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ISBN : 9791092016703
Éditeur : Jigal polar (01/05/2016)

Note moyenne : 4.55/5 (sur 28 notes)
Résumé :
Une petite ville semblable à tant d'autres… Et puis un jour, la bavure… Un contrôle d'identité qui dégénère… Il s'appelait Saïd. Il avait quinze ans. Et il est mort… Moi, Mattia, onze ans, je ne l'ai pas connu, mais après, j'ai vu la haine, la tristesse et la folie ronger ma famille jusqu'à la dislocation… Plus tard, alors que d'étranges individus qui ressemblent à des flics rôdent autour de moi, j'ai reconnu son visage tagué sur les murs du quartier. Des tags à la ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
gruz
11 juillet 2016
Quelle étrange impression que de se lancer dans une lecture sans rien en attendre de particulier et de la terminer pantelant. Les moments d'émotions littéraires qui vous chamboulent, vous meurtrissent (et vous enthousiasment), sont suffisamment rares pour qu'on tente de les partager en mots.
Il faut dire que Cloé Mehdi fait montre d'un talent unique pour conter un genre d'histoire qui a tendance à devenir par trop banal dans notre société actuelle. Elle fait preuve d'une expressivité hors normes à travers ce récit carné où elle incarne littéralement ses personnages. Des protagonistes qui ont du corps, au point qu'on a l'impression qu'ils vivent toujours à nos cotés même lorsque les pages sont refermées.
A l'image de Mattia, du haut de ses onze ans. Si on accepte d'intégrer le concept ; côtoyer un gamin à part, qui s'exprime comme un adulte et réagit parfois comme tel ; la rencontre devient marquante. Car Mattia n'est décidément pas un gamin comme les autres, et son environnement « familial » non plus.
Quel paradoxe que de ressentir de telles émotions pour un gosse qui, lui, pense être invisible. Quelle singularité que d'être bouleversé par des personnages qui ne savent pourtant rien exprimer entre eux de leurs ressentis au quotidien.
Rien ne se perd, ou la perte de repères. Un roman terriblement sombre d'où émane une certaine lumière, particulière. Des personnages qu'on aimerait sauver alors qu'ils sont si proches de la noyade.
Cloé Mehdi arrive à faire vibrer la corde sensible dans un monde qu'on pourrait croire désensibilisé. Un univers terrible de solitude et d'injustice, dans lequel plus personne ne trouve sa place.
Sujet très sensible s'il en est (les violences policières), thème dérangeant autour duquel l'auteure développe son intrigue. J'aurais pourtant tendance à dire que ce n'est pas la seule matière du roman, ni même la plus importante. C'est un contexte dans lequel se meuvent ces personnages si humains, engoncés dans leur mal-être, très loin des stéréotypes habituels des banlieues.
Des protagonistes qui baignent littéralement dans ce qu'on a trop vite tendance à cataloguer comme de la folie. Ne pas savoir comment vivre et tout le système psychiatrique se met en branle autour de vous. Rien ne se perd est imprégné de ce malaise psychologique et c'est sans doute ce qui est le plus perturbant dans ce roman.
Rien ne se perd, mais tout se transforme t-il ? En tout cas, ce roman de Cloé Mehdi m'aura transformé quelque part, par sa sensibilité à fleur de peau et son humanité désespérée. Une jeune auteure qui a tout d'une grande.
Lien : https://gruznamur.wordpress...
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Livresque78
12 septembre 2017
Je vous parle aujourd'hui d'un roman très touchant aux éditions J'ai lu, il paraîtra le 20 septembre 2017 et je vous invite d'ors et déjà à vous le procurer dès sa sortie. Mattia, un garçon de 11 ans à qui la vie n'a pas épargné grand chose m'a littéralement bouleversé…
Une narration principalement faite par un enfant, qui pourtant fait preuve d'une maturité et d'une lucidité incroyable mais logique quand on connaît son vécu.
Un roman, qui a pour toile de fond une bavure policière qui s'est déroulée il y a plusieurs années et qui pourtant refait surface sans que l'on comprenne immédiatement pourquoi. Mais Chloé Medhi va bien plus loin, elle nous plonge dans une réflexion multiple, sur la famille, la société, le bien et le mal, la justice et son impartialité et sur le sens de la vie en général.
Une histoire très touchante car elle ramène chacun à sa propre conception de la vie, de la société et de l'éducation, elle chamboule nos valeurs et je dois l'avouer me laisse en fin de lecture un sentiment étrange. Elle met en défaut notre système judiciaire, l'impartialité, l'égalité, qui sont les mots d'ordre de notre beau pays...
Lien : https://livresque78.wordpres..
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Bazart
14 juillet 2016
Rien ne se perd, tout se transforme même, et surtout, le sentiment de culpabilité. Mattia n'a que onze ans mais déjà toute une vie lourde derrière lui. La culpabilité il connait, avec un père suicidé, une mère démissionnaire et un tuteur bourrelé de remords, Mattia regarde le monde des adultes et déjà se demande déjà à quoi ça sert de vivre ?
Un faits divers vieux de quinze ans remonte à la surface et met en émoi la petite ville de banlieue, une bavure policière, un adolescent mort et un policier relaxé. Tous les adultes qui rayonnent autour de Mattia ont un lien avec cette histoire ancienne, alors le jeune garçon sait, en lisant, un matin, sur un mur de la cité : « Justice pour Saïd » que l'histoire c'est remise en marche et que rien ne pourra l'arrêter.
L'injustice et l'oubli est un couple toxique qui ne peut engendrer que la haine, mais l'injustice et la haine sont souvent d'excellents ressorts pour un vrai polar urbain. La cité devient un ring où tous les tristes protagonistes de cette tragédie vont s'affronter. Cloé Medhi est une très jeune romancière et on ne peut s'empêcher de penser en lisant « Rien ne se perd » que les yeux de Mattia sont les siens.
Audacieuse et sincère elle utilise avec brio la matière sociale et psychologique pour nous offrir un opéra tragique où les destins inextricablement mêlés devront aller au bout de leurs sacrifices.
Un roman de jeunesse très prometteur.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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belette2911
06 mai 2017
Si "Inspecteur la bavure", avec Coluche dans le rôle, était très drôle, quand un policier commet une bavure, c'est tout de suite moins drôle, surtout s'il a confondu le crâne d'un gamin de 15 ans avec une citrouille à exploser…
C'est ce qui est arrivé à Saïd, 15 ans, récidiviste au casier déjà chargé, lors d'un contrôle d'identité. Un flic a pété les plombs et bardaf, ce fut l'embardée. Il ne fut pas condamné.
Ce fait divers horrible, Mattia, notre narrateur de 11 ans ne l'a pas vécu, il n'était pas né, et ensuite, ce fut une chape de plomb sur cette affaire. Mais ça l'intrigue, surtout depuis que des tags « Justice pour Saïd » éclosent sur tous les murs.
L'auteure nous a écrit un roman terriblement noir avec pour narrateur un jeune garçon qui a vu son père interné en HP (pas Harry Potter) où il a fini par se suicider, où il a vu sa famille se disloquer et sa mère le confier à un jeune homme de 24 ans, Zé, lui même au passé plus que lourd qui vit avec une copine aux tendances plus que suicidaires.
L'ambiance est lourde, plombée, dans cette citée qui a vécu des émeutes et la mort d'un de ses enfants. Certes, ce n'était pas un enfant de coeur, mais sa mort était purement gratuite et le coupable n'a pas été châtié, ce qui fait que la rancoeur est toujours là.
Un air de déjà-vu, non ? Quand une bavure est l'étincelle qui fait exploser les barils de poudre… Terriblement contemporain.
Les portraits des personnages sont forts, réalistes, et les détails sur leur passé seront distillés avec parcimonie, divulgués au fur et à mesure des découvertes de Mattia, notre jeune garçon qu'on aurait envie de serrer dans nos bras tant il est émouvant à se protéger derrière des murs érigés dans sa tête.
Mattia voudrait être invisible, mais pourtant, il est très présent dans ces pages, à tel point qu'une fois le roman refermé, il vit toujours parmi nous et on aimerait presque que l'auteure nous donne de ses nouvelles, de temps en temps.
Toute sa vie n'est que souffrance, celle des autres aussi : les gens de la cité, sa soeur, sa mère, dans la famille de Saïd,… Pourtant, malgré cette ambiance plombée et triste dans laquelle évolue nos personnages, on se trouve face à un récit enthousiasmant, si je puis dire, tant il apporte des émotions fortes à son lecteur.
On pourrait dire que ce roman, c'est un semi-remorque d'émotions qu'on se prend dans la gueule, ce sont des vies disloquées, éparses, des gens blessés qui tentent de panser leurs plaies vaille que vaille, en comptant sur la présence de certains pour les soutenir, pour les aider à avancer dans le chemin de la guérison.
Il y a des tas de messages importants dans ses pages, des messages sur lesquels on devrait méditer afin de trouver des solutions pour que cela n'arrive plus à l'avenir…
Un roman noir fort, sombre, rempli d'émotions à l'état brut, de vies éclatées, de vies suicidées, de vies en lambeaux, des personnages réalistes, flamboyants, qui tentent de s'en sortir comme ils peuvent, eux que la vie a fracassé et laissé en miettes.
Un roman qui m'a emporté et qui m'a laissée sans voix, sans mots pour exprimer ce que je ressens vraiment après sa lecture. Pas grave, d'autres en parlent mieux que moi.

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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vincent34380
23 août 2017
A l'ombre des tours, dans une banlieue populaire d'une grande ville, de nouveaux tags fleurissent les murs. le visage de Saïd s'affiche partout, souligné des mots « Justice pour tous ». Saïd était un jeune garçon d'une quinzaine d'années, tué par un policier lors d'un contrôle d'identité « musclé », il y a plus de 10 ans. le policier coupable, protégé par ses pairs et par sa hiérarchie, a été jugé, innocenté et muté dans une autre ville.
L'apparition de ces tags, bien après les évènements, et sans raison apparente, suscite une certaine nervosité parmi les forces de police.
Dans cette cité vit Mattia Lorozzi, 11 ans. Fils d'un éducateur de quartier qui s'est suicidé, sa mère l'a confié à la garde de Zé, qui est devenu son tuteur légal. Il vit maintenant avec lui et sa compagne Gabrielle, une jeune femme suicidaire.
« Papa était mort et le vide continuait de grandir dans les yeux de maman.
J'avais sept ans. J'étais à l'hôpital. Une étudiante infirmière s'était chargée de panser mes plaies. Je n'avais pas eu besoin de points de suture. Les blessures étaient superficielles. Celles sur ma peau, en tout cas. Mais le couteau s'était aussi planté dans son coeur à elle – maman – et n'avait fait qu'élargir le vide.
Elle a attendu que l'infirmière s'en aille, elle m'a dit :
– Je ne peux plus vivre avec toi, Mattia. »
Vous conviendrez avec moi que ce n'est pas l'environnement idéal pour l'épanouissement harmonieux d'un enfant. D'autant que Gina, sa soeur ainée, a elle aussi quitté le foyer familial et ne réapparaît qu'épisodiquement, pour quelques heures ou quelques jours, pour repartir aussitôt, on ne sait où.
A travers le portrait de Mattia, gamin intelligent, mais que la vie a conduit à se bâtir une carapace, l'auteure traite de l'enfermement, tant intérieur qu'extérieur, des barrières imposées par la société et surtout par soi-même. Il y a aussi les ravages causés par les non-dits, ce gamin intelligent comprend bien qu'on lui cache des choses, et interprète ces silences d'une façon très personnelle.
C'est aussi l'occasion d'une dénonciation contre les dérives d'une certaine police, dont les exactions sont trop souvent passées sous silence.
On ne pourra pas s'empêcher de faire le parallèle avec des victimes de bavures policières plus ou moins récentes, dont les noms ont fait la une des journaux, et provoqué la colère des banlieues Si elle n'est pas le sujet essentiel du livre, la mort de Saïd en demeure le fil rouge, auquel se rattachent de façon plus ou moins directe, tous les évènements.
« Antidépresseurs. Anxiolytiques. Antipsychotiques. Thymorégulateurs. Somnifères. Un paradis pour toxico. Un cartel de la drogue, mais légal.
Et chaque jour, le gobelet et les pilules. Une ou deux fois au début vous vous êtes révoltés, lassés des effets secondaires, du tremblement de vos mains, de vos difficultés à vous exprimer ou même à penser, ou à ressentir. Lassés de leur langage, toujours les mêmes mots : « réajuster ». On n'arrêtait jamais un traitement sinon pour passer à un autre. Alors vous refusiez de les prendre. Et ils vous mettaient en chambre d'isolement pendant des jours et des jours et des jours, le traitement en injection, parfois sanglés au lit mais toujours pour votre bien, ils vous attachaient avec une grande humanité. »
Elle dresse aussi un tableau peu reluisant des institutions de santé et de leur attitude vis-à-vis des malades.
Mattia, le narrateur de ce roman est âgé de onze ans. La vision que nous avons de l'histoire passe donc par le filtre de sa perception. Il cherche son chemin dans ce monde d'adultes où il ne trouve pas sa place. Il craint d'avoir hérité de la folie de son père et de se retrouver lui aussi en hôpital psychiatrique. C'est le regard d'un enfant qui bien qu'étant d'une grande maturité, ne comprend pas l'injustice.
Ce roman est habité de personnages vrais, cabossés par la vie et victimes de la société. Des cas sociaux comme vous pourriez en croiser dans la tour à deux pas de chez vous, qui essayent tant bien que mal de s'accommoder de la vie qui est la leur.
L'écriture absolument maîtrisée est toute de précision et de sobriété. Il n'y a pas un mot de trop et les choses sont dites de façon abrupte certes, mais nécessaire.
Cloé Mehdi nous livre ici une oeuvre d'une grande intelligence et d'une rare profondeur. Malgré sa noirceur, c'est un beau roman, âpre, écrit avec le coeur, plein de sincérité. Et, dans toute cette désespérance brille tout de même une petite étincelle d'espoir.
Un roman qui fera date et que je vous invite à découvrir.
Éditions Jigal, 2016
Lien : https://thebigblowdown.wordp..
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Citations & extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
BazartBazart10 juillet 2016
« A 19 heures on passe à table. Gabrielle invite les travailleurs sociaux à se joindre à nous. Titre du documentaire : « La famille dysfonctionnelle dans la vie quotidienne ». Ça pourrait même faire une bonne émission de télé-réalité. J’imagine le pitch : Un meurtrier passionné de poésie, une dépressive suicidaire et un enfant perturbé tentent de vivre ensemble au-delà de leurs différences, mais les services sociaux s’en mêlent. Zé, Gabrielle et Mattia parviendront-ils à faire illusion et à déjouer la menace ? »
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doublepagedoublepage25 juillet 2017
Quand j'avais cinq ans je me demandais pourquoi la vie était injuste à ce point.
Quand j'avais sept ans je me disais que si elle avait été juste elle en aurait perdu tout son sens, car on ne serait pas poussés par l'espoir d'une amélioration.
Quand j'avais huit ans je cherchais désespérément un moyen de réparer les torts - mais je ne l'ai jamais trouvé parce que la plupart des injustices sont irréversibles, c'est pourquoi elles sont tellement insupportables.
A neuf ans j'ai décidé d'arrêter de me poser des questions.
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belette2911belette291104 mai 2017
[...] l’erreur est humaine à ce qu’on raconte. Le seul problème c’est qu’elle est tolérée pour certains et pas pour d’autres, et toujours les mêmes.
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MakimyMakimy28 avril 2017
Les véhicules démarrent, éclat bleuté des gyrophares, [...], la prochaine fois qu'on se verra il y aura des barreaux entre nous, tout ça parce qu'un putain de flic un jour a perdu son sang-froid, tout ça parce que la justice ne fonctionne que d'un côté, tout ça parce qu'ils déterminent avec leurs propres critères qui est un monstre barbare et qui ne l'est pas, qui est un assassin et qui a commis une erreur pardonnable, et l'erreur est humaine n'est-ce pas, elle l'est si tu es flic, elle ne l'est pas si tu es un délinquant, alors en tout connaissance de cause choisis ton camp, camarade...
Je pleure sans pouvoir m'arrêter.
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crapettecrapette30 mai 2017
Il attend la réponse judiciaire. Elle arrive au bout de trois ans : acquittement. Le flic sort de la salle d'audience porté en triomphe par ses collègues. Histoire trop banale.
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Video de Cloé Mehdi (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Cloé Mehdi
UNE PÉPITE, UN DIAMANT BRUT : chronique de RIEN NE SE PERD de CLOÉ MEHDI par Séverine Lenté.
http://polar.jigal.com/?page=liens&p=179
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