AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782330012892
352 pages
Éditeur : Actes Sud (03/10/2012)

Note moyenne : 3.58/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Chirurgien dans le plus grand hôpital d’Addis-Abeba, Hailu a deux fils : Yonas enseigne l’histoire à l’université, il est marié et père d’une petite fille ; Dawit est étudiant en droit, épris de liberté et de justice. Si leur mère n’était pas malade depuis de longs mois, la famille vivrait dans l’harmonie, sous un même toit, à l’abri des soucis matériels et du fracas du monde.
Mais l’Histoire réserve de ces bourrasques qui n’épargnent personne : 1974, la révo... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
horline
  27 mai 2018
A la lecture des premières pages, ce n'était pas gagné que j'aille au bout de ce roman qui, à l'aide d'un stylo affûté comme un scalpel, tresse des images de silence et d'horreur dans cette Éthiopie des années soixante-dix. Décennie qui voit l'empereur Sélassié se faire déposer par une révolution très vite confisquée par la junte militaire du Derg, laquelle instaure une dictature répressive sous couvert d'une propagande socialiste.
Le récit s'ouvre sur la famine qui frappe le nord du pays avec une écriture minutieuse, implacable, sans marque d'émotion ni de jugement comme si les faits étaient des actes inévitables. Les personnages croisés semblent frappés d'accablement, devenus comme nus après la mort de l'héritier d'une dynastie contemporaine du roi Salomon.
Même Hailu, médecin à l'hôpital dans la capitale, semble au début à peine perturbé par la situation du pays et cette junte marxiste totalitaire, il est vrai la maladie de sa femme est suffisamment préoccupante pour lui et les deux fils. Mais il suffit d'un choix, d'une décision pour voir son destin basculer et découvrir un monde où les individus sont réduits à des grains de sable.
Le récit s'enfonce alors dans le désarroi, un désespoir semé de violence, exprimé sans un mot de trop à travers une écriture sans inhibition qui n'édulcore, ni ne masque la brutalité des faits. le roman aurait pu être d'une absolue noirceur et le lecteur frappé de torpeur si l'auteure n'avait pas eu l'intelligence de centrer l'intrigue sur la famille de Hailu accompagnée d'une galerie de personnages gravitant autour et la force vitale de l'amour filial.
Le roman puise véritablement sa force dans cette famille, d'êtres de chair et d'esprit pris dans un conflit déshumanisé. J'ai été comme absorbée par cette famille désunie sous le poids des convictions et des tempéraments qui isolent chacun de ses membres. Une famille fracturée par des décisions et des promesses trahies. Mais les temps chaotiques ont le pouvoir de ressouder ce que les vicissitudes de la vie peuvent défaire, et les résignations consenties comme les épreuves endurées tendent à rendre solidaires ces êtres en souffrance.
Ce n'est pas un bouquin que je recommanderais facilement tant les actes de barbarie rapportés sont terrifiants. Accordant peu de place à la vie quotidienne, c'est un roman féroce dont quelques passages se lisent la gorge serrée et laissent la conscience effarée. Il y a eu la crainte de se perdre sur les chemins éthiopiens parsemés de cadavres mais l'émotion née de la poésie de la relation difficile entre les membres d'une famille a été salutaire. Je me suis même sentie happée par la douleur mutique de ces individus meurtris à laquelle Maaza Mengiste a su donner une vibration unique.
Un roman au souffle long, maladroit parfois aussi, comme beaucoup de premiers romans. Mais il est parvenu à me captiver et à m'atteindre en plein coeur.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          390
TiboLexie
  30 août 2020
C'est un pan de l'Histoire éthiopienne que nous présente Maaza Mengiste : Les prémices de la chute de l'empereur Hailié Sélassié dont l'ascendance d'origine biblique ne lui épargna pas une fin étouffante ; la prise de pouvoir du Derg, organe militaire dont les exactions ne tarderont pas à égaler celles de son prédécesseur à la tête du pays…
Pendant ce temps la famine engrange des morts et des bruits de guerre avec la Somalie se font entendre. Etranglé, le régime d'obédience socialiste se retrouve sous le joug soviétique, non sans conséquence géopolitique en ce temps de guerre froide.
L'auteure fait croiser la fiction et la réalité pour retranscrire l'impact du récit national au quotidien, à travers le prisme d'une famille qui vivra tous ces soubresauts dans sa chaire.
Un bel ouvrage.
Commenter  J’apprécie          170
Fuyating
  11 décembre 2019
C'est un magnifique premier roman qu'il est difficile de lâcher. L'auteure nous plonge dans le quotidien d'une famille et nous fait découvrir les bouleversements connus par l'Éthiopie à la chute de l'empereur et à l'instauration de la dictature militaire. Nous y voyons la révolution et la résistance, les massacres perpétrés sans aucune hésitation, la peur et les dénonciations. Mazda Mengiste a installé avec brio une ambiance pesante, nous tremblons pour les personnages auxquels nous nous attachons et craignons pour leur vie.
Les personnages sont très différents les uns des autres, ils n'ont pas la même attitude face à certaines situations, ayant chacun leur façon de réagir. Cela est d'ailleurs un réel reflet de la réalité où il n'y a pas que des héros et des résistants. Leurs sentiments sont bien décrits, notamment la peur et l'impuissance ressenties,. J'ai aimé leur force morale et leur volonté, leur espoir en l'avenir et le désir de vivre coûte que coûte. J'ai également trouvé très intéressant leur attachement à la religion qui semble les aider à tenir. J'ai particulièrement aimé le personnage de Sara, femme forte et déterminée.
Les faits qui se déroulent dans ce roman sont terribles, avec les massacres, la violence et la torture. Attention certains passages peuvent d'ailleurs être difficiles à lire. Mais j'en garde malgré tout une note positive. Je conseille donc vivement ce très beau roman qui nous parle des années sombres de l'Éthiopie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
traversay
  07 décembre 2012
Quasi du jour au lendemain l'Ethiopie est passée, en 1974, de la terreur blanche du vieil empereur Hailé Sélassié à la bien plus atroce terreur rouge de la dictature communiste. C'est cette époque-là, une révolution sanglante qui fit des milliers de morts civils, dont de nombreux enfants, que raconte Maaza Mengiste dans son son premier roman, Sous le regard du lion. Un récit choral, qui évoque le destin de nombreux personnages et qui prend une famille moyenne comme symbole de la destinée de toutes ces vies brisées à jamais. D'une grande sobriété dans le style, le livre ne perd jamais de vue l'individuel face au collectif avec une densité et une ampleur de tragédie. Toutes les violences des régimes qui se succèdent y sont décrites avec un grand réalisme, sans apitoiement, avec des larmes sèches comme le climat d'Addis-Abeba. de la lutte clandestine d'un fils rebelle aux dernières heures de Sélassié, la plume de Mengiste a la précision du scalpel, sans sa froideur. Les grandes douleurs sont muettes, celles vécues par les protagonistes du roman de l'écrivain éthiopien sont écrites avec pudeur et une absence totale de pathos. Des dizaines de cadavres d'adultes et d'enfants gisent chaque soir dans les rues de la capitale. Quelques "inconscients" bravent le couvre-feu et les ramassent afin de leur donner une sépulture décente et les mettre à l'abri des hyènes errantes. Ces scènes, comme enregistrées par une caméra, sont livrées tel quel par Mengiste. Dans toute l'horreur qui était le quotidien de cette période maudite de l'histoire de l'Ethiopie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60

Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
TiboLexieTiboLexie   29 août 2020
La police était partout ces jours-ci, à la recherche de suspects à qui imputer l'épidémie de bus brûlés et de magasins pillés qui avait déferlé sur la ville. Ces actes téméraires de violence et de rébellion, qui devenaient de plus en plus fréquents, poussaient la plupart des citoyens à se barricader chez eux sitôt le soleil disparu derrière l'horizon.
Commenter  J’apprécie          50
SachenkaSachenka   05 mai 2019
- Tu veux sauver des gens, alors sauve les vivants.» Solomon se leva, repoussa sa chaise qui heurta la table. «Ceux qui sont morts ne valent pas la peine qu'on meure pour eux.»
Commenter  J’apprécie          80
SachenkaSachenka   08 mai 2019
- [...] Un gouvernement de combattants ne sait pas diriger, seulement engendrer d'autres guerres.
Commenter  J’apprécie          130
FuyatingFuyating   13 décembre 2019
Il avait commencé à tricoter et à repriser ses nerfs et ses muscles. Son corps s'adaptait à une existence sans souffrance. J'ai avalé mes propres dents, je n'ai nulle part où aller pour vomir mon propre refus et j'ai failli mourir de faim avec un ventre rempli uniquement de culpabilité et de peur.
Commenter  J’apprécie          10
SachenkaSachenka   07 mai 2019
«Ta famille est ton allié le plus loyal.»
Commenter  J’apprécie          120

autres livres classés : éthiopieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox




Quiz Voir plus

Le Parfum... connaissez-vous ?

Pourquoi la mère du héros est-elle exécutée ?

Pour avoir volé du pain
Pour avoir essayé de tuer son enfant
Pour avoir dérobé du parfum
Pour s'être introduite dans une demeure bourgeoise

5 questions
218 lecteurs ont répondu
Thème : Le parfum de Patrick SüskindCréer un quiz sur ce livre