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ISBN : 9782226229779
Éditeur : Albin Michel (01/08/2011)

Note moyenne : 2.96/5 (sur 38 notes)
Résumé :
Au début des années 1980, Yosef et Mariam, que la révolution éthiopienne a séparés pendant trois ans, se rejoignent aux États-Unis.

Pour célébrer leurs retrouvailles, ils s’offrent enfin un voyage de noces, à Nashville. Trente ans plus tard, Jonas Woldemariam, leur fils, en pleine crise existentielle, revient sur leurs pas.

Entre de vagues souvenirs d’enfance et le silence de ses parents sur le drame qui les a menés aux États-Unis, il... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
rotko
  25 août 2015
Dinaw Mengestu, Ce qu'on peut lire dans l'air, Albin-Michel
« Il voyait le monde comme une succession de pièges devant lesquels il fallait qu'il se montre vigilant, parce que la menace, il en était convaincu, pouvait venir de n'importe où ».
L'auteur évoque ainsi l'attitude de son père, il parle aussi du couple parental agité dont il est issu, et cet examen lui permet de faire le point sur ses propres attitudes, façons d'agir et de mener des relations amicales ou sentimentales avec autrui.
Avec Mengestu on comprend de l'intérieur les craintes, les hésitations, et les préjugés du nouvel arrivant, partagé entre la volonté de s'intégrer, par la langue ou la connaissance du pays, et le repli sur soi.
L'humour et le mensonge président à différentes versions de sa propre histoire, celle qu'il délivre à son auditoire de l'Académie (le collège privé huppé où il enseigne), en développant les clichés et stéréotypes attendus sur l'Afrique, celle qu'il reconstitue pour le lecteur, sans pour autant en certifier l'exactitude. Smile
Je vois quelque chose de touchant dans l'attitude du narrateur qui ment pour se faire accepter, pour sauver son couple qui bat de l'aile, etc.
La lecture de ce récit est aisée, amusante, mais derrière cet aspect attrayant, on perçoit un fond de inquiétude : le charme de l'écriture de Dinaw Mengestu est difficile à analyser, (quand l'analyse est trop facile ne craindrait-on pas de mettre à jour des« procédés » ?) ;
j'aime beaucoup cet auteur et j'ai toujours autant de plaisir à lire ses histoires
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traversay
  28 août 2012
Mélancolique, indolent, nostalgique et fataliste : les qualificatifs qui venaient à l'esprit à la lecture de Les belles choses que porte le ciel, premier roman de Dinaw Mengestu, sont toujours valables pour son second, Ce qu'on peut lire dans l'air (le genre de titre qui ne veut rien dire), 4 ans plus tard. A la différence que ce nouveau livre est plus ambitieux dans sa construction, plus touffu et que, finalement, il se révèle plus détaché, moins touchant, cédant parfois à une sorte de cynisme désabusé qu'on ne connaissait pas à l'auteur. Ce qu'on peut lire dans l'air est, somme toute, l'histoire de deux mariages ratés : celui du narrateur, Jonas, que Mengistu ne ménage pas, velléitaire et mythomane, et celui de ses parents, rapidement séparés pour de bon aux Etats-Unis, après l'avoir été, contre leur gré, en Ethiopie. le pays d'origine est d'ailleurs moins présent que dans son précédent livre, si ce n'est pour évoquer le départ du père en clandestin et ses difficultés à destination, quand on ne parle que l'amarhique en Amérique. A travers ses deux histoires de déchéance d'un couple, qui s'imbriquent au fil des pages, Mengistu retrouve petit à petit une petite musique qui lui est propre, modeste et triste, qui fait que l'on suit sans déplaisir ce récit intime où, évidemment, les thèmes de l'exil, du déracinement et de la violence s'inscrivent en filigrane. Mais avec moins de réussite et d'évidence, répétons-le, que dans Les belles choses que porte le ciel.
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ennapapillon
  06 avril 2012
Dans ce roman, le narrateur est Jonas, un jeune homme dont les parents sont tous les deux des immigrés éthiopiens arrivés aux États Unis à la fin des années 1970.
Jonas, dans ce roman est plus qu'un narrateur, c'est un conteur, un affabulateur qui réinvente son histoire familiale, la relation de ses parents, leur passé et qui dans le présent, avec sa propre femme, ne peut s'empêcher de mentir, d'améliorer, d'embellir ...presque malgré lui.
Plusieurs périodes sont évoquées : les relations entre ses parents faites de silence et de violence. Il revisite leur "lune de miel" lorsque après 3 ans de séparation ils se retrouvent aux États Unis. Il imagine les pensées de ses parents. Il conte aussi l'histoire de son père entre son départ d'Éthiopie et son arrivée en Amérique. Il transforme son père indifférent en un homme en qui il aurait pu croire.
C'est une histoire sur la place que l'on a dans un pays qu'on n'a pas forcément choisi, dans un couple qui ne devrait sans doute pas être ensemble. Sur la vie d'un homme qui s'est forgée sur une enfance entre parenthèses, toujours dans l'attente d'un drame potentiel coincé dans les silences des parents et qui ne sait pas trop comment vivre sa propre vie sans y ajouter de la fiction.
J'ai beaucoup aimé ce roman au style agréable et fluide. J'ai aimé naviguer entre les époques, les bribes de réalité réécrites par Jonas.
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krol-franca
  13 août 2013
Ayant déjà lu et apprécié le premier roman de l'auteur : Les belles choses que porte le ciel, j'ai acheté celui-ci les yeux fermés sans même lire la quatrième de couverture.
J'ai retrouvé l'écriture parfaite et maîtrisée de Dinaw Mengestu avec un grand plaisir !
Que nous raconte ce roman ?
L'exil, la fracture d'un couple, la difficulté d'être noir aux États-unis, et ce qui m'a énormément plu, la réinvention de l'histoire passée des parents du narrateur.
L'auteur démontre que l'écriture est aussi une re-création de nos souvenirs. Sur les traces du terrible "voyage de noces" de ses parents, le narrateur se plait à imaginer ce qu'ils ne lui ont pas dit, mêlant des souvenirs de son enfance à un présent douloureux.
On n'entre pas dans ce roman facilement. Gagnée par la mélancolie qui se dégage du texte, j'ai failli me laisser submerger par l'ennui au milieu du roman mais le style à la fois dense et fluide du romancier (oui, je sais, c'est paradoxal mais vrai !) et ses quelques notes ironiques (voire cyniques) m'ont poussée à continuer pour mon plus grand bonheur.
Le narrateur use et abuse de mensonges, il a l'art de nous faire croire qu'une situation a bel et bien existé alors qu'il n'en est rien et il le fait croire à sa femme de la même façon (ou à ses étudiants). Mais un écrivain n'est-il pas un manipulateur ? Il emmène le lecteur dans un univers fictif avec une facilité déconcertante et pendant quelques heures, le monde réel devient celui créé par les mots d'un démiurge.
Lien : http://krolfranca.wordpress...
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LN
  18 octobre 2011
Les parents de Jonas sont des immigrés éthiopiens échus dans un univers américain qui ne sera jamais totalement le leur. La relation qu'ils entretiennent avec leur pays d'accueil est finement évoquée, portée de surcroît par une écriture calibrée. Leur passé flou est réinventé par leur fils en quête de ses origines et de lui-même. : il crée en artiste virtuose une histoire cohérente universelle.

« Elle avait collé la tête contre la vitre de séparation pour lui lancer : « Pardon, monsieur, vous êtes de quel pays ? » Elle avait souvent affirmé détester que les gens posent cette question aux chauffeurs de taxi. (…) « Fiche-leur la paix, avait-elle déclaré. Pourquoi seraient-ils obligés de raconter d'où ils viennent ou pourquoi ils ont quitté leur pays ? Pour qu'on leur file un dollar de pourboire en plus ? Personne en demande au vieux chauffeur noir d'où il est ni ce qu'il a vécu, parce que les gens trouveraient ça grossier et dingue. Sauf s'il a un accent. Là, tout est permis. Là, c'est « dites-nous pourquoi vous êtes venu ici et combien ce doit être dur ! » » (p. 131)

Jonas assiste parallèlement impuissant à la déliquescence de son couple, l'érosion des sentiments ne résistant pas au manque d'identité des deux protagonistes. Les dernières semaines du couple s'égrennent au travers de scènes fugaces et parlantes.

Ce que j'ai moins aimé :

J'ai retrouvé exactement la même atmosphère que dans Les âmes chagrines de Léonora MIANO : quelques personnages épars aux liens familiaux ténus et problématiques qui s'analysent au travers du vécu de leurs parents et de leurs rapports aux autres. Ce sont des romans très statiques, psychologiques, et il m'a manqué personnellement un élan romanesque, une découverte de nouveautés et d'étrangetés qui m'auraient emportée dans un univers fascinant ou terrifiant.

Lien : http://lecturissime.over-blo..
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critiques presse (4)
Lexpress   03 octobre 2011
Un roman poignant, où le désamour et le déracinement se mêlent pour former une seule histoire, celle que partagent tous les exclus du rêve américain.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LaLibreBelgique   13 septembre 2011
Remontant le fil de la destinée de ses parents, un fils s’offre une filiation. De l’Ethiopie à l’Amérique, Dinaw Mengestu investit de lourds silences.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeSoir   12 septembre 2011
Ponctué par de brillantes réflexions sur la dispute, l'adolescence ou la fausse intégration des Africains (et des autres communautés) aux Etats-Unis et ailleurs, Ce qu'on peut lire dans l'air est un roman magistral, qui se referme avec une tirade sur l'amour qui prendrait à la gorge les plus costauds d'entre nous.
Lire la critique sur le site : LeSoir
LeFigaro   02 septembre 2011
La narration linéaire de son premier livre, la tendresse juvénile qui s'en dégageait ont fait place à la maturité d'un écrivain trentenaire, qui ose plus, s'interroge sur le pouvoir curatif de l'imaginaire, et parvient à nous émouvoir avec cette double histoire de couples à la dérive, et d'exil interminable et douloureux.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
littleonelittleone   22 mai 2012
... Il y a cette discrète nausée qui noue le ventre de ma mère, et le fait que mon père a besoin de lunettes depuis des années, mais refuse de l'admettre.
Chacun de ces signes, à lui seul, aurait dû suffire à avertir mon père que les problèmes s'accumulaient peu à peu, de la même façon qu'une tempête met parfois du temps à rameuter de lointains nuages avant de donner libre cours à sa furie. Le vacarme de tous ces éléments pris ensemble aurait dû quasiment assourdir un homme qui avait prétendûment passé sa vie d'adulte a prêter attention aux discrètees vibrations annonciatrices du danger imminent. Comment avait-il pu les rater, alors ? Simple. Il avait fermé les yeux. Il s'était bouché les oreilles et avait déployé des efforts désespérés pour être heureux. Il s'était regardé de loin et n'avait vu qu'un homme au volant d'une assez jolie voiture accompagné d'une belle femme par un après midi du début de l'automne au milieu d'un pays qui promettait la liberté, la démocratie et des perspectives d'avenir ; ce faisant, il avait évité un zoom délicat sur des détails qui lui auraient tous signalé que quelque chose allait clocher, que c'était écrit. S'il s'était montré plus vigilant, il aurait pilé et aurait fait demi-tour. Il serait rentré tout droit à Peoria, pied au plancher, sans fournir la moindre explication à sa femme. Mais, faute de savoir tout cela, il avait poursuivi sa route, bêtement convaincu que des jours meilleurs les attendaient enfin.
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petitourspetitours   21 juillet 2011
Sept cent soixante-dix-huit kilomètres séparaient la maison de mes parents, à Peoria, Illinois, de Nashville, Tennessee, distance qu'une Monte Carlo rouge vieille de sept ans et roulant à cent kilomètres à l'heure environ pouvait parcourir en huit à douze heures, selon que l'on prenait en compte certaines variables telles que le nombre de pancartes proposant un détour vers un haut lieu historique ou la fréquence à laquelle ma mère – Mariam – devait se rendre aux toilettes. Ils avaient qualifié ce voyage de vacances, mais c'était seulement parce que ni l'un ni l'autre ne se sentait à l'aise avec l'expression lune de miel qui, en réunissant deux mots sans aucun rapport et dont ils comprenaient le sens pris séparément, semblait suggérer un luxe qu'aucun des deux n'était prêt à accepter.
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littleonelittleone   22 mai 2012
J'ai dit plus tôt que je ne me rappelais pas ce qui était arrivé à ma mère la nuit avant qu'elle m'emmène à l'école, et c'est peut-être vrai. Peut-être que je ne peux pas m'en souvenir, pas plus aujourd'hui qu'avant. Pourtant je savais bien, déjà à l'époque, que les femmes étaient facilement victimes de choses terribles quand on les perdait de vue. Elles recevaient des coups violents et, après, elles venaient dans votre lit, où vous pouviez les protéger.
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BookinistaBookinista   22 janvier 2012
- J'avais plein de souvenirs de cette période, mais beaucoup de mal à savoir s'ils étaient vrais.

- La dernière image que mon père prétendit se rappeler fut les pointes dorées d'un millier d'épis de maïs fonçant sur lui alors que la voiture plongeait dans le fossé.

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Videos de Dinaw Mengestu (45) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dinaw Mengestu
Bret Anthony Johnston et Dinaw Mengestu à la librairie Millepages pour le festival America le 13 mai 2016
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