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Critiques sur La Mort est mon métier (197)
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araucaria
  04 mars 2013
Un excellent roman historique. Mais ce livre est très noir, très dur puisqu'il nous conduit dans les chambres à gaz et les fours crématoires d'Auschwitz. Obéîr sans réfléchir, sans activer sa conscience, uniquement pour faire son devoir, peut amener à des conséquences dramatiques, désastreuses, voilà la leçon que nous enseigne entre-autres Robert Merle. Un texte qui émeut, qui ne laisse pas indifférent. Un livre capital à découvrir absolument. Je le recommande à tous les lecteurs qui se sont déjà documentés sur la shoa et on lu par exemple des témoignages comme ceux de Primo Levi. Ce roman me semble être un excellent complément à tous les témoignages des survivants des camps de la mort.
Lien : http://araucaria.20six.fr
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Gwen21
  29 novembre 2012
La terrifiante réalité des atrocités de la Seconde Guerre Mondiale servie par la plume brillante et sans concession d'un auteur rompu à tous les exercices de style, cela vous donne un grand roman tel que "La Mort est mon métier".

Sans chercher à stéréotyper l'homme allemand, Robert Merle cherche à nous faire partager la pensée d'un individu endoctriné parmi d'autres, comme tant d'autres. Un homme prisonnier d'un passé de souffrance, d'un présent de conviction et d'un avenir d'espérance ; un avenir à construire sur les ruines d'un monde décrété corrompu.

Tel un bon ouvrier appliqué à sa tâche sur le chantier d'un Etat à reconstruire, le personnage principal (je ne peux quand même pas le nommer "héros") nous glace le sang par ses actes et par ses pensées mais nous permet de mieux "comprendre" ce qui s'est passé dans la tête et l'existence de millions d'Allemands dans l'entre-deux-guerres pour aboutir à cette catastrophe humaine et politique qui n'a pas encore fini de nous traumatiser.
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gill
  27 avril 2012
Rudolf Lang a existé.Il s'appelait en réalité Rudolf Hoess.
Ce livre écrit le récit de sa vie durant laquelle il devint un bourreau nazi.
Écrit de 1950 à 1952 il est contemporain du conflit, ce roman est complexe et peut donner de l'espèce humaine une opinion désolée.
Il fallait tout le talent de Robert Merle pour donner sa force à ces lignes qui dénoncent la soumission à l'ordre, l'impératif catégorique, la fidélité au chef et le respect pour l'état lorsqu'ils mènent au pire de la tragédie.
Ce grand livre courageux et philosophique est écrit par un des plus grands auteurs français de son époque.
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Ellane92
  17 novembre 2013
Comment appelle-t-on un homme qui fait du massacre en masse ? Un bourreau ? Un tyran ? Un "génocidaire" ? La réponse de Robert Merle donne son titre à l'ouvrage : il s'agit d'un homme dont "La mort est le métier". Sur la base des rapports de psychiatrie de Rudolf Hess et des rapports du procès de Nuremberg, Merle nous livre la vie, l'histoire et les pensées de Rudolf Hoss, commandant du camp d'extermination d' Auschwitz-Birkenau.
Au premier abord, on est pris de sympathie pour l'enfance du futur nazi, auprès d'un père chrétien intégriste qui le voue à la carrière religieuse et d'une mère et de soeurs transparentes. On suit avec soulagement son adolescence et son entrée dans le régiment des dragons. Puis l'on devient inquiet lorsque, las du chômage et de la misère qu'il connait lors de son retour en Allemagne, il sympathise avec un groupe politique qui commence à prendre de l'importance, le Parti national-socialiste des travailleurs allemands (ou parti nazi). Car après un séjour en prison et une période de calme, Rudolf est ravi de déposer sa vie, son obéissance et son honneur aux pieds de ses supérieurs, eux qui ont une vue stratégique de l'ensemble des actions demandées à leurs subalternes, eux dont les décisions, quelles qu'elles soient, sont justes et eux qui, enfin, légitiment toutes les conséquences des actions qu'ils auront demandées. Y compris lorsqu'il s'agit de rendre opérationnel et de faire un modèle de rendement du futur camp d'extermination d'Auschwitz.

Robert Merle est un conteur, lui qui mêle dans ce livre, sur le même ton et avec la même précision clinique, des morceaux de vie de famille et d'horreur. Cet ouvrage fait partie des livres qui ne se lâchent pas, que l'on dévore, qui nous obsèdent tant qu'ils ne sont pas finis, et bien après encore. Merle ne nous épargne aucune image, ni la misère des camps, ni les fumées asphyxiantes de la graisse versée sur les corps pour brûler les os, ni les stratégies pour convaincre les juifs d'entrer en bon ordre dans les chambres à gaz. Parce qu'au final, le problème "de la solution finale", c'est l'optimisation du rendement des camps comme celui d'Auschwitz : ce n'est pas de tuer en masse qui est compliqué, mais de savoir quoi faire des corps de façon à tuer encore plus encore plus vite.
Et que tout ce qui est décrit est réel, a eu lieu, dans un passé dont des rescapés nous parlent encore.

Au final, je ne sais pas si je suis convaincue par la thèse de Merle sur la naissance d'un bourreau. Pour moi, l'énigme demeure sur le déroulement qui amène un homme, au choix : à tuer, à torturer ses semblables, à massacrer, à ignorer sa part d'humanité pour mieux nier celle de l'autre. Je ne peux pas croire que tous les nazis étaient des « fous ». Alors, comment se peut-il… ? Ce roman de Merle m'a marquée, en décrivant un parcours possible. Et s'il me laisse toujours aussi démunie face à la folie de certains hommes, il permet au moins d'informer et de faire se poser quelques bonnes questions.
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Roggy
  12 mai 2018
Robert Merle a cette capacité de peler les histoires à vif pour n'en garder que la substantifique réalité. Pour raconter l'histoire d'un des plus grands criminels de guerre de tous les temps il était alors obligé de basculer dans l'horreur, dans l'indicible et l'insoutenable, afin de respecter la rigueur historique.

Il nous invite à l'expérience dérangeante et perturbante de se mettre dans la tête d'un nazi. On comprend la mécanique de la froideur, du manque d'empathie et de l'incapacité à déroger aux ordres. Mais il est tout simplement impossible d'intégrer l'insensibilité et la déshumanisation.
Certains passages sont à la limite du soutenable, de véritables concentrés d'horreur, qu'on aurait préféré ne jamais avoir eu connaissance tellement on sait que ces phrases vont hanter nos pensées.

Rudolph Hoess aurait agi pour ainsi dire sans mobiles, sans conflit de conscience, en fonctionnaire zélé et obéissant qui ne pense pas une seconde aux finalités de ses actes. Seule l'aurait intéressé la raison instrumentale qui domine sa tâche : comment organiser au mieux le rendement de l'extermination dans les camps de concentration.

Himmler disait : « Un SS doit être prêt à exécuter sa propre mère si un ordre lui en est donné »
Rudolf Hoess a obéi.

L'émotion palpable qu'éveille ce roman constitue un témoignage universel contre la barbarie de tous les temps.
Une lecture éprouvante mais nécessaire pour ne jamais oublier.
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BillDOE
  30 avril 2018
C'est, certainement le livre le plus complet, le plus édifiant, le plus documenté, sur la vie de cet « homme » qui a conçu, élaboré la solution finale, l'extermination des juifs pendant la seconde guerre mondiale. Rudolf Lang (Höss), Obersturmbannführer du camp d'Auschwitz, aveuglément dévoué à l'idéologie nazie narre sous la plume de Robert Merle son histoire, de son enfance à sa condamnation à mort par un tribunal polonais. C'est là tout l'intérêt de ce roman. L'auteur nous livre un remarquable témoignage qui ne doit jamais nous faire oublier les mécanismes qui conduisent une société et un individu vers les sommets de l'horreur. Un livre à lire absolument, parce que ça a existé, et que nous pourrions le revivre surtout lorsque l'on voit la montée de l'antisémitisme qui gangrène certains esprits peu éclairés et nos civilisations soi-disante évoluées.
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gouelan
  22 mars 2018
Le narrateur de ce roman est Rudolf Lang, personnage qui incarne Rudolf Hoess commandant du camp d'Auschwitz.

Une enfance rigoureuse, la froideur d'un père, une éducation ultra catholique, la soumission d'une mère, forgent son caractère dénué de sentiments. Il ne connaît que la valeur des ordres, le bien et le mal importent peu.

Il renie sa foi catholique. Son église s'appelle l'Allemagne.

Remarqué très tôt pour son application à obéir aux ordres, son manque glaçant de conscience, sa profonde inhumanité, il sera choisi par le Reichsführer Himmler pour mettre au point l'Usine de la mort d'Auschwitz.

Pas plus que la vie, la mort n'a d'importance pour lui, pas même la sienne. Les Juifs ne sont que des statistiques, des marchandises à détruire, le plus efficacement possible, avec le moins d'encombrement possible. Sa seule raison d'exister est d'obéir aux ordres, sans prendre d'initiative, sans émettre la moindre critique, "consciencieux sans conscience". Tout est moral si cela contribue à la victoire du nazisme. "Moraux à l'intérieur de l'immoralité"

Un roman effrayant car, si c'est un homme, comment peut-il être à ce point monstrueux ?




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palamede
  03 février 2016
Obéir aux ordres, fussent-ils les plus fous, les plus inconcevables, les plus atroces, c'est la défense des criminels de guerre nazis, ils ont obéi aux ordres. Quand on est militaire cela fait partie des règles de base, et quand on est allemand cela fait partie des gènes dit-on. Seulement là, ce n'est pas recevable, le crime est trop horrible, trop grand, ils sont impardonnables et responsables du sentiment de culpabilité des générations suivantes.

Rudolf Höss (Rudolph Lang dans le roman), le commandant du camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau, fait partie de ces hommes, un militaire à qui Himmler a ordonné d'appliquer la solution finale aux Juifs et qui s'est acquitté de sa tâche avec « soin », sans affect pour les victimes quelles qu'elles soient, il dira d'ailleurs face à ces juges : " vous comprenez, je pensais aux Juifs en termes d'unités, jamais en termes d'êtres humains. Je me concentrais sur le côté technique de ma tâche ".

La Mort est mon métier est remarquable dans ce qu'il illustre parfaitement cette attitude qui conduit à la banalité du mal dont parle la philosophe Hannah Arendt. Envoyée spéciale du New Yorker en Israël au procès d'Adolf Eichmann, elle a estimé que l'homme était tristement banal, un petit fonctionnaire ambitieux et zélé, entièrement soumis à l'autorité, incapable de distinguer le bien du mal.

Eichmann comme Rudolf Höss ont cru accomplir un devoir, ils ont suivi les consignes et cessé de penser. Et le seul moyen d'échapper à l'inhumain qui se loge en chacun n'est-il pas bien de penser, de réfléchir à nos actes en dehors de toute pression extérieure ?
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Marple
  26 décembre 2018
Les nazis voulaient se débarrasser des juifs et créer grâce à l'eugénisme l'aryen parfait. Avec Rudolf Lang, le commandant d'Auschwitz, double littéraire de Rudolf Hoess, ils ont surtout créé l'homme désincarné...

Sans coeur, sans émotions, sans désirs, sans rêves, sans conscience et probablement sans âme, Rudolf Lang voit les juifs à tuer comme des unités à traiter, les chambres à gaz et les fours crématoires comme des problèmes industriels et l'odeur de chair brulée comme l'inconvénient principal...

C'est glaçant, digne des pires scénarios de science-fiction, et pourtant c'est vrai, puisque Robert Merle s'est apparemment basé sur les transcriptions d'entretien de Rudolf Hoess pour écrire ce récit.

C'est le côté désincarné de l'homme qui m'a le plus frappée, au-delà de son obéissance aveugle aux ordres ou de son enfance et sa jeunesse effectivement propres à faire de lui un psychopathe. Il ne ressent rien, alors même qu'il est confronté à l'horreur pure. On dirait qu'il est anesthésié ou hypnotisé.

C'est d'autant plus frappant que le récit est écrit à la première personne et qu'on est donc dans sa tête. Pas dans son coeur puisqu'il n'en a plus depuis longtemps apparemment. Mais dans sa tête, qui raisonne comme celle de tout un chacun, même peut-être mieux, sauf qu'il l'utilise pour exécuter un génocide. Parce que la mort est son métier...
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Paola93130
  07 septembre 2018
Qui dit Portugal, dit souvent beau temps, ciel bleu, chaleur…Grosses chaleurs, d'ailleurs. Tellement, que les forêts de mon petit pays sont dévastées chaque été, au gré des envies et des besoins de certaines grandes sociétés, de certains gros bonnets de la finance et de la politique. Oui-oui, détrompez-vous, chers amis, les incendies de forêt portugais ne sont jamais accidentels et servent à grossir les portefeuilles de beaucoup de gens, gouvernement inclus. Quand, comme l'an dernier, ça tourne au drame et ça résulte en presque 70 victimes mortelles, tout le monde crie au scandale, tout le monde s'accuse mutuellement et les promesses de « Plus Jamais Ça » font légion…Les victimes innocentes ne reviendront plus et leurs familles respectives survivront, désormais, dévastées. Les coupables, eux, que rien n'inquiètera, continueront leurs joyeuses affaires, leur petit boulot de gagneur de fric et leur vie de riches. Jusqu'à l'été suivant. Froidement.
Comme beaucoup d'entre nous, j'ai lu quelques livres, romans ou témoignages, se déroulant pendant la Seconde Guerre Mondiale. Des plus connus aux pas-tant-que-ça, des romanesques aux histoires vraies. Tous présentaient le point de vue des victimes, des « gentils », de ceux qui ont souffert. Tous m'ont touchée, bien sûr.
Le livre de Robert Merle, premier roman « Seconde Guerre Mondiale » qui me présente le point de vue d'un « méchant », l'un des plus grands bourreaux de l'Histoire, prenait depuis longtemps la poussière sur l'étagère du salon. Face au résumé et aux critiques lus sur Babelio, je n'osais pas mais je me suis lancée. Mes livres papiers sont mes trésors et ne peuvent briller que si je les lis. J'hésitais aussi à en donner mon humble ressenti…Une critique me sert soit à partager mon enthousiasme sur un texte, soit à m'amuser un peu quand un livre ne me plait pas outre mesure (je me dis que, puisque je me suis ennuyée à sa lecture, je rigole en écrivant une critique que j'espère, sinon déjantée, du moins farfelue ou grotesque. Même si elle ne fait rire que moi). « La mort est mon métier » est loin d'être enthousiasmant mais pourtant, je lui mets cinq étoiles.
Comment étoile-t-on un texte ? Pourquoi aime-t-on ou pas un roman ? Pour le talent d'écriture de l'auteur, pour l'histoire qui nous plait ? Parce qu'on s'identifie avec le(s) protagoniste(s) ? Pour s'enrichir culturellement ou émotionnellement ?
Dans ce cas, j'écris ce petit billet juste pour partager et pour essayer de me comprendre. Vous m'aiderez sûrement.
Pour moi, ce roman a été une épreuve et un défi. Il m'en a coûté de me plonger dans son atmosphère, soir après soir, avant de faire dodo. Mais j'y allais, avide de savoir, de saisir. Malgré la chaleur des nuits d'août, j'ai eu très froid à sa lecture. le talent de l'auteur est indéniable. Il a cerné l'odieux personnage, qui m'a glacé le coeur et les os, à la perfection. Il lui a donné un visage et un esprit humains. Il en a fait un être qui respire, qui ressent, qui projette, qui organise et qui prévoit. Cependant, un homme qui a eu mal, qui a eu peur de faillir, qui s'est inquiété. Et c'est ce qui est glaçant.
Moi, je respire pour vivre. Je ressens de l'amour, de la joie et du plaisir. Je projette mes lectures, j'organise les vacances en famille. Je prévois le dîner et le cadeau d'anniversaire de ma Princesse. J'ai mal quand je la gronde. J'ai peur qu'elle soit malade. Je m'inquiète si elle est triste. Je trouve ça normal, pas vous ?
Le monstre respirait pour tuer. Il a ressenti de l'amour pour un père odieux. Il a eu la joie d'être papa. Ila eu le plaisir de bien faire… en projetant la mort de milliers d'êtres humains. Il a organisé et prévu des méthodes efficaces et infaillibles…de tuer. Il a eu mal de ne pas se sentir aimé et de cesser de l'être. Il a eu peur de faillir à sa mission. Il s'est inquiété du jugement de son supérieur. Il a anéanti des milliers de vies. Et il a trouvé ça normal….
Et vous ?
La « froideur » des incendies de forêt portugais est odieusement malhonnête. L'ambition de l'argent meut les monstres qui détruisent notre patrimoine naturel. Les morts de l'an dernier n'étaient pas prévues. Les monstres ne cessent pas d'être des assassins.
La froideur du personnage de « La mort est mon métier » est odieusement honnête. le bourreau n'a eu qu'une aspiration : faire son métier. L'extermination de milliers d'êtres humains était son objectif. Sans aucune autre ambition…Même pas d'être un assassin.
J'ai froid….

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