'est savoureux quand on lutte pour le consentement et le respect du refus de l'autre !
C'est magnifique, il admet que c'est dépassé mais il dit que c'est "dommage" car en fait c'est l'art de la séduction qu'il faudrait chérir (lol) Il ira jusqu'à dire que le patriarcat n'est pas un problème (bah voyons) et qu'en apprenant à "bien séduire" on résoudra tous les problèmes.

Ce genre d'homme avec sa prétendue bienveillance ouvre la porte au backlash bien connu des mouvements féministes. Ses propos "nuancés" vont permettre aux autres de s'engouffrer si on n'adhère pas à ses idées. Nous les méchantes féministes.

Il plombe Don Juan pour des raisons évidentes puis nous dit qu'il faut prendre Casanova en modèle parce que LUI choisit de ne pas forcer.
En fait, il demande aux hommes de choisir entre deux formats quand les féministes voudraient qu'il n'y ait plus le choix. On ne CHOISIT PAS de ne pas être violent. On n'a pas le CHOIX de ne pas l'être.

Le mec s'écoute parler, il s'adore. Il entame son gros délire avec Casanova. Il se pose quand même la question de savoir s'il peut se permettre de faire parler un si illustre personnage et cite son éditeur "Un auteur fait ce qu'il veut, à condition de bien le faire" On notre deux chose, il dit auteur et non pas auteure ou auteur.ice ou que sais-je mais surtout il est tout de suite parfaitement convaincu de savoir "bien faire" ça.

Alors après on tombe sur des absurdités du style que le problème de domination sexuelle vient que les hommes du XIXè siècle n'ont pas écouté Casanova (si réducteur), la fameuse révolution sexuelle de 70 est mise sur la table omettant toutes les études faîtes depuis et qui démontre qu'elle n'a réellement profité qu'aux hommes. Donc au mieux c'est de la naïveté.

Il n'hésite pas à comparer à titre égal les mouvements masculinistes faisant appel au viol des femmes aux mouvements féministes qui OSENT rejeter des pans entiers de la masculinité qui mériteraient d'être nuancés.
C'est vrai que c'est la même chose !

Après Casanova c'est Romain Gary qu'il faudrait écouter. Je ne doute pas de sa sensibilité mais je constate que ce sont encore des points de vue masculin pour nous apprendre à séduire ? Est-ce que ces hommes auraient par miracle échappé à la culture patriarcale ? Ah mais non, c'est vrai, elle n'a pas d'importance et surtout c'est à nous de nous en extraire et ce, par la séduction, si simple, si évident, comment n'y avons-nous pas pensé avant ?

On notera aussi que le gars s'auto-congratule grassement "Mon compagnon de réflexion (imaginaire, donc lui) était en plein dans le sujet. Rempli de nuances et d'intelligence des situations." le mec s'aime à n'en pas douter, contrairement à la majorité des femmes on ne l'a clairement jamais fait douté de lui, jamais imposé l'humilité à outrance.

P.83 il cite un passage de Casanova pour illustrer l'idée qu'il se fait de l'érotisme. C'est quand même goutu : il s'agit ni plus ni moins que de jouer les voyeurs sur trois femmes qui prennent un bain, sans consentement mais tout en se persuadant qu'elles font le show pour les deux hommes qui les observent et, au passage, ils vont se masturber entre camarade sur le spectacle. Nickel Michel, t'as tout compris.

"Les premières à vilipender les femmes libres sexuellement sont souvent les autres femmes, celles qui n'osent pas assumer leurs désirs et continuent à vivre dans la croyance qu'il y a quelque chose de condamnable dans le sexe que seule l'amour peut absoudre."
Et donc petit génie, tu considères que cette "croyance" leur est venue toute seule ? Et sans gêne aucune le mec retourne la situation : en fait c'est un problème de femmes entre elles, nous les hommes on ne se moque jamais des prudes et on n'insulte jamais celles qui assument leur désir, bah voyons !

Oh et pour finir en beauté, l'écriture inclusive est évidemment illisible et les jouets non genres un débat tout aussi absurde et artificiel. Seul débat valable : la liberté d'aimer. Comme c'est romantique. le mec est tellement sûr qu'il a le monopole de la vérité que mêmes les quelques bonnes idées qu'il avance je suis incapable de les écouter. Il s'est éclaté à écrire son lire en s'écoutant parler et a mis de côté avec dédain tout ce qu'il ne maîtrisait pas ou ne l'intéressait pas.
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« Éloge de la séduction »
«  Je vous écris de chez ces hommes..  »
Alors, on devient profondément vivant.
Cet essai prodigieux, sociétal, rassemble l'épars. Les hommes et femmes, cercle infini des mansuétudes. L'idiosyncrasie, l'arborescence et tous, écoutons cet éloge à voix-haute, certifié et humble, apprenant et fidèle à l'exactitude des convictions de David Medioni.
Quel est cet homme idéal dont l'emblème dévoile le champ des possibilités ?
Qui de l'homme ou de la femme ?
David Medioni décortique les diktats, les aprioris.
« N'est-ce-pas à l'opposé de ce qui meut la plus grande partie de l'humanité : le besoin d'interaction avec l'autre et son imaginaire justement ? »
« Tout ce qui est excessif est signifiant », jugeait Talleyrand. Méditons collectivement son message. »
David Medioni est un éclaireur, le flambeau en main, il indique la voie, celle de l'unité, de la concorde, l'alliage où l'homme retrouverait son appartenance, jamais seul. Mais, dans cette union avec des certitudes, non soumises aux habitus, aux corpus, et au pragmatisme.
« Pour construire. Avec les hommes et avec les femmes, le monde de demain. »
 Un masque qui tombe peut camoufler un préjugé qui s'envole dit l'adage. La séduction, le libre-arbitre, déconstruire les carcans oppressants.
Les miscellanées lèvent le voile oratoire. Ici, tout est grand et pacifique.
« Si, étymologiquement, séduire veut dire « écarter du droit chemin », il veut aussi dire, toujours si l'on se fie à son étymologie, « action de prendre à part ». 
« Prendre à part », créer des exceptions, créer avec l'autre. Homme, femme, ami, amant, peu importe finalement pourvu que l'on séduise ».
La sociologie au garde-à-vous, l'éloge enfle, touche son but, celui de nous faire réfléchir, d'oser. Qu'importe les pudeurs, les contre-façons, la séduction se doit d'être avant-gardiste, courageuse et spéculative.
« Je considère qu'il est temps de dire stop à la pudibonderie et à l'hypocrisie ».
La séduction est l'approche de la fraternité. « C'est dans la faille que la lumière entre. C'est dans la faille de l'homme comme dans celle de la femme, que nous pouvons nous séduire ».
« Éloge de la séduction » liberté suprême. « En sexualité, la séduction a un nom : l'érotisme ! ».
Dénouer les carcans, construire pierre après pierre, les éducations souveraines et consentantes . La séduction est aussi une philosophie et l'universalité.
Cette conférence à ciel ouvert, « Éloge de la séduction » est la marée-basse où tout peut changer encore, l'équité, la tendresse et l'unité. « Tout est possible. En égalité. En humanité ».
Ce parchemin lumineux, érudit et vivifiant est un outil pour comprendre le vivre et le faire ensemble.
Le macrocosme : l'empathie séductrice.
Un éloge existentiel, une urgence de lecture, tant notre prochain est au coeur de cet essai, riche de références, d'éclaircies et de bouquets d'altruisme. Un essai d'utilité publique.
Publié par les majeures Éditions de L'Aube.





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"𝐿𝑒 𝑑𝑟𝑎𝑚𝑒 𝑑𝑒𝑠 ℎ𝑜𝑚𝑚𝑒𝑠 𝑒𝑡 𝑑𝑒𝑠 𝑓𝑒𝑚𝑚𝑒𝑠, 𝑒𝑛 𝑑𝑒ℎ𝑜𝑟𝑠 𝑑𝑒𝑠 𝑠𝑖𝑡𝑢𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛𝑠 𝑑'𝑎𝑚𝑜𝑢𝑟, 𝑒𝑛 𝑑𝑒ℎ𝑜𝑟𝑠 𝑑𝑒𝑠 𝑠𝑖𝑡𝑢𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛𝑠 𝑑'𝑎𝑡𝑡𝑎𝑐ℎ𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑝𝑟𝑜𝑓𝑜𝑛𝑑, 𝑒𝑠𝑡 𝑢𝑛𝑒 𝑠𝑜𝑟𝑡𝑒 𝑑'𝑎𝑏𝑠𝑒𝑛𝑐𝑒 𝑑𝑒 𝑓𝑟𝑎𝑡𝑒𝑟𝑛𝑖𝑡𝑒́." 𝑅𝑜𝑚𝑎𝑖𝑛 𝐺𝐴𝑅𝑌

Dans ce petit essai, David Médioni nous livre une réflexion sur l'homme et sa virilité, sa sexualité et sa séduction face aux femmes dans notre société actuelle. Il établit le constat d'une situation bien complexe, entre la vague #metoo, les féministes extrêmes, les femmes méfiantes et les hommes ne sachant plus ce qu'il est bon de faire ou non. Il décrit la pression sociétale, le bagage historique hérité de tous ces siècles pendant lesquels l'homme se devait d'être viril, dur, puissant, face à la femme effacée et discrète, plutôt séduite que séductrice, car sinon vue comme manipulatrice...

La séduction selon lui, devrait être "égalitaire"
"𝑇𝑢 𝑛𝑒 𝑠𝑒́𝑑𝑢𝑖𝑠 𝑢𝑛𝑖𝑞𝑢𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑝𝑎𝑟𝑐𝑒 𝑞𝑢𝑒 𝑡𝑢 𝑒𝑠 𝑡𝑜𝑖-𝑚𝑒̂𝑚𝑒 𝑠𝑒́𝑑𝑢𝑖𝑡", la relation doit être équilibrée, on donne autant que l'on reçoit, on respecte, on écoute et on dialogue.

L'essai n'est pas mon genre de prédilection, mais j'ai aimé me laisser porter par la réflexion de l'auteur et ses dialogues avec Casanova, la figure séductrice masculine par excellence, en opposition à Dom Juan., le conquérant.
Il est ici question de rencontre, d'égalité, de compréhension et de respect entre les deux sexes. Les évocations littéraires sont nombreuses ( Camus et Casares, Gary, Anaîs Nin, Delphine Horvilleur) et très intéressantes.

Je conseille Eloge de la séduction à tous et à toutes, mais surtout aux adolescent(e)s et futur(e)s séducteurs et séductrices, cette lecture est pleine de belles réflexions et fort utile dans ces périodes troublées où l'on ne sait plus ce que l'on peut faire ou ne pas faire!



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Nous voici ici après le mouvement #metoo. Ce n'est pas chose aisée d'écrire sur la séduction depuis cette période! Encore moins quand cet essai est écrit par un homme : quel exercice périlleux!
Je ne savais pas du tout à quoi m'attendre : j'ai beaucoup aimé avoir un avis masculin, et de la douceur venant de celui-ci.
Un essai en trois actes :
1 - de la virilité aux masculinités
2 - Parlons sexualité - égalités et libertés - tout est possible
3 - Parlons de la place de la séduction dans la société - La séduction comme symphonie
Ces trois parties sont très intéressantes, j'ai surtout aimé la deuxième (oui, les pages de l'acte 2 sont pleines de post-ils!).
David Medioni discute durant tout l'essai avec Giacomo Casanova. Et figurez-vous que les dialogues sont plus que réussis et convaincants! Bye bye le machisme, bonjour l'élégance et le respect mutuel entre les deux sexes.
De nombreux auteurs sont cités tels que Romain Gary, Ivan Jablonka, Roland Barthes. Et cette scène de César et Rosalie, film si cher à mon coeur…
On apprend, on comprend, on réfléchit et en tant que femme, je me suis mise à la place de certains hommes qui, de nos jours, ne savent plus vraiment comment faire pour séduire, toujours avec délicatesse. Tout n'est pas facile pour eux non plus!
Vous l'aurez compris, j'ai été ravie de pouvoir découvrir cet essai passionnant que je feuilletterai régulièrement afin d'y retrouver des idées ou citations.



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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Je les imagine toujours s'écrire des mots d'amour. Comme ceux d’une irradiante certitude de Maria Casarès à Albert Camus: « nous nous sommes rencontrés, nous nous sommes reconnus, nous nous sommes abandonnés l’un à l’autre, nous avons réussi un amour brûlant de cristal pur, te rends-tu compte de notre bonheur et de ce qui nous a été donné? ». Camus et Casarès qui, eux aussi, choisissent la vie, la séduction, l'amour en parallèle. En addition. p. 146
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(Les premières pages du livre)

Lettre d’un homme un peu perdu
Je suis un homme hétérosexuel de 41 ans. Je vous écris de chez les lourds, les porcs, les connards, les dragueurs, les manspreaders, les harceleurs, les lâches, les qui « ne rappellent pas après une nuit de sexe », les qui ne se « rendent même pas compte que leur conception du monde est profondément machiste et genrée », les mariés qui cachent leurs alliances, les visionneurs de YouPorn, les peine-à-jouir, les deux minutes douche comprise, les qui « s’endorment après l’amour », les « qui se barrent au milieu de la nuit », les qui « ont fait des listes de leurs nanas avec les copains », les qui ne voient pas bien pourquoi c’est choquant de tenir la porte à une femme ou de lui proposer de porter sa valise, les qui ne trouvent pas choquant de dire « Mademoiselle » à une femme qui n’est pas mariée, les qui ont enterré leur vie de garçon avec une strip-teaseuse… Je vous écris de chez les hommes. De chez ces collabos du patriarcat qui oppresse les femmes. De chez ces hommes dont il ne faut plus « lire les livres », « regarder les films », « écouter les chansons », et qu’il conviendrait de « détester », voire « d’éliminer ».

Ça ne fait pas rêver. Et pourtant, convenons-en, si la barque est aussi chargée, c’est bien que quelque chose cloche. Profondément, intensément, structurellement. Un portrait ne peut pas être aussi négatif sans être basé sur des faits tangibles, sur un ras-le-bol, sur une souffrance intense, sur une forme de sentiment d’impuissance face au mur du patriarcat tellement consubstantiel à notre société que l’on ne le voit plus. Ce portrait, celui que certaines font des hommes, est légitime, nécessaire, mérité parfois, indispensable pour réinventer nos rapports. Pour qu’ils soient plus égalitaires, plus universels. Et pourtant, faut-il qu’il soit aussi violent, aussi peu nuancé, aussi à charge ?

Je vous écris aussi de chez les hommes qui ont ressenti un profond sentiment de sidération devant l’ampleur de la libération de la parole qu’a été le mouvement #MeToo. Dans cette sidération, il y avait à la fois le sentiment d’avoir peut-être été un jour le « porc » en étant un peu trop insistant dans la drague ; il y avait aussi le sentiment d’avoir été sourd, aveugle, et d’avoir profité allègrement et inconsciemment d’un privilège uniquement basé sur le sexe. Il y avait également l’interrogation de savoir si nos mères, nos femmes, nos sœurs, nos filles étaient elles aussi victimes de tout ce que #MeToo révélait. Je vous écris de chez ces hommes qui se sont mis à douter, à s’interroger et à se dire qu’un changement était souhaitable. Je vous écris de chez ces hommes qui s’étonnèrent qu’aucun d’entre eux ne vienne prendre la parole et porter une voix aux côtés des femmes qui révélaient alors ce qu’elles avaient subi ou subissaient encore. Je vous écris de chez ces hommes qui exprimèrent alors la volonté et l’envie de se battre ensemble, femmes et hommes. Pour inventer du nouveau. Je vous écris de chez ces hommes qui pensent qu’il faut encourager les colleuses d’affiches qui rappellent le massacre dont sont victimes les femmes, et qu’il convient aussi de ne plus jamais taire cette violence et lutter contre ceux qui voudraient le faire.
Je vous écris de chez ces hommes qui ont sincèrement cru que la déflagration serait telle qu’elle nous amènerait – collectivement – à construire de concert. Mais ce ne fut pas le cas. Les hommes ne furent globalement pas au rendez-vous. Se terrant dans le silence, se demandant comment agir, ou pis, critiquant la façon dont la parole s’exprimait. Puis, les fronts se divisèrent. Pour ou contre le « droit d’importuner ». Tu ne peux pas parler, toi, « actrice bourgeoise » tu es « has-been », tu marques un but contre ton camp. Tu en as bien profité de l’époque, alors ne « viens pas maintenant salir notre combat et ce pourquoi nous nous battons ». Et toi, l’homme, tu restes un ennemi. Tu continues de nous oppresser, de ne pas comprendre, de nous payer 25 % de moins à compétences égales. Tu continues de ne pas vouloir que nous puissions accéder à la même visibilité dans l’espace public. Tu nous infliges des Polanski, des Darmanin, des « Ligue du LOL », etc. Tu nous agaces avec ton male gaze ou tes porte-parole « masculinistes » qui viennent nous expliquer que nous sommes en train de vous « castrer ».

Je vous écris de chez les hommes qui ont vu ce débat passer d’un mouvement de société puissant, joyeux, nécessaire, indispensable, salutaire – pour les hommes comme pour les femmes – à une guerre de tranchées. Celle des féministes pro-sexe contre les autres, celles des intersectionnelles essentialistes contre les universalistes et celle, surtout, des femmes contre les hommes, alors tous mis dans le même sac.
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Ovidie, si elle fait le procès de nos constructions érotiques et sexuelles, invite également chacune et chacun à l'interrogation et surtout à l'invention. Ainsi, elle rappelle aux hommes qu'il ne convient pas de "baiser tout seul", mais elle demande aussi aux femmes de s'interroger sur la façon dont leurs fantasmes sont construits. Surtout, ce qui est passionnant dans tous ces ouvrages, c'est qu'ils ne sont jamais normatifs et, au contraire, ouvrent un grand éventail de possibilités et de discussions. En liberté et en égalité. Dans une curiosité complice et égalitaire. Dans une forme de réhabilitation de l'idée même de générosité. Et si, au fond, la séduction et l'érotisme tels que nous les entendons n'étaient rien d'autre qu’une générosité complice où l'on donne autant que l’on reçoit, où l'on partage et où l'on ouvre l'ensemble de ses sens? Pour ressentir ensemble. Plus globalement, ce que viennent souligner avec intelligence et humour ces ouvrages, c'est que cette libération salutaire des mots doit entraîner une nouvelle donne. Une nouvelle donne dans les mœurs de nos sociétés encore plombées par des siècles de patriarcat. p. 100-101
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Esprit de séduction et esprit critique, voilà deux outils que Casanova possède et qui nous seront certainement utiles pour interroger tous les dogmatismes d’aujourd’hui. Ils seront aussi un moyen pour tracer les lignes d’une masculinité pour le XXIe siècle, qui peut peut-être s’inspirer de la masculinité «casanovienne». Loin des schémas de la virilité de vestiaire, mais aussi loin des caricatures de l'homme comme ennemi. «Il faut réinventer l'amour», scandait Rimbaud. En le paraphrasant, disons qu'aujourd'hui, il faut réinventer l'homme, pris dans un étau entre la performance patriarcale qui incombe - qu'on le veuille ou non - à chacun des hommes, et le nécessaire accueil des femmes dans l'égalité, C’est maintenant. Ou jamais.
Et en général, pour se réinventer, il faut revenir aux racines. Non pas aux racines romaines, mais aux racines vénitiennes. Aux racines qui viennent du passé mais tendent clairement vers l'avenir.
Entre donc ici Casanova, avec ton cortège de mots, de sens, d'aventures. p. 29
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Le drame des hommes et des femmes, en dehors des situations d'amour, en dehors des situations d'attachement profond, est une sorte d'absence de fraternité. Tout cela est dû à des siècles et des siècles de préjugés qui font que l'homme doit conserver son image virile et supérieure, la femme son image féminine, douce et soumise et que finalement, l'égalité dans l'explication franche, ouverte et libre (y compris dans les questions sexuelles) est un tabou. Au moment de la parution du livre, Romain Gary est vilipendé. On l'accuse même de porter atteinte à la virilité des hommes et de vouloir mettre à mal l’ordre social. Chancel lui en parle. Il précise encore sa pensée. “Je ne critique pas l'homme, je critique deux mille ans de civilisation qui font peser sur l’homme une hypothèse de fausse virilité qui pèse sur la société et qui est catastrophique. Cette intoxication, cette infection virile, n'a que très peu de rapports authentiques avec la virilité ou ce qu'elle est réellement. p. 44-45
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Videos de David Medioni (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de David Medioni
Premier entretien de la cérémonie du prix Hors Concours 2023, (re)vivez l'interview d'Eva Dézulier par David Medioni, pour son roman "Les Nuits prodigieuses", paru aux éditions Elyzad.
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Résumé :
"À Machado, village de montagne à la frontière espagnole, chaque nuit, des clandestins se font refouler. Un soir, l'un d'entre eux supplie Ange, un jeune berger, de l'aider. Celui-ci refuse, mais l'homme l'émeut en lui parlant de son fils qu'il ne reverra plus. Il confie alors à Ange les plans d'une étrange machine : une machine à aimer. La machine impossible, prodigieuse, tel un coeur battant, va réveiller le village bercé de légendes anciennes. Passant de main en main, elle cause petits ou graves désordres et bouleverse la vie des habitants, jusqu'au drame..." Eva Dézulier nous emporte dans son univers merveilleux, où il est question d'artefact, de grands oiseaux échevelés, de superstitions, d'impératrices en crinoline, mais surtout d'amour et d'humanité.
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Retrouvez toutes les informations liées à l'Académie Hors Concours sur son site Internet (hors-concours.fr), sur Instagram (@prixhorsconcours), Facebook (@HorsConcours) et Twitter (@PrixHC).
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