AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2378340214
Éditeur : Stéphane Marsan (04/04/2018)

Note moyenne : 4.3/5 (sur 44 notes)
Résumé :
« Ici, comme dans les autres ghettos, pas d'artifice à la Marilyn, ni de mythe à la Kennedy. Ici, c'est la réalité. Celle qui macère, mendie et crève. »

1965. Enlisés au Vietnam, les États-Unis traversent une crise sans précédent : manifestations, émeutes, explosion des violences policières. Vingt millions d’Afro-Américains sont chaque jour livrés à eux-mêmes, discriminés, harcelés. Après l’assassinat de Malcolm X, la communauté noire se déchire entre... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (37) Voir plus Ajouter une critique
Crossroads
  16 février 2018
Martin avait des rêves, Patty itou.
"People have the power" qu'elle disait.
1965. le seul pouvoir reconnu aux noirs, excepté celui d'aller crever à des milliers de km de chez eux pour une cause perdue d'avance, est bien celui de faire profil bas dans un pays foulant allégrement leurs droits civiques à grands coups d'insultes et de coups de matraques bien sentis en guise de message positif d'intégration réussie.
Les sixties, véritables marqueurs de toute une époque, ont vu l'avènement de moult partis d'opposition bien décidés à ne plus se laisser c***r dessus sans réagir.
Le Black Panther Party fut de ceux-là.
Charlene, toute jeune militante, Tyrone, infiltré par le FBI et Neil dans le rôle du flic un brin idéaliste en incarnèrent les témoins privilégiés.
Je connaissais Mention pour ses polars désabusés mais ça, c'était avant.
Dans un contexte politique et social incroyablement fertile, l'auteur déroule, sur un court laps de temps, une intrigue palpitante, vivante et pédagogique.
Trois angles d'approche hétéroclites offrant ainsi au lecteur un plaisir de lecture démultiplié.
Un quinquennat de lutte ardente dépeint d'une plume sèche, travaillée, sans concession.
Le combat est ardu, la prose du même tonneau.
Plutôt que de discourir académiquement en égrénant des évènements historiques factuels, Mention aura eu le bon goût d'y apporter sa p'tite touche fraîcheur en s'appuyant sur trois personnages, certes fictionnels mais charismatiques en diable, tout en parsemant son roman de moult références, véritables symboles identitaires d'un siècle alors en pleine mutation.
Mention bien + pour ce Power atypique.
Merci à Babelio ainsi qu'à l'éditeur Stéphane Marsan pour ce retour vers le futur...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          443
gruz
  04 avril 2018
Le Black Panther Party était un mouvement complexe. Il fallait bien un auteur hors norme pour en parler.
Il a beau être blanc et français – sa légitimité aurait sans doute été contestée par les durs du parti – l'auteur est pourtant parfaitement dans son univers.
Noir c'est noir, il n'y a (presque) plus d'espoir, dirait l'autre. Sauf à faire la révolution. Mouvement parti de rien, et qui a pourtant ébranlé les fondations même d'une Amérique dont la discrimination est presque inscrite dans ses gènes.
Martin Luther King et Malcom X ont contribué à faire changer les choses. Les Black Panthers aussi, à leur manière.
Oui, Michaël Mention est l'homme de la situation. A croire qu'il n'est pas né à la bonne époque, tant il est fasciné par les 60's et 70's.
Une période de grands chamboulements.
Une période de violence
violence
violence !
Vietnam – noirs qui crèvent de faim et de ne pas avoir de droits – Meurtres en série (les Kennedy, mais pas seulement).
Power n'est pas un documentaire. Tout est vrai ou presque, mais la fiction rattrape la réalité, et le fiction sublime la réalité. L'histoire débute avec Huey Newton et Bobby Seale, les deux fondateurs du BPP. de quelques hommes en Californie, le mouvement va se propager comme une traînée de poudre dans une bonne partie du pays (et même ailleurs).
Retour vers le passé, Black Power, des hommes et des femmes qui prennent leurs destins en main. Et trois destins qu'on va suivre tout au long de l'histoire et de l'Histoire. Trois personnages dans leur intimité, trois personnages inventés (ou pas) qui vont vous faire vivre ce mouvement de l'intérieur. Une riche idée narrative (parmi une foultitude d'autres).
Power : tout est… Politique !
Tout est… Musical !
Une lutte armée qui s'apparente parfois à un western urbain. Une analyse sociétale qui prend aux tripes et fait réfléchir.
Écriture immersive, images dans la tête, sons dans les oreilles… Entêtant. Des destins au bord de la folie dans un monde qui perd la raison. BPP, mouvement plein de contradictions, capable de grandes violences comme de mettre en place tout un travail communautaire (éducation, soins…). Sous couvert d'une lutte raciale, c'est en fait une lutte des classes.
Passionnant que de (re)découvrir ce pan de l'Histoire récente, de suivre les Black Panthers lancer des patrouilles de surveillance de la police (tension…), de suivre l'expansion du mouvement… jusqu'à sa destruction. de révéler le programme COINTELPRO du FBI (infiltration – propagande – provocation des rivalités).
Bouts d'Histoire, comme ces deux athlètes noirs des États-Unis, Tommie Smith et John Carlos, qui lèvent le poing en l'air selon la salutation des Black Panthers, durant les JO de 1968. Bouts d'histoires de personnages qui se battent contre la société et contre eux-mêmes. Et puis, on y découvre le #balancetonporc avant l'heure, qui avait une autre signification dans les années 70 (les ennemis du mouvement, les flics en tête, sont dénommés les porcs – Pigs).
J'affirme, le poing levé, que Michaël Mention est l'un des écrivains les plus doués de sa génération. Je revendique le droit de le défendre de toute mon âme.
Les 450 pages de ce roman sont une sorte d'aboutissement. Même si son talent n'a pas de limite. Écriture viscérale, construction d'une vraie modernité, trouvailles stylistiques à chaque page. Sujets sensibles – écriture hypersensible. Travail de recherche ahurissant et une implication de l'auteur qu'on sent maximale. Mots qui t'explosent à la gueule, frissons au rythme du rock, de la soul et du funk. Si vous aimez la musique, ce retour vers ces années-là prend encore plus de force, parce que l'écriture place la musique au coeur des mots.
Power, ou la quintessence de la Mention's touch. le génie (n'ayons pas peur des mots) de Michaël Mention a besoin de sujets forts comme celui-ci. Il s'en nourrit pour proposer une expérience de lecture à nulle autre pareille. Essential Black Mention Power.
Lien : https://gruznamur.wordpress...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          224
belette2911
  08 août 2018
Les États-Unis, peuplé en masse par des descendants d'immigrés est une terre d'asile, d'accueil, de droits pour tous et toutes !
STOP ! On rembobine la bande : vu son origine, elle aurait dû être une terre d'asile, d'accueil, de droits pour tous et toutes… J'ai le droit d'avoir un rêve.
Pour ceux et celles qui rêvent encore éveillés, je leur suggère de lire le dernier roman de Mention. Les racistes crasses de tous poils devraient aussi le lire, mais ils risqueraient de ne pas vouloir comprendre car ces personnes sont accrochées à leurs idées comme une moule à son rocher et ne verrait dans la réalité que de la propagande.
Et puis, 452 pages, se serait trop dur à lire pour ces personnes que je connais (on choisit pas sa famille, même si se sont des pièces rapportées) et qui me font souvent soupirer dans ma tête.
Michaël Mention a fait fort ! Documenté à mort, à fond, sa plume trempée dans l'acide, il m'a fait assister à l'assassinat de Malcom X, vivre celui de Martin Luther King, celui de Kennedy (Robert, pas John), j'ai foulé la moquette du bureau de ce parano de Hoover, appris les meurtres du Zodiac et vu la scène de crime de Sharon Tate…
Je me suis assise, en buvant une Bud, dans le local des Black Panther, assistant à leur naissance, leur émergence, leurs combats pour avoir des droits élémentaires, refait le monde avec eux, j'ai participé à des patrouilles de flics, me suis révoltée devant des arrestations arbitraires, des abus de pouvoir et senti un peuple oppressé se soulever.
Dans un pays où la nation Noire doit fermer sa gueule, baisser la tête, dire « oui » à tout, n'ayant aucun droit, sauf celui d'aller se faire tirer dessus au Vietnam, il était normal qu'un jour, elle en ait marre et réclame le minimum syndical qui était d'avoir les mêmes droits que Le Blanc qui l'avait jadis réduit en esclavage.
Chez Mention, pas de manichéisme, on ne se retrouvera pas avec des Noirs gentils et des Blancs méchants, il y en aura pour tous les goûts, toutes les haines, toutes les trahison : Le Blanc comprenant que le Noir a raison de s'insurger et le Noir trahissant les siens, sans que l'on juge l'un ou l'autre.
C'est violent, c'est clash, c'est un peuple qui se révolte, c'est un peuple américain qui en a marre de vivre dans la misère, les ghettos et de se faire contrôler et arrêter arbitrairement.
C'est un roman noir fort, un roman qui fout la gerbe quand on voit cet acharnement sur les Black Panther alors qu'on ne fait rien contre les gangs, les dealers, et autres. C'est un roman qui explore un mouvement qui commença petit pour devenir grand avant de sombrer, sabordé par la propagande, les rumeurs, les coups de pute du FBI, du gouvernement, des flics, des médias, des lois s'appliquant aux uns et pas aux autres.
Quand on veut noyer son chien, on dit qu'il a la rage… Ça marche toujours et ça marche encore de nos jours. Vieux comme le Monde.
Un roman qui laisse aussi planer une question : si les autres ne s'étaient pas acharnés dessus, le parti aurait-il continué ou aurait-il sombré aussi, victime de ses propres matelots et de l'usure ?
Un roman noir qui donne la parole à plusieurs personnages, à tour de rôle, afin de mieux nous immerger dans les événements de cette époque, une véritable plongée en apnée dans une période qui n'est pas si loin de nous, une critique au vitriol d'un pays qui se dit garant des droits de l'Homme et des libertés pour tous.
Je croyais savoir mais je ne savais rien… Ce roman noir m'a ému, tordu les tripes, emporté loin d'ici, m'a mis au centre d'un peuple sans droits qui ne faisait qu'en réclamer un peu, d'un mouvement dont je ne connaissais pas grand-chose, au final, sauf ce que la propagande et les médias en ont fait.
Un
Roman
Coup
De
Poing

Lien : https://thecanniballecteur.w..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200
Josephine2
  06 juin 2018
Ambiance, fin années 60 début 70. Au temps de Martin Luther King, Malcom X et de la naissance des Black Panthers et de la guerre du Vietnam.
Je vous avouerai que la 4ème de couverture m'a tout de suite séduite. J'étais intriguée de savoir comment s'était créé le mouvement des Black Panthers.
Bien sûr, Power est un roman, donc tout ce qui y est décrit n'est pas la réalité. Ce mouvement à fait naître beaucoup d'espoirs, mais que vaut un mouvement contre un pays tout entier ? Surtout lorsque celui-ci a pour président Nixon ? Aucun.
En tout cas, c'est écrit comme un polar, des titres et des morceaux de musique égrènent le roman. Dommage qu'il n'y ait pas de traduction (pour ceux qui ne parlent pas anglais). Un petit passage sur l'assassinat de l'épouse de Polanski, alors enceinte, mais qui retombe comme un soufflé. J'ai bien compris que ce n'était pas le sujet, mais pourquoi l'aborder si ce n'est pour mettre en avant Neil, un des personnages principaux. Mouais…
Mon ressenti : J'aurai aimé que le sujet principal soit plus détaillé. Notamment en ce qui concerne la fin du mouvement. En effet, la dernière partie du livre fait la part belle à Neil. Pour résumé, une lecture mitigée, qui peut aider à faire connaître ce moment de l'histoire, mais pas assez étoffée à mon goût. Trop de mélange de genre.
Michaël MENTION fait part dans une interview qu'il doit travailler pour subvenir à ses besoins – ce que je comprends – et qu'il écrit sur son temps de pause, entre midi. Ca se ressent.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          203
monromannoir
  21 mai 2018
Service de presse.
Fasciné par les serial killers, Michaël Mention a débuté sa carrière d'écrivain aux éditions Rivages avec une trilogie consacrée aux tueurs du Yorkshire, rappelant à certains égards, l'oeuvre de David Peace. D'ailleurs, tout comme l'auteur britannique, Michaël Mention s'est également lancé dans l'écriture d'un roman baignant dans le milieu du football en évoquant le fameux épisode de la demi-finale de la coupe du monde de 1982 entre la France et la RFA. Mais faisant toujours preuve d'un intérêt pour les tueurs emblématiques Michaël Mention publiait également un essai, le Fils de Sam, faisant référence au surnom de David Berkowitz, terrible tueur en série ayant sévi à New York dans les années 70. Ce n'est pas tant le fait d'avoir intégré, avec cet ouvrage, une maison d'édition dont les abonnés twitter feraient pâlir d'envie les groupes identitaires les plus extrêmes et dont la page d'un réseau social regorge de considérations et de commentaires abjects, qui déconcerte car chacun est libre de publier là où il le souhaite. Finalement le plus intriguant c'est que l'auteur revienne sur le devant de la scène avec un roman tel que Power dont le sujet tourne autour du mouvement du Black Panther Party et dont le thème de lutte contre la discrimination ne correspondait sans doute pas à la ligne éditoriale du label que j'évoquais puisqu'il est publié chez Stéphane Marsan (cofondateur des éditions Bragelonne) qui vient de lancer une nouvelle collection.
21 février 1965, des coups de feu résonnent dans l'Audubon Ballroom à New-York, et Malcom X s'effondre sur scène. Avec cet assassinat, une page se tourne pour laisser place à celles que veulent écrire Bobby Seale et Huey Newton en fondant le Black Panthers Party afin de défier, armes à la main, les autorités tout en instaurant des programmes pour venir en aide auprès d'une communauté noire complètement stigmatisée. Ce sont des milliers de membre qui s'engagent dans le mouvement au grand dam du gouvernement, enlisé dans une guerre du Vietnam qui s'éternise. Témoins de cette époque trouble où tous les coups sont permis, il y a Charlène une jeune militante dévouée à la cause et Tyrone infiltré par le FBI bien décidé à saborder le mouvement de l'intérieur. Et puis il y a Neilcet officier de police blanc baignant dans ce racisme ambiant des sixties propre à une Amérique qui plonge dans le chaos des émeutes et des règlements de compte.
Davantage que la cause qu'il voudrait défendre ou mettre en lumière, on sent avec Power une véritable opportunité pour l'auteur d'aborder, par l'entremise de l'histoire méconnue du Black Panthers Party, toute la violence qui émanerait de cette période trouble sans trop vouloir s'attarder sur le volet social ou le contexte de l'époque qui ne seront évoqués que de manière bien trop superficielle. le poids des mots, le choc des scènes violentes, à l'image de la bande son tonitruante qu'il distille tout au long du récit, Michael Mention nous entraîne dans une spirale d'événements historiques qu'il enchaîne dans ce succédané de l'oeuvre d'Ellroy, notamment American Underworld, qui n'en possède toutefois pas l'envergure. Car bien que très documenté, Michaël Mention, tout à son désir de donner du rythme au récit, se perd dans une intrigue où les raccourcis hasardeux brouillent l'ensemble d'une trame historique qui devient quasiment illisible.
Conversations troubles avec John Edgard Hoover, opération COINTELPRO, projets de déstabilisation, agent du FBI sans scrupule, c'est bien l'ombre du Dog qui plane sur cette première partie du roman où l'on assiste à naissance de Black Panther Party dans une mise en scène un peu laborieuse donnant l'impression de lire les extraits de fiches Wikipedia rehaussées de quelques effets de style dont ces fameuses transitions musicales qui pourraient se révéler pertinentes si l'auteur n'avait pas la fâcheuse tendance à abuser du procédé ad nauseam.
En abordant la seconde partie du roman, on découvrira les personnages fictifs de Charlène, la jeune militante noire et de Tyrone, le repris de justice infiltré dans le mouvement, qui endossent tous les stéréotypes auxquels on peut s'attendre, comme la désillusion et la déchéance pour l'une ou le remord et la folie pour l'autre mais qui s'inscrivent dans la logique de l'intrigue tournant principalement autour de la prise d'assault par le FBI, de l'appartement de Fred Hampton qui trouva la mort dans la fusillade et qui constitue un élément clé de l'histoire du Black Panther Party. On restera plus dubitatif avec le personnage grotesque de Neil, ce flic blanc modéré, basculant soudainement dans la folie meurtrière et qui semble n'être présent que pour convoquer ces meurtriers emblématiques de l'époque qui fascinent tant l'auteur mais qui n'ont pas grand-chose à voir avec l'histoire du Black Panther Party. Passe encore pour Charles Manson qui vouait une haine viscérale pour le mouvement mais que vient donc faire le tueur du Zodiaque dans une intrigue consacrée à la lutte contre les discriminations raciales ?
Tiraillé entre le sujet qu'il aborde, en contant l'histoire du mouvement révolutionnaire afro-américain, et cette propension à vouloir insérer tous les événements qui ont marqué la fin de cette période des sixties, Michaël Mention s'égare dans un récit touffu et sanguinolent, emprunt d'une certaine forme d'hystérie, pour nous livrer, au final, un roman sensationnaliste, clinquant et totalement superficiel.
Michaël Mention : Power. Stéphane Marsan 2018.
A lire en écoutant : Fables of Faubus de Charles Mingus. Album : Mingus Ah Um. Originally Released 1959, Sony Music Entertainment Inc 1993.
Lien : http://monromannoiretbienser..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110

critiques presse (1)
LaLibreBelgique   17 avril 2018
Etats-Unis, février 1965 : Malcolm X est assassiné. La lutte pour les droits civiques prend un virage musclé. Dans un quotidien nourri de haine et de violence, trois destins se retrouvent en première ligne d’un pan d’Histoire.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
seshat123seshat123   01 mai 2018
Ça y est, au loin, un véhicule de police. Deux flics sont dehors. L’un fouille un Noir, l’autre examine son portefeuille avec sa lampe. Bobby, Artie et Huey éteignent leurs phares, s’arrêtent sans couper le contact, s’adressent chacun à leur groupe:
- Trois mètres. Et les flingues bien en vue.
- OK.
Un regard dans le rétro intérieur, et les portières s’ouvrent. Après tant de gestation, le Black Panther Party for Self-Defense se déploie enfin dans les rues d’Oakland.
Vestes en cuir.
Bérets noirs.
Pulls noirs.
Pantalons noirs.
Chaussures noires.
Pistolet dans une main, livre de droit dans l’autre. Sherman , le plus costaud, porte le magnéto en bandoulière. Les portières claquent, les moteurs ronronnent et le groupe avance dans l’obscurité. C’est l’hiver et pourtant, c’est l’été. Le plus chaud jamais enregistré sur la côte ouest, la saison de ces nouveaux justiciers faits de griffes et d’acier.
P60
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
Josephine2Josephine2   06 juin 2018
Page 379-380 - Neil

Qu’est-ce qui m’a pris, bordel ? Vouloir tuer un Président, moi qui ai pleuré JFK. Je souffre et pourtant, je ne regrette rien. Ni ça, ni mes victimes. Ces nègres qui, avant, étaient des Noirs. Ca c’est ce qui me torture le plus. Je ne comprends pas. Tout ce que je sais, c’est que je les hais, du plus profond de me tripes.

Je hais les nègres et leur fierté insupportable.
Je hais les bridés et leur politesse fourbe.
Je hais les Latinos et leurs sales moustaches.
Je hais les Chicanos et leurs bides graisseux.
Je hais les Indiens et leur aplomb.
Je hais les gauchistes et leurs révolutions.
Je hais le FBI et ses manipulations.
Je hais les flics et leur impunité.
Je hais les médias et leur propagande.
Je hais les politiciens et leurs trahisons.
Je hais les pédés et leurs enculades.
Je hais les féministes et leurs aboiements.
Je hais les gangs et leurs saloperies.
Je hais les toxicos et leur came.
Je hais les clodos et leur puanteur.
Je hais les putes et leurs maladies.
Je hais Zodiac et ses victimes.
Je hais Sharon Tate et cette horreur qui m’a été infligée.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          112
Josephine2Josephine2   06 juin 2018
Page 395-396

Quand j’y repense, c’est fou : on a nourri des milliers de gens, on les a soignés, on leur a appris à lire, à écrire, à compter, à être dignes et responsables. Moi, j’y ai contribué que quatre ans, mais le BPP a continué jusqu’en 1982. Quinze ans d’actions au quotidien.

Je me demande souvent ce que ça aurait donné, si on n’avait pas été persécutés avec un tel acharnement. Peut-être qu’on aurait accompli davantage. Peut-être aussi que l’usure était inévitable. C’est ce que j’en conclus, dans ce XXIe siècle qui fabrique des riches encore plus riches et des pauvres encore plus pauvres. Essentiellement des Noirs, les statistiques sont formelles, comme pour les violences policières. Bien sûr, nous ne sommes plus pendus et brûlés. Bien sûr, nous ne sommes plus livrés aux chiens. Bien sûr, nous avons un Président et nous comptons des personnalités influentes, mais nous restons les plus exploités, nous sommes plus au chômage, nous sommes plus incarcérés, nous sommes plus malades et nous mourons plus tôt, dans l’indifférence générale.

Voir ça aujourd’hui encore, c’est terrible pour moi. Car le dollar a gagné et la nouvelle génération ne rêve plus que de smartphones. Ca fait mal, si mal. Douleur indicible, millénaire… accompagnée d’une autre sensation, tout aussi viscérale, mais vivifiante. Une force. Une rage… »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
belette2911belette2911   07 août 2018
"Je n’ai jamais eu de problèmes avec ces Vietcongs et je ne ferai pas quinze mille kilomètres pour tuer ces Noirs asiatiques. Ils ne m’ont jamais rien fait, ils ne m’ont jamais traité de “nègre”, ils n’ont jamais menacé de me lyncher ou tenté de m’empêcher de boire au robinet des Blancs. Mon combat est ici, aux États-Unis, pour que les Noirs aient enfin les mêmes droits que les autres."
 
Une fois encore, Mohamed Ali a frappé fort.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
CekankonvaouCekankonvaou   06 février 2018
Ça a foiré à cause de nous. Pas à cause du FBI, de la came, des gangs. Ils nous ont pourri la vie mais, le vrai problème, c'était nous.
Trop pressés. Des siècles qu'on avait rien, alors on voulait tout et on a foncé. On était sur tous les fronts, tellement impliqués qu'on a rien vu venir.
L'envie, c'est ce qui nous a tués.

Pourtant, le pouvoir, on l'a eu, Ça a duré cinq ans. Ça peut paraitre court, mais cinq ans tous les jours, toutes les nuits, c'est pas rien. On était si puissants que le pays a tremblé comme jamais auparavant.
Les gens nous craignaient, alors que tout ce qu'on voulait, c'était l'égalité. La paix, enfin.
C'est pour ça qu'on s'est unis. Organisés. On avait nos codes, notre langage, notre journal, notre musique, notre cinéma, notre look, nos penseurs, nos cliniques, notre capitale, notre président, nos ministres, notre indépendance.
On était noirs
On était libres.
On était les Black Panthers
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Videos de Michaël Mention (19) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michaël Mention
Michaël Mention - Power
autres livres classés : black panthersVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (6 - polars et thrillers )

Roger-Jon Ellory : " **** le silence"

seul
profond
terrible
intense

20 questions
1447 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , thriller , romans policiers et polarsCréer un quiz sur ce livre
.. ..