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EAN : 9782070297733
Gallimard (04/10/1977)
3.92/5   32 notes
Résumé :
Ces contes si châtiés furent écrits, contre toute apparence, dans l'anxiété et la fièvre. Gravement atteint déjà par le départ au loin de Nathaniel Hawthorne, l'irremplaçable confident d'hier, Melville assiste maintenant au naufrage de Pierre ou Les ambiguités sur les récifs de la morale puritaine. Devra-t-il, pour faire vivre les siens, étouffer sa pensée et renier son langage ? Endiguer le flot torrentiel qui a porté Moby Dick, puis Pierre en zone interdite ? Sa p... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique

Rien de tel qu'une Véranda ensoleillée pour faire plus ample connaissance avec Herman Melville. Je me suis senti comme chez Bradbury dans une riante campagne américaine, riche en métaphores filées. Au début de la nouvelle initiale que j'évoque ici, la veine héroï-comique de Melville rejaillit avec éloquence, au travers d'une prairie jonchée de comparaisons royales à l'emporte-pièce, comme autant de pâquerettes semées au fil du chemin tracé vers une montagne mystérieuse et attrayante.

Le parcours iconoclaste de cette nouvelle permet d'explorer les réalités qui se cachent sous le verni reluisant des contes de fées. Tout occupé à rêvasser d'Obéron et de Titania, le narrateur dérive vers les ombres « étranges » et dérangeantes qui rôdent dans les paysages d'aspect enchanteur. Quand on vient les regarder d'un peu trop près, on fait du même coup la connaissance des créatures qui s'y dissimulent, humaines, trop humaines.

Ce texte sert de programme et de strapontin à ceux qui suivent, où Melville n'a de cesse de scruter ce qui se cache derrière des façades opaques, parfois trompeuses… Des façades semblables aux murs de Wall Street et au visage de « Bartleby », nouvelle incluse dans le recueil (j'ai déjà parlé de ce texte ailleurs, donc je n'y reviens pas).

Puis vient ensuite le court roman Benito Cereno, qui présente à son tour une efflorescence de signes à décrypter tels des hiéroglyphes : comme Bartleby, ce texte comporte des comparaisons intrigantes avec l'ancienne Égypte.

Et encore plus explicitement que dans Bartleby, le point de vue avec lequel l'histoire est présentée n'est pas fiable. le « généreux capitaine Amasa Delano » met des bâtons dans les roues au lecteur, en interprétant tout de travers alors que la vérité est sous son nez. Melville crée ainsi une tension et un malaise dans un navire où couve quelque chose de théâtral et de macabre. L'ombre d'Edgar Poe plane sur ce récit, car Benito Cereno fait penser à un mélange entre La lettre volée et (surtout) l'une des dernières partie des Aventures d'Arthur Gordon Pym, que je ne nommerai pas précisément, pour ne pas divulgâcher.

La dernière réplique du personnage éponyme semble par ailleurs prophétiser le « the horror » de Joseph Conrad, bien qu'elle soit moins métaphysique car elle désigne ici une figure humaine diabolisée. Ce manichéisme empêche le récit d'atteindre la profondeur de Poe ou de Conrad. Mais il fait un trait d'union intéressant entre les deux.

On rencontrera aussi des nouvelles plus mineures, mais toujours écrites dans un style archi-reconnaissable, à base de syntaxe complexe et de tropes foisonnants (ce qui sert autant à esbaudir le lecteur qu'à créer un décalage comique avec le sujet). « le Marchand de Paratonnerre » démontre un grand sens du rythme, où la foudre la plus terrifiante reste la parole humaine déchaînée après avoir longtemps couvé dans une irritation croissante. Et « le campanile » m'a un peu fait penser à une nouvelle d'Ambrose Bierce, « le maître de Moxon », quoiqu'en plus rationnel et moralisateur, hélas, mais traversé d'une ironie plaisante, aux accents très bibliques : la tour symbolisant l'hubris, ça devrait parler à tout le monde sur... Babelio.

À part Benito Cereno, la partie maritime de l'oeuvre de Melville n'est finalement représentée que par la série de petits récits intitulée « Les îles enchantées », donnant une image insolite de l'archipel des Galapágos, où le tragique et le comique continuent de s'entrecroiser étroitement, alors que se rejoue une version burlesque de l'histoire des Etats-Unis, entre royauté évincée et esclavagisme, sans oublier l'industrie naissante, à laquelle sont comparés les volcans locaux. Pour ajouter à cet art du décalage, chaque « esquisse » s'ouvre avec un extrait de The Faerie Queene de Spencer en guise d'épigraphe, et l'ensemble comporte de multiples allusions et références souvent parodiques (Darwin et ses études sur les tortues des Galápagos, un Robinson Crusoe au féminin…), ce qui achève de plonger ces îles dans une identité, et même une temporalité complètement chaotique. Même les chiens peuvent devenir soldats, et le narrateur (Melville ?) se rêve en brahmane juché sur une tortue soutenant la voûte céleste. La dérive à travers ces îles est donc aussi une dérive de sens, le triomphe des tropes melvilliens au sein des tropiques libérés de toute téléologie autre que celle de la fiction ludique.

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Entre deux nouvelles courtes et anecdotiques inspirées sans doute de la maison à la campagne de Melville - on la retrouve aussi dans Cocorico!, une autre nouvelle - Benito Cereno est comme un abime.

Delano, capitaine d'un baleinier, s'inquiète de voir un bateau sans pavillon en rade au large et décide d'y aller en renfort avec son équipage. Il s'agit en fait d'un bateau négrier, avec 150 esclaves et une dizaine seulement de matelots à son bord, tous assoiffés et affamés. Delano, le temps que son équipage parte en ravitaillement, fait connaissance avec le capitaine Benito Cereno, jeune espagnol au teint maladif et au regard morne et mélancolique. Celui-ci réagit peu ou pas aux sollicitations de Delano. Bientôt, une certaine hostilité s'installe, appuyée par le comportement de Babo qui ne quitte pas Benito d'une semelle et veut le protéger de la moindre émotion. Babo n'est pas qu'un esclave, il est aussi le confident et le conseiller de Benito; Delano ne sait que penser de leur comportement étrange...

Melville joue sur la psychologie trouble des personnages dont on ne connaît que les comportements et les regards sous-entendus. Quelles sont les véritables motivations de Benito, et Babo? de tous les membres du bateau en rade? Malheureusement, j'ai trouvé parfois le rythme un peu longuet et les questionnements intérieurs de Delano répétitifs, mais la tension et l'envie de savoir l'ont emporté. C'est une nouvelle plutôt angoissante avec un dénouement intéressant, écrit à une époque où l'abolition de l'esclavage faisait son chemin.

Quant aux deux autres: La Véranda est agréable à lire, tout comme l'est une promenade dans les collines. le Marchand de Paratonnerre m'a bien sûr fait penser à la chanson de Brassens. La nouvelle en revanche est plutôt sans intérêt - sauf comme document informatif sur les dangers de la foudre!

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Une petite nouvelle bien écrite. Melville nous fait vivre une silencieuse confrontation entre jeunesse et vieillesse dans une profession, l'ignorance et l'expérience, celle-ci, il fallait bien l'avoir pendant la traite négrière. Nous vivons des moments de trouble du capitaine Delano lorsqu'il franchit le pont du bateau San Dominick où il constate que les choses tournent mal, le capitaine Benito ne présente rien d'un chef en dehors sa mise bien chic, un lourd secret semble jaillir de partout. Il a un regard fin, peut-être un nez fin comme un chien, en tout cas, aucun détail ne lui échappe dans ce bateau. Il scrute chaque personnage, tous les faits et gestes et surtout l'air très malaisé du capitaine Benito Cereno et toutes les faiblesses qui s'affichent pour un homme dit chef, il sent se fomenter quelque chose mais le propio lui risque de vivre une surprise...

Une petite détente!!!

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Un court roman, tout à fait malaisant.

Nous sommes en 1799. Delano, capitaine d'un bateau chasseur de phoques, Américain, fait escale dans une petite île du Chili pour s'approvisionner en eau, quand approche un étranger voilier espagnol, décati et en mauvais état. Il se rend à bord pour offrir son aide (eau, vivres, expérience). Il y rencontre Dom Benito Cereno, Espagnol, malade, taciturne. le voilier était destiné à la traite négrière, mais a traversé de terribles tempêtes et l'équipage semble à présent composé aussi bien de noirs et de blancs. le roman raconte la journée que Delano passe en compagnie de Benito Cereno, s'interrogeant, faisant des hypothèses, observant des choses étranges, craignant un guet-apens, ainsi que l'épilogue qui explique la plupart des étrangetés.

Petit souci : le ton est profondément raciste. Il n'y a pas la moindre petite critique contre l'esclavage et la traite négrière et des considérations sur la nature des blancs, des noirs, des métis. Franchement, pfff. Toutefois, cela vaut le coup de continuer sa lecture.

En effet, Delano est raciste et nous voyons le monde par ses yeux – oserais-je dire, par ses oeillères ? Ses préjugés le trompent et nous trompent, l'empêchent de comprendre ce qu'il voit et corrompt sa perception. La fin du roman agit-elle comme une révélation ? Rien n'est moins sûr et la position de Melville est difficile à déterminer, surtout que je n'ai pas envie de trop vous en dire. L'auteur ne semble pas prendre de distance vis-à-vis de son personnage et pourtant une phrase ironique sur la blancheur des squelettes fait douter de sa position, même s'il ne donne pas son point de vue.

Le roman repose sur deux piliers. le premier est que Delano ne comprend rien à situation qu'il a sous les yeux et interprète tout de travers. À la fin, le lecteur est invité à relire depuis le début en interprétant correctement les différents signes (le drapeau espagnol, la proue, les noires…).

Le second est le contraste entre les deux mondes représentés par chacun des navires. L'un américain, ordonné, bien géré, efficace, démocratique (sauf pour les noirs) et le second, représentant du vieux monde, se décomposant, ressemblant à une forêt primaire ou à un marais mystérieux, où les rapports sociaux reposent sur de vieux codes oubliés et incompréhensibles. Ce face à face silencieux sur l'océan Pacifique est plutôt réussi et Delano semble plonger dans une rêverie fantastique d'un autre temps, comme si le navire espagnol était ensorcelé.

Un court roman perturbant, un de ces cas de narration manipulatrice comme en osent certains grands romanciers, qui suscitent le malaise et l'interrogation.


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Dans la nouvelle qui donne son nom au recueil , récit maritime comme Melville en a écrit d'autres, le plus important n'est peut être pas les évènements en eux mêmes ou le regard de l'écrivain sur l'esclavagisme , mais plutôt la façon dont l'histoire est racontée . Ici, la visite d'un marin sur un autre bateau nous montre une série de situations plutôt ordinaires mais, au 3/4 de la nouvelle, un évènement va donner une autre signification à tout ce qu'on a lu jusque là . le plus fort est que , si la première partie pourtant pas écrite à la première personne, nous fait découvrir les lieux et les êtres par les impressions du capitaine Delano ( ressentant un indéfinissable malaise devant ce qui apparait banal ) , l'explication nous est livrée dans le dernier quart par l'intermédiaire d'un rapport de police , texte froid et neutre par rapport à la subjectivité précédente .Vraiment trés astucieux .

Dans ce recueil, j'ai aussi bien aimé et souvent souri au second degré en lisant " les iles enchantées ". La nouvelle pourrait faire un excellent guide de voyage pour touriste masochiste et neurasthénique .

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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation

Pour changer la scène aussi bien que pour se donner l’agrément d’observer l’approche du bateau, il franchit les porte-haubans et monta jusqu’à la galerie de tribord. Ces balcons d’apparence vénitienne mentionnés plus haut, formaient des retraites coupées du pont. Comme son pied foulait les mousses marines demi-humides, demi-sèches qui tapissaient l’endroit, comme sa joue recevait l’évent d’un souffle de brise isolé, fantomatique risée sans héraut ni escorte ; comme son regard tombait sur la rangée de petits contre-sabords ronds, tous fermés d’une rondelle de cuivre ainsi que les yeux d’un mort dans le cercueil, et sur la porte de la cabine, anciennement reliée à la galerie (où jadis s’étaient ouverts également les contre-sabords), mais à présent calfatée et assujettie aussi fermement qu’un couvercle de sarcophage à la paroi, au seuil et aux montants goudronnés d’une sombre couleur pourpre ; comme il songeait au temps où dans cette cabine et sur ce balcon d’apparat avaient retenti les voix des officiers du roi d’Espagne, et où les filles des vice-rois de Lima s’étaient accoudées, peut-être à l’endroit même où il se tenait maintenant ; comme ces images et d’autres encore flottaient dans son esprit ainsi que la risée dans l’air calme, il sentit monter en lui cette rêveuse inquiétude qu’un homme seul dans la prairie se prend à éprouver devant le repos de midi.

To change the scene, as well as to please himself with a leisurely observation of the coming boat, stepping over into the mizzen-chains, he clambered his way into the starboard quarter-gallery—one of those abandoned Venetian-looking water-balconies previously mentioned—retreats cut off from the deck. As his foot pressed the half-damp, half-dry sea-mosses matting the place, and a chance phantom cats-paw—an islet of breeze, unheralded, unfollowed—as this ghostly cats-paw came fanning his cheek; as his glance fell upon the row of small, round dead-lights—all closed like coppered eyes of the coffined—and the state-cabin door, once connecting with the gallery, even as the dead-lights had once looked out upon it, but now calked fast like a sarcophagus lid; and to a purple-black tarred-over, panel, threshold, and post; and he bethought him of the time, when that state-cabin and this state-balcony had heard the voices of the Spanish king’s officers, and the forms of the Lima viceroy’s daughters had perhaps leaned where he stood—as these and other images flitted through his mind, as the cats-paw through the calm, gradually he felt rising a dreamy inquietude, like that of one who alone on the prairie feels unrest from the repose of the noon.

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(sur les tortues des Galápagos)

Le fait que ces tortues soient victimes d'un enchanteur coercitif, malfaisant, voire franchement diabolique, ne me paraît jamais moins vraisemblable que durant leur étrange abandon à cette tâche sans espoir qui les absorbe si souvent. Je les ai vues, au cours de leurs randonnées, se jeter héroïquement contre des roches et rester là indéfiniment, cognant, se démenant, s'arc-boutant, dans le dessein de les déplacer et de poursuivre leur inflexible route. Leur malédiction suprême est cette pénible aspiration à la rectitude dans un monde semé d'embûches.

That these tortoises are the victims of a penal, or malignant, or perhaps a downright diabolical enchanter, seems in nothing more likely than in that strange infatuation of hopeless toil which so often possesses them. I have known them in their journeyings ram themselves heroically against rocks, and long abide there, nudging, wriggling, wedging, in order to displace them, and so hold on their inflexible path. Their crowning curse is their drudging impulse to straightforwardness in a belittered world.

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C’est une vision terrible que celle d’une bête soyeuse s’amusant longuement avec un lézard doré avant de le dévorer. Il est encore plus terrible d’observer le Destin félin badiner avec une âme humaine, et par une magie sans nom lui faire rejeter un sain désespoir au profit d’un espoir absolument fou. De mauvaise grâce, je singe cette entité féline, jouant avec le cœur de celui qui me lit ; car s’il ne ressent rien il lit en vain.

Dire sight it is to see some silken beast long dally with a golden lizard ere she devour. More terrible, to see how feline Fate will sometimes dally with a human soul, and by a nameless magic make it repulse a sane despair with a hope which is but mad. Unwittingly I imp this cat-like thing, sporting with the heart of him who reads; for if he feel not he reads in vain.

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Lorsque j'allais m'établir à la campagne, ce fut pour occuper une ferme de vieux modèle qui n'avait pas de véranda, lacune des plus regrettables à mes yeux, non seulement parce que j'aimais les vérandas pour cette façon qu'elles ont de combiner en quelque sorte le confort douillet du dedans et la liberté du dehors, et parce qu'on a tant de plaisir à consulte là son thermomètre, mais aussi parce que la campagne environnante offrait un tel tableau qu'au temps des mûres aucun gamin ne gravit un mont ou ne franchit un val sans tomber sur des chevalets dressés dans tous les coins et sur des peintres bronzés en train de peindre. C'est un vrai paradis des peintres. Le cercle des étoiles coupé par le cercle des montagnes. Ainsi, du moins, apparaît-il de la maison, car une fois que vous êtes sur les montagnes, elles ne forment plus aucun cercle que vous puissiez voir. Si le site avait été choisi douze toises plus loin, ce cercle enchanté n'eût pas existé.

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C’était un matin particulier à cette côte. Tout était calme et muet, tout était gris. La mer, bien qu’ondulée de longs arpents de houle, paraissait figée, et sa surface était lisse comme du plomb fondu refroidi et durci dans le moule du fondeur. Le ciel semblait un manteau gris. Des essaims gris d’oiseaux inquiets, folâtrant avec les essaims gris de vapeurs inquiètes auxquelles ils se mêlaient, effleuraient les eaux d’un vol bas et capricieux, comme les hirondelles rasent les prairies avant l’orage. Ombres présentes, présageant des ombres plus profondes à venir.

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Videos de Herman Melville (70) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Herman Melville
Nuku Hiva, la plus étendue des îles Marquises, est aussi l'une des plus envoûtantes, avec des paysages exceptionnels : falaises, plateaux, canyons, crêtes acérées, forêts luxuriantes, étendues arides, vallées mystérieuses, cascades, baies isolées et pics volcaniques déchirant l'azur. de grands noms de la littérature, dont Herman Melville et Robert Louis Stevenson, ont succombé à son charme.
Video: Jean-Bernard Carillet
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