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Critiques sur Fortune de France, tome 1 (55)
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Gwen21
  17 avril 2013
Je n'ai encore jamais rencontré de lecteurs ayant eu entre les mains un roman de Robert Merle et qui n'en aient pas été durablement marqués. Et pour cause... L'écriture de Robert Merle est incisive, elle pénètre le lecteur, elle le harponne pour l'aspirer DANS le roman (comprenez "à l'intérieur de").

"Fortune de France", premier tome d'une saga mémorable qui se déroule pendant les guerres de religion (et qui débordera largement sur le XVIIème siècle), ne déroge pas à cette règle. le lecteur est véritablement transporté dans l'aventure des châtelains de Mespech, ce château-fort périgourdin (qui ne sera pas sans rappeler le château de Malevil à certains), berceau de toute la série, fief des Siorac. Robert Merle, pour bien s'assurer que son lecteur sera aimanté à l'oeuvre, va alors déployer une botte secrète qui fait mouche : adopter le langage du XVIème siècle ! Bingo, vous êtes dans le filet, vous n'en réchapperez pas. Vous êtes séduits, vous êtes bons pour vous lire toute la série (13 romans).

Mais de quoi ça cause, "Fortune de France" ?
Pierre de Siorac et son demi-frère Samson sont deux jeunes nobles dont la défunte mère était catholique et dont le père, bien vivant, a embrassé la Réforme. Aussi, ce que l'auteur nous propose, sur un incroyable déroulé d'aventures comme il en a le secret, c'est le portrait d'une société française en pleine mutation. Nous sommes en 1547 ; la Renaissance. Une date charnière où le pouvoir royal passe d'un roi éclairé, François Ier, à un roi (Henri II) dominé par sa femme (Catherine de Médicis). Les tensions religieuses n'ont pas encore atteint la France, elles sévissent au sein du Saint-Empire romain germanique et ne vont pas tarder à gangrener l'Angleterre. La France, quant à elle, attend son tour qui la frappera au moment même où sa royauté connaîtra une crise profonde, liée à la succession d'Henri II.

Mais pour l'heure, revenons à nos châtelains périgourdins. Je n'ai pas pu m'empêcher de lire "Fortune de France" (1977) avec "Malevil" (1972) en filigrane. Comment faire autrement ? le thème de l'opposition entre catholiques et protestants s'y retrouve, comme l'emprunt de termes patois dans Malevil qui croît en force dans "Fortune de France" pour devenir le seul langage du roman. A quel incroyable effort de documentation l'auteur s'est-il livré ! Cela force le respect. L'engouement est tellement puissant que lorsque vous refermez le livre, vous vous surprenez à modifier votre vocabulaire et à parler à vos proches en utilisant les termes du XVIème siècle. Autre point commun : le château-fort assiégé et la châtellenie si bien gérée que les seigneurs du lieu sont fins prêts à contrer une attaque. Mais attention, que vous ne vous y trompiez pas, ces similitudes ne gâtent rien au plaisir de lire ces deux romans et les apprécier.

Vous l'aurez compris, c'est un véritable voyage que propose Robert Merle à ses lecteurs avec ce premier volet. A ma connaissance, il fut l'un des rares auteurs français à creuser cette période avec à la fois ce souci d'exactitude historique digne d'un historien et cette verve littéraire digne des plus beaux romans d'aventures.
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dgwickert
  02 mai 2017
C'est pour moi la plus belle saga historique de France avec celle de Maurice Druon sur les rois maudits.
Grâce à Pierre de Siorac, puis son fils, proches du roi, Robert Merle, en 13 tomes et 7000 (?) pages, décrit les arcanes du pouvoir de l'avènement d'Henri II en 1547, à la mort de Louis XIII en 1643.
Le premier tome concerne la période 1547-1563, et voit défiler trois rois : Henri II, le vaillant, mort en tournoi, son fils François II, 10 ans, mort à 11 ans, puis Charles IX, le roi fou sous l'emprise de sa mère Catherine de Médicis. Est-ce la fascination de François premier pour l'art de la Renaissance qui a introduit tous ces Italiens ?

Pierre de Siorac est né dans le Périgord, environ vers 1550. Son père a gagné la baronnie de Mespech en combattant pour le roi Henri II, à la libération de Calais. 
Pierre, le cadet, n'hérite pas des terres, et se consacre à étudier la médecine à Montpellier.

Ce ne sont pas mes profs d'histoire qui m'ont fait aimer l'Histoire de France, mais Robert Merle ! La truculence de son style m'a séduit.
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TheWind
  30 août 2015
Quel régal, mes amis, quel régal !

Je crois bien que je viens de tomber sur mon troisième auteur favori.
Pendant longtemps, j'ai cru qu'il n'y en aurait jamais qu'un seul. Zola. Mon Mimile à moi. Rien qu'à moi. Je l'ai chéri, dorloté, encensé, défendu auprès de mes amies lycéennes qui le trouvaient fastidieux. Il y avait les Rougon-Macquart d'un côté et de l'autre, tout le reste !
Pendant longtemps, je l'ai laissé seul sur son piédestal. Il était bien là. Mon monstre de littérature.


Et puis, je suis tombée sur vous. Mes amis de Babélio. Vous m'avez fait rencontrer Stefan Zweig. Ce fut un émerveillement. Comme une seconde vie.
Il a bien fallu que mon Mimile fasse un peu de place à Stefan. Entre nous, ce fut assez facile. Ils se côtoient déjà depuis longtemps dans les bibliothèques et librairies sur les rayonnages du bas à la lettre Z !
Il était tout de même temps que je trouve mon deuxième chouchou. Zola commençait à prendre sérieusement la poussière et à sentir le vieux.
J'étais heureuse. Les nouvelles de Zweig, c'est comme les Rougon-Macquart, il y en a toute une tripotée à lire. Cette fois-ci, j'étais bien décidée à prendre mon temps. A savourer. Hors de question de les avaler une par une les unes à la suite des autres comme j'avais fait avec la famille de Gervaise !
J'en suis là. Toujours à me délecter de temps en temps de cet auteur magnifique. Avec délice et parcimonie.


Bon, et Fortune de France, dans tout ça ??!!!!
Rho, vous l'avez bien compris. D'ailleurs, si vous avez bien suivi, je l'ai annoncé en début de chronique. Robert est en passe de devenir mon troisième doudou. Il en prend bien le chemin !

Ah c'est un tout autre émeuvement qu'avec Monsieur Zweig, cestuy-là ! Avec sa parladure à l'ancienne et ses mots occitans parsemés par-ci, par-là, je me suis bien esbouffée à la lecture de ce premier tome ! J'en ai pris tout mon soulas ! Se ramentevoir le XVIème siècle de cette façon, c'est tout simplement merveilleux !

Pour ceux qui ne connaissent pas, en voici quelques mots. C'est l'histoire de Pierre de Soriac, rejeton d'une d'une noble famille périgourdine et huguenote. Il est le narrateur de son histoire et nous entraîne en son pays sarladais, là où les guerres de Religion font rage comme partout ailleurs en France. Inutile d'en dire plus.
L'Histoire sert admirablement bien la fiction. La fiction se nourrit de l'Histoire. C'est un roman historique comme je les aime qui nous plonge au coeur de la France de la Renaissance. Une France encore bien rude, avec tout son lot de guerres, de courage, de ténacité, de discordes, de déchirements, mais aussi en proie au brigandage, à la peste...
"Ne verra-t-on la Fortune de France relevée ? Où demeurera méprisée et pour jamais couchée en terre ?" disait Michel de l'Hospital.


Mais, c'est aussi un roman d'une truculence incroyable ! Avec des personnages authentiques, sincères et réjouissants !
Un vrai régal, oui !
Il me reste douze tomes à lire !
Ô joie !
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ibon
  13 janvier 2013
Un roman historique de référence. C'est un plaisir de parcourir les pages de "Fortune de France" pour la truculence des mots et expressions en langue d'oc qui semble chevillée à l'époque décrite puis, comme allant de paire, pour la vérité du fait historique et enfin pour suivre les aventures des Siorac.

A travers l'épopée d'une famille protestante du Périgord, les Siorac, le lecteur ne manque pas de détails charmants, horribles ou savoureux dont "foisonnent les Mémoires de ce temps", à partir du milieu du 16 ème siècle pour ce tome.

La vie quotidienne dans le château de Mespech n'a donc plus de secrets pour le lecteur au fil des événements qui ont lieu non seulement dans la Province mais aussi dans le royaume de France. La peste et le choléra? Non, pire: la peste et l'intolérance.

Le sujet principal de tous ces tomes est l'intolérance; propagée par les princes du royaume, dont l'ambition va au delà de la simple question religieuse, jusqu'aux simples soldats et paysans fanatisés qui exécutent les basses oeuvres.

Fantastique oeuvre mais j'espère que mon baragouinage n'aura pas déconforté le futur lecteur.
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bibiouest
  12 juin 2017
Voilà, je referme ce livre et je suis conquis, une écriture fluide, imagée très cinématographique, le fait de prendre le personnage principal et d'en faire le narrateur, pour ces raisons-là, je me suis régalé.
Une totale immersion dans l'histoire avec l'impression d'en être l'un des protagonistes c'est rare...quel plaisir! mais quel plaisir.
J'aime l'histoire et je ne sais pas pourquoi je n'avais jamais osé cette saga.(les 13 tomes, peut-être...).

Merci à Denis. qui grâce à sa critique m'a donné l'envie de lire Fortune de France
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litolff
  03 novembre 2012
Les tribulations de Pierre de Siorac sont absolument passionnantes et aident véritablement à ENTRER dans cette histoire de France, si facilement aride : fresque brillante et truculente, personnages plein de panache, le vocabulaire est également vivant et truculent : je continue à utiliser des formules lues dans Fortune de France, 20 ans après l'avoir lu !
A lire et faire lire absolument !
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ssstella
  07 décembre 2012
Le début d'une géniale saga historique !
Robert Merle nous passionne avec l'utilisation d'un langage d'époque qui nous fait véritablement voyager dans le temps.
L'Histoire (avec un grand H) est là, contée d'une façon magistrale, mais pas seulement... c'est aussi le quotidien et les aventures de personnages attachants, des intrigues politiques ou amoureuses qui, bien souvent, ne manquent pas d'humour.
Une lecture qui a été un véritable bonheur !

Ne soyez pas effrayé par la quantité de tomes de cette série, vous pouvez n'en lire qu'un, car chaque livre peut se lire séparément (c'est quand même mieux de commencer par le premier) ... vous prenez seulement le risque de devenir accro.
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purplevelvet
  04 octobre 2011
un coup de coeur énorme! A tel point que sitôt fini le premier tome, j'ai déjà enchaîné sur le deuxième, ce qui est très rare chez moi.

Car le sujet pourrait paraître assez aride et complexe ( les guerres de religion au temps de Henri II, François II et Charles IX), mais Robert Merle a eu la très bonne idée de choisir un angle d'attaque plus picaresque et humoristique que directement historique, et ça passe très bien. Et même si on y croise Catherine de Médicis, ses royaux fils, l'amiral de Coligny... ils ne sont pas le sujet essentiel du roman.

Car pour le narrateur Pierre de Siorac, la situation des huguenots au milieu du XVI° siècle, les guerres de religions, les massacres... tout celà n'a de réalité qu'au travers des chamailleries incessantes de ses parents, de la conversion plus ou moins forcée au protestantisme des domestiques, du culte secret à Marie que les chambrières établissent dans le grenier en douce du maître de maison...

Tout a moins de réalité aussi que les revers qui peuvent affecter les habitants d'un coin de campagne sarladaise à cette époque, pour qui les principaux dangers sont surtout les sécheresses, les mauvaises récoltes, la mortalité infantile, les bandes de gueux qui détroussent les voyageurs, les épidémies de peste ou de choléra qui ravagent régulièrement le pays... et pour qui il est clair que les luttes de parti entre catholiques et protestants sont surtout de fait d'excellent prétextes pour les seigneurs rivaux d'essayer d'agrandir leurs terres aux dépends de la population.

Mais tout ceci est brossé de manière assez humoristique, au travers de tableaux savoureux ( les veillées au château sont souvent assez savoureuses, à cause de la cuisinière Maligou, fervente catholique, qui voit le diable partout, mais qui n'a aucun complexe à herboriser pour les femmes du château, et à paillarder avec le curé du village car elle "connait les herbes et où les mettre")

Une charge assez drôle est aussi lancée contre la médecine de l'époque, les croyances sur les humeurs et tempéraments, les débuts de la prophylaxie...

Bref, on y trouve un instantané très agréable à lire d'une époque et d'un lieu en pleine mutation politique, humaine, médicale, culturelle...
Lien : http://chezpurple.blogspot.c..
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vallalectrice
  03 juin 2017
Et nous voila parti pour un très long voyage, surtout dans le temps au coté de notre jeune héros qui va traverser les années aux cotés des plus grands. Ce qui est plus facile pour raconter la grande histoire et la petite. Une série qui m'a longtemps tenue en haleine, que j'ai laissé ( vu le nombre de tomes) puis repris avec toujours autant de plaisir. Par ce tome c'est la que tout commence.
Tout va s'étaler sur 7 tomes dont le dernier publié à titre posthume. Nous découvrons dans ce premier opus la jeunesse de Pierre de Siorac, fils cadet qui se destine à la médecine. Nous sommes en 1547, avant la mort de François premier. Merci " Robert" pour nous avoir entraîné si loin avec toi. RIP.
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mariedoc
  27 septembre 2014
Pierre de Siorac, gentilhomme périgourdin, nait dans la 2ème moitié du XVIème siècle d'une mère catholique et d'un père huguenot. Dans ce premier roman d'une longue série, Robert Merle nous brosse le tableau de l'enfance puis de l'adolescence de ce jeune héros en pleine guerre de religion. Au-delà du cercle familial, c'est aussi la région et le royaume de France que l'on découvre, dans une belle langue empruntant les mots de l'époque.
J'ai savouré ce roman qui mêle habilement l'histoire romanesque à l'histoire De La Renaissance en faisant revivre le français d'alors.
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