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Guy Ducrey (Éditeur scientifique)
ISBN : 2221078632
Éditeur : Robert Laffont (31/03/1999)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Huit romans de la décadence : Le mime Bathylle de Jean Bertheroy ; Monsieur de Bougrelon de Jean Lorrain ; Albert de Louis Dumur ; Le Chercheur de tares de Catulle Mendès ; Escal-Vigor de Georges Eekhoud ; Les hors nature de Rachilde ; Le Soleil des morts de Camille Mauclair et Penses-tu réussir ! de Jean de Tinan

Fin-de-siècle est à la fois synonyme de décadence et de modernité. Décadence des moeurs, d'abord. Jamais on ne crut dénombrer autant de per... >Voir plus
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Citations & extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
EmniaEmnia   27 novembre 2014
A vrai dire, j'avais une espérance : celle de devenir fou. Je savais bien que j'étais, que j'avais toujours été sur le point de devenir fou. Mais je ne l'avais jamais été, et je ne l'étais pas. Etre fou ! mais c'est l'ambition légitime de tous les hommes dignes du nom d'hommes. Je sais, je sais, il y a les gâteux, les baveux, et les agités féroces, qu'on met en cages ! Exceptions. Il y a surtout, en plus grand nombre, les bons fous rêveurs, qui s'éblouissent délicieusement, comme les bergers d'une idylle de rêve, d'un papillon posé à la fleur des pommiers dans la cour de Charenton ! il y a les mères qui, assises sur un banc, retrouvent, dans le bercement sous un châle, l'illusion du premier-né ; il y a celui qui se croit empereur ! il y a celui qui se croit dieu ! et cet empereur-là ne perdra jamais de batailles ; et ce dieu n'aura jamais d’athées.

Catulle Mendès, Le Chercheur de tares.
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EmniaEmnia   08 juin 2014
Il y a bien des genres de suicides. On peut arrêter un train en marche, se jeter en Seine, se laisser choir du haut de Notre-Dame, se priver de nourriture, s'intoxiquer, s'inoculer le choléra-morbus, assassiner une famille afin d'être guillotiné, avaler du verre pilé, fumer de l'opium, s'ouvrir les veines comme Sénèque, se transpercer comme Caton, se pendre comme Judas, se planter des clous dans la tête, se brûler à petit feu, entrer dans une fourmilière, s'offrir en pâture aux crocodiles, se révolter contre les Anglais, se faire piquer par un aspic, boire du plomb fondu, voyager chez les anthropophages, réciter d'une seule haleine le monologue de Charles Quint, dormir les pieds en l'air, respirer des fleurs capiteuses, coucher avec un succube, s'absinther ou s'asphyxier au charbon.
Albert avait choisi le revolver.

Louis Dumur, Albert
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EmniaEmnia   06 août 2016
Une poésie triste, familière, née de la pauvreté, de l'odeur des feuilles et du brouillard, émane de ce paysage, qui essaie d'être la campagne derrière un mur abritant trois millions d'existences et qui s'imprègne d'elles, frissonne sous leurs souffles, se recueille avant de les laisser prévoir. On dirait qu'aux portes de la ville immense se suspend un instant l'adieu de la nature reconduisant le passant qui va pénétrer dans le chaos : on dirait qu'avant de l'abandonner elle veut lui donner un regret, se faire plus exquise et plus nostalgique. Un charme étrange se révèle en cette nature souillée, qui languit épuisée jusqu'aux bords des remparts, et qui, de tout l'égout commençant les banlieues, a tiré sa mélancolique beauté.

Camille Mauclair, Le Soleil des morts
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EmniaEmnia   20 août 2016
Les grandes énergies en étaient dépensées, il n'y restait que les sensations raffinées, l'efflorescence fragile des délicatesses, la curiosité, le rare. L'élite ainsi demeurait comme les Byzantins occupés de controverses minutieuses et savantes, dans un empire illusoire et exténué, cerné par le grand submergement des barbares. Elle prolongeait un art admirable et maladif, fin comme les visages de ceux qui vont mourir de langueur, et dressait dans la jouissance égoïste et bousculée de l'époque sa noblesse inutile et ses œuvres hésitantes, ne persistant que pour l'honneur. Elle eût dû s'imposer comme une féodalité, elle devenait une congrégation, mal tolérée, et tournait le dos à la vie : c'était bien ce que Manuel Héricourt avait dit, et André de Neuze, en rentrant dans l'existence active de l'hiver, en demeura écœuré. L'odeur de décadence montait de cette élite, en somme, comme de la foule ; mais c'était une odeur exquisement fanée et captivante, comme ces parfums que la chimie sait extraire des plus odieuses pourritures.

Camille Mauclair, Le Soleil des morts
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EmniaEmnia   25 novembre 2014
J'ai été de toutes les émeutes. Comme je suis vieux, j'ai même connu M. Thiers, qui s'habillait en garde national pour le plaisir de tirer sur le monde. Il était si petit qu'il était obligé d'acheter son uniforme chez les marchands de joujoux, et il tirait avec un tout petit fusil. Ça ne fait rien, il tirait. Il tirait mal, parce qu'il ne pouvait pas viser très haut. Il tuait tout de même ; on souffrait plus longtemps, voilà tout. Et, quand il avait été vainqueur, on lui mettait dessous un plus haut piédestal ! Il ressemblait à une puce de Napoléon, sur la pyramide d'Égypte.

Catulle Mendès, Le Chercheur de tares
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Vidéo de Catulle Mendès
Catulle MENDÈS - Le Mangeur de Rêve
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