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EAN : 9781097455126
Éditeur : Cent Mille Milliards (15/11/2017)

Note moyenne : 4.9/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Les « anges stagiaires » : c’est ainsi que Victor Hugo désignait les humains, anges en apprentissage au cours de leur passage terrestre. Ici, Rafail, exilé à Paris, n’a plus d’autres certitudes que ses désirs, essaye d’échapper aux choix que son destin lui impose.

Rafail, alias René Goldenblat, trente-cinq ans, issu de l’émigration russo-juive, vit à Paris où il est doctorant en histoire. Déraciné, il sabote progressivement tout ce q... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Wallut
  25 avril 2018
Raphaël, le héros (tiens, un héros masculin traité par un auteur féminin, ce n'est pas si fréquent !), adolescent attardé, étudiant attardé, amoureux attardé, refuse ou, plutôt, a tant de mal à s'engager dans l'âge adulte qu'il se met presque en danger. C'est qu'il ne sait pas à quoi se raccrocher étant donné son statut d'exilé à Paris, mal enraciné, mal attaché. S'il aime la littérature, et en particulier Pic de la Mirandole (sans l'expliquer, ce qui laisse le lecteur "déraciné" à son tour devant cette énigme, pourtant magnifique), celle-ci lui sert autant de prétexte que de garde-fou. La langue française (la langue de l'amour, ne l'oublions pas…) sera(it) finalement le pays, le paradis où trouver la réponse à ses interrogations et à son mal être.
Combien de langues comme la langue française ont ce pouvoir dans le monde de jouer avec les mots, les lettres qui les composent, leur sonorité, leurs homophonies, leurs sens dans d'innombrables tiroirs, d'absorber les mots des autres et de les transformer pour décrire l'existence, en jouer et ainsi mieux en goûter les multiples facettes ?
Avec Les anges stagiaires, Olga Medvedkova propose surtout un bel éloge de la diversité dans l'esprit, animé par une langue incroyablement vivante et audacieuse, et donc dans la vie.
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cigne
  26 février 2018
Un très beau roman, qui nous fait découvrir avec beaucoup de tendresse, de finesse et intelligence un personnage très touchant, qui se dit exilé, ayant des racines russes et qui nous rappelle vaguement certains personnages de la littérature russe, genre Oblomov. Il est opposé à tout ce qui est la vie matérielle, une bonne et confortable situation dans la société, faisant gagner beaucoup d'argent. Il fait partie de ces "inutiles" dont nous ne pouvons pas, en réalité, nous passer et que l'auteure nous fait aimer et apprécier.
Et tout cela dans une langue dont la beauté et la richesse nous surprennent à chaque page et à chaque phrase.
Merci, Olga Medvedkova pour la joie que ce beau livre nous octroie.
Bravo!
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aurore69
  13 mars 2018
Rafael-René Goldenblatt a 35 ans et tire à la ligne sa vie étudiante dans un Paris dont il guette tous les charmes. Son existence semble sinon placée sous le geste du refus : refus de choisir une langue, un pays, une seule femme, refus de devenir adulte.
J'ai aimé sa nonchalante résistance et plus encore sa relation avec Irène, Irène, photographe géniale mais pauvre en mots, Irène qui ne couche pas, Irène qui se révèle être le double excessif de Rafael dans son refus de s'incarner.
J'ai surtout aimé l'écriture d'Olga Medvedkova dont l'ampleur semble charrier toutes les langues parlées par ce narrateur exilé
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Arimagu
  27 janvier 2018
Un livre que l'on n'oubliera pas de sitôt.
La richesse de l'écriture, le style montrent chez l'auteure l'amour de la langue française. Ce héros désenchanté qui cherche sa voie nous interpelle. Un grand roman.
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irinarakova
  19 avril 2018
Un roman formidable, avec un style original : pittoresque, intense, avec ses personnages aux mille nuances. Une fois commencé, il est difficile de refermer le livre. On a envie de suivre les personnages dans les petits recoins parisiens décrits avec tant d'amour...
Ce roman est d'autant plus impressionnant sachant que le français n'est pas la langue maternelle de l'auteure, et voyant à quel point sa palette linguistique est large.
Du plaisir à l'état pur!
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
ArimaguArimagu   27 janvier 2018
Par la porte à droite de l’autel nous entrâmes dans le cimetière.
— Voyez-vous, cher Rafail, ici le château devient église, l’église se transforme en cimetière. Quand j’ai
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épousé Alexandre, je les ai épousé tous les trois : châ- teau, église, cimetière. J’avais vingt ans. Je viens d’une famille aussi ancienne et bien plus riche que celle de mon mari, mais nous n’avons pas préservé le berceau familial, nous nous sommes dispersés à travers la France, et que dis-je, le monde, car il y a des G. (elle prononça un nom glorieux) en Suisse, en Italie, au Canada, et nos tombes sont partout. Alors que là, ils sont ensemble. Quand après notre mariage Alexandre m’a emmenée ici et m’a montré ces tombes, j’ai vu toute ma vie se déployer devant moi. J’ai su que, dès lors, j’appartenais à ce bout de la Terre, parce que ces morts m’ont accueillie et m’ont donnée une place parmi eux. Et vos proches, Rafail, où sont-ils ?
— Jenesaispas:Goldenblatc’estcommeDupont, à peu près aussi rare.
— À votre âge, je savais déjà où je serai enterrée, répéta Thérèse. Quant à mon mari, il le savait dès sa naissance.
Je compris, tout à coup, pourquoi il lui était facile de se défaire de ses vestes. Nous marchions sur les feuilles grasses du plantain qui poussait entre les tombes, entre les obélisques et les dalles brisés. Thé- rèse s’arrêta devant une pyramide et me l’indiqua des yeux. Il y avait sur sa face un relief figurant une croix dans une couronne.
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ArimaguArimagu   27 janvier 2018
Fier de cette brusque lucidité, je poussai la porte de mon bureau et affrontai le mécontentement de Sandrine. Si un tel était le Grand, tel autre le Sage, tel autre le Bienheureux, Sandrine était la Mécontente. Mon malheur à cette époque n’était pas de partager le bureau avec quelqu’un de pénible, mais de le par- tager avec Sandrine qui l’était à sa manière, stoïque.
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Personne ne forçait Sandrine à rester au bureau toute la journée: seul comptait le nombre de notices que chaque membre de notre équipe rendait à la fin du mois. De ce point de vue, notre bureau était un luxe superflu. Nous pouvions tout aussi bien travailler à la bibliothèque, ou emporter les livres à la maison. Mais Sandrine travaillait au bureau. Chaque matin elle arrivait tôt, avant moi, et le soir repartait tard, après moi. Occupé ainsi, ce lieu était à elle : j’y passais tandis qu’elle demeurait ; j’étais occasionnel, elle permanente. C’était son siège, d’autant plus que sa place se situait à côté de la fenêtre alors que la mienne était à côté de la porte, et que le message téléphonique était enregistré par elle et à son seul nom ; enfin, c’était l’affiche de son film préféré qui ornait le peu de mur vide qui n’était pas tapissé de livres.
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ArimaguArimagu   27 janvier 2018
À l’époque où je m’installai à Paris – loin du lieu de ma naissance, loin de ma tristesse d’enfant unique gâté comme peuvent l’être les enfants uniques et, qui plus est, les enfants d’exilés (nos parents nous arrachent à nos potagers natals et nous transplantent dans un terreau nouveau pour une vie meilleure, promesse impossible à tenir et grosse de culpabilité), loin égale- ment de ma province d’accueil genevoise, si peu mienne, comme du reste n’importe quelle autre province de la planète Terre – à l’époque donc où, âgé de trente ans, je m’installais dans ce centre du monde, dans cette ville, ce par(ad)is, nécessairement perdu, il me sem- blait évident que je le faisais pour une seule et unique raison: pour être encore plus libre. Je ne dirais pas comme Pic, pour imiter sur terre la vie des chérubins, mais presque. Je me souviens de mes premiers mois à Paris : j’en étais ivre, je jubilais, je perdais la tête. J’étais le vagabond médiéval, un brin de rien, invisible, injoi- gnable. Tel un Scythe venant des bords du Pont-Euxin, un pèlerin amoureux de son ombre, j’avais traversé l’Europe, ne me liant à personne, me nourrissant de rien (du pain, des olives et des figues), m’endormant sur des pierres chaudes nappées de lichen. Et, après l’avoir ainsi toute traversée, j’avais choisi Paris pour m’y arrêter, pour un moment, for a while. Bref, Paris, c’était ma gageure, mon image adventice, celle dans laquelle je m’étais reconnu, que j’avais passionnément voulu mimer. Il m’avait fallu Paris, et cela s’était fait.
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centmillemilliardscentmillemilliards   03 avril 2018
La cour devant l’entrée était pleine. L’odeur des sacrifices pénétrait jusqu’aux poumons, des lourdes boucles grises encerclaient les têtes brunes et blondes, s’élançaient dans l’air. On fumait. Des déguisements en oripeaux, trop larges ou trop étroits, cela se boutonnait ailleurs que logiquement. Les hommes étaient plus vieux que les filles. Plus jolies étaient ces dernières et plus courtes étaient leurs robes; plutôt qu’une robe, une paire de jeans de rien du tout, mais sur quelle paire de fesses! Le noir dominait. Le fameux goût parisien. L’allure étaient languissante, paresseuse: ils ont tout vu et depuis longtemps.
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