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EAN : 9782365696937
256 pages
Editions Les Escales (06/01/2022)
4/5   30 notes
Résumé :
Autour d'un Steinway qui a traversé le XXe siècle, les destins de deux femmes que tout sépare se rencontrent, liés par un ancien secret et l'amour de la musique.

New-York, juin 1937, Tillie Schultz perpétue la tradition familiale et entre chez Steinway & Sons pour travailler auprès des "immortels", ces pianistes de légende comme Rachmaninov et Horowitz. Grande mélomane, son talent n'égale pas celui des maîtres qu'elle côtoie. Pour vivre sa passion, el... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
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Kittiwake
  12 mai 2022
Le personnage fil rouge de ce roman mélodieux est un piano, un Steinway, marque mythique et prestigieuse. le Steinway qui hante ces pages est de plus unique et reconnaissable en raison d'une gravure incrusté sur son bois, et qui représente deux papillons unis pourl'éternité.
C'est aussi l'histoire d'une partition, qui reproduit un adagio de Bach, elle aussi unique, portant deux idéogrammes calligraphiés sur sa page de couverture. Ces deux éléments, l'auteur nous propose de les suivre dans leur périple complexe entre la Chine et les États-unis, tout au long d'une période qui va de la deuxième guerre mondiale jusque'à nos jours;
Il faut donc s'accrocher pour suivre les sauts dans le temps et l'espace et se repérer dans la généalogie des personnages, d'autant que l'auteur ne la dévoile dans son intégralité que tard dans le récit. C'est d'autant plus complexe que la chronologie n'est pas respectée.
Il n'en reste pas moins que l'histoire de cet instrument et des musiciens qui l'ont joué est émouvante par ce qu'elle laisse transparaître de la beauté et de la profondeur des émotions que peut susciter la musique.
On traverse aussi au cours des pages des périodes noires de l'histoire récente de notre humanité, où les remous de la haine ont pu broyer des destins pourtant prometteurs. de la répression du régime de Mao, aux massacres de la guerre en Europe, les hommes ont montré la noirceur de leur âme quand le pouvoir les consigne dans un univers si loin des destinées individuelles qu'ils sont censés protéger
Un beau roman sur fond de musique divine.
256 pages Les escales 6 janvier 2022
Sélection POL 2022
Lien : https://kittylamouette.blogs..
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Ogrimoire
  10 janvier 2022
Ces derniers mois, nous avons eu à plusieurs reprises l'occasion de lire des livres qui s'attaquent à cet Everest de la littérature qui consiste à transcrire en mots, à un titre ou un autre, les émotions que transmet la musique. Opus 77, le stradivarius de Goebbels, Berlin requiem, abordaient à leur manière cette question : au travers d'un morceau, d'un instrument, d'un chef d'orchestre, d'un interprète…
C'est en partie ce qui explique notre curiosité et notre souhait de voir comment Marie-Diane Meissirel allait, elle, traiter de ce sujet.
Et cette dimension historique est plutôt réussie, même si elle souligne à diverses reprises les lacunes que, les uns et les autres, nous pouvons avoir sur l'histoire du continent asiatique… dont nous entendons souvent parler principalement lorsque des intérêts européens sont en jeu, comme à l'occasion de la rétro-cession de Hong Kong à la Chine par le Royaume-Uni en 1997.
Sur la forme, j'avoue avoir eu par moments la sensation de m'égarer entre les personnages, et notamment les personnages asiatiques (Xia, Mei, Qiang, Shen, An, Xie, Zhu, Li, Feng… – je m'y retrouvais plus facilement entre les personnages européens, Tillie, Joseph, Gustaf, Irina), les lieux (Shanghai, Hong Kong, Baoji, Moscou, New-York), et les époques (1936-1937, 1941-1945, 1955-1965, 1971-1973, 1995, 2009, 2014-2015).
Sachant, et c'est peut-être la seule dimension sur laquelle je mettrais réellement un bémol, c'est que, y compris sur une même période, on peut se retrouver avec des allers-retours, des flash-back, qui m'ont semblé davantage troubler la lecture que l'enrichir. Mais c'est probablement lié au fait que, de manière général, j'ai en général plus de difficulté à me représenter une histoire dans le temps que dans l'espace – de même que j'ai de la difficulté à intégrer les arbres généalogiques -.
L'histoire, elle, est très belle. Traversée par deux papillons gravés dans le bois du piano. D'une musicalité qui associe douceur et mélancolie, avec les contrepoints de ces explosions de violence que les guerres des hommes provoquent toujours. Lors de ces passages où la politique et la violence brisent tout sur leur passage, jusqu'à vouloir éradiquer la musique considérée comme trop occidentale, détruisant des instruments, je n'ai pas pu m'empêcher de repenser à cette chanson de Bernard Lavilliers, dans laquelle il disait que « la musique parfois a des accords majeurs, qui font rire les enfants mais pas les dictateurs ».
Revenons également un instant sur ce titre, Les accords silencieux. Sachant qu'un Steinway se trouve au coeur de l'histoire, on est tenté de ne voir dans ces « accords » que leur dimension musicale. Mais ce livre met également en scène toute l'incommunicabilité des sentiments, comme en témoigne la citation choisie pour ouvrir cette chronique : percevoir sans parler, exprimer sans dire… Ce que l'on ne sait pas exprimer en mots, parfois – et qui peut être l'accord tacite et silencieux entre deux personnes, entre deux âmes -, on parvient parfois à le dire en musique. Les accords de la musique peuvent alors se substituer aux mots pour dire un accord silencieux, qui ne sait pas se dire, si j'ose l'exprimer ainsi. Ce livre est donc aussi une mise en abime, tentative de dire en mots des sentiments que la musique exprime en émotions parce qu'il n'a pas été possible de les formuler…
Le livre, enfin, se conclue sur une lettre. D'amour. Un modèle du genre. Qui dit en mots écrits ce que l'un des personnages n'a pas su dire en mots prononcés. Et qui, par une pirouette de l'auteure, bien qu'écrite en 1945, n'est lue qu'en 2015, comme si, bien qu'ils aient été écrits, ces mots ne pouvaient pas être lus, du moins pas ici, pas maintenant, parce qu'ils sont de l'ordre de l'indicible… Il serait étonnant que cela soit un hasard dans cette histoire…
Pour profiter pleinement de la magie de ce livre, n'hésitez pas à le lire en écoutant la play-list des morceaux choisis par Marie-Diane Meissirel. Que vous soyez sensibles à la musique ou aux mots, vous mettrez ainsi toutes les chances de votre côté !
Lien : https://ogrimoire.com/2022/0..
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BiblioJoy
  21 juin 2022
« La musique est une loi morale. Elle donne une âme à nos coeurs, des ailes à la pensée (…) » Platon
*
Un roman mêlant l'histoire d'âmes soeurs et de musique, imprégné de mélancolie et de silences évocateurs tout en pudeur et subtilité.
Mémoire familiale et destin de deux femmes autour d'un piano Steinway que secrets, musique et amour relient. Deux jolis papillons bleus voletant…
« Mon beau papillon, m'aurais-tu oublié pour toujours ? »
Tillie 1937 à New-York et Xià 2014 à Hong-Kong.
D'intrigues en mystères, partons à la découverte de leur histoire… Non-dits, doutes et émotions au rendez-vous.
Marie-Diane Meissirel nous fait voyager au fil des notes et des harmonies musicales, à New-York, Shanghai, Hong-Kong et à travers différentes époques.
La musique débordante d'émotions, provoquant joie et tristesse, est omniprésente dans ce roman.
Consolatrice, révélatrice, douce berceuse ou puissance déchaînée, douceur, colère, et toujours passionnément éternelle et universelle.
Nul besoin de mots, la musique résonne dans le coeur des êtres qui se reconnaissent.
Accords parfaits, désaccords majeurs, mineurs, mais toujours présente.
L'intense mystère de la musique et la puissance des sentiments nous emportent avec sensibilité et délicatesse.
Des accords silencieux et déchirants auxquels le dénouement du roman donne sens.
*
« La beauté est une rencontre. Toute présence
Sera par une autre présence révélée. » François Cheng.
*
Les sauts dans le temps tout au long du récit m'ont un peu déstabilisée, ma lecture ayant été entrecoupée à plusieurs reprises j'ai parfois été perdue dans les générations avec les personnages.
Malgré tout, le charme a opéré, j'ai aimé le style et l'histoire ; touchée par de belles émotions. Un très joli roman.
*
A lire à l'écoute des morceaux cités dans le roman ; clin d'oeil aux magnifiques phrases de François Cheng.
*
« (…) elle est un charme à la tristesse, à la gaieté, à la vie, à toute chose (…) éblouissante et passionnément éternelle » - Platon
*
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Emilie77400
  23 janvier 2022
Aujourd'hui je vous invite à faire un voyage musical, un voyage à travers le XXe siècle qui va vous mener de New York à Hong Kong, en passant par Shanghai.
L'histoire débute à Hong Kong, Tillie est une femme âgée qui cherche quelqu'un pour faire revivre son piano, si cher à son coeur. Elle va faire la rencontre de Xià, une étudiante chinoise qui va ainsi retrouver le plaisir de jouer. Ce qu'elles ne savent pas c'est qu'elles ont beaucoup plus en commun que l'on ne pourrait le soupçonner, mais chut, le voyage ne fait que commencer…
Ce livre c'est donc l'histoire de Tillie que l'on découvre à travers son journal mais également celle de Gustaf son père, de Xià, de Měi, de Shēn… C'est l'histoire de personnes toutes habitées par la musique et toutes liées d'une manière ou d'une autre à ce magnifique Steinway dont la ceinture est gravée de 2 papillons.
L'auteure nous promène donc d'un continent à l'autre, au gré des évènements vécus par les personnages. Les allers-retours dans le temps s'enchaînent et j'ai trouvé cela assez déstabilisant au début mais on s'habitue assez rapidement.
C'est un livre que j'ai beaucoup aimé, je me suis assez vite attachée aux personnages, j'ai apprécié les voir traverser L Histoire avec ses bouleversements, en être aussi parfois victimes, malheureusement… L'auteure sans nul doute a dû faire un énorme travail de recherches car l'immersion est totale. J'ai également adoré découvrir les liens qui unissent les personnages au fur et à mesure que l'histoire se dévoilait. Pour tout vous dire j'ai presque trouvé ça trop court, j'aurais aimé que certains passages soient plus développés.
Rachmaninov, Bach, Schubert, Horowitz… les références musicales parsèment les pages du livres et sont nombreuses, aussi je vous conseille de lire ce livre en musique (l'auteure de nous a partagé sa playlist sur Spotify) : cela donne une toute autre dimension, on a réellement l'impression de rentrer dans l'intimité des personnages, d'être auprès d'eux.
N'hésitez plus, embarquez:)
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Calimero29
  24 avril 2022
Hong-Kong, septembre 2014. Tillie, une dame très âgée, ne pouvant plus jouer du piano, instrument qui l'a accompagnée depuis son enfance et a marqué tous les drames et les bonheurs de sa vie, embauche Xia, étudiante chinoise virtuose, mais qui a abandonné, contre son gré, une carrière prometteuse de pianiste afin qu'elle vienne jouer, tous les jours, certains morceaux qui ramènent Tillie avec mélancolie, douceur, tendresse vers son passé et ses chers disparus. L'histoire de ces deux femmes, le destin de leur famille respective vont s'entremêler autour de la musique et d'un piano de légende, le Steinway.
L'auteure nous transporte à Hong-Kong, New-York, Shangaï, Pékin, Moscou, Bombay de 1936 à 2015. le destin des personnages s'inscrit dans l'Histoire tragique qui a marqué cette période : invasion de la Chine par le Japon, 2ème Guerre Mondiale, le communisme en URSS, la révolution culturelle en Chine, la révolution des Parapluies à Hong-Kong avec leurs lots d'épurations, de libertés muselées. Certains seront broyés par les évènements, d'autres survivront mais ils seront tous marqués définitivement.
Les deux personnages principaux de ce magnifique roman sont le Steinway et la musique. Celle qui permet de supporter les épreuves, celle qui apaise les souffrances, celle qui relie les êtres humains entre eux grâce à un langage universel, celui de l'émotion pure, celle qui rend présents les êtres chers disparus, celle qui ouvre un espace de dialogue, celle qui émeut, celle qui transporte. le Steinway, a, comme les personnages, traversé les époques, les pays et a été témoin des drames, des passions ; il est le lien indestructible entre tous les personnages.
Ce très beau roman, au style poétiquement évocateur, est traversé d'un souffle romanesque très fort, soutenu par l'émotion qui émane de la musique, émotion fort bien rendue par l'auteure à tel point que j'ai ressenti le besoin d'écouter la plupart des morceaux auxquels Marie-Diane Messirel fait référence.
Mon plaisir a cependant été un peu amoindri car j'ai parfois été un peu perdue entre les nombreux lieux, époques, dates et personnages en particulier asiatiques.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
BiblioJoyBiblioJoy   21 juin 2022
(…) les notes se délient lentement sous ses doigts, portées par les silences, dans une gravité sereine. (…) une ascension progressive, un rythme cardiaque qui s’accélère avec la mélodie, (…) le souffle qui s’emballe à l’approche de l’extase, (…) le corps qui tremble dans sa solidité, près d’atteindre le point d’équilibre, celui où la souffrance s’évapore dans un chant lumineux qui éclaire les ténèbres de l’âme.
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KittiwakeKittiwake   12 mai 2022
Seule dans le noir, Tillie guette les derniers rayons du soleil. Ils sont les rares visiteurs de sa maison de Happy Valley, les compagnons de ses interminables journées. Elle aimerait aussi accueillir le vent, sa caresse, ses murmures mais ici, il est sauvage et ne vient qu’en rafales alors les fenêtres restent closes pour éviter que les portes ne claquent et se referment sur sa solitude.
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Calimero29Calimero29   24 avril 2022
Il avait le téléphone en horreur, parce qu'il trompait l'instant par l'illusion de la présence et laissait un vide que seuls les mots écrits pouvaient combler.
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OgrimoireOgrimoire   10 janvier 2022
Sur la pointe des pieds, je me suis glissée à ses côtés, me suis mise au piano voisin et ai repris avec lui les notes de l’Adagio de Bach, le seul morceau qu’il joue. Nous l’avons interprété à l’unisson à plusieurs reprises sans échanger ni regards ni paroles. Je devinais dans le jeu de mon père, derrière ces notes si familières, une douleur profonde.
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joellebooksjoellebooks   29 avril 2022
Son majeur gauche va à la rencontre du clavier et égrène six notes timides, son index vient alors à son secours pour lui donner la force d’un accord, puis son petit doigt se joint en renfort pour qu’enfin sa main droite ait l’élan nécessaire pour porter la mélodie. L’Adagio de Bach, Xià frissonne.
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Video de Marie-Diane Meissirel (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marie-Diane Meissirel
Rencontre avec Marie-Diane Meissirel, auteure de "Huit mois pour te perdre" et "Un héritage grec".
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