AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2253135356
Éditeur : Le Livre de Poche (01/01/1994)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.24/5 (sur 634 notes)
Résumé :
De la mort de François Ier en 1547 à l'édit de Nantes en 1599, la France s'enlise dans l'épreuve des guerres de religion. C'est dans ce pays dévasté, en proie à la misère, au brigandage, à la peste, à la haine, que grandit le jeune Pierre de Siorac, rejeton d'une noble famille périgourdine et huguenote, héros et narrateur du roman.
Dès ce premier volume d'une saga qui nous conduira jusqu'à la fin du siècle, c'est toute une époque qui revit à travers l'histoir... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (52) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
17 avril 2013
Je n'ai encore jamais rencontré de lecteurs ayant eu entre les mains un roman de Robert Merle et qui n'en aient pas été durablement marqués. Et pour cause... L'écriture de Robert Merle est incisive, elle pénètre le lecteur, elle le harponne pour l'aspirer DANS le roman (comprenez "à l'intérieur de").
"Fortune de France", premier tome d'une saga mémorable qui se déroule pendant les guerres de religion (et qui débordera largement sur le XVIIème siècle), ne déroge pas à cette règle. le lecteur est véritablement transporté dans l'aventure des châtelains de Mespech, ce château-fort périgourdin (qui ne sera pas sans rappeler le château de Malevil à certains), berceau de toute la série, fief des Siorac. Robert Merle, pour bien s'assurer que son lecteur sera aimanté à l'oeuvre, va alors déployer une botte secrète qui fait mouche : adopter le langage du XVIème siècle ! Bingo, vous êtes dans le filet, vous n'en réchapperez pas. Vous êtes séduits, vous êtes bons pour vous lire toute la série (13 romans).
Mais de quoi ça cause, "Fortune de France" ?
Pierre de Siorac et son demi-frère Samson sont deux jeunes nobles dont la défunte mère était catholique et dont le père, bien vivant, a embrassé la Réforme. Aussi, ce que l'auteur nous propose, sur un incroyable déroulé d'aventures comme il en a le secret, c'est le portrait d'une société française en pleine mutation. Nous sommes en 1547 ; la Renaissance. Une date charnière où le pouvoir royal passe d'un roi éclairé, François Ier, à un roi (Henri II) dominé par sa femme (Catherine de Médicis). Les tensions religieuses n'ont pas encore atteint la France, elles sévissent au sein du Saint-Empire romain germanique et ne vont pas tarder à gangrener l'Angleterre. La France, quant à elle, attend son tour qui la frappera au moment même où sa royauté connaîtra une crise profonde, liée à la succession d'Henri II.
Mais pour l'heure, revenons à nos châtelains périgourdins. Je n'ai pas pu m'empêcher de lire "Fortune de France" (1977) avec "Malevil" (1972) en filigrane. Comment faire autrement ? le thème de l'opposition entre catholiques et protestants s'y retrouve, comme l'emprunt de termes patois dans Malevil qui croît en force dans "Fortune de France" pour devenir le seul langage du roman. A quel incroyable effort de documentation l'auteur s'est-il livré ! Cela force le respect. L'engouement est tellement puissant que lorsque vous refermez le livre, vous vous surprenez à modifier votre vocabulaire et à parler à vos proches en utilisant les termes du XVIème siècle. Autre point commun : le château-fort assiégé et la châtellenie si bien gérée que les seigneurs du lieu sont fins prêts à contrer une attaque. Mais attention, que vous ne vous y trompiez pas, ces similitudes ne gâtent rien au plaisir de lire ces deux romans et les apprécier.
Vous l'aurez compris, c'est un véritable voyage que propose Robert Merle à ses lecteurs avec ce premier volet. A ma connaissance, il fut l'un des rares auteurs français à creuser cette période avec à la fois ce souci d'exactitude historique digne d'un historien et cette verve littéraire digne des plus beaux romans d'aventures.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          747
dgwickert
02 mai 2017
C'est pour moi la plus belle saga historique de France avec celle de Maurice Druon sur les rois maudits.
Grâce à Pierre de Siorac, puis son fils, proches du roi, Robert Merle, en 13 tomes et 7000 (?) pages, décrit les arcanes du pouvoir de l'avènement d'Henri II en 1547, à la mort de Louis XIII en 1643.
Le premier tome concerne la période 1547-1563, et voit défiler trois rois : Henri II, le vaillant, mort en tournoi, son fils François II, 10 ans, mort à 11 ans, puis Charles IX, le roi fou sous l'emprise de sa mère Catherine de Médicis. Est-ce la fascination de François premier pour l'art de la Renaissance qui a introduit tous ces Italiens ?
Pierre de Siorac est né dans le Périgord, environ vers 1550. Son père a gagné la baronnie de Mespech en combattant pour le roi Henri II, à la libération de Calais. 
Pierre, le cadet, n'hérite pas des terres, et se consacre à étudier la médecine à Montpellier.
Ce ne sont pas mes profs d'histoire qui m'ont fait aimer l'Histoire de France, mais Robert Merle ! La truculence de son style m'a séduit.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          7314
TheWind
30 août 2015
Quel régal, mes amis, quel régal !
Je crois bien que je viens de tomber sur mon troisième auteur favori.
Pendant longtemps, j'ai cru qu'il n'y en aurait jamais qu'un seul. Zola. Mon Mimile à moi. Rien qu'à moi. Je l'ai chéri, dorloté, encensé, défendu auprès de mes amies lycéennes qui le trouvaient fastidieux. Il y avait les Rougon-Macquart d'un côté et de l'autre, tout le reste !
Pendant longtemps, je l'ai laissé seul sur son piédestal. Il était bien là. Mon monstre de littérature.

Et puis, je suis tombée sur vous. Mes amis de Babélio. Vous m'avez fait rencontrer Stefan Zweig. Ce fut un émerveillement. Comme une seconde vie.
Il a bien fallu que mon Mimile fasse un peu de place à Stefan. Entre nous, ce fut assez facile. Ils se côtoient déjà depuis longtemps dans les bibliothèques et librairies sur les rayonnages du bas à la lettre Z !
Il était tout de même temps que je trouve mon deuxième chouchou. Zola commençait à prendre sérieusement la poussière et à sentir le vieux.
J'étais heureuse. Les nouvelles de Zweig, c'est comme les Rougon-Macquart, il y en a toute une tripotée à lire. Cette fois-ci, j'étais bien décidée à prendre mon temps. A savourer. Hors de question de les avaler une par une les unes à la suite des autres comme j'avais fait avec la famille de Gervaise !
J'en suis là. Toujours à me délecter de temps en temps de cet auteur magnifique. Avec délice et parcimonie.

Bon, et Fortune de France, dans tout ça ??!!!!
Rho, vous l'avez bien compris. D'ailleurs, si vous avez bien suivi, je l'ai annoncé en début de chronique. Robert est en passe de devenir mon troisième doudou. Il en prend bien le chemin !
Ah c'est un tout autre émeuvement qu'avec Monsieur Zweig, cestuy-là ! Avec sa parladure à l'ancienne et ses mots occitans parsemés par-ci, par-là, je me suis bien esbouffée à la lecture de ce premier tome ! J'en ai pris tout mon soulas ! Se ramentevoir le XVIème siècle de cette façon, c'est tout simplement merveilleux !
Pour ceux qui ne connaissent pas, en voici quelques mots. C'est l'histoire de Pierre de Soriac, rejeton d'une d'une noble famille périgourdine et huguenote. Il est le narrateur de son histoire et nous entraîne en son pays sarladais, là où les guerres de Religion font rage comme partout ailleurs en France. Inutile d'en dire plus.
L'Histoire sert admirablement bien la fiction. La fiction se nourrit de l'Histoire. C'est un roman historique comme je les aime qui nous plonge au coeur de la France de la Renaissance. Une France encore bien rude, avec tout son lot de guerres, de courage, de ténacité, de discordes, de déchirements, mais aussi en proie au brigandage, à la peste...
"Ne verra-t-on la Fortune de France relevée ? Où demeurera méprisée et pour jamais couchée en terre ?" disait Michel de l'Hospital.

Mais, c'est aussi un roman d'une truculence incroyable ! Avec des personnages authentiques, sincères et réjouissants !
Un vrai régal, oui !
Il me reste douze tomes à lire !
Ô joie !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          5713
ibon
13 janvier 2013
Un roman historique de référence. C'est un plaisir de parcourir les pages de "Fortune de France" pour la truculence des mots et expressions en langue d'oc qui semble chevillée à l'époque décrite puis, comme allant de paire, pour la vérité du fait historique et enfin pour suivre les aventures des Siorac.
A travers l'épopée d'une famille protestante du Périgord, les Siorac, le lecteur ne manque pas de détails charmants, horribles ou savoureux dont "foisonnent les Mémoires de ce temps", à partir du milieu du 16 ème siècle pour ce tome.
La vie quotidienne dans le château de Mespech n'a donc plus de secrets pour le lecteur au fil des événements qui ont lieu non seulement dans la Province mais aussi dans le royaume de France. La peste et le choléra? Non, pire: la peste et l'intolérance.
Le sujet principal de tous ces tomes est l'intolérance; propagée par les princes du royaume, dont l'ambition va au delà de la simple question religieuse, jusqu'aux simples soldats et paysans fanatisés qui exécutent les basses oeuvres.
Fantastique oeuvre mais j'espère que mon baragouinage n'aura pas déconforté le futur lecteur.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          390
bibiouest
12 juin 2017
Voilà, je referme ce livre et je suis conquis, une écriture fluide, imagée très cinématographique, le fait de prendre le personnage principal et d'en faire le narrateur, pour ces raisons-là, je me suis régalé.
Une totale immersion dans l'histoire avec l'impression d'en être l'un des protagonistes c'est rare...quel plaisir! mais quel plaisir.
J'aime l'histoire et je ne sais pas pourquoi je n'avais jamais osé cette saga.(les 13 tomes, peut-être...).
Merci à Denis. qui grâce à sa critique m'a donné l'envie de lire Fortune de France
Commenter  J’apprécie          394
Citations & extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
TheWindTheWind24 août 2015
- Moussu Lou Baron, reprit Coulondre, est-ce que désormais on fêtera les fêtes des saints,à Mespech comme on a fait jusque là ?
On se regarda, et mon père hésitant à répondre, Sauveterre dit d'un ton sec :
- Il n' y a pas de raison de fêter désormais les fêtes des saints puisque dans la religion réformée, nous n'en célébrons pas le culte.
- Je me le pensais aussi, dit Coulondre, d'un ton funèbre, et il ferma les yeux.
Tous les regards convergèrent vers lui, et un silence désolé s'abattit sur la table. Il y eut parmi nos gens une telle consternation et un si grand ébahissement qu'ils ne surent plus - si j'ose dire- à quel saint se vouer. Ils venaient de comprendre qu'ils avaient perdu, en cette seule soirée, une bonne cinquantaine de jours chômés par an.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          260
bibiouestbibiouest10 juin 2017
-Mais, dit Siorac,..qu'arrivera-t-il de ceux de nos villageois qui n'ont plus de terre à gager, ni même à vendre? Allons nous les laisser se périr de faim?

-Nenni. Nous leur baillerons du grain contre la force de leurs bras. Et ils nous repaieront dans l'année en journées de travail. Nous n'aurons donc pas tant à dépenser en mercenaires au moment du foin ou des récoltes, ou de nos travaux de voirie.

Mon père baissa la tête et regarda ses bottes, les sourcils froncés et l'air assez chagrin.

-Ainsi, dit-il au bout d'un moment, tout, même la sécheresse, nous devient pain et miel. Tout nous accroît. Tout nous profite. Il me semble, pourtant, mon frère, que nous prospérons trop sur la misère des temps.

-Ce n'est point nous qui l'avons provoquée, dit Sauveterre, et rappelez-vous, je vous prie, la parole de Calvin: "C'est une grâce spéciale de Dieu quand il nous vient à l'entendement d'élire ce qui nous est profitable."

-Certes!certes! dit mon père. Mais à ce compte, les pauvres, autour de nous, deviennent toujours plus pauvres, et Mespech, à proportion, s'enrichit.

-Je ne vois pas que nous ayons à le regretter ni à battre là-dessus notre coulpe, dit Sauveterre avec fermeté. Nous n'allons point donner dans l'hypocrisie des papistes, qui vivent dans le pourpre tout en donnant comme une grande vertu la pauvreté volontaire. Non, Jean, l'enseignement de Calvin est ici lumineux. Qu'il y ait beaucoup de pauvres et quelques riches n'est pas dû au hasard. Ce que chacun possède ne lui est point advenu par cas fortuit, mais par la distribution de celui qui est le souverain Maître et seigneur de tout.

-Je le crois, dit mon père.
Mais au bout d'un long moment, et émergeant de ses réflexions, il dit en baissant la voix:
-D'où vient donc que mon cœur se tourmente de la grâce qui nous est faite, comme s'il la trouvait excessive?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          81
TheWindTheWind23 août 2015
À Mespech on ne lésinait pas sur le manger au temps des foins. Et les faucheurs, vers les quatre heures, s'étaient calé la panse au château d'une forte soupe aux légumes et lardons suivie d'un copieux chabrol.
Alignés en bordure du Haut Pré, ils regardaient sans parler l'herbe onduler sur la pente jusqu'à l'orée du bois en contrebas. Mille Dious, elle avait bien profité des pluies, la garce : haute, verte, luisante, épaisse comme chevelure de femme et il y en avait tant et tant, et une telle immensité d'étendue qu'on se disait qu'on ne pourrait jamais la faucher toute, même à neuf, d'ici ce soir. Valait mieux n'y penser point trop, mais se dire qu'à onze heures il y aurait beau pain de froment, quantité de chair salée et piquette sans parcimonie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          202
bibiouestbibiouest07 juin 2017
Fontenac était en grande détestation parmi les bourgeois de Sarlat, et aussi parmi les nobles des châteaux, en raison de ses meurtres et excès infinis, mais le populaire en tenait pour lui, car du fruit de ses rapines il faisait parfois à ses frais des processions qui étaient censées glorifier un saint, mais qui finissaient, le vin payé par Fontenac coulant à flots, en ribauderies que la Boétie devait réprimer. Malgré ces désordres qui ne sont que trop fréquents, d'aucuns opinent que le peuple des villes, qui travaille de l'aube à la nuit pour quelques misérables sols, est fondé à aimer les processions d'église puisqu'elles lui donnent du repos, les innumérables saints que le culte catholique célèbre lui apportant, bon an mal an, plus de cinquante jours fériés, sans compter les dimanches: raison pour laquelle il a toujours été facile d'ameuter le peuple contre ceux de la religion réformée qu'il suspecte de vouloir leur ôter les fêtes en supprimant les saints qui en sont l'occasion.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          111
gillgill04 avril 2012
J'ai écrit la première ligne de "Fortune de France" le 24 mars 1976 et j'ai tracé le dernier mot du dernier volume le 4 mars 1985, quelques minutes avant que mon plus jeune fils m'appelât par téléphone à "la repue de midi".
Je pus alors me retourner pour embrasser du regard l’œuvre accomplie : neuf années d'un labeur de bénédiction, de longues journées passées à la Bibliothèque Nationale, cinq heures d'écriture quotidienne, et surtout acquise dès le premier volume, conservée jusqu'au dernier, et à ce jour multipliée, la faveur du public.
Au bonheur d'avoir terminé ma tâche s'ajouta pour moi l'inouï plaisir de l'arrêter sur un de ces rares moments de l'histoire de l'homme où la justice et l'humanité triomphent de l'intolérance : l'année 1599, la dernière année du XVI°siècle, mais aussi celle qui vit l'enregistrement de l’Édit de Nantes par le parlement de Paris...
(extrait de l'avant-propos de l'édition parue aux "éditions de Crémille" en 1990)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
Videos de Robert Merle (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Robert Merle
Malevil est un film français de science-fiction postapocalyptique de Christian de Chalonge sorti en 1981, librement inspiré du roman de Robert Merle, avec Michel Serrault, Jacques Dutronc, Jean-Louis Trintignant, Robert Dhéry et Jacques Villeret
autres livres classés : roman historiqueVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Connaissez vous les romans de Robert Merle ?

Roman historique lauréat du prix Goncourt publié en 1949 racontant la retraite d'un groupe de soldats français lors de la défaite franco-britannique lors de la seconde guerre mondiale. Mon titre est "week-end

chez ma mère'
à Deauville'
à Zuydcoote'
en amoureux

8 questions
35 lecteurs ont répondu
Thème : Robert MerleCréer un quiz sur ce livre
. .