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Pierre Leyris (Traducteur)
ISBN : 2070401405
Éditeur : Gallimard (24/10/1996)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.01/5 (sur 562 notes)
Résumé :
“Je préférerais ne pas” : telle est la réponse, invariable et d’une douceur irrévocable qu’oppose Bartleby, modeste commis aux écritures dans un cabinet de Wall Street, à toute demande qui lui est faite. Cette résistance absolue, incompréhensible pour les autres, le conduira peu à peu à l’isolement le plus total. Bartleby, s’il n’a pas l’ampleur de Moby Dick et Pierre ou les ambigüités compte pourtant parmi les écrits les plus importants d’Herman Melville (1819-1891... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (72) Voir plus Ajouter une critique
BazaR
  18 avril 2017
Bizarre, très bizarre ce premier contact avec Herman Melville.
Ce sont déjà les personnages qui sont drôlement bizarres. A commencer par les deux employés du narrateur, Dindon et Lagrinche, dont les oppositions de phases comportementales signent le passage du temps de boulot avec autant de précision qu'une horloge suisse.
Et puis il y a Bartleby. Ce type est un ovni, plus difficile à pénétrer que le plus étrange des extraterrestres. C'est un robot qui a bouffé une partie de son code source et bogue curieusement en émettant son fameux « je préférerais pas ». Il y a tellement de choses qu'il « préférerait pas », que j'ai fini par me demander s'il ne préférerait pas ne pas être en vie.
Mais je crois que le pire, c'est le narrateur. Bon sang, il y a des fois on a envie de s'appeler Jean Yanne pour vérifier si la tête de son interlocuteur fait un bruit d'évier quand on la remue. On ne peut pas dire qu'il est patient avec Bartleby. Il est compatissant pour sûr, je dirais même over-compatissant. Je dirais même : il a une volonté de guimauve qui se liquéfie rien qu'à la vue de l'ombre jetée par la braise.
Et pourtant avec ses faibles moyens il tente de le bousculer, le Bartleby. Mais la réponse est toujours la même « je préférerais pas ». C'est sûr, on est dans le comique de répétition. Ça m'a rappelé les dessins animés de Tex Avery où le loup essaye sans espoir d'échapper à Droopy. Mais là, plus que marrant, c'est frustrant. Gnnn ! Par moments j'aurais aligné tout le monde et distribué les baffes.
Vous savez, j'aime bien lire la littérature de l'imaginaire. On y trouve des situations étranges ou exotiques où les auteurs essaient de faire vivre et agir des êtres humains normaux, qui ont des réactions que l'on comprend.
Ici c'est l'exact opposé. On a une situation banale où se déplacent des individus qui agissent de manière incompréhensible. C'est carrément encore plus bizarre.
N'allez pas croire que je n'ai pas aimé – j'aime beaucoup Tex Avery – ; c'était plaisant à lire et, je répète, frustrant de ne rien comprendre à ce scribe si spécial.
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Alexein
  07 juillet 2016
Bartleby le scribouillard, le gratte-papier, dont le mérite professionnel n'est pas d'avoir un talent mais simplement une écriture correcte pour retranscrire les actes des autres. Il n'a aucune personnalité, aucune identité. C'est une machine qui accomplit des tâches, un tâcheron comme on dit. Et si l'on me demandait d'effectuer les mêmes tâches que lui, je répondrais sans hésiter : « Je préfèrerais pas ! »
Nous sommes à New York au XIXe siècle. Wall Street bourdonne déjà de toutes les affaires que l'on y conclut. On a besoin de scribes pour réaliser des copies d'actes officiels. Ces gens-là sont des photocopieuses humaines.
C'est un homme pâle et malingre qui se présente au cabinet du narrateur en réponse à une annonce d'offre d'emploi. Il est mis à l'essai ; il convient ; il est embauché. Il ne parle pas mais travaille vite et bien.
Le directeur lui demande un jour de l'assister pour une vérification de la fidélité d'une copie au document original. Il déclenche ainsi la fameuse et grinçante réplique, qui reste en travers de la gorge et s'insinue comme un grain de sable dans une mécanique bien huilée : « Je préfèrerais pas. »
Le directeur lui passe ce qu'il considère comme une vétille, une lubie. Après tout, il n'a pas à se plaindre de son travail. Cependant, à chaque nouvelle sollicitation, Bartleby récidivera par ces trois mots qui résonnent de manière cinglante dans l'esprit du directeur et finiront par le torturer.
Se nourrissant des sempiternels biscuits au gingembre, Bartleby prend ses aises dans le cabinet et finit par l'habiter, tout en continuant à refuser d'effectuer d'autres tâches que la copie. Pour sa propre sanité et celle de ses autres employés, le directeur décide de se séparer de lui.
Ce n'est qu'à la toute fin de cette nouvelle que nous est suggérée la raison des agissements et de l'attitude déshumanisée de ce personnage effrayant et fantomatique dont le regard et la présence glacent et mortifient. La révéler ici, ce serait gâcher l'intérêt de cette histoire.
Ce premier contact avec Melville est un peu comme un coup de poing dans le ventre que j'ai pris au ralenti : je l'ai lentement senti s'enfoncer en moi et j'en garde encore l'empreinte.
Je mets en lien la vidéo en anglais (non sous-titré) de l'adaptation de cette nouvelle. Tout y tient en vingt-sept minutes, accompagné d'une musique qui plonge avec une efficacité mordante dans l'atmosphère de cette histoire.
https://www.youtube.com/watch?v=yUBA_KR-VNU
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Musardise
  23 avril 2018
Étrange récit que celui-ci, et étrange personnage que celui de Barleby. Car ce qui prend dès le départ l'apparence d'une satire sociale se termine en une méditation ô combien désespérée sur l'humanité. C'est un texte qui, bien que court, est tellement riche qu'on n'en finirait pas de le décortiquer et de l'analyser. Et pourtant, il se lit d'une traite, sans donner l'impression au lecteur qu'il va lui falloir rassembler la totalité de ses ressources cognitives pour l'appréhender. C'est un récit ambivalent, à la fois simple et complexe, qui donne beaucoup à réfléchir. Un texte qui ne s'oublie pas facilement.
Et tout d'abord, il y a la question de la narration et du point de vue du narrateur (anonyme), avec lequel il est bon de prendre quelque distance. Ce personnage du narrateur, qui raconte l'histoire de Bartleby, arrive en effet à se présenter au lecteur comme quelqu'un de compatissant, bienveillant, soucieux des autres... alors qu'en y regardant de plus près, ça n'est pas si évident que ça. Ne serait-ce que parce qu'il s'offusque dès les premières pages de ce que la charge de Maître de la Chancellerie de New York a été supprimée, ce qui a entraîné pour lui la disparition d'une rémunération d'autant plus intéressante que le poste ne demandait pas beaucoup d'efforts. Voilà des propos qui, tout en nous laissant immédiatement penser que Bartleby est d'une veine indubitablement comique (ce qui est le cas), vont bizarrement offrir un contraste frappant avec les dernières paroles du même narrateur. Et l'on verra que, sous ses dehors compatissants, il est après tout soucieux de ses affaires et de son confort au point de transiger avec ses principes les plus généreux. le fait est que, bienveillant ou pas, ce personnage du narrateur est surtout bousculé, dérangé, malmené, secoué, heurté, déstabilisé par l'attitude de son employé Bartleby, tout comme le sera le lecteur.
C'est que Bartleby, c'est, entre autres, le grain de sable dans le rouage d'une société new-yorkaise fin-de-siècle bien réglée. Pourtant, a priori, il n'est qu'un employé ordinaire embauché dans un cabinet juridique ordinaire situé dans le quartier de Wall Street. Quoique... En y regardant une fois encore de plus près, on peut se demander si ce cabinet est ordinaire ou pas. Que penser de ces deux employés, Dindon et Pince-nez, qui à tour de rôle, et selon un agenda qui semble pensé à la minute près, se montrent des copistes exemplaires ou, tout au contraire, multiplient les bourdes et les excès ? Et que penser de leur employeur, qui préfère ne pas les renvoyer (eh oui, la fameuse formule est déjà là, non énoncée, mais insidieuse !), considérant que les qualités de l'un compense les défauts de l'autre, et vice-versa (je rappelle qu'à l'époque on pouvait évidemment très facilement renvoyer n'importe quel employé sous n'importe quel prétexte, et qu'on ne s'en privait guère) ? Reste en tout cas que notre narrateur et employeur juge, tout comme, apparemment, ses clients, l'alcoolisme de Dindon et l'irascibilité de Pince-nez comme acceptables. Or, l'arrivée de Bartleby va bousculer le fragile équilibre du cabinet et de l'organisation du travail. Se montrant tout d'abord un employé extrêmement consciencieux, il va opposer une force d'inertie incroyable à son employeur, non pas en refusant tout net d'accomplir une tâche professionnelle, mais en répondant avec douceur qu'il "préférerait ne pas" l'accomplir - je précise que la formule employée par Bartleby en américain est "I would prefer not to", qui est donne en français, selon les traducteurs, "Je préférerais pas" ou, ce qui me semble plus juste "Je préférerais ne pas".
Ce "I would prefer not to" va être le point de bascule du texte et le point de départ d'une méditation du narrateur, qui dépassera de loin la réflexion sur une société contemporaine qui brise les êtres humains. Bartleby va, sans d'ailleurs le vouloir, contaminer toute la vie du cabinet (tout le monde va se mettre à utiliser le verbe "préférer" à tout bout de champ). Petit à petit, il en viendra à ne plus accomplir aucune des tâches professionnelles pour lesquelles il a été embauché et passera son temps à regarder par la fenêtre un mur grisâtre qui fait face au cabinet. L'employeur, désemparé, se heurte désespérément à l'inertie de Bartleby toujours grandissante, et passe par des humeurs toujours changeantes : incompréhension, pitié, curiosité, agacement, lâcheté, ruse, exaspération, désespérance. Et comme les affaires sont les affaires, et que l'humanité est l'humanité (au moins selon Melville), l'histoire de Bartleby va se terminer fort tristement.
Alors, que penser de ce Bartleby, qui, un jour soudain, déclare à la face du monde qu'il "préférerait ne pas" ? C'est la grande question de ce texte, et toutes les interprétations, ou presque, sont permises, sans d'ailleurs se contredire. de fait, je me garderai bien d'essayer de trancher. Je préfère nettement que vous lisiez vous aussi "Bartleby".
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Myriam3
  04 février 2015
Je préfèrerais pas vous en dire trop sur ce trop court roman.. je préfèrerais pas tout vous dévoiler sur ce personnage étrange qu'est Bartleby. Enfin, quand je dis tout... ce que le narrateur lui-même en sait, et finalement ce n'est presque rien, quelques mois dans le même bureau, rien de plus, à peine quelques mots, que je préfèrerais mieux pas vous dévoiler, si vous-même n'en savez rien.
Disons que Bartleby débarque un jour dans ce bureau où travaille déjà deux personnages - Dindon et Lagrinche - aux tempéraments remarquablement lunatiques. Quel bonheur d'avoir cet homme fin, silencieux et travailleur comme nouveau compagnon! Jusqu'au jour où le patron lui demande un service...
Bartleby est donc un roman, ou plutôt une nouvelle beaucoup trop courte à mon goût, mais écrit avec beaucoup de finesse et d'ironie. On y perçoit l'absurdité dans laquelle on peut balancer sous le poids infime de quelques paroles, la fragile stabilité des relations, de l'existence, tout simplement.
Lu à la suite de le Bonheur dans l'Echec, une autre nouvelle de Melville, on y retrouve des points communs: l'évolution vers une sorte de délire, la générosité du narrateur, l'absurdité d'une vie...
MerciDaniel Pennac de m'avoir donné envie de découvrir ce livre! (clin d'oeil à Des Chrétiens et des Maures)
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Allantvers
  01 octobre 2016
Homme étrange et texte troublant que ce "Bartleby, le scribe" : un texte court, et qui pourtant emmène le lecteur dans une lecture riche de contrastes et génératrice d'une troublante tessiture de sensations.
De l'humour jouissif des premières pages où sont introduits les personnages jusqu'à la plainte déchirante des dernières relatant la triste fin de Bartleby.
De la première impression de liberté de Bartleby, l'homme qui dit non, opposée à la prison où l'on finit par l'enfermer dans sa solitude.
De l'univers étroit de l'étude notariale sur lequel Melville ouvre le récit à l'évocation d'une désespérante condition humaine sur laquelle il le referme.
Qu'est-ce donc alors que ce "je ne préférerai pas" que Bartleby oppose sobrement à toute demande?
Je rejoins Daniel Pennac qui affirme en quatrième de couverture de l'édition Folio : "Qui a lu cette longue nouvelle sait de quelle terreur peut se charger le mode conditionnel. Qui la lira le saura."
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critiques presse (1)
Lexpress   05 juillet 2012
L'histoire folle d'un homme étrange qui réussit à jeter le trouble autour de lui et à se couper du monde.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (49) Voir plus Ajouter une citation
MusardiseMusardise   17 avril 2018
Dindon était un Anglais trapu et bedonnant, à peu près de mon âge, c'est-à-dire frisant la soixantaine. Dans la matinée, on aurait pu dire de son visage qu'il avait une belle couleur vermeille, mais après les douze coups de midi - heure de son déjeuner - il s'illuminait des couleurs des braises d'un âtre à Noël ; et continuait de briller, d'un éclat décroissant, il est vrai, jusqu'aux environs de six heures le soir. Après quoi, il ne m'était plus donné de voir le propriétaire de ce visage qui, atteignant en même temps que le soleil son méridien, semblait avec lui se coucher, se lever le lendemain, atteindre son zénith et décliner avec une régularité et une splendeur égales. Tout au long de mon existence, j'ai connu bien des coïncidences singulières, dont la moindre n'est pas ce fait qu'au moment exact où la rouge et radieuse physionomie de Dindon émettait ses plus vifs rayonnements, à cet instant critique, précisément, commençait cette phase quotidienne où je considérais que ses capacités de travail se trouvaient sérieusement amoindries pour le reste de la journée. Non qu'il fût absolument oisif ou même réfractaire au travail ; loin de là. La difficulté consistait en ce fait qu'il pouvait déployer une énergie résolument excessive. Il régnait autour de lui une activité étrange, enflammée, tourbillonnante et d'une imprudence écervelée. Il ne prenait aucune précaution pour tremper sa plume dans l'encrier. Tous les pâtés qui maculaient mes documents, il les y laissait l'après-midi.

(Traduction : Jean-Yves Lacroix)
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MusardiseMusardise   20 avril 2018
Depuis quelques temps, j'avais pris l’habitude involontaire d'utiliser le mot "préférer" en toutes sortes d’occasions où ce terme n'était pas parfaitement indiqué. Et je tremblais à l'idée que la fréquentation du scribe avait déjà sérieusement affecté mon mental. À quelle nouvelle et plus profonde aberration ne risquais-je pas de me voir conduit ? Cette appréhension n'avait pas été sans influence sur ma détermination à recourir à des mesures sommaires. Alors que Pince-nez se retirait la mine aigre et boudeuse, Dindon approcha avec un air de plate déférence.
"Sauf votre respect, Monsieur, dit-il, j'étais hier en train de penser à Bartleby, ici présent, et je me disais que s'il pouvait préférer boire chaque jour un quart de bonne bière, cela l'aiderait beaucoup à s'amender, et le rendrait capable d’assister à la collation des minutes.
- Ainsi donc, vous aussi avez attrapé le mot, dis-je, avec un brin d'excitation.
- Sauf votre respect, Monsieur, quel mot ?" demanda Dindon, en venant respectueusement encombrer l'espace exigu ménagé derrière le paravent, me poussant ainsi à bousculer le copiste.
"Quel mot, Monsieur ?"
- Je préférerais qu'on me laisse seul ici", dit Bartleby, comme offensé de se voir ainsi envahi dans son intimité.
"C'est ça, le mot, Dindon, dis-je, c'est lui.
- Oh, préférer ? Oh oui - étrange vocable. Moi-même, je ne l'utilise jamais. Mais Monsieur, comme je vous le disais, si seulement il pouvait préférer...
- Dindon, l'interrompis-je, si vous voulez bien vous retirer.
- Oh, mais certainement, Monsieur, si vous préférez que je m'en aille."

(Traduction Jean-Yves Lacroix)
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MusardiseMusardise   24 avril 2018
L'idée me vint que Bartleby pourrait bien atteindre un âge avancé, continuer à occuper mes locaux et défier mon autorité, plonger mes visiteurs dans la perplexité, exposer au scandale ma réputation professionnelle, jeter une ombre sur mes bureaux, vivre le plus longtemps possible sur ses économies (car il ne dépensait, à coup sûr, pas plus que que la moitié d'un sou par jour) pour finalement, peut-être, me survivre et revendiquer la propriété de mon étude par droit d'occupation perpétuelle : alors que ces ombres perspectives envahissaient peu à peu mon esprit, que mes amis se répandaient sans cesse en remarques impitoyables sur l'apparition qui hantait mon bureau, un grand changement s'opéra en moi. Je résolus de rassembler mes facultés et de me débarrasser définitivement de l'intolérable incube.
Cependant, avant d'élaborer dans ce dessein un projet compliqué, je me contentai simplement de suggérer à Bartleby l'opportunité d'un départ définitif. D'un ton calme et posé, je recommandai cette idée à sa mûre et attentive considération. Mais après avoir pris trois jours pour méditer la question, il me fit savoir que sa détermination première demeurait la même ; en bref, il préférait rester à mes côtés.

(Traduction Jean-Yves Lacroix)
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MusardiseMusardise   08 mai 2018
Pour la première fois de ma vie une insurmontable et poignante mélancolie s’empara de moi. Je n'avais jamais jusqu’alors connu qu'une tristesse non dépourvue de charme. Mais le lien de notre humanité commune m'entraînait irrésistiblement vers le désespoir. Une mélancolie fraternelle ! Car Bartleby et moi étions tous deux fils d'Adam. Je me rappelai les soies chatoyantes et les visages rayonnants que j'avais vus aujourd’hui en tenue de gala, comme des cygnes glissant sur le Mississipi de Broadway ; je les comparai à la pâleur du copiste et pensai à part moi, ah, le bonheur courtise la lumière et nous pensons que le monde est gai ; mais la misère se tient à l'écart et nous en concluons qu'elle n'existe pas.

(Traduction : Jean-Yves Lacroix)
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BazaRBazaR   15 avril 2017
J'ai toujours vu en lui la victime de deux puissances malignes: l'ambition et l'indigestion. L'ambition se manifestait par un certain mécontentement d'avoir à remplir les devoirs d'un simple copiste, lesquels devoirs constituaient un empiétement insupportable sur ses véritables fonctions professionnelles, l'établissement d'actes notariés par exemple. L'indigestion semblait attestée occasionnellement par une nervosité irascible, par une intolérance ricaneuse qui parfois lui faisait grincer distinctement des dents sur ses fautes de copie, par des malédictions superflues chuintées plutôt qu'articulées dans la chaleur du travail, et surtout par un mécontentement continuel de la hauteur de la table sur laquelle il écrivait.
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Videos de Herman Melville (62) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Herman Melville
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Obscura de Régis Descott aux éditions Livre de Poche https://www.lagriffenoire.com/15117-poche-obscura.html
Chanson douce de Leïla Slimani aux éditions Folio https://www.lagriffenoire.com/114079-article_recherche-chanson-douce.html
Le lambeau de Philippe Lançon aux éditions Gallimard https://www.lagriffenoire.com/109311-poche-le-lambeau.html
Canicule de Jane Harper aux éditions Livre de Poche https://www.lagriffenoire.com/?fond=produit&id_produit=109545&id_rubrique=363
Sauvage (Suspense Crime) de Jane Harper aux éditions Calmann-Lévy https://www.lagriffenoire.com/?fond=produit&id_produit=109156&id_rubrique=363
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Moby-Dick ou le Cachalot de Herman Melville et Rockwell Kent aux éditions Gallimard - collection Quarto https://www.lagriffenoire.com/110386-divers-litterature-moby-dick-ou-le-cachalot.html
On se souvient du nom des assassins de Dominique Maisons aux éditions Points https://www.lagriffenoire.com/?fond=produit&id_produit=109543&id_rubrique=363
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