AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2290141232
Éditeur : Editions 84 (20/09/2017)

Note moyenne : 4.43/5 (sur 35 notes)
Résumé :
Une petite ville semblable à tant d'autres… Et puis un jour, la bavure… Un contrôle d'identité qui dégénère… Il s'appelait Saïd. Il avait quinze ans. Et il est mort… Moi, Mattia, onze ans, je ne l'ai pas connu, mais après, j'ai vu la haine, la tristesse et la folie ronger ma famille jusqu'à la dislocation… Plus tard, alors que d'étranges individus qui ressemblent à des flics rôdent autour de moi, j'ai reconnu son visage tagué sur les murs du quartier. Des tags à la ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
diablotin0
  11 novembre 2017
Ce roman noir est poignant. Cloé Mehdi écrit avec une plume d'une très grande sensibilité.
Rien ne se perd dépeint une atmosphère noire et des personnages auxquels on s'attache instantanément.
On a envie de protéger Mattia, jeune garçon de onze ans confié à Zé tout aussi attachant. le regard sombre, sans illusion de Mattia sur la vie, sur la société fait tristement écho à la réalité.
Cloé Mehdi confirme son grand talent avec ce livre, j'avais déjà été impressionnée par la qualité de "Monstres en cavale".
Son regard sur la société est noir mais aussi teinté de poésie et de tendresse. Cette jeune romancière a vraiment un style à elle , j'attends avec impatience qu'elle écrive son prochain roman. Bravo !
Commenter  J’apprécie          340
gruz
  11 juillet 2016
Quelle étrange impression que de se lancer dans une lecture sans rien en attendre de particulier et de la terminer pantelant. Les moments d'émotions littéraires qui vous chamboulent, vous meurtrissent (et vous enthousiasment), sont suffisamment rares pour qu'on tente de les partager en mots.
Il faut dire que Cloé Mehdi fait montre d'un talent unique pour conter un genre d'histoire qui a tendance à devenir par trop banal dans notre société actuelle. Elle fait preuve d'une expressivité hors normes à travers ce récit carné où elle incarne littéralement ses personnages. Des protagonistes qui ont du corps, au point qu'on a l'impression qu'ils vivent toujours à nos cotés même lorsque les pages sont refermées.
A l'image de Mattia, du haut de ses onze ans. Si on accepte d'intégrer le concept ; côtoyer un gamin à part, qui s'exprime comme un adulte et réagit parfois comme tel ; la rencontre devient marquante. Car Mattia n'est décidément pas un gamin comme les autres, et son environnement « familial » non plus.
Quel paradoxe que de ressentir de telles émotions pour un gosse qui, lui, pense être invisible. Quelle singularité que d'être bouleversé par des personnages qui ne savent pourtant rien exprimer entre eux de leurs ressentis au quotidien.
Rien ne se perd, ou la perte de repères. Un roman terriblement sombre d'où émane une certaine lumière, particulière. Des personnages qu'on aimerait sauver alors qu'ils sont si proches de la noyade.
Cloé Mehdi arrive à faire vibrer la corde sensible dans un monde qu'on pourrait croire désensibilisé. Un univers terrible de solitude et d'injustice, dans lequel plus personne ne trouve sa place.
Sujet très sensible s'il en est (les violences policières), thème dérangeant autour duquel l'auteure développe son intrigue. J'aurais pourtant tendance à dire que ce n'est pas la seule matière du roman, ni même la plus importante. C'est un contexte dans lequel se meuvent ces personnages si humains, engoncés dans leur mal-être, très loin des stéréotypes habituels des banlieues.
Des protagonistes qui baignent littéralement dans ce qu'on a trop vite tendance à cataloguer comme de la folie. Ne pas savoir comment vivre et tout le système psychiatrique se met en branle autour de vous. Rien ne se perd est imprégné de ce malaise psychologique et c'est sans doute ce qui est le plus perturbant dans ce roman.
Rien ne se perd, mais tout se transforme t-il ? En tout cas, ce roman de Cloé Mehdi m'aura transformé quelque part, par sa sensibilité à fleur de peau et son humanité désespérée. Une jeune auteure qui a tout d'une grande.
Lien : https://gruznamur.wordpress...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          223
Rodin_Marcel
  14 novembre 2017
Mehdi Cloé (née en 1992) – "Rien ne se perd" – Jigal / J'ai lu, 2016
– Prix Etudiant du polar en 2016, Prix Mystère de la critique en 2017

Un livre inadmissible, au sens le plus fort du terme (j'ai travaillé douze ans dans le 9-3, au contact de jeunes de banlieue).
En effet, sous le couvert d'un personnage central rendu sympathique, l'auteur matraque son point de vue simpliste à plusieurs reprises : les "flics" sont tous des assassins, ils passent leur temps à massacrer des jeunes de banlieue, et se voient ensuite innocentés par les juges.

Pour faire passer ce message simpliste, l'auteur utilise diverses ruses dont il est aisé de lister les principales.

Le personnage central, le narrateur, est un jeune enfant de onze ans prénommé Mattia, bien évidemment traumatisé par "les violences policières", mais aussi par les conséquences de ces scènes sur les adultes qui l'entourent, lesquels sont pratiquement toutes et tous en traitement psychiatrique (l'hôpital psychiatrique Charcot passe aussi à la moulinette du dénigrement). Évidemment, seule la psychologue, qui, comme par hasard, vient aussi de cette banlieue Verrière, et est donc – forcément – elle aussi traumatisée par des scènes de violence policière, s'avère compréhensive et tout plein gentille.
Remarquons en passant que la situation juridique de cet enfant est tout à fait in-vraisemblable : sa garde aurait été accordée à un jeune homme récemment sorti lui aussi d'asile psy, dénommé "Zé", sous prétexte que les parents de ce jeune homme seraient de puissants membres du système juridique honni.

Le rôle des juges est d'ailleurs récapitulé en page 189 : dans ce roman, elles et ils passent leur temps
"à envoyer en taule des tas de gens de Verrière qu'avaient pas fait grand chose (sic!), alors que le flic qui a tué Saïd, personne l'a condamné".
Cette thèse paraît quelque peu bizarre, lorsque l'on sait que la dernière marotte des jugettes consiste à casser les commissaires luttant efficacement contre les trafics de drogue, sous le prétexte qu'elles n'étaient pas prévenues et ne purent donc alimenter dans l'heure qui suit les colonnes du Canard enchaîné et autres gazettes à succès...

Parmi ceux que l'auteur appelle constamment "les flics", le "coupable" sera bien évidemment repentant, puisqu'il faut bien dans ce récit qu'il soit entièrement coupable : c'est "bien sûr" par pur férocité et racisme qu'il aurait agressé un jeune de banlieue qui n'était qu'en fuite. Et bien évidemment, quinze ans plus tard, ces mêmes flics entament une enquête clandestine, en dehors de toute procédure légale.

Quant au jeune "assassiné" par les flics plusieurs années auparavant, il s'agit bien sûr d'un gentil gamin de quinze ans, qui ne faisait jamais rien de "grave" puisqu'il se contentait d'avoir du shit sur lui et d'être positif au contrôle THC-cannabis (p. 216). Ces gentils jeunes n'avaient bien évidemment rien à voir avec le fait que la vitrine du centre social soit régulièrement défoncée (p. 312), et ce n'est vraiment pas leur faute si l'une d'entre elles finit par assassiner froidement le flic coupable (p. 317).
Pire encore, l'auteur glisse une liste de tous les jeunes ainsi "assassinés par les flics" (p. 187).
La comptabilité des victimes est toujours un exercice périlleux, voire odieux...
Il va de soi que la liste des policiers gravement blessés, voire incendiés, ne figure nulle part dans ce livre. de même qu'il n'est nulle part rappelé que la plupart des gamins de onze ans sont – à cet âge – déjà embrigadés dans le trafic de drogue par les caïds, lesquels terrorisent les habitants qui se voient obligés de servir de "nourrice".
Bien évidemment, il n'est pas non plus rappelé que certains de ces innocents jeunes gens torturèrent à mort Ilan Halimi, armèrent Mohamed Merah (Toulouse, 2012), et se livrent régulièrement à ces actes inadmissibles envers leurs concitoyens de confession juive.

Il y a fort à parier que – dans un prochain roman – cette dame nous offrira un bien joli roman sur la totale innocence des djihadistes partis couper quelques têtes en Syrie ou en Irak...

Qu'une personne écrive – avec talent, hélas – un tel roman pose déjà un problème, mais que d'autres se croient obligés de lui accorder des prix littéraires divers et variés montrent à quelle degré d'irresponsabilité peuvent culminer les cultureuses et cultureux...

Pour ce qui concerne la banlieue, mieux vaut se fier aux classiques que sont devenus les romans de Jonquet ("Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte" "Jours tranquilles à Belleville"), Morgan Sportès ("Tout, tout de suite"), ou aux romans plus récents de Magyd Cherfi ("Ma part de Gaulois"), Bibi Naceri ("A l'arrache"), Rachid Santaki ("Les anges s'habillent en caillera").
On peut même s'intéresser au versant vécu par la police avec Olivier Norek ("Territoires")...

Et pour conclure sur ce roman, il n'est pas interdit de penser qu'il constitue une véritable insulte envers toutes celles et ceux qui s'échinent pour que les habitant-e-s des banlieues puissent vivre en paix.


+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Bazart
  14 juillet 2016
Rien ne se perd, tout se transforme même, et surtout, le sentiment de culpabilité. Mattia n'a que onze ans mais déjà toute une vie lourde derrière lui. La culpabilité il connait, avec un père suicidé, une mère démissionnaire et un tuteur bourrelé de remords, Mattia regarde le monde des adultes et déjà se demande déjà à quoi ça sert de vivre ?
Un faits divers vieux de quinze ans remonte à la surface et met en émoi la petite ville de banlieue, une bavure policière, un adolescent mort et un policier relaxé. Tous les adultes qui rayonnent autour de Mattia ont un lien avec cette histoire ancienne, alors le jeune garçon sait, en lisant, un matin, sur un mur de la cité : « Justice pour Saïd » que l'histoire c'est remise en marche et que rien ne pourra l'arrêter.
L'injustice et l'oubli est un couple toxique qui ne peut engendrer que la haine, mais l'injustice et la haine sont souvent d'excellents ressorts pour un vrai polar urbain. La cité devient un ring où tous les tristes protagonistes de cette tragédie vont s'affronter. Cloé Medhi est une très jeune romancière et on ne peut s'empêcher de penser en lisant « Rien ne se perd » que les yeux de Mattia sont les siens.
Audacieuse et sincère elle utilise avec brio la matière sociale et psychologique pour nous offrir un opéra tragique où les destins inextricablement mêlés devront aller au bout de leurs sacrifices.
Un roman de jeunesse très prometteur.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          230
belette2911
  06 mai 2017
Si "Inspecteur la bavure", avec Coluche dans le rôle, était très drôle, quand un policier commet une bavure, c'est tout de suite moins drôle, surtout s'il a confondu le crâne d'un gamin de 15 ans avec une citrouille à exploser…
C'est ce qui est arrivé à Saïd, 15 ans, récidiviste au casier déjà chargé, lors d'un contrôle d'identité. Un flic a pété les plombs et bardaf, ce fut l'embardée. Il ne fut pas condamné.
Ce fait divers horrible, Mattia, notre narrateur de 11 ans ne l'a pas vécu, il n'était pas né, et ensuite, ce fut une chape de plomb sur cette affaire. Mais ça l'intrigue, surtout depuis que des tags « Justice pour Saïd » éclosent sur tous les murs.
L'auteure nous a écrit un roman terriblement noir avec pour narrateur un jeune garçon qui a vu son père interné en HP (pas Harry Potter) où il a fini par se suicider, où il a vu sa famille se disloquer et sa mère le confier à un jeune homme de 24 ans, Zé, lui même au passé plus que lourd qui vit avec une copine aux tendances plus que suicidaires.
L'ambiance est lourde, plombée, dans cette citée qui a vécu des émeutes et la mort d'un de ses enfants. Certes, ce n'était pas un enfant de coeur, mais sa mort était purement gratuite et le coupable n'a pas été châtié, ce qui fait que la rancoeur est toujours là.
Un air de déjà-vu, non ? Quand une bavure est l'étincelle qui fait exploser les barils de poudre… Terriblement contemporain.
Les portraits des personnages sont forts, réalistes, et les détails sur leur passé seront distillés avec parcimonie, divulgués au fur et à mesure des découvertes de Mattia, notre jeune garçon qu'on aurait envie de serrer dans nos bras tant il est émouvant à se protéger derrière des murs érigés dans sa tête.
Mattia voudrait être invisible, mais pourtant, il est très présent dans ces pages, à tel point qu'une fois le roman refermé, il vit toujours parmi nous et on aimerait presque que l'auteure nous donne de ses nouvelles, de temps en temps.
Toute sa vie n'est que souffrance, celle des autres aussi : les gens de la cité, sa soeur, sa mère, dans la famille de Saïd,… Pourtant, malgré cette ambiance plombée et triste dans laquelle évolue nos personnages, on se trouve face à un récit enthousiasmant, si je puis dire, tant il apporte des émotions fortes à son lecteur.
On pourrait dire que ce roman, c'est un semi-remorque d'émotions qu'on se prend dans la gueule, ce sont des vies disloquées, éparses, des gens blessés qui tentent de panser leurs plaies vaille que vaille, en comptant sur la présence de certains pour les soutenir, pour les aider à avancer dans le chemin de la guérison.
Il y a des tas de messages importants dans ses pages, des messages sur lesquels on devrait méditer afin de trouver des solutions pour que cela n'arrive plus à l'avenir…
Un roman noir fort, sombre, rempli d'émotions à l'état brut, de vies éclatées, de vies suicidées, de vies en lambeaux, des personnages réalistes, flamboyants, qui tentent de s'en sortir comme ils peuvent, eux que la vie a fracassé et laissé en miettes.
Un roman qui m'a emporté et qui m'a laissée sans voix, sans mots pour exprimer ce que je ressens vraiment après sa lecture. Pas grave, d'autres en parlent mieux que moi.

Lien : https://thecanniballecteur.w..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
diablotin0diablotin0   11 novembre 2017
C'est ainsi que les choses fonctionnent, Mattia. La justice aux juges. La violence aux flics. La santé aux médecins. Les fous aux asiles, et ne t'avise pas de t'attribuer une place qui n'est pas la tienne.
Commenter  J’apprécie          150
diablotin0diablotin0   11 novembre 2017
Grâce à eux, vous étiez de nouveau prêts à vivre en société. Vous étiez normaux. Heureux ? Tout le monde s'en foutait. Il fallait juste vous rendre aptes à habiter dehors, peu importe dans quel état. Peu importe si le monde autour de vous n'avait pas changé. Ils disaient que c'était à vous de vous adapter. Ils n'ont pas encore inventé de neuroleptiques pour modifier la réalité.
Commenter  J’apprécie          60
diablotin0diablotin0   10 novembre 2017
Maman disait que les problèmes détestent la solitude. Quand l'un d'entre eux se pointe tu peux être sûr qu'il va ramener tous ses copains.
Commenter  J’apprécie          210
diablotin0diablotin0   09 novembre 2017
Elle est comme moi, Gina. Elle remarque tout. Mais elle a hérité de ma mère l'art de taire les choses importantes, et de mon père l'art de la fuite.
Commenter  J’apprécie          172
diablotin0diablotin0   09 novembre 2017
un jour ma mère m'a dit qu'il fallait s'attacher à personne parce que tout le monde finit par t'abandonner.
Commenter  J’apprécie          162
Video de Cloé Mehdi (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Cloé Mehdi
UNE PÉPITE, UN DIAMANT BRUT : chronique de RIEN NE SE PERD de CLOÉ MEHDI par Séverine Lenté.
http://polar.jigal.com/?page=liens&p=179
autres livres classés : roman noirVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle

Autres livres de Cloé Mehdi (1) Voir plus




Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (6 - polars et thrillers )

Roger-Jon Ellory : " **** le silence"

seul
profond
terrible
intense

20 questions
1198 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , thriller , romans policiers et polarsCréer un quiz sur ce livre
. .