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ISBN : 2070131351
Éditeur : Gallimard (16/02/2012)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 166 notes)
Résumé :

Mille trois cent quatre-vingt-dix-sept kilomètres. Eva voyage en train depuis son Tyrol du Sud natal jusqu'en Calabre pour rendre visite à Vito, disparu de sa vie
trop tôt et depuis trop longtemps, que la maladie menace d'emporter. Durant ce trajet du nord au sud de l'Italie, de sa région frontalière et germanophone au Sud profond, c'est toute son enfance et l'histoire de sa mère Gerda qui défilent dans sa tête.
Celle-ci est si belle, si libre,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (46) Voir plus Ajouter une critique
krzysvanco
  27 octobre 2016
Lu en V.O.
J'ai toujours été passionné par l'histoire, mais ce livre m'a fait réaliser que j'ai encore beaucoup de lacunes : j'ignorais tout de l'histoire, pourtant récente, du Haut Adige ou Tyrol du Sud, rattaché à l'Italie après le traité de Versailles bien que peuplé en majorité d'habitants de langue allemande.
Et pourtant, ce n'est pas un livre d'histoire mais un roman.
Tout part d'un colis adressé à Eva que sa mère, Gerda, fait renvoyer à l'expéditeur en expliquant au facteur qu'"Eva dort."
Lorsque Eva quelques années plus tard reçoit un message de Vito, un grand amour de sa mère et quelqu'un qu'elle-même a considéré presque comme le père qu'elle n'a jamais eu, lui annonçant qu'il est très malade et souhaiterait la revoir, elle entreprend un long voyage de 1.397 kilomètres à travers toute l'Italie, du Tyrol du Sud à la Sicile pour le revoir. Ses souvenirs remontent à la surface.
Le livre donne une vue chronologique, par l'histoire de sa famille, à travers les personnages de son grand-père Hermann, de sa mère Gerda - fille-mère, son frère Peter et tant d'autres attachants, mais également par l'histoire de sa région depuis son rattachement de force et sa colonisation par Mussolini, la résistance de ses habitants, leur attachement à leur culture, les attentats commis pour un rattachement à l'Autriche, pour enfin arriver à un compromis avec le gouvernement Italien lui octroyant une grande autonomie.
Chaque chapitre de cette chronologie est nommé par année.
A cette vision chronologique s'interbrique une vision géographique, celle du trajet qu'entreprend Eva vers Vito, ici les chapitres sont intitulés comme des bornes kilométriques. Les descriptions des lieux traversés et des divers personnages rencontrés durant ce voyage sont belles et sont entrecoupées par les souvenirs d'Eva.
C'est un livre extrêmement bien documenté et qui m'a beaucoup appris sur l'histoire de cette région, souvent lors de sa lecture, il m'a donné envie d'en savoir plus et m'a incité à ma documenter davantage sue les noms cités (notamment Andreas Hoffer, Silvius Magnago que je l'avoue, je ne connaissais pas...). J'ai vraiment eu l'impression de lire un livre d'histoire à ces moments-là.
Le livre fourmille de mots allemands ou plus exactement dialectaux tyroliens, désignant l'habitat, les vêtements et surtout la cuisine.
La partie plus romanesque ne m'a pas laissé indifférent non plus, et la fin du livre est très émouvante.
On sent de la part de l'auteure un véritable amour pour cette région. Elle m'a donné envie de la découvrir.
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michfred
  07 mars 2016

Eva dort…Elle a dormi, mais pas moi - j'ai même beaucoup appris.
D'abord , l'histoire ethno-linguistique du Haut –Adige, depuis la première guerre où il quitta le giron de l'Autriche, son Heimat, en passant par l'italianisation forcée, à grands coups de saton fasciste, sous Mussolini, puis par son intégration insidieuse et aliénante dans la nouvelle république italienne… qui remit le feu aux poudres, jusqu'au « Kompromis » intelligemment mis en place par Silvio Magnago, leader politique du Sud-Tyrol, et Aldo Moro qui surent reconnaître la spécificité linguistique et culturelle du Haut-Adige tout en lui faisant partager l' italianité qui le liait aux autres régions de la Botte…
J'ai aussi fait une bonne révision géographique car cette fresque historique se déploie dans le temps en même temps que l'héroïne, Eva, se déplace dans l'espace, en train, du Nord au Sud de l'Italie et accomplit tout un périple destiné à retrouver in extremis celui qui fut son père de coeur : les chapitres sont autant d'étapes kilométriques et le paysage italien défile par les fenêtres (sauf quand un tunnel empêche le déploiement du regard et du prospectus touristique)…
J'ai aussi appris une foultitude de mots allemands, un peu de ladino, quelques expressions tirées des dialectes calabrais ou sicilien.
Et je crois que je saurais préparer sans problème, des Wiener schnitzel ou la petite salade au pourpier et au foie de volaille inventée par Gerda…
Mais les personnages, fades et peu consistants, et la trame romanesque trop vaste et sporadique, noyée par l'approche historique, ont souffert de cette volonté didactique et exhaustive - Francesca Melandri est documentaliste.
J'ajoute que « Eva dort » est un premier roman. Il en a les défauts et qualités : rien n'est laissé au hasard, le récit est extrêmement construit, très bien documenté, il est écrit dans une langue fluide, classique, sobre- mais sans grand caractère. Un peu comme les personnages : on ne fait pas deux héroïnes, de la mère et de la fille, en se contentant de les déclarer belles, désirables et libres…C'est un peu court…Les personnages masculins sont encore plus esquissés et réduits à un trait : le cousin Ulli est l'homosexuel malheureux et humilié, Hermann, le grand' père tyrannique et fasciste, Vito, le carabinier protecteur et altruiste…
J'aurais préféré que Francesca Melandri ne creuse qu'un sillon : la vie de Gerda dans son grand hôtel méritait à elle seule tout un livre, tandis que se développent les premières stations de ski et que s'émancipe, lentement, douloureusement l'autonomie de la femme, entre grossesse non désirée, abandon d'enfant ou opprobre public, travail chichement rémunéré et compétences difficilement reconnues, salaires rognés et congés volés – le syndicalisme est encore un très vilain mot !
Ou alors il fallait raconter le seul parcours tragique et violent de Hermann, l'homme au regard farouche auquel les mots font défaut. Mais Eva qui est le « fil rouge » de cette grande saga est malheureusement la plus inintéressante de tous…
J'ai été plus passionnée par l'Histoire que touchée par l'histoire…et je me suis même un peu ennuyée quand les péripéties romanesques tentaient de reprendre pied sur la toile de fond historique si prégnante- et intéressante !
A mon grand regret, je ne mets donc que trois étoiles à ce livre ambitieux, bien documenté et assez bien écrit, mais qui ne m'a ni attachée, ni bouleversée.
Qui trop embrasse…
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litolff
  27 novembre 2012
Un joyau dans la cuvée littéraire de l'année 2012 !
Eva dormait lorsqu'un petit paquet est arrivé pour elle et que sa maman l'a renvoyé à l'expéditeur : 1397km aller et pareil au retour, de la Calabre jusqu'au Sud-Tyrol ou Haut-Adige, c'est selon... 30 ans plus tard, Eva entreprend de faire ce voyage, les yeux grand ouverts sur son pays, pour retrouver l'expéditeur ; au fil des kilomètres qui la séparent de la Calabre, on découvre l'histoire du Haut-Adige, une région insolite et meurtrie de la frontière austro-italienne, détachée de l'Autriche pour être attribuée à l'Italie en dépit de ses habitants très majoritairement germanophones, italianisée par la force dans la violence et le déni des cultures, terreau de terrorisme... Histoire identitaire donc, histoire de l'Italie, oui mais c'est aussi un exceptionnel portrait de femme : celui de Gerda, bouleversante beauté nordique, mère célibataire dans une région pauvre et reculée dans l'Italie d'après-guerre, luttant pour conserver son emploi de cuisinière dans un grand hôtel, avec sa fille, Eva. Mais qu'on ne s'y trompe pas, aucune mièvrerie dans cette histoire là, il ne s'agit pas d'un roman à l'eau de rose et loin s'en faut. Avec une construction impeccable, un texte très maîtrisé restituant à merveille les particularismes régionaux, une écriture lumineuse et pleine d'humour, Francesca Melandri réussit là un magnifique premier roman empreint d'une émotion palpable, un roman qui envoûte de la première à la dernière ligne, Sans aucun doute, un des meilleurs romans de l'année, UNE VRAIE RÉUSSITE A NE PAS MANQUER !
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isabellelemest
  15 avril 2013
Excellent roman, qui, sur le thème de l'autonomie de la région du Haut Adige, aussi appelé Tyrol du Sud, entrelace un récit consacré à la figure de la mère de la narratrice, Gerda, et à son difficile parcours de mère célibataire ayant réussi à la force des poignets, avec des chapitres d'aujourd'hui où l'héroïne, Eva, traverse l'Italie en train pour retrouver son presque père, le calabrais Vito, le compagnon que Gerda n'a pas pu épouser et dont les jours sont désormais comptés par la maladie.
Travail de mémoire, ce livre est presque autant consacré à la solitude de Gerda, abandonnée par son père, un homme dur et insensible, qui la confie très jeune comme aide à la cuisine d'une grand hôtel, où elle se fera faire un enfant par un fils à papa irresponsable, qu'à la question de cette région germanophone qu'est le Haut Adige. Terre rattachée à l'Italie par une des nombreuses aberrations du Traité de Versailles, ce Tyrol du Sud totalement autrichien de coutumes et de langue, fut italianisé de force par le fascisme, sans grand résultat, si ce n'est l'appauvrissement et la perte de repère des paysans incapables de la moindre démarche officielle en italien. L'histoire de cette région fut particulièrement douloureuse pendant la seconde guerre mondiale, ceux qui refusaient les sirènes du nazisme étant rejetés de toutes parts. Même dans les années 60 de nombreux attentats séparatistes agitent la région... La famille de Gerda n'est pas à l'écart de ces déchirements car son père a choisi — mal lui en a pris — le Reich nazi, tandis que son frère est un terroriste indépendantiste qui le paiera de sa vie, mais surtout la division est dans les âmes, dans ce monde de tradition où tout se pense en allemand et où chacun peine à se sentir italien.
Le rapport entre Gerda, cette femme indépendante, belle et volontaire qui, sans instruction ni formation, se retrouve à la tête des cuisines du grand hôtel de Bolzano, et sa fillette Eva née hors mariage, est émouvant car elle doit laisser l'enfant à des voisins accueillants qui lui feront place au sein de leur grande famille... La petite Eva, toujours anxieuse de retrouver sa mère à la basse saison hôtelière, mène cependant une vie normale aux côtés de son cousin préféré Ulli et de sa famille adoptive. Pour elle s'ouvre une période de grand bonheur quand Gerda se lie avec le brigadier calabrais Vito, paternel et humain, qui ne peut cependant épouser celle qu'il aime, en partie en raison de l'éloignement et de la différence de leurs régions d'origine.
Cette Italie si longue à traverser et si diverse dans ses régions, ses coutumes ou ses dialectes, son nord prospère et son mezzogiorno si différent, est aussi la réalité à laquelle se réfère Eva dans son long voyage en train qui parcourt la botte italienne et lui permet de visualiser les facettes variées de son pays - qui n'est pas seulement son Heimat tyrolien natal.
Une très belle écriture, excellemment traduite par Danièle Valin, donne chair et épaisseur à ce voyage dans le temps et dans l'espace, de même que la composition habile qui laisse le lecteur haletant, allant de l'angoisse à la tendresse, de l'émotion à la réflexion. On pourrait peut-être noter quelques longueurs sur la question politique de l'autonomie du Haut Adige, mais elles sont rachetées par un final où les retrouvailles d'Eva et de Vito mourant sont évoquées avec pudeur et sensibilité. D'autres thèmes s'entrecroisent comme celui de la paternité, au coeur du livre, et celui de l'homosexualité, niée ou rejetée par cette société alpine traditionnelle. Cela ne fait qu'ajouter à la richesse de l'oeuvre, une véritable réussite.
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Nuageuse
  08 mai 2017
Un beau roman sur la solitude et la perte imposées. Tout d'abord celles du Tyrol du Sud annexé par l'Italie. Cette région était autrichienne et lors de cette annexion, seule la langue italienne était autorisée pour toutes les démarches administratives. Il a fallu attendre de nombreuses années et des attentats afin que l'allemand et le dialecte tyrolien soient recconus. D'ailleurs, on demande encore à Eva, la narratrice actuelle, si elle se sent plus allemande ou plus italienne.
Narratrice actuelle du roman car le récit est aussi à la fois basé sur l'histoire de sa mère Gerda, de son enfance. L'auteur alterne les chapitres sur le passé et sur le voyage actuel en train d'Eva.
Solitude et perte imposée aussi pour la narratrice : Vito, son père adoptif, est obligé de la quitter ainsi que sa mère car il est un carabinier italien et que cette future union avec une Tyrolienne du Sud est mal vue. Gerda fera croire à sa fille qu'il n'a pas cherché à rester en contact avec elles...
Un roman très émouvant, sur les non-dits, sur la réconciliation qui vient en son heure.
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critiques presse (1)
Lhumanite   13 août 2012
Ce roman, de belle venue, ne lasse à aucun moment l’attention, grâce à la qualité de l’information historique et sa traduction aboutie dans le langage concret d’une fiction prégnante.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Citations et extraits (86) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   21 août 2014
Ensuite, arriva la neige. Elle tomba abondamment sur la petite ville, puis il en tomba encore, sans arrêt, il continua à neiger, dans l'air flottaient des dentelles hexagonales, grandes comme des papillons. On n'était qu'au début du mois de décembre, l'avent commençait, les enfants finissaient par croire que ça ne cesserait jamais, qu'il neigerait toujours, jusqu'à la fin des temps et que le monde deviendrait une gigantesque boule de neige, mais alors qui la lancerait ?
Un silence ouaté avait rempli l'espace entre les sons : le timbre de voix lacérant des femmes mécontentes s'était adouci, le pleur des nouveau-nés semblait un appel presque mélodieux, les insultes entre ivrognes lancées à la sortie des Kneipen (bistrots) avaient pris une touche d'élégance. Même le bruit de ferraille des jeeps militaires sur la route principale, avec leurs lourdes chaînes autour des roues, était devenu vague, doux, presque suggéré. La nuit du 2 décembre, pourtant, fut déchirée par un son précis, très pur : le grondement d'une explosion.
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VALENTYNEVALENTYNE   19 août 2016
« Les bombes font fuir les touristes ». C’étaient surtout les membres de la nouvelle Coopérative et son président Paul Staggl, qui le disaient.
Le plus pauvre des camarades de classe d’Hermann, celui qui le rejoignait lui et Sepp Schwingshackl sur le chemin de l’école, était devenu un homme aux cheveux roux, aux paupières claires de reptile et à la voix rude, aux jambes solidement plantées au sol de celui qui ne doit son succès qu’à ses propres capacités. Le terrain escarpé et à l’ombre qui, pendant des générations, avait réduit sa famille à la misère, avait fait sa fortune. A la fin des années vingt, tandis qu’Hermann apprenait à conduire un camion en récompense de son adhésion au fascisme, le jeune Staggl avait installé sur son terrain une poulie rudimentaire. Les skieurs aventureux qui montaient vers les alpages dominant la petite ville, armés de skis très longs et de peaux de phoque, s’y accrochaient pour se faire transporter plus haut, économisant ainsi du temps et de la fatigue. Au début, la poulie était actionnée par le gros cheval de trait de son père, mais Paul gagna bientôt assez d’argent avec les remontées payées par les skieurs pour pouvoir s’offrir un générateur.
Quand son père mourut, durant ces troubles années trente où Hermann était d’abord devenu fasciste, puis nazi, Paul avait persuadé sa mère et ses deux sœurs encore non mariées de louer les chambres de leur maso aux skieurs qui utilisaient son modeste téléski.
Les sportifs allemands ne pouvaient pas rêver mieux que de se réveiller de bon matin au pied d’une piste, et en plus du bon côté des Alpes, celui exposé au sud. Bien vite, les affaires marchèrent si bien que Paul put investir dans l’agrandissement de la maison près du fenil.
La nouveauté la plus sensationnelle fut la création d’un vrai W.C, pas dans la cour mais, luxe inouï, à l’intérieur de l’habitation : il ne serait plus nécessaire de sortir à la belle étoile pour faire ses besoins pendant les nuits d’hiver. Paul invita tout le voisinage pour fêter son inauguration. Il se comporta de façon très généreuse : il montra non seulement aux voisins son Wasserklossett immaculé, mais il insista pour que les gens l’essaient. Et afin que tous, adultes et enfants, profitent bien de cette occasion exceptionnelle, il fit préparer par sa mère et ses sœurs de grandes quantités de Zwetschgenknödel – les canederli aux prunes, on sait qu’il n’y a rien de mieux pour stimuler la digestion.

Le Wasserklossett fut testé par les voisins plusieurs fois, sans que la canalisation se bouche. Ce fut une fête mémorable, dont on parla encore bien des années plus tard.
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michfredmichfred   07 mars 2016
- (...) L'archange révèle l'histoire future de l'homme à Adam. Et il donne un somnifère ç Eve: elle ne doit pas entendre, c'est une femme. Ainsi tandis qu'Adam apprend les secrets du temps à venir, Eve dort.
(...)
- "Savoir l'avenir ne m'intéresse pas, dis-je. C'est un désir d'hommes.
-Et pourtant , on voit bien que tu ne veux pas rater leurs secrets. C'est pour ça que tu te refuses à dormir."
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litolfflitolff   23 novembre 2012
Tous les hommes dans la salle la regardaient. Sa poitrine gonflée par la dernière montée de lait distendait son tablier, ses mèches blondes échappées de son bonnet d'aide-cuisinière, ses joues rouges d'agitation, sa bouche faite pour des délices indicibles, ses jambes élancées qui dépassaient de sa jupe de travail trop courte, et puis cette enfant rose dans les bras qui la rendait encore plus jeune et féminine.
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JeannepeJeannepe   07 octobre 2016
Les mois passèrent. Le cageot de pommes ne suffisait plus à Eva. Elmar aida Gerda à construire une sorte de cage en clouant plusieurs cagettes ensemble. Ils l’installèrent sous le plan de travail des desserts, à l’abri des jets d’huile bouillante, des grands couteaux à viande, des bouteilles de lessive. Parfois, de la farine et de sucre lui tombaient sur la tête, la coiffant de drôles de cheveux blancs. Die letze, la petite, était une braves Schneckile, un brave petit escargot qui faisait tout son possible pour ne pas déranger. Elle restait à sa place et regardait autour d’elle hésitante, l’air de demander : ça va comme ça, n’est-ce pas ? Personne ne lui refusait le sourire qu’elle réclamait, mais il était évident qu’elle ne pourrait pas toujours rester là.
« Comment vas-tu faire quand elle marchera ? » lui demanda Nina, dans le dortoir sous les combles.
Eva, après une journée passée en prison sous la table des desserts, nageait sur le parquet de la chambre en s’aidant des bras et des jambes, son derrière bombé par sa couche, dressé comme un drapeau. Elle était arrivée jusqu’à un des lits du fond de la pièce et, s’agrippant de ses mains grassouillettes au chevet en fer, elle avait réussi à se mettre debout. Gargouillant triomphalement, elle chercha les yeux de sa mère pour partager cette victoire avec elle. Elle ne les croisa pas : la tête penchée, Gerda fixait le sol. Elle n’avait pas de réponse à la question de Nina.
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Videos de Francesca Melandri (43) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Francesca Melandri
Rencontre avec Francesca Melandri autour de son ouvrage "Tous, sauf moi" aux éditions Gallimard.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2309750/francesca-melandri-tous-sauf-moi
Notes de Musique : Bibliothèque Audio Youtube
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