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David Medioni (Autre)
EAN : 9782815941389
96 pages
L'Aube (21/01/2021)
3.73/5   15 notes
Résumé :
Prendre le train est une aventure. Instantanés de voyage, réflexions sur la place du train dans nos vies et sur son avenir dans nos sociétés peuplent cet ouvrage.

Qui sommes-nous quand nous sommes sur les rails?? Qui sont ces voisins que nous ne connaissons pas mais avec lesquels nous allons partager une certaine intimité, parfois pendant de longues heures?? Que disent de nous nos «?tics de train?», de la peur de ne plus voir sa valise à celle de ne p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Cartésienne, moi ? Certainement pas ! Il suffit qu'un ouvrage paraisse et qu'il m'intrigue pour qu'aussitôt je laisse choir la pile d'ouvrages à lire, minutieusement classée la veille. Il en fut ainsi du petit livre de David Medioni, "Etre en train". Aussitôt paru, aussitôt acheté, lu et, tout aussi vite chroniqué… avec sérieux tout de même.

Ce petit bouquin aiguisait, je dois l'avouer, ma curiosité. Allais-je y retrouver le côté impertinent, parfois caustique, souvent drôle, et toujours brillant d'"Ernest", magazine littéraire dont l'auteur est le fondateur et rédacteur en chef ? Après découverte, la réponse est : "Oui". Même si je l'ai lu confortablement installée dans un fauteuil, j'ai eu l'impression, en cet après-midi grisâtre, de partir loin. Difficile de ranger ce récit dans une case. C'est à la fois un essai, un genre de chronique voyageuse, c'est encore une réflexion sur le moyen de transport qu'est le train, qu'il soit de jour ou de nuit. La lecture a aussi sa place dans ce qu'elle dit de nous. Cette femme arrivée en courant "Tailleur gris clair type Zapa et bijoux de marque." Et son "magazine Simple Things qui invite à cultiver l'essentiel", une "Working girl" assurément. Et cet "homme, quarante-cinq ans environ. "Différent. Jean, T-shirt et mocassins Tod's aux pieds, une montre Patek Philippe au poignet…et Wired, le mensuel américain dédié aux mutations technologiques." Un entrepreneur de start up ? Et je ne parle pas de la liste d'ouvrages abordée allant de Mickaël Connelly à Alain Damasio, en passant par Kundera ou Sébastien Spitzer et bien d'autres, véritable bibliothèque ambulante.

Je me suis régalée de ces "brèves", à lire à la vitesse d'un TGV ou à déguster à celle d'un TER. J'ai, beaucoup aimé le don d'observation hors pair de David Medioni, capable de dénicher "un stylo Faber-Castell en bois…" sur la tablette d'un voyageur dans le TGV Paris-Lille le 16 juillet 2019 et d'en déduire son mode de vie. Je me suis aussi délectée du chapitre relatif au déjeuner qui décortique avec humour, non pas crevettes ou langoustines, mais les tics de chacun à l'heure de se sustenter. Entre "la tribu des prévoyants", "Celle que l'on pourrait surnommer les "On trouvera bien un truc" et "Celle des "jeûneurs", se joue le moment important de la journée. Malice, tendresse et sympathique ironie en prime. Je me suis enfin retrouvée dans les possibles rencontres, les conversations entamées, les journaux prêtés, tous ces petits moments vécus avec des étrangers devenus, un temps, proches, qui font le sel de tout voyage en train. le train, reflet parfait de la société.

Je suis arrivée à bon port. Je descends du wagon, ravie de mon escapade en compagnie de David Medioni et ses compagnons de rail. La prochaine fois que je rendrai le train, le TGV Montpellier/Paris, par exemple, je ne regarderai plus mes voisins de la même façon, c'est certain.

Lien : https://memo-emoi.fr
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J ai entendu la chronique de ce livre un matin de janvier dans la matinale de FR2 par Olivia de Lamberterie dont les mots me font souvent noter le titre pour une lecture future. 

Donc Masse Critique le proposant, je n'ai pas hésité à postuler, et contrairement à mes habitudes, pour ce titre uniquement.

J ai apprécié cette lecture traduisant par de multiples situations les ambiances, les particularités, les catégories de passagers que l on rencontre dans ce type de trains.

Personnellement j en ai pratiqué quelques uns de la Belgique vers la France et l Allemagne mais j ai une nostalgie manifeste pour les trains de mon enfance, de ma jeunesse et plus encore de ma vie d adulte. 

Le train à toujours fait partie de ma vie de différentes façons que je vais vous décrire en quelques points. 

Mes parents ne possédaient pas de voiture et nous habitions une petite ville bien desservie car située pas loin de la frontière Belgique Allemagne. 

Pour les vacances nous avons visité les principales villes de Belgique. 

Professionnellement j ai connu les centralisations, dans un premier temps à une trentaine de kilomètres de notre petite ville. 

Nous formions un groupe de déplacés  et profitions du trajet en train pour nous décharger émotionnellement de nos ressentis. 

Puis après quelques années il fallut suivre mon job dans la capitale Bruxelles. 2 fois par jour 1h30. C est autre chose. C est à ce moment que je suis devenue une lectrice assidue, nous n étions pas encore l époque de l informatique dans les trains comme actuellement. 

J ai également beaucoup aimé les vacances en train auto couchettes avec lesquels on retrouve sa voiture à l arrivée du trajet  ou encore visiter la Suisse au moyen de  trains luxueux est également une belle expérience. 

Je me console de la nostalgie des trains d antan à la maison car s y trouvent quelques vitrines avec.... des trains miniatures. 

Être en train ..... Quel programme.... 



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Ce livre est l'aboutissement d'un projet singulier, à la frontière de la sociologie et du récit, offrant aux lecteurs leur billet pour 180 pages d'une narration captivante par ces bribes de vie qui magnifient le quotidien, d'une réflexion envoûtante sur la place du train, et d'un éloge de l'évasion et de la lenteur.
En abordant trois types de faits propres au train, le transport amoureux, les tics de trains et la vie de train, David Medioni assume ce regard subjectif, symbole de notre humanité, que l'on arbore tous lorsque nous nous asseyons dans les fauteuils de trains usés par les poids des vies et des années qui s'y sont succédés. En réalité, ce livre parle de nous, voyageurs réguliers ou occasionnels, touristes ou travailleurs, jeunes ou vieux, en TGV ou Intercités. le récit conte avec humour et dérision la vie qui se déroule dans cette micro-société qu'est une voiture de train, dans laquelle se joue inlassablement le ballet du quotidien, qui provoque alors les plus belles et fortuites des rencontres, fondées sur une unique volonté de se déplacer au même endroit, au même moment.
Ce récit original nous permet aussi de gagner de la hauteur en prenant conscience de la beauté de ce service ferroviaire qui nous permet à nous tous, citoyens, de changer d'univers en quelques heures, en reliant ces lieux de vie que sont les gares.
Être en train de David Medioni est une ode à la contemplation de ce qui nous entoure et de ceux qui nous encerclent dans un train, durant un trajet où le temps paraît se figer, alors que la locomotive perce les paysages variés et enivrants de l'hexagone.
Qu'adviendra t-il du train dans les prochaines décennies ? Vaste question et vertige à l'évocation de son déclin au profit de la recherche toujours plus grande de la vitesse, au détriment de ces moments salvateurs à l'introspection que sont les trajets ferroviaires.
Finalement, les chapitres s'enchaînent avec un entrain certain, le matin, l'après-midi ou la nuit, en TER ou TGV, en seconde ou première classe, aiguisant toujours plus notre curiosité.
David Medioni érige le train comme le compagnon de nos vies, car dans Être en train, ce dernier et sublimé, mais pas caricaturé, il est conté, mais pas sacralisé.
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Dans Etre en train David Médioni nous emmène avec lui pour des tranches de voyages vécues et finalement des tranches de vie, qui parleront assurément à tous ceux, qui comme moi, voyagent régulièrement à petite ou grande vitesse sur les rails, tantôt spectateurs ou même acteurs volontaires (ou pas…) de ces petits bonheurs, agacements et autres joyeusetés d'un voyage en train, véritable périple parfois, et ce dès le hall de gare.

Que celui ou celle qui n'a jamais été hypnotisé par le panneau d'affichage en le fixant non stop ( comme si cela pouvait faire s'afficher plus tôt le quai..), n'a jamais remonté en contresens une allée juste au moment où les nouveaux voyageurs viennent de monter dans la voiture, ne s'est jamais relever 3 ou 4 fois pour aller surveiller sa valise devenue soudainement la prunelle de ses yeux, n'a pas hérité d'un compagnon de voyage bavard, ronfleur ou qui s'est attribué la propriété de l'accoudoir, et ô summum des joyeuseté… ne s'est jamais retrouvé à voyager avec une dynamique colonie de vacances (ça dépend pour qui, les vacances…), ne sait pas ce qu'est réellement un voyage en train, parenthèse enchantée comme elle peut faire déchanter très vite (en général, quelques mn suffisent…)

Mais nul besoin de monter à son bord pour aller à sa rencontre : le train fait partie de notre quotidien dans tous ces mots et expressions qui nous sont si familières : boute-en-train, train-train quotidien, aller bon train, au train où vont les choses, mener grand train, être en train de, mise en train, train de vie, train arrière, prendre le train en marche (toujours moins risqué au sens figuré…), et bien d'autres. C'est dire à quel point fait il fait partie de nos vies, le train !

Un récit original, agréable à lire, qui m'a fait sourire parfois tant certaines scènes font écho à mes propres expériences de (Grande) voyageuse (Ben si, j'ai la carte). D'ailleurs, mon prochaine voyage à moi approche à grand pas, direction mon Sud (Il n'y a pas que les accoudoirs que l'on peut s'approprier)
Alors, en voiture ! (Et prenez garde à l'espace entre le marchepied et le quai). Elle vous parle, celle-ci aussi, hein ?!

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Merci aux Éditions de l'Aube et à Masse Critique Babelio pour l'envoi de ce livre.
David Medioni nous fait prendre le(s) train(s) dans toutes les directions à partir de Paris : Lille, Montpellier, Bordeaux, Concarneau, Strasbourg, Grenoble, Aix-En Provence, Toulouse, Perpignan Marseille, Bruxelles, Quimper en TGV, mais sans oublier les TER et l'Intercité de Brive, d'Avallon ou de Caen.
L'auteur devient cet observateur que nous sommes tous lorsqu'on prend le train, même à grande vitesse le temps ne s'égrène pas comme au dehors. Que fait-il dans la vie ? Est-il marié ? A t-il des enfants ? Quelqu'un l'attend quelque part ? Est-elle heureuse ? Est-ce que sa vie lui convient ? A t-elle réussi ? Tant de questions ou de phantasmes sur l'autre avec qui nous partageons quelques kilomètres de rails ferroviaires.
On mange, on boit, on lit, on travaille, on joue, on râle (si, si) on se dispute, on s'embrasse.. L'auteur a bien su saisir ces moments parfois tranquilles ou mouvementés, on a l'impression d'avoir déjà croisés ces voyageurs non ?
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Le train s’arrête, je descends. Un seul quai. Une cahute en bois en guise de gare. Le photographe m’a prévenu par SMS qu’il serait là à neuf heures plutôt qu’à 8 h 32. J’ai une demi-heure pour prendre ce fameux café. Je cherche l’établissement, les tables, les chaises, les serveurs, les lectrices qui attendent le train, les fous du téléphone qui passent les coups de fil d’avant voyage. Je cherche, mais je comprends vite que le seul café que je pourrai prendre, ce matin-là, est un café lyophilisé au goût de détergent issu d’une machine automatique. Deux euros, tout de même. Je comprends aussi très vite que le seul fauteuil qui pourra m’accueillir est en fait un de ces tabourets en bois qui pullulent un peu partout en France. Le message de Meuse-TGV est clair : « Lève-toi et marche, tu ne crois tout de même pas que tu vas pouvoir prendre ton temps, lire, attendre en rêvassant. La modernité, c’est la vitesse. Le passage furtif. Le temps optimisé. La flânerie n’est pas de ce monde. » Voilà le message que me renvoie cette gare. Comme l’avait fait celle – moderne – de Montpellier Sud-de-France, alors que j’étais arrivé un peu en avance et que je cherchais un lieu pour m’attabler et grignoter un sandwich. Ce que nous disent ces nouvelles gares, c’est : « Passe ton chemin. Avance. Ne t’arrête pas. Ne stoppe pas le mouvement. » Assis sur mon tabouret de bois, alors que la gare a été désertée jusqu’à l’arrivée du prochain train, je me plonge dans les notes du téléphone où je consigne des idées. Je tombe sur Paul Virilio, philosophe de la vitesse qui écrivait :
La question de la vitesse est une question centrale qui fait partie de la question de l’économie. La vitesse est à la fois une menace, dans la mesure où elle est capitalisée, tyrannique et, en même temps, elle est la vie même. On ne peut pas séparer la vitesse de la richesse. Si l’on donne une définition philosophique de la vitesse, on peut dire qu’elle n’est pas un phénomène, mais la relation entre les phénomènes.
Alors que mon photographe n’est pas encore là, que mon café machine au goût de détergent est terminé, je songe à cette attente. Ce moment que j’aime tant habituellement. Cette attente apaisante qui donne une forme de but. L’attente qui mobilise nos corps et nos esprits. Elle est si jolie quand elle s’agrémente d’un café, de son ambiance, de son brouhaha et de pensées diverses et variées. Ce matin-là, elle était étrange. En regardant la garde vide, elle était même un peu coupable : « Et si j’étais en train de perdre mon temps » ?
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Ce soir, en arrivant à vingt heures à Paris, ceux qui sont parents de jeunes enfants savent qu'ils ne pourront pas dîner avec les petits, et qu'ils ne les verront pas éveillés non plus. Ils sont le symbole de cette vie frénétique qui épuise. Cette vie un poil ahurissante que nous menons sans nous en rendre compte. Entre déplacements professionnels, pression des chefs, des actionnaires, charge mentale, impression que le temps file sans que l'on puisse le saisir, et avec cette certitude qu’au fond il y a quelque chose de don donquichottesque dans nos existences. comme si nous courrions après du vent.
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Je compris aussi très vite que le seul fauteuil qui pourra m'accueillir est en fait un de ces tabourets en bois qui pullulent un peu partout en France. Le message de Meuse-TGV est clair : " Lève-toi et marche, tu ne crois tout de même pas que tu vas pouvoir prendre ton temps, lire, attendre en rêvassant. La modernité, c'est la vitesse. Le passage furtif. Le temps optimisé. La flânerie n'est pas de ce monde.
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En chemin, je recroise le contrôleur. "Alors, vous, vous êtes un esthète, vous aimez ce que vous découvrez ou re-découvrez", rigole-t-il avant de me souhaiter bonne nuit. Ce que je redécouvre ? Le fait de maitriser le temps. Le fait de ne pas être en stress. De ne pas voir tout le monde courir partout. Le fait de ne pas déambuler dans un train où tout le monde est sur son écran.
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Un peu plus loin, une femme seule, 45 ans environ. Elle pleure. J'ai toujours aimé ces instants en train. Instantanés de nos vies grandes et minuscules à la fois. Il paraît même que dans ce wagon, un journaliste en transit rêvait d'écrire un roman.
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Videos de David Medioni (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de David Medioni
Premier entretien de la cérémonie du prix Hors Concours 2023, (re)vivez l'interview d'Eva Dézulier par David Medioni, pour son roman "Les Nuits prodigieuses", paru aux éditions Elyzad.
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Résumé :
"À Machado, village de montagne à la frontière espagnole, chaque nuit, des clandestins se font refouler. Un soir, l'un d'entre eux supplie Ange, un jeune berger, de l'aider. Celui-ci refuse, mais l'homme l'émeut en lui parlant de son fils qu'il ne reverra plus. Il confie alors à Ange les plans d'une étrange machine : une machine à aimer. La machine impossible, prodigieuse, tel un coeur battant, va réveiller le village bercé de légendes anciennes. Passant de main en main, elle cause petits ou graves désordres et bouleverse la vie des habitants, jusqu'au drame..." Eva Dézulier nous emporte dans son univers merveilleux, où il est question d'artefact, de grands oiseaux échevelés, de superstitions, d'impératrices en crinoline, mais surtout d'amour et d'humanité.
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Retrouvez toutes les informations liées à l'Académie Hors Concours sur son site Internet (hors-concours.fr), sur Instagram (@prixhorsconcours), Facebook (@HorsConcours) et Twitter (@PrixHC).
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