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ISBN : 2757849514
Éditeur : Points (12/02/2015)

Note moyenne : 3.25/5 (sur 24 notes)
Résumé :
A l'occasion du Congrès eucharistique de 1952, un évêque latino-américain au passé trouble est hébergé dans une famille catalane ; un coup d’État dans son pays l'entraîne dans de rocambolesques péripéties à travers les rues de Barcelone. Le fils d'une célèbre ophtalmologue soudain décédée rentre précipitamment d'Afrique pour recevoir à Bruxelles un prix prestigieux au nom de sa mère, et prononce une diatribe contre le milieu scientifique. Un criminel incarcéré s'ini... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
araucaria
  21 septembre 2018
Je suis très septique lorsque je découvre le titre de ce livre et encore plus lorsque je lis la quatrième de couverture : "Quels points communs trouver à un évêque alcoolique, un homme séjournant parmi les indigènes en plein désert et un prisonnier passionné de littérature? Ni prophètes ni martyrs, l'Eglise ne les canonisera jamais. Mais capables de grandeur malgré l'humilité de leur condition, ils n'en demeurent pas moins chacun à sa façon des saints d'un genre tout à fait particulier!"
Je conclus simplement que je n'ai pas du tout le même avis sur la notion De Saint et de sainteté...
Mais les trois récits ne manquent pas d'intérêt et l'auteur que je découvrais avec cette oeuvre, ne manque pas de talent et utilise un vocabulaire soutenu. J'apprécie aussi ses observations acides.
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traversay
  27 février 2014
Dans son introduction à Trois vies de saints, Eduardo Mendoza indique que ces récits ont été écrits à différentes époques de sa vie et, également, que le terme de "saints" ne doit pas être pris au sens strictement religieux mais comme une appellation désignant des individus relativement inadaptés à la société, nullement anachorètes ou martyrs, mais enclins à renoncer à tout pour une idée. Et leur caractère donquichottesque les renvoie aussi à un certain ostracisme de leur environnement. Les trois récits ont des caractéristiques communes bien connues des lecteurs de Mendoza : un mélange de réalisme et d'humour narquois, l'ironie, plus bienveillante que méchante, constituant sa marque de fabrique. En revanche, ces "nouvelles" sont inégales, et par leur longueur, et par leur intérêt. La seconde est très faible et ne mérite pas que l'on s'y attarde. En revanche, la première, qui occupe plus de la moitié du livre, est intéressante à plus d'un titre. Elle nous immerge dans le Barcelone de 1952, lors d'un congrès eucharistique pendant lequel l'un des évêques participants, originaire d'Amérique centrale, se retrouve hébergé dans une famille. Et comme une révolution a éclaté dans son pays et qu'il y est désormais devenu indésirable, il devient rapidement encombrant pour ses hôtes et ne va pas à tarder à jeter sa soutane aux orties et à vivre une existence peu catholique. Tout l'art de conteur de l'écrivain espagnol se trouve dans ce récit parfois à la la limite de l'absurde et du burlesque. Un bon point également pour la dernière histoire, très touchante, celle d'un détenu qui va nouer une relation très particulière avec son professeur de littérature et devenir, une fois libéré, un écrivain de renom. Un hymne à la lecture joliment troussé qui clôt cette trilogie, certes mineure dans la carrière de Mendoza, mais bien entendu indispensable à ces admirateurs.
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Pirouette0001
  07 avril 2014
Evidemment, j'ai un faible pour Mendoza. Un faible certain, même.
Rare sont les auteurs qui m'attirent suffisamment pour lire des nouvelles, ou des récits, comme l'auteur qualifie ces trois historiettes. L'une écrite au début de sa carrière, l'autre dans une phase intermédiaire et la troisième récemment.
Et pourtant, l'éditeur aurait pu les mélanger ; le style de Mendoza, son humour et son humanité sont présents dès la première page.
Loin d'être des hagiographies, ces nouvelles retracent la vie d'hommes banals, sans miracles, qui n'ont rien de saints.
C'est, ma foi, fort plaisant.
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emmanuelleD
  28 mai 2014
3 nouvelles, écrites à des âges différents, liées par des destins. destins de personnages (presque) anonymes, égaux dans la somme de ce qu'ils taisent. Ce qui n'est pas dit est parfois étouffant. Fort heureusement, dans les 3 récits la parole tout à coup se libère comme une cascade (discours, lettre ou journal intime). La langue est virtuose, le cadre des histoires toujours étonnamment décrit : les appartements de Barcelone, Un village en brousse, ou la prison (moins décrite mais tout aussi présente comme lieu symbolique). Ils font efficacement écho au paradoxe commun aux 3 personnages : vide et plein, protagoniste principal et victime passive, mutique et conteur. C'est truculent car les personnages (surtout secondaires) sont intéressants, singuliers. C'est aussi profondément désespéré. Se dessine un aveu d'impuissance face aux évènements de l'existence qui exaspère, non le lecteur mais l'humain qui lit et voudrait secouer ces personnages et leur insuffler de l'espoir. Oui, ces nouvelles peuvent être vécues comme éveillant notre vitalité !!
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livreclem
  03 mars 2014
Trois récits sur trois hommes qui ont eu une vie peu ordinaire. le premier un évêque obligé à l'exil, le deuxième un fils d'une célébre scientifique profitant de ces derniers instants de vies à travers le monde et le dernier, un taulard qui découvrent la littérature.
C'est le dernier portrait qui m'a le plus plu.
L'auteur est vraiment un conteur et on lit assez vite ces trois destins.
Je recommande
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   22 septembre 2018
Mon oncle, tout en parlant de tout et n'importe quoi, n'en était pas moins un bon auditeur, car le périmètre de sa curiosité était infini et, à la différence de la plupart des idiots, conscient de son ignorance et de ses limitations, il était humble, écoutait avec attention et se montrait même souvent étonné. A cette époque, je lisais beaucoup et j'avais de grandes inquiétudes intellectuelles, aussi notre dialogue était-il animé et, pour moi qui manquais d'une figure paternelle à qui prouver mes progrès, une soupape d'échappement que les préjugés inculqués par ma famille à l'encontre du peu d'envergure de mon oncle m'empêchaient d'apprécier. Plus tard, en me rappelant ses attentes à l'arrêt désert sans autre compagnie que le bruissement du vent sur la zone inhabitée, j'ai pensé que peut-être l'oncle Victor n'allait pas toutes les après-midi à la clinique pour voir son frère mais pour me voir, moi, et m'apporter le soutien dont il savait que j'avais tant besoin avec les seuls moyens dont il disposait, c'est-à-dire sa personne, son temps et son affection.
(La baleine)
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araucariaaraucaria   21 septembre 2018
Maintenant, profitant des longues heures de vol, Dubslav réfléchissait (les aléas du chemin de retour ne lui avaient pas laissé le temps de penser), sans prêter attention aux regards de dégoût et de réprobation des autres passagers, de plus en plus ostensibles à chaque nouveau d'avion au cours du trajet dans le sens inverse, en contemplant sa mise dépenaillée et son indéniable saleté.
(La fin de Dubslav)
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araucariaaraucaria   22 septembre 2018
Martin J. Fromentin prononça un discours de circonstance, truffé de lieux communs bien intentionnés. Avant de terminer, il baissa la voix et sur un ton presque inaudible, en butant sur les mots comme s'il n'avait ni écrit ni pensé cette partie de discours, il dit : "Dans le passé, j'ai été un criminel. C'est un fait bien connu et, au point où j'en suis arrivé, ça n'aurait pas de sens de le nier. Je veux seulement dissiper l'aura de romantisme que cela pourrait avoir pour ceux, qui comme vous, ont toujours été du bon côté de la loi. Un criminel n'est pas un héros, c'est un être répugnant qui abuse de la faiblesse d'autrui. J'étais destiné à suivre ce chemin jusqu'au plus triste des dénouements, si la rencontre fortuite avec la littérature ne m'avait ouvert une brèche par laquelle j'ai pu m'évader vers un monde meilleur. Je n'ai rien d'autre à ajouter. La littérature peut sauver des existences sinistres et racheter des actes terribles; inversement, des actes terribles et des existences avilies peuvent sauver la littérature en lui insufflant une vie sans laquelle elle ne serait que lettre morte."
(Le malentendu)
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araucariaaraucaria   21 septembre 2018
Ma tante fit ce que suggérait l'évêque et dit :
- Pour les domestiques, soyez sans inquiétude. Ils connaissent l'existence du coffre caché derrière le tableau, mais, même si l'envie les en prenait, ils ne pourraient pas l'ouvrir. Et puis ils sont de toute confiance. Quant à la question morale que je vous ai posée, qu'en pensez-vous, Monseigneur? Est-ce que je dois vendre ces bijoux?
Ainsi pris à partie, l'évêque troublé, fit quelques pas sur le tapis du salon. Puis il ouvrit les bras en croix et s'exclama :
- On ne m'avait jamais posé pareille question, madame, et je ne sais comment répondre. Mais je vous dirai une chose que je tire de ma pauvre expérience. Ces joyaux ont pour vous une grande valeur sentimentale, ce qui leur donne une importance qui ne tient pas seulement à leur prix. Par exemple, ces pendants d'oreilles qui passent de génération en génération, eh bien, vous ne pouvez pas les vendre, parce qu'ils sont maintenant à vous, mais uniquement comme si vous les aviez en dépôt pour en prendre soin et les transmettre demain à votre fille et, de la sorte, poursuivre la chaîne. Et d'autres objets font partie de votre vie spirituelle : rien de moins que la naissance d'un enfant, par exemple. Et puis il y a la valeur économique des objets eux-mêmes. Voyez-vous ma fille, dans la région d'où je viens, on trouve parfois des pierres précieuses. Des rubis, des améthystes, des opales. Très peu, c'est vrai. Mais si un paysan, dans son labeur exténuant, découvre une de ces pierres, il lève les yeux vers le ciel et rend grâce à la Sainte Patronne de Quahuicha, car avec ce cadeau de la Mère de Dieu il pourra payer ses dettes et vivre un temps, lui et sa famille, à l'abri de la faim. Et puis il y a aussi ceux qui taillent ces pierres, et ceux qui les sertissent en les travaillant si joliment. Ces parures représentent beaucoup pour bien des gens; on ne peut s'en défaire comme ça, pour un simple scrupule de conscience. Moi, madame, je n'ai encore rien vu de l'Espagne, pas même Barcelone, occupé comme je l'ai été depuis mon arrivée. Ici aussi, il y a sûrement de la pauvreté. Mais je tiens pour certain que le plus pauvre de ce pays est riche comparé à un pauvre de ma terre. Croyez-moi, madame, gardez ce que Dieu vous a donné, et ne pensez plus à ces bêtises.
(La baleine)
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araucariaaraucaria   22 septembre 2018
Ma tante, un peu gênée, lui demanda si elle pouvait lui servir quelque chose. L'évêque s'éclaircit la gorge et dit qu'il boirait bien un verre d'eau, car il mourait de soif. Ma tante sortit tout de suite et revint avec un plateau sur lequel étaient disposés un verre, une carafe d'eau fraîche et une serviette en batiste. Monseigneur Putucas vida le verre d'un trait, le reposa sur le plateau et s'essuya les lèvres; ma tante, très empressée, lui demanda s'il ne désirait rien d'autre. L'évêque se redressa et leva sa main gantée.
- Madame, dit-il, je ne veux rien de vous. Quand j'étais dans le besoin, vous m'avez jeté à la rue. Vous feignez d'être chrétienne, mais vous ne l'êtes pas, car le christianisme est amour et charité et vous ne pratiquez ni l'un ni l'autre. Vous m'avez accueilli par vanité et chassé par égoïsme. Je ne vous condamne pas. Moi aussi j'ai agi dans la vie sous l'emprise de l'orgueil. Si j'étais entré à l'école militaire, j'aurais voulu devenir général et qui sait si je n'aurais pas profité d'un soulèvement pour gouverner la nation. Mais comme je suis allé au séminaire, j'ai voulu être évêque sans regarder aux moyens. J'ai même rêvé d'être pape. Par chance, Dieu tout puissant a fait en sorte que je n'y parvienne pas. Au contraire : il m'a soumis à de dures épreuves et c'est ainsi que j'en suis arrivé à voir où est la vérité et où est le mensonge.
La tante Conchita était restée muette, pâle, au bord de l'effondrement. Avant qu'elle puisse récupérer ses esprits, l'évêque était sorti du salon, avait franchi le couloir et était parti.
(La baleine)
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Rencontre avec Eduardo Mendoza en partenariat avec l'Institut Cervantès de Bordeaux. Entretien avec Yves Harté.
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