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EAN : 9782710384472
304 pages
La Table ronde (08/02/2018)
4.06/5   63 notes
Résumé :
Landyn Midwinter et Vale, son fils, agriculteurs dans le Suffolk, sont des hommes du terroir. Les temps sont durs, et face à la concurrence des grandes entreprises ils doivent lutter pour garder leur propriété, leur gagne-pain et leur héritage. Mais un combat plus profond et plus brutal est à l’œuvre en arrière-plan : un face-à-face à propos de l’horrible mort de Cecelia, épouse et mère adorée, dix années auparavant en Zambie ; un passé que tous deux ont refusé d’af... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
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mesrives
  16 juin 2019
Dans la famille Midwinter, il ne reste plus que le père, Landyn, le fils,Vale et Pup le jack russel.
Les autres ont disparu: la mère Cecelia -Cessie pour les proches- est morte en Zambie, "le pays des terres rouges", dans la ferme africaine, il y a une dizaine d'année; l'aîné de la fratrie a succombé quelques jours après sa naissance...
A présent, les survivants, sont revenus au pays, sur les terres de leurs ancêtres dans le Suffolk, ils ont repris la ferme située entre mer et terre, bois et marais.
Nous sommes dans les années 90 dans une campagne anglaise en prise avec un hiver glacial et neigeux pour partager le quotidien de deux solitudes égarées dans un monde agricole en plein bouleversement et un contexte économique dificile.
Deux hommes blessés, brisés par la perte de l'être le plus cher, l'épouse et mère.
Deux taiseux qui s'affrontent, et qui chacun à leur tour, par chapitre alterné, nous délivrent leur histoire, les drames ponctuant leur existence, celle de Landyn, la soixantaine et de son fils Vale qui a déjà vingt ans.
Chaque protagoniste interpréte le quotidien et ses événements pour avancer, aller au delà du souvenir du drame qui les ronge mais, au détour d'un ciel chargé, d'un paysage enchanté, la lecture de traces pour l'un, de signes pour l'autre, leur apportent un réconfort.
Le Pa, Landyn, fantasme sur une renarde qu'il a apprivoisée, incarnation de son épouse à la chevelure flamboyante: jour après jour il l'épie, la guette dans le froid, récherchant sa présence.
Le fils, Vale, à la vision obscurcit par des vols de corbeaux...
Entre révolte et résistance, père et fils continuent de marcher côte à côte dans une cohabitation tantôt subie tantôt partagée. Des sentiments contraires dévoilent pourtant tout leur amour et attachement.
La peur, la colère, la rage, la haine, les coups de gueule accompagnent les protagonistes tout au long du récit . Pardon, acceptation, vengeance, culpabilité, les émotions valdinguent dans cette houleuse relation père et fils.
J'ai beaucoup apprécié l'écriture de Fiona Melrose, la manière de dire, d'exprimer la souffrance, la douleur, la peur de ces deux êtres et la façon d'aborder leur solitude et leur incompréhension. Une tension grandissante rend palpable la douleur lancinante, l'appel au secours aussi bruyant qu'un cri.
Peu à peu un chemin vers la résilience se dessine dans ce récit où la nature sert le propos, la vie sauvage est magnifiée sous le regard attentif du père et la vie domestique de la ferme célébrée même dans les moments critiques. Terre et ciel accueillent les ressentis des protagonistes dans une harmonie voire une symbiose emplie de poésie.
Une belle découverte et une auteure prometteuse, Midwinter est le premier roman de Fiona Melrose. Envie de musarder dans cette région côtière du Suffolk jusqu'à l'église de la Sainte-Trinité à Blythburgh connue sous le nom de la Cathédrale des Marais ....
Un beau moment de lecture, dense, émouvant.
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kathel
  21 décembre 2018
Un éditeur dont j'aime les choix, une jolie couverture, un avis positif, voilà trois bonnes raisons de choisir ce roman. Ce qui signifie que je ne savais rien de l'histoire avant de commencer. Et que je ne vais rien vous raconter non plus !
Je plaisante, mais suivant mon habitude de ne pas trop en dévoiler, je parlerai d'abord de l'auteure. Fiona Melrose vit au Royaume-Uni, mais elle est née en Afrique du Sud, et continue d'y aller régulièrement. Ceci est son premier roman, elle l'a situé dans le Suffolk, où elle vit, avec, pour les personnages, des réminiscences du Zimbabwe.
Midwinter évoque le milieu de l'hiver, et certes, le roman se déroule dans la campagne anglaise enneigée, mais Midwinter est aussi le nom de famille de Landyn et son fils Vale. Lorsqu'ils vivaient au Zimbabwe, dix ans auparavant, le père était surnommé Mid, comme si son nom était Winter. Maintenant de retour dans le Suffolk, Landyn exploite la ferme familiale, et entretient des relations orageuses avec son fils de vingt ans. Aucun des deux n'a fait le deuil de Cecelia, leur épouse et mère, morte tragiquement dix années plus tôt.
Le roman commence par une scène… que je n'ai pas envie de raconter, tiens, parce qu'elle surprend lorsqu'on n'a lu qu'un résumé succinct, et parce qu'elle va avoir une grande importance sur la suite du roman.
Le début du livre est plutôt noir, mais on y perçoit peut-être une certaine lueur d'espoir, cela restera à confirmer. Les pensées des protagonistes sont « brutes de décoffrage » mais là aussi, une évolution semble se dessiner. Les points de vue alternent entre Landyn et Vale, et permettent de développer habilement le thème de la relation père-fils. Même si j'ai lu précédemment des romans sur ce thème, j'ai trouvé vraiment bien rendue la difficulté pour les deux hommes, et surtout pour Vale, à exprimer leurs sentiments : Vale n'arrive pas à différencier peur, colère, tristesse, et se met plus souvent qu'à son tour dans des rages plus ou moins rentrées, dont il ne sait comment sortir.
Toutefois, l'introspection, et le caractère peu éloquent des personnages, n'empêchent pas les interactions entre eux, avec des dialogues empreints de véracité. Les caractères secondaires sont très intéressants aussi. J'ai passé vraiment un très bon moment de lecture avec ces personnages, avec une ambiance unique, où les éléments naturels et la faune sauvage viennent jouer leur rôle. Je suivrai attentivement cette jeune auteure lorsqu'elle publiera de nouveau !
Lien : https://lettresexpres.wordpr..
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pencrannais
  05 juin 2022
Pour sortir des sentiers battus de mes goûts littéraires, je tente de suivre les avis de mon libraire préféré. L'idée d'un premier roman sur les non-dits et les relations pères-fils ne devait pas, à priori, m'enthousiasmer. Et pourtant !
Landyn et Vale Midwinter sont père et fils, agriculteurs dans le Suffolk, région rurale et littorale au Nord de Londres. Cecelia, épouse et mère est morte dix ans plus tôt en Afrique et depuis les deux hommes affrontent chacun de leur côté, chacun de leur manière ces souvenirs douloureux. Entre eux, les relations sont très tendus et les incompréhensions immenses. le fils nourrit une haine grandissante pour son père qu'il estime responsable de la mort de sa mère. le père voit la réincarnation de sa femme dans une renarde qui vient chasser autour de sa propriété. le drame semble inévitable. La tension monte au fil de pages. Les personnages n'ont pas l'instruction qui leur permet de verbaliser et le père sent bien que son fils lui échappe. La culpabilité le mine. Mais le combat entre les deux personnages va peut-être, en fin de compte les rapprocher !
Fiona Melrose a une jolie plume et en alternant les chapitres entre le présent anglais et le passé africain, elle nous offre un moment de lecture à la fois sensible et poétique. J'ai été touché dès le début par la souffrance sous-jacente de ces deux personnages et ce mur qui se construit à coup de silence. Chacun essaye de se reconstruire dans le travail ou dans une communion avec la nature.
La nature est aussi un personnage important et autant je ne suis pas un adepte des romans naturalistes, autant, le lien de ces hommes non seulement avec leur passé, mais aussi avec leur environnement présent est émouvante et j'oserai le dire onirique.
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LadyDoubleH
  18 février 2018
Dès le livre ouvert, j'ai été habitée par cette histoire, entre touffeur de l'Afrique et Suffolk enneigé. Midwinter est un récit à deux voix, celles de Vale Midwinter, vingt ans, et de son père, Landyn. Il y a dix ans, dans leur ferme en Zambie, leur épouse et mère adorée, Cecelia, a perdu la vie. Aujourd'hui, ce drame ressurgit entre eux et s'envenime. de mots infectés en zones d'ombre du passé, une incompréhension mâtinée de violence s'installe, entre deuil et culpabilité. « Des années durant j'avais refoulé les souvenirs. Je les avais toujours sentis gratter dans les recoins les plus sombres de mon esprit, encore à l'état sauvage. ».
La narration alternée par chapitre construit le roman avec beaucoup de finesse. On va découvrir au fil du récit ce qui s'est passé ce matin-là à Kabwe, dans « la maison qui s'étirait tel un long wagon entre les arbres, avec cet acacia immense sur le devant qui grouillait de singes et d'oiseaux. ». Fiona Melrose a un talent formidable pour restituer la complexité des caractères, les hésitations et les non-dits. Sa plume délicate, au plus près de la nature, gomme à mesure toutes les ficelles stylistiques, pour ne laisser au lecteur que le plaisir brut de scènes de vie travaillées sans excès.
« Au fil des ans, il ressemblait de plus en plus à un garçon au crâne rempli de rats en colère qui le rongeaient, la tête éternellement penchée en avant, on aurait dit une pomme tardive. » Comment surmonter le poids de l'existence, des échecs et des décisions à prendre, comment trouver la force d'aller de l'avant et de se (re)construire, lorsque les ombres du passé nous engloutissent ?
J'ai eu vraiment un beau coup de coeur pour ce magnifique premier roman tout en simplicité et profondeur. Merci aux éditions La Table Ronde ! (Et bravo à Anne-Margot Ramstein pour la si belle illustration du bandeau)
« Le visage de Pa était mouillé, les larmes lui sortaient des yeux comme le sang sort de la gorge des agneaux quand on y pose un couteau. »
Lien : https://lettresdirlandeetdai..
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ramettes
  12 octobre 2018
J'ai choisi ce roman car il traite de la relation père-fils. le titre aussi a joué un rôle. Je ne suis pas anglophone alors j'ai trouvé le titre très intrigant qu'est-ce que cette moitié-d'hiver ou coeur de l'hiver ?
D'ailleurs au cours de la narration on découvre que des voisins en Afrique n'ont jamais pu les appeler ainsi mais en transformant Mid en prénom et Winter en nom de famille, car pour eux cela avait un rapport avec la météo. J'ai cherché et j'ai trouvé que c'était une fête dans l'hiver australe au 21 juin.
La narration se déroule en hiver, il fait froid, il neige, alors que la nature se met en sommeil les mauvais souvenirs refond surface.
La narration se fait à travers le regard du père et du fils. On ne peut se tromper de narrateur, car chaque chapitre porte le nom du narrateur et parce qu'ils n'ont pas du tout la même façon d'aborder le problème. de plus lorsque le père parle il nous raconte l'Afrique avec une texte qui utilise une autre police de caractère.
Dans l'ensemble, c'est une narration au présent. On est dans l'enchaînement des événements actuels dans cette partie Suffolk.
J'ai tout de suite été happée par l'ambiance de forte tension émotionnelle. Toute cette violence contenue. On a de l'électricité dans l'air comme avant une tempête. On sent qu'il va se passer un déchaînement des éléments et des sentiments.
On commence par une soirée arrosée qui se finit en drame. Fiona Melrose a su y mettre toute l'intensité nécessaire pour qu'on ait envie de connaître la suite.
Depuis des années des conflits et des non-dits familiaux dus à la l'assassinat de la mère couvent dans la famille Midwinter tout va sortir. Cette émergence va se faire tout azimut. Mais Fiona Melrose maitrise les informations et nous les distille pour bien mettre en place les éléments, elle joue avec des crescendos et des points de ruptures.
Il y est question de deuil. Les années ont passé depuis la mort violente de la mère, mais ni le père, ni le fils n'ont accepté les faits. le passé n'est pas mort et enterré. le père continue à voir sa femme à travers la présence d'une renarde qui vit près de chez eux. Il se raccroche à cette idée. le fils quand à lui engrange de la haine envers son père qu'il tient pour responsable de cette mort.
Ce roman est très intéressant car il nous montre comment au fil des ans une communauté où les hommes sont plus ou moins seuls (veufs, divorcés, célibataires) ont dû apprendre à s'épauler. On découvre la vie assez dure de ses agriculteurs qui vivent surtout grâce à la solidarité entre eux. Un monde de taiseux. Ce roman parle de manière implicite de la dégradation économique de cette région. Ça m'a fait penser au monde de Steinbeck avec des hommes qui essaient de survivre en partant ou en s'endettant. Il y a d'un côté ceux qui partent et de l'autre ceux qui sont restés. Que deviennent ceux qui partent et reviennent encore plus malheureux ? Landry a su reprendre sa place au sein de sa communauté parce qu'il est un enfant du pays, parce qu'il doit élever son fils , parce qu'il est comme un animal blessé qui est revenu à sa tanière pour reprendre des forces.
C'est là qu'il a pu voir qui étaient ses vrais amis. Et justement l'amitié est un des sujets très important de ce roman.
Vale et Tom sont comme deux frères. Tom venait se réfugier chez les Midwinter lorsque les choses allaient mal chez lui mère qui a perdu la tête et son père alcoolique et violent. Autant petit Vale venait compenser la violence de Tom autant depuis son retour Vale est encore plus violent que Tom. Ils sont tous les deux dans l'autodestruction.
Les rôles ne se sont pas inversés, ils se sont complexifiés. Ils n'arrivent pas toujours à protéger l'autre alors qu'ils n'arrivent pas s'autogérer. Après l'accident entre culpabilité et souffrances morales et physiques.
Il y a en arrière plan la thématique du handicap physique et mental. Et de tous les estropiés de la vie.
La présence de l'alcoolisme associé aux problèmes économiques et à la solitude cela donne une situation critique.
Ce roman c'est une histoire d'hommes dans la tourmente. La rage, la haine, la colère et la culpabilité font faire se développer. On a l'ombre du suicide qui rode. La mort rode comme si elle avait besoin de recevoir son tribu ?
Comment sortir de l'impasse ? Faut-il tout laisser tomber ? se battre ou lâcher prise ?
J'ai beaucoup aimé la fin, émouvante et forte. Elle est pleine de symboles et de promesses. Demain est un autre jour…
Un premier roman très intense. Un coup de coeur !
Lien : http://ramettes.canalblog.co..
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critiques presse (1)
LaLibreBelgique   07 mars 2018
Originaire d'Afrique du Sud, Fiona Melrose a rallié les terres agricoles du Suffolk anglais et son climat parfois hostile pour écrire son premier roman, "Midwinter". Elle y narre, à deux voix, les souvenirs et souffrances d’un père et son fils, rentrés veuf et orphelin de Zambie.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
LalitoteLalitote   12 avril 2018
Il y avait un bon bout de chemin à parcourir jusqu’au bois et c’était dur d’avancer dans l’humidité. La campagne était superbe. La moindre feuille était fumante de froid. Des toiles d’araignées avaient gelé, ainsi que chaque brindille et chaque broussaille. Poteaux, charrues et arbres tombés à terre étaient tous recouverts de neige et le ciel promettaient encore. Un troupeau d’oies sauvages a traversé le ciel en route vers chez elles. La lumière du jour allait disparaître sous peu, même s’il faisait encore assez clair pour que je trouve mon chemin. Le froid me râpait la gorge et mon souffle s’est accéléré à cause de l’effort de la marche. Je sentais tous les ennuis de ces derniers jours assis dans mon corps et près d’en partir. Le gel traversait mes grosses chaussures et mes orteils se rétractaient un maximum pour y échapper. Le froid pouvait y entrer comme la moisissure dans une botte de foin. Au début on le remarquait à peine, puis une fois qu’il était installé, c’était trop tard. Rien à faire pour l’éliminer. Il n’y avait que de l’acier là-haut dans cette brume et ces nuages, je le savais.
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kathelkathel   21 décembre 2018
Parfois je me mettais en colère alors que j’aurais mieux fait d’être inquiet ou contrarié. On aurait dit que je ne connaissais qu’une seule manière de ressentir les choses.
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baradoz56baradoz56   01 mai 2019
Alors, le garçon sortait marcher. Je ne l’ai plus jamais empêché. Au fil des ans, il ressemblait de plus en plus à un garçon au crâne rempli de rats en colère qui le rongeaient, la tête éternellement penchée en avant, on aurait dit une pomme tardive.
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LadyDoubleHLadyDoubleH   18 février 2018
Des années durant j’avais refoulé les souvenirs. Je les avais toujours sentis gratter dasn les recoins les plus sombres de mon esprit, encore à l’état sauvage.
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LadyDoubleHLadyDoubleH   10 février 2018
Le visage de Pa était mouillé, les larmes lui sortaient des yeux comme le sang sort de la gorge des agneaux quand on y pose un couteau.
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