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ISBN : 224681569X
Éditeur : Grasset (20/03/2019)

Note moyenne : 3.45/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Inspiré d’un fait divers, La saison des ouragans s’ouvre sur la découverte d’un cadavre. Dans le canal d’irrigation, aux abords du petit village de La Matosa, un groupe d’enfants tombe sur le corps sans vie de la Sorcière. À la fois redoutée et respectée, elle habitait une maison pleine de mystères où les femmes de la région venaient lui rendre visite pour lui demander de l’aide : maladies, mauvais sort, mais aussi avortements discrets. À l’instar de Chronique d’une... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Eve-Yeshe
  23 mars 2019
Un cadavre est donc découvert dans le canal d'irrigation tout près d'un petit village, La Matosa. On sait très vite qu'il s'agit de la Sorcière et on va remonter dans le temps pour faire la connaissance de tous les protagonistes, et comprendre qui a tué.
On a ainsi toute une gamme de personnages, tous plus déglingués les uns que les autres : Yesenia, qui se sent rejetée par sa grand-mère, entichée de son petit-fils Luismi (diminutif du ra-t-on plus tard). Luismi est un homosexuel, qui se prostitue pour récupérer marijuana, cocaïne et autres substances qui le font planer. La gamine veut seulement prouver à sa grand-mère que c'est un dégénéré. Elle le suit pour le prendre sur le fait et un jour elle voit une voiture, son cousin et des copains à lui qui semblent transporter un corps alors elle les dénonce.
Autour de Luismi gravitent Munra, son beau-père, devenu boiteux à la suite d'un accident et qui conduit la voiture, Chabella, sa mère, prostituée, enceinte à quatorze ans, Norma, sa compagne qui est en fait âgée de treize ans, victime de viols, enceinte, Brando, « adulescent » qui se prostitue aussi pour se procurer de la drogue, plus ou moins attiré par Luismi, sans oublier les policiers et leurs méthodes violentes…
Et bien-sûr, on en apprend davantage sur la Sorcière, qui reçoit dans sa « maison », sale à souhait, la jeunesse dépravée du coin et continue les pratiques controversées de sa mère, fournissant des décoctions pour ramener le mari à la maison, ou pour faire disparaître un embryon …
L'histoire de Norma est touchante, adulte avant l'heure, qui joue le rôle de petite mère à la maison, car sa mère travaille, cherche l'homme de sa vie dans des rencontres d'un soir, et enchaîne les grossesses et les beuveries… sa grossesse se terminera de manière horrible avec un avortement dont les conséquences constituent toute la trame de l'histoire.
Ce roman décrit la misère, la solitude, la souffrance, la violence, l'alcool, la drogue, les moyens de survie qu'utilisent les protagonistes, dans les bas-fonds, pour paraphraser Gorki, de la société mexicaine. Fernanda Melchor utilise un langage cru, c'est le moins qu'on puisse dire, car les termes employés heurtent les oreilles (ici les yeux du lecteur !) chastes, les pratiques sexuelles sont décrites de manière quasi pornographique, elle parle des homosexuels dans des termes qui font froid dans le dos.
Le style d'écriture est particulier, les phrases sont interminables et les mots parfois tellement grossiers que je suis sortie de cette lecture complètement épuisée, mais contente d'en être venue à bout. La couverture est magnifique ; j'ai choisi ce roman autant pour elle que pour le résumé (qui révèle trop de choses à mon goût)…
Merci à NetGalley et aux éditions Grasset qui m'ont permis de découvrir en avant-première ce roman, le premier roman mexicain que je lis…
#LaSaisonDesOuragans #NetGalleyFrance
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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Litteraflure
  22 avril 2019
Plus qu'un ouragan, un torrent. Un torrent déchaîné de violence et de sexe, porté par un langage vulgaire que ma grand-mère aurait pudiquement qualifié de « fleuri ». Je ne suis jamais entrée dans cette danse macabre. Je ne me suis pas attachée aux personnages. À quoi est-ce dû ? Peut-être à ces phrases interminables qui font perdre le fil, à défaut de faire perdre le souffle. Ou à cette fausse intrigue policière (un banal crime crapuleux) dont on ne sait pas si elle constitue l'épicentre du roman ou le prétexte à dérouler la galerie de personnages. Comme tout le monde baise avec tout le monde dans ce bouquin, que tout le monde bastonne tout le monde, que la seule loi en vigueur est celle de l'immoralité et de la dépravation, j'ai peiné à comprendre qui comptait pour qui, à déceler l'étincelle d'humanité qui pointait sous la fange et donnait au récit sa crédibilité. Un peu comme si Caravage avait oublié d'ajouter une lueur dans le plus sombre et le plus brut(e) de ses tableaux. Un peu comme si Victor Hugo étripait Cosette sans raison à la fin des Misérables. À quelques rares moments, j'ai ressenti le magnétisme de ce livre et le potentiel de cette plume (un plume de femme !) ; notamment quand l'auteure cesse de digresser pour se concentrer sur ses protagonistes : Norma (ex – p 123) et son ainée Chabela (ex - p180) ou encore Brando dans la dernière partie du livre. Peut-être attendais-je trop de ce roman et de sa couverture qui laissaient entrevoir un périlleux voyage entre la vie et la mort. Vivre avec la mort ? Je crois que j'en apprendrai plus sur le sujet en revoyant « Coco » de Walt Disney. Trêve de plaisanterie, j'ai l'impression d'avoir subi une éruption gratuite de brutalité verbale dont le seul intérêt est stylistique – je ne le nie pas. Mais il m'a manqué du sens, du fond, un point de vue. La dénonciation de la violence dans le Mexique contemporain n'est pas un sujet suffisant. Peut-être faudra-t-il que je le relise ? Ou pas.
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traversay
  15 avril 2019
Selon la quatrième de couverture de la saison des ouragans : "Fernanda Melchor dresse un formidable portrait du Mexique et de ses démons." Il faut toujours se méfier de ce genre d'assertion définitive, d'ailleurs reprise dans certaines critiques du livre. Portrait du Mexique des bas-fonds du Mexique contemporain, oui, mais à ne pas prendre au pied de la lettre pour l'ensemble du pays, à moins de vouloir absolument lui coller une image réductrice de cloaque où s'ébat la lie de l'humanité. Il faut plutôt voir dans La saison des ouragans une vision exacerbée des maux sociaux du Mexique, à commencer par son machisme viscéral et en corrélation sa misogynie et son homophobie violentes. La prose de la romancière mexicaine ne manque pas d'allure et son livre est assez intelligemment agencé, quoique parfois de façon piégeuse, en partant de la découverte d'un cadavre, celui d'une "sorcière", et en remontant le temps dans les chapitres suivants, prétexte à dresser le profil d'individus on ne peut plus dépravés, aux prises avec l'alcool, la drogue et obsédé par le sexe. Fernanda Melchor se glisse dans l'esprit et le corps de chacun de ses personnages et ce qui en ressort est sacrément glauque, voire insoutenable. Là réside la principale objection à La saison des ouragans : sa crudité, de plus en plus grande au fil des pages, finit par se faire complaisante de manière à nous mettre le nez dans la boue (un autre mot, moins civilisé, pourrait être employé). Malheureusement, l'excès est toujours contre-productif et le roman abonde vraiment trop en grossièretés et obscénités en tous genres. le côté répétitif et systématique de la chose est terriblement lassant. Il y a là quelques analogies avec le très surfait et détestable My absolute Darling (avis personnel, bien sûr) même tout n'est pas à jeter loin de là dans cette première traduction en français d'une auteure mexicaine dont on serait curieux de savoir si elle est capable d'écrire quelque chose de moins sordide et sinistre.
Lien : https://cin-phile-m-----tait..
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frmwa
  07 mai 2019
Le récit d'un crime sordide, structuré un peu comme le bruit et la fureur de Faulkner – plusieurs personnages reprenant chacun le fil des mêmes évènements. On a souligné l'extrême crudité du langage et elle ne se dément pas tout au long du livre que l'on termine épuisé par tant de sperme, de sang, de merde, de brutalité et de haine. Pourtant, la dextérité stylistique dont fait preuve Fernanda Melchor n'est pas au service d'une attitude ni d'une pose, et on ne saurait lui reprocher d'être « contre-productive ». Les exactions les plus horribles commises par les narcos dont on a parfois des échos ne sauraient être une production hors sol et l'on a ici un aperçu du terrain qui les nourrit. Ce torrent de mots orduriers, on aimerait qu'il cesse un instant, le temps de reprendre sa respiration, mais précisément, la réalité crue perdure et impossible de s'y arracher, les efforts que font les protagonistes pour en prendre congé ne faisant que les y enfoncer plus profondément. Cela m'a fait penser à des séquences de 2666 de Roberto Bolaño, narrant dans une litanie interminable tous les cas de femmes assassinées dans la région de Ciudad Juarez. Roberto Bolaño a habité longtemps au Mexique et ses visions du pays coïncident parfaitement à ce qu'il nous est donné d'entrevoir ici, loin des paradis supposés de Cancun où Brando espère refaire sa vie.
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Aufildeslivres
  18 avril 2019
Il faut, pour entreprendre cette lecture, reprendre son souffle et le tenir d'un bout à l'autre, se noyer dans les phrases longues et exigeantes, s'immerger dans le style brut, les mots crus, l'impératif d'une vérité brutale, sans concession, sombre et écoeurante, glissée à chaque page.
Ce roman est dur et indispensable et est indéniablement à lire parce que :
- L'auteure manie la phrase et le verbe avec un immense talent dans une logorrhée qui frôle l'urgence – urgence de tout dire, sans oublier, ni l'essentiel, ni le détail, peu importe le mot, même s'il est pornographique, même s'il heurte, il est réel.
- le Mexique se livre, cash, distillant tout ce sur quoi la société s'appuie écrasée par les rites et les croyances, fondamentales et immuables, jusqu'aux peurs les plus secrètes.
- le Mexique dénonce ses abus, de l'exploitation des femmes à la prostitution tout sexe confondu, les violences et la corruption, la drogue, le viol, l'inceste, l'homosexualité. Il décrit ses travers marqués de souffrances et égratigne le silence.
- le récit est d'une telle richesse qu'il absorbe sans répit jusqu'à la dernière ligne et percute longtemps encore après que le livre soit refermé
Ce roman est une fresque sociale incontournable que l'on ne peut ignorer.
Une lecture brillante
Lien : http://aufildeslivresblogetc..
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critiques presse (4)
LaLibreBelgique   03 mai 2019
Il y a des mots crus, des couleurs, de l’urgence dans le flot ininterrompu qui constitue ses chapitres. Il y a de la violence, de l’inconséquence, de la souffrance dans les vies dépeintes. Le tout formant une alchimie maîtrisée.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeFigaro   03 mai 2019
Roman intense, vertigineux, touffu, asphyxiant presque, rythmé au son du reggaeton obscène de Daddy Yankee, des boléros sirupeux de Luis Miguel, et où défilent la jeune Yesenia et son cousin Luismi (qui vit avec Norma, une adolescente de treize ans sexuellement précoce), Munra...

Lire la critique sur le site : LeFigaro
LeMonde   23 avril 2019
Laissant parler à tour de rôle ceux qui se rapprochent le plus du crime [...] elle livre un roman impressionnant, où le temps semble mis en suspens depuis des décennies, et où culmine, sous tous ses aspects, la violence endémique au Mexique – sans jamais verser dans le sordide.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LeMonde   18 avril 2019
La romancière est l’une des nouvelles voix les plus marquantes de la littérature mexicaine. Elle part ici du meurtre d’une sorcière pour évoquer la brutale réalité du chaudron mexicain, en particulier vis-à-vis des femmes.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Eve-YesheEve-Yeshe   25 mars 2019
… car elle voulait que la vieille se rende compte, enfin, du genre d’énergumène qu’était son petit-fils, un sale pédé, et lâche avec ça, une saleté de profiteur qui n’avait même pas remercié sa grand-mère pour tout ce qu’elle avait fait pour lui, tout ce qu’elle avait eu à endurer, parce que si la grand-mère n’avait pas été là, il serait mort, ce gamin, vu que sa pute de mère ne s’en occupait pas, plein de vers, qu’il était, tout merdeux et mort de faim au fond d’un cageot, alors que sa mère passait son temps sur la route à faire la putain.
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Olivia-AOlivia-A   23 mars 2019
Ce n'est que plusieurs semaines plus tard que la petite apparut un matin dans les rues de Villa, entièrement vêtue de noir, noires les chaussettes, noirs les poils sur les jambes, noir le chemisier à manches longues aussi bien que la jupe, les chaussures à talons et le voile qu'elle avait accroché avec des barrettes au chignon qui rassemblait ses longs cheveux au sommet de son crâne, une image qui laissa tout le monde bouche bée en raison de l'effroi ou de l'envie de rire qu'elle suscitait tant elle était ridicule, car par cette chaleur à vous cuire le cerveau, cette idiote vêtue de noir, il fallait qu'elle soit bien folle, ridicule, qu'elle ait envie d'être grotesque, comme ces travestis qui débarquaient chaque année à l'occasion du carnaval de Villa, pourtant personne n'osa lui rire au nez car ils étaient nombreux à avoir perdu des êtres chers durant le cataclysme.
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Eve-YesheEve-Yeshe   23 mars 2019
On l’appelait la Sorcière, comme sa mère : d’abord, elle avait été la Petite Sorcière, à l’époque où la vieille s’était lancée dans le commerce des guérisons et des maléfices, puis la Sorcière tout court, lorsqu’elle était restée seule, après le glissement de terrain.
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LFolavrilLFolavril   10 avril 2019
Ils progressaient sous le chant du passereau recruté pour jouer les sentinelles dans les arbres, dans leur dos, sous le tintement des feuilles violemment écartées, ou le bourdonnement des pierres fendant l’air tout près d’eux, ou encore sous la brise chaude pleine d’urubus éthérés se découpant sur un ciel presque blanc, dans une puanteur plus redoutable encore qu’une poignée de sable jetée au visage, une véritable infection qui donnait envie de cracher pour éviter quelle ne s’enfonce jusque dans les tripes et qui leur ôtait l’envie d’avancer. Mais le chef montra le bord du ravin et tous les cinq, à quatre pattes sur l’herbe sèche, ne faisant ensemble qu’un seul corps, dans un nuage de mouches vertes, finirent par reconnaître ce qui émergeait au dessus de l’écume jaune de l’eau : c’était le visage putréfié d’un mort entre les joncs et les sacs en plastique que le vent ramenait de la route, un masque sombre où grouillaient une myriade de couleuvres noires, et qui souriait.
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