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ISBN : 2757860097
Éditeur : Points (12/01/2017)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 319 notes)
Résumé :
Un dîner en ville. Au menu, nourriture bio, affaires et éducation des enfants. Claire s'ennuie et décide de rentrer seule à vélo. Elle ne le sait pas encore mais sa vie vient de basculer. Tour à tour victime puis criminelle, Claire échoue en prison et refuse obstinément de s'expliquer. À la veille de son jugement, elle se décide enfin à sortir de son mutisme…
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Critiques, Analyses et Avis (158) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  03 avril 2018
Une porte lourde qui se referme. Le cliquetis du verrouillage. Claire est tranquille. Au moins jusqu'au lendemain matin. Seule dans une cellule isolée dans la maison d'arrêt des femmes, à Fresnes. Jugée aujourd'hui par ses pairs. Qui pourra la comprendre ? Qui pourra comprendre son geste inavouable ? Qui pourra lui pardonner ? Personne, sans nul doute. D'autant que Claire se tait, s'emmure dans un silence infranchissable. Qu'a-t-elle pu commettre d'aussi irréparable pour se retrouver entre ces quatre murs ? Elle, la bourgeoise parisienne, épanouie dans son travail, sa vie sociale, aimée d'un mari tendre et compréhensif. Seule ombre au tableau idyllique : l'absence d'enfant... du fond de sa cellule, Claire noircit des pages afin de livrer son témoignage...
Ce sont ces pages que nous livre Mathieu Menegaux. Avec justesse et beaucoup d'émotions, il se met dans la peau de cette femme qui, inexplicablement, se retrouve derrière les barreaux. Isolée des autres détenues afin de la protéger, elle, et ses semblables. Afin d'expliquer l'inexplicable, Claire écrit et se livre, sans fard. Sur sa vie d'épouse aimée, sur son manque de maternité et sur le drame qui l'a conduite là où elle est aujourd'hui. L'auteur se glisse parfaitement dans la peau d'une femme et aborde avec sensibilité le couple, le désir de maternité, l'amour, l'intimité... La tension est permanente tout au long de ce témoignage que l'on parcourt d'une traite, le souffle court. L'écriture, sensible et terriblement efficace, nous happe dès les premières lignes.
Un roman étonnant et bouleversant...
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jeunejane
  30 octobre 2017
On fait connaissance avec Claire enfermée depuis deux ans dans une prison dans le quartier des femmes.
On imagine que les faits qu'elle a commis sont graves car elle ne peut être en compagnie des autres détenues. Cela serait dangereux pour elle.
Au deuxième chapitre, on fait un bond dans le temps et on la voit assister à un dîner ennuyeux en hiver, en compagnie de son mari.
Sa vie est lourde car à quarante ans, elle n'a pas pu avoir d'enfants. Elle porte cela difficilement et voir les autres couples entourés d'enfants est très difficile pour elle , même si, avec Antoine, ils ont une vie riche culturellement et professionnellement.
Lors de cette fameuse soirée, elle s'ennuie et prétextant la fatigue, elle rentre seule, laissant son mari poursuivre sa conversation.
Dans un souterrain, elle fait une très mauvaise rencontre et sa vie bascule.
Elle n'osera pas avouer ce qu'elle a vécu à son mari pour sauver la face, garder son quotidien intact mais son drame aura des conséquences.
Elle a choisi de se taire jusqu'au bout aux yeux de tous.
Le prix est lourd à payer.
L'auteur met merveilleusement bien en valeur nos valeurs éducatives et rigides qui nous empêchent de nous confier et d'être nous-mêmes sauf qu'ici, cela tournera au drame des drames, à une tragédie.
C'est un livre dont on ne se détache pas, il est plus que prenant , bien écrit avec des références à des phrases de chansons connues car en prison, Claire attache beaucoup d'importance à la musique et à la littérature surtout.
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kitou94170
  03 mai 2017
« Je me suis tue » de Mathieu MENEGAUX est un roman court ! Juste 137 pages. Mais quel roman ! Comment l'auteur a-t-il pu nous livrer un premier livre aussi fort en si peu de pages. Cela s'appelle certainement le talent.
Claire est incarcérée dans la prison pour femmes à Fresnes. Elle attend son jugement.
Pourquoi ? Quel est son crime ? Et surtout pourquoi ce silence ?
Elle a 40 ans, elle est belle, brillante, mariée à un homme qu'elle aime profondément qui a très bien réussi professionnellement. Bref c'est une femme à qui tout semble réussir. Pas tout, non.
Seule ombre à ce tableau idyllique, ils n'ont pas d'enfant. Claire en est profondément et viscéralement malheureuse. C'est un échec car pour elle une femme qui ne donne pas la vie n'est pas une vraie femme. Elle est d'autant plus meurtrie que le problème vient de son mari.
Un soir, sa vie va basculer. Agressée brutalement et violée, elle va prendre la décision de se taire.
Ne rien dire à personne, surtout pas à son mari. Victime de son orgueil et de sa fierté, elle va s'enfermer dans un silence destructeur, pour finir par se prendre les pieds dans la toile qu'elle a tissée autour d'elle. Elle est incapable d'anticiper toutes les conséquences que cette décision va avoir. Jusqu'à l'irrémédiable.
Difficile d'en dire beaucoup plus sur l'histoire, au risque de dévoiler le secret De Claire.
Vous l'aurez compris, c'est un coup de coeur. Ce livre m'a bouleversé.
Tout le long de sa lecture, la souffrance De Claire, pétrie d'orgueil, persuadée qu'elle a une maîtrise absolue sur sa vie et qu'elle n'a besoin de personne m'a interpellé. En effet, son histoire nous amène tout de même à nous poser un certain nombre de question dont la principale : « comment peut-elle se taire ? »
La force de l'écriture de Mathieu MENEGAUX est qu'il arrive à nous captiver du premier jusqu'au dernier mot de ce roman. Et quelle fin ! Un uppercut !
On a l'impression au fil du livre que la fiction se confond au réel.
Pour finir, je dirai que ce roman est bouleversant et est écrit avec une extrême sensibilité. A la question que je me pose : comment un homme a-t-il pu à ce point décrire l'intimité d'une femme et rentrer si intimement dans son esprit ?
Un début de réponse lors d'une interview de l'auteur sur une radio où il dit : « j'aurai tellement aimé être une femme ».
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Kittiwake
  22 juillet 2017
C'est court, concis et terriblement efficace.
On le sait d'emblée : l'histoire De Claire se termine derrière les barreaux. Mais le lecteur est le seul confident de la jeune femme qui n'a jamais révélé ce qui aurait fait d'elle une victime plutôt qu'une coupable.
Quel fut son crime? C'est au terme d'une auto-analyse qui révèle peu à peu l'engrenage, le piège qui se referme autour de la jeune femme que l lecteur découvre l'inimaginable, l'impensable. C'est une descente aux enfers d'autant plus terrible que rien ne pouvait l'annoncer. Réussite sociale, amour, amitié, même l'absence d'enfant semblait être un revers accepté.
Le récit est cours et la langue épurée. le discours reste factuel, en ce sens que la narratrice ne cherche pas la connivence, ne se cherche pas d'excuse. elle énonce tout au plus quelques regrets, quelques « Si seulement », tout en restant distanciée par rapport à ces drames qui se sont succédés.
Le cheminement psychologique De Claire , que l'on a plus d'une fois envie de secouer pour qu'elle sorte de son mutisme, est très bien évoqué. C'est d'ailleurs une sorte de prouesse de la part de l'auteur qui réussit à ce point à se glisser dans l'univers mental d'une femme. voilà qui remet en cause l'existence d'une plume sexuée. Sans connaître le nom de l'auteur, bien malin celui qui aurait pu imaginer qu'il s'agissait d'un homme.
Reste la question de la raison qui peut pousser cette femme à se murer dans un silence délétère. le sacrifice inutile d'un être doublement innocent? La perte de tous ses repères? C'est en tous cas une motivation profonde et inéluctable , puisqu'il aurait suffit d'un mot, d'une simple décision, pour que le destin bascule, et ceci à plusieurs reprises.
Difficile de rester indifférent face à cette violence contenue, transcrite avec une économie de mots savamment étudiée, qui en fait une lecture marquante à long terme.
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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canel
  21 février 2017
Claire est en prison. Comment cette quadragénaire « équilibrée, éduquée, sans le moindre antécédent psychiatrique, bourgeoise, aisée, sans angoisse vitale » est-elle arrivée là ?
Je ne vous dirai pas ce qu'elle a fait, on l'apprend doucement, tardivement. L'auteur remonte le fil par le biais d'une lettre ultime que la détenue écrit à son mari.
Entre le drame déclencheur et son geste fatal, plusieurs mois se sont écoulés. Pour se protéger et épargner ses proches, cette femme forte et fière s'est emmurée dans un silence destructeur, dans l'orgueil et le déni, a tissé sa propre toile, s'est empêtrée dans des désirs inconciliables...
Mathieu Menegaux signe là un premier roman aussi captivant que dérangeant. Je l'ai lu d'une traite, il m'a bouleversée, j'ai admiré la capacité de l'auteur à « se glisser dans la peau d'une femme », comme il le dit lui-même dans les remerciements.
Même si le suspense tient rapidement le lecteur en haleine, cet ouvrage n'est pas vraiment un thriller. Plutôt un roman très noir au cheminement intelligent et réaliste, donc saisissant et perturbant.
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Parmi les nombreuses chansons évoquées dans l'ouvrage :
« Il manque quelqu'un près de moi,
Je me retourne, tout le monde est là.
D'où vient ce sentiment bizarre que je suis seule,
Parmi tous ces amis et ces gens qui ne veulent
Que quelques mots d'amour. »
'Quelques mots d'amour'
- Véronique Sanson
♪♫ https://www.youtube.com/watch?v=wGK-aPRZVHo
- Michel Berger
♪♫ https://www.youtube.com/watch?v=xJBdHY1ulXU
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Citations et extraits (53) Voir plus Ajouter une citation
PickItUpPickItUp   10 septembre 2018
Je n'ai croisé personne. Pas âme qui vive. Vive la télévision, vive internet, vive la modernité et la convivialité de ce monde en ligne où plus personne n'est jamais ni dehors, oisif, ni pensif. Les propriétaires des chiens n'ont pas encore trouvé le moyen de les e-promener. Heureusement, quand ils sortent leur fidèle compagnon, ils ont leur smartphone pour rester connectés à leurs amis aussi seuls qu'eux.
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canelcanel   19 février 2017
J'ai sorti mon portable. Mes mains tremblaient. Le 17 ne marche plus, ou si ? Le 112 ? Et merde, il faut appeler qui quand on vient de se faire violer ? Mes doigts tremblent. Je compose le 17. Ça fonctionne ! 'Vous avez demandé la police, ne quittez pas s'il vous plaît.' En trois secondes, j'ai vu défiler devant moi les dix années suivantes de ma vie, étape par étape. Je me suis vue au commissariat en train de raconter mon histoire à un officier de police judiciaire tapant avec deux doigts et me demandant de décrire précisément ce que je venais de subir, puis en train de relire un procès-verbal truffé de fautes d'orthographe et décrivant en quelques mots ce qu'il ne suffira pas d'une vie pour oublier. Je me suis vue transférée à l'hôpital. J'ai vu le médecin en blouse blanche me demander avec douceur d'écarter les cuisses pour effectuer les prélèvements, faire les constatations médico-légales. J'ai vu Antoine arriver, défait, décomposé, enragé, dévoré par la culpabilité de m'avoir laissée rentrer seule. J'ai vu ses yeux me regarder comme une victime. J'ai compris que tout le monde maintenant allait me regarder comme une victime. Plus jamais je ne serais qui je suis. [...] Aux yeux de tout mon entourage, je serais désormais la femme violée. Une victime, à jamais. [...]
J'ai vu le regard des autres, auquel j'attache tant d'importance, se transformer. J'ai vu la suite, aussi. La cellule de soutien psychologique. Les groupes de prise de parole. Plus tard, l'identification de mon violeur au milieu des fonctionnaires et de voleurs à la tire. Le procès. L'avocat à qui devoir tout raconter, encore et encore. La confrontation physique, au tribunal, sans la protection d'une vitre sans tain, cette fois. Entendre l'avocat de ce salopard raconter son enfance misérable, les maltraitances subies, toutes les raisons qui expliquent, voire qui justifient, parce qu'on ose tout dans une stratégie judiciaire, son déséquilibre et ses pulsions maladives. Voir les jurés comprendre, compatir devant une histoire personnelle terrible et la pauvre victime, qui avait eu la malchance de se trouver au mauvais endroit, au mauvais moment. Et finir par entendre le juge prononcer une condamnation. Combien ça vaut, un viol ? Cinq ans ? Dix ans ? Quinze ans ? Et moi, bordel ? Perpète pour moi, pas d'alternative. Toute une vie. Toute MA vie, foutue en l'air, pour cinq minutes de plaisir d'un putain de détraqué. Une vie à la poubelle, aux orties, à la benne. Et pas de remise de peine. [...]
J'ai raccroché. Je ne voulais pas être une victime. Je voulais oublier. Ou-bli-er. Je ne voulais qu'oublier.
(p. 26-28)
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PickItUpPickItUp   10 septembre 2018
Mon cerveau s'occupe : bien sûr, je viens d'être violé, mais l'important c'est que j'ai encore mon sac à main. Ce n'est rien. Tu le sais bien, le temps passe, ce n'est rien. Je ne vais pas avoir besoin de refaire mes papiers, de faire opposition sur ma carte bleue, la vie est belle, non ?
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marina53marina53   03 avril 2018
Ne pas avoir d'enfant, à quarante ans, c'est contraire à un certain nombre de Commandements tacites ou explicites de notre société moderne. Alors à quarante ans, sans enfant, dans le regard des Autres, on est une sorte de demi-femme, on vit une misérable vie sans accomplissement, sans héritage, sans autre perspective que la triste certitude de retourner en poussière.
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Nastie92Nastie92   02 février 2017
Je pleurais quand Antoine est rentré, incapable de faire quoi que ce soit. Désarmée, une petite fille qui attendait son papa, je ne savais plus penser ni réfléchir, j'étais la femelle éléphant, prostrée sur la dépouille de son petit tué pendant la nuit par une horde de lionnes et je n'arrivais pas à me résoudre à lui dire adieu, j'étais la femme africaine qui pleure son nouveau-né mort de faim, j'étais la veuve palestinienne qui s'arrache les cheveux et hurle à la mort devant la dépouille de son fils victime de la guerre, j'étais tout le malheur du monde.
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RENCONTRE AVEC PASCALE ROBERT DIARD – MATHIEU MENEGAUX
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