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EAN : 9782070365838
696 pages
Éditeur : Gallimard (04/04/1974)

Note moyenne : 4.14/5 (sur 426 notes)
Résumé :
Quatrième de couverture : Le soleil brillait à perte de vue sur la houle longue du Pacifique et le Blossom, ses trois mâts penchés à bâbord, recevait par le travers une brise Sud-Sud-Est... Purcell prêta l'oreille. Bien qu'une île fût proche, il n'entendit pas de cri d'oiseau. Sauf quand une lame déferlait, l'océan était silencieux. Mais il y avait autour de Purcell ces bruits qui, par jolie brise, lui faisaient toujours plaisir : le choc des énormes poulies de bois... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
Nowowak
  16 août 2020

Robert Merle est le plus grand romancier contemporain de littérature populaire en France. "Week-end à Zuydcoote" a légitimement obtenu le prix Goncourt en 1949. En 1952, il écrit l'admirable : "La mort est mon métier", roman historique inspiré de la biographie de Rudolf Höß, commandant du camp de concentration d'Auschwitz. En 1967 est publié : "Un animal doué de raison" : roman de science/politique-fiction sur ce qui sépare l'homme de l'animal. En 1972, paraît l'immense "Malevil" qui conte l'histoire d'une communauté de survivants retranchée dans un château après une guerre nucléaire. Par la suite seront posés sur les rayons d'autres ouvrages tout aussi puissants. C'est un auteur à découvrir de toute urgence.
En 2008, Pierre Merle a publié une volumineuse biographie illustrée d'une vingtaine de photos consacrée à son père. "Une vie de passions" (Éditions de l'Aube). L'ouvrage débute par une question : « Par quelle alchimie de hasard et de nécessité, Robert Merle, ce gosse courant dans les rues d'Alger, est-il devenu un écrivain ? »
Connaissant moins l'auteur que son fiston, ma question sera plus candide : "comment un auteur peut-il mener une carrière aussi variée et écrire des livres aussi passionnants et compétents ?" Robert Merle est un spécialiste de l'Histoire mais également de tout ce qui le guide avec une curiosité débordante. Ici je désire en dire tout le bien que je pense alors que j'ai lu à peine 100 pages sur 700. Sur Babelio et sur mon blog, je n'analyse pas, je n'écris pas des critiques n'ayant pas les connaissances et la prétention pour exercer ce rôle. Je n'y vais jamais avec le dos de la cuillère mais au fond je me contente de livrer un ressenti, une ambiance. N'appartenant pas au genre Homo Patientus, pourquoi attendre la fin ?
Dans "L'île", mon intérêt est éveillé à chaque ligne. Ce roman d'aventures (pas un style que j'affectionne d'habitude, c'est dire) parle de mon quotidien : comment vivre avec le toxique, comment l'éliminer, comment rester léger en toutes circonstances, ignorer la bêtise ? Comment agir comme Purcell, vivre avec les cons (sans les flinguer). Certains en tiennent une sévère couche. Supporter Simon, Mason, Burt ? Quelle belle preuve de tolérance voire de bienveillance. La jeune Ivoa et les Tahitiens appellent joliment les étrangers : "Peritani". Ils sont fatalistes, ils vivent le moment présent, n'aiment pas les conflits. Ils n'ont pas d'orgueil et de goût pour cultiver la rancoeur. Ils représentent la dernière chance d'innocence de l'humanité alors que Mason et ses sbires incarnent l'homme dans son incommensurable et stupide soif de pouvoir, de propriété et d'ego.
Il est impossible de ne pas associer dans ce livre maritime deux chefs d'oeuvre du genre romanesque qui avant lui ont creusé de tels personnages, ont décortiqué leur psychologie. Ces naufragés érigent un monde social dont l'auteur n'exagère ni les travers ni les espoirs. L'humanité dans sa sauvagerie devient vite plus crétine que la morne existence d'un troupeau de buffles (pardonnez-moi les buffles). Je parle bien sûr du livre de Jules Verne : "Les Révoltés de la Bounty" et du livre de William Golding : "Sa Majesté des Mouches".
Ce livre parle admirablement de la mer et de la vie des marins à bord d'un navire. Il est également un rappel à méditer sur le fait que dans une situation de crise et dans un contexte particulier, la violence et la perte de contrôle peuvent surgir à tout moment. Ce "syndrome de la face noire" (terme que j'invente en l'occasion) peut se déclencher chez n'importe quel individu lorsque la convention sociale explose. Sa mauvaise conscience, son génie du mal tapi au fond de lui se réveille. Diable drogué au stress et à l'appétit des pulsions qui fomente de sales coups. Une voix ténébreuse s'empare de votre cerveau, le commande et lui ordonne d'agir en dépit du bon sens. L'instant peut durer deux secondes mais c'est fait, l'acte est commis, irréparable. Cela peut être une gifle donnée par un parent, un simple croche-pied, un mot de trop ou un coup de couteau. Trop tard, le mal est fait.
Nowowak

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LaBiblidOnee
  12 avril 2020
J'ai lu « L'Île » avec délectation l'été dernier durant mes vacances à la mer ; mais emportée par l'indolence contagieuse de la plage, j'ai manqué à mon devoir de vous le présenter. Pourtant ce roman mérite d'être lu et partagé. Alors, même si je ne l'ai pas entre les mains du fait du confinement, je profite de notre huis clos forcé pour vous le suggérer. Inspiré par l'histoire vraie des mutinés du Bounty, l'auteur imagine une suite romanesque pour palier l'incertitude historique. Peut-être cette histoire contribuera-t-elle à votre évasion ; elle a été pour moi un vrai coup de coeur.

Robert Merle nous raconte, avec son talent particulier, une mutinerie en pleine mer, sur un bateau de sa majesté. Pour éviter la pendaison (du fait des meurtres), le reste de l'équipage se met d'accord pour ne pas retourner au pays. Il sera plutôt décidé de chercher une île inoccupée afin de s'y installer. Mais d'une part, il manque désormais du personnel pour bien manoeuvrer le bateau ; et d'autre part, l'équipage est fortement désorganisé, la hiérarchie est mise à mal, et les décisions sont difficiles à prendre. Nos nouveaux amis vont donc faire une brève escale à Tahiti : le lieutenant Purcell y connaît les habitants. Parmi eux, se trouvent des hommes qui voudront bien tenter l'aventure avec les anglais pour s'établir sur un nouveau territoire et y fonder leur famille ; et des femmes, qui acceptent de les suivre pour peupler l'île et aider oeuvrer pour survivre.

Tout ce petit monde embarque et trouve l'île idéale (quel beau moment du livre !). L'aventure peut alors commencer : Nous faisons connaissance avec ce peuple merveilleusement ouvert et tolérant que sont les tahitiens, et notamment les femmes : fortes, indépendantes, autonomes, et menant la danse de la séduction et de l'amour, tout le contraire de ce à quoi sont habitués nos marins. Nous visualisons déjà le rêve insulaire… Mais très vite, des nuages arrivent à l'horizon ; la communauté doit régler des problèmes pratiques pour vivre ensemble : la hiérarchie qui vaut sur le bateau ne valant plus une fois à terre, qui doit diriger ? Doit-on se fier à la loi du plus fort, comme le prônent certains, ou installer un système de décision démocratique comme le soutiennent les autres ? A cela s'ajoute évidemment la question de « la race » et des cultures différentes qui doivent cohabiter : Certains anglais voudraient traiter les tahitiens, nommés « les noirs », comme leurs inférieurs. Mais malgré leur tolérance infinie, ceux-ci finissent par se révolter en bonne et due forme.

Et puis en filigrane, toutes les questions de société apparaissent. Notamment, la religion est totalement différente entre les deux cultures : cette différence crée de magnifiques moments de philosophie pour le lecteur, et des moments assez drôles d'incompréhension mutuel de leurs mondes respectifs, toujours dans le respect. Enfin au départ. Car l'incompréhension crée des tensions ; les différences, au lieu de s'estomper, s'exacerbent. Et d'autres questions enveniment le débat, jusqu'à ce qu'une guerre civile éclate et divise l'île en deux clans, où chacun devra prendre parti. Car cette île a beau être vierge, les hommes ne le sont pas… Alors dans cette île sauvage, ou l'entraide devrait primer pour la survie de tous, il devient vite tentant pour certains blancs de reprendre les travers individualistes et manipulateurs de nos sociétés occidentales. Mais attention, car en matière de vengeance, lorsque la guerre est déclarée, les tahitiens pourraient bien vous surprendre…!

L'idéaliste lieutenant Purcell tentera de résoudre en douceur les questions de justice, de répartition des richesses, des valeurs à partager, etc… Mais y parviendra-t-il ? Doit-on combattre la violence par la violence, est-ce lâche de ne pas le faire ? Comment finira cette aventure, qui a commencé par une mutinerie ? Les hommes, unis par un même secret et surtout des intérêts communs, seront-ils capables de vivre ensemble, ou leur obstination et leurs mesquineries les détruiront-ils ? C'est tout l'enjeu de ce magnifique roman, dans un décor paradisiaque et dépaysant à souhait, propice à l'évasion, où vous trouverez également action, amour et suspense... Pour toutes ces raisons et bien d'autres, il s'agit de mon coup de coeur de l'année dernière, en grande partie grâce aux tahitiens et tahitiennes (des héroïnes très modernes) qui nous vendent du rêve, de la douceur, de la tolérance - mais aussi beaucoup de force et de détermination. A lire !
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Ellane92
  17 novembre 2013
Avec "L'île", Robert Merle imagine et réinvente, sur le postulat de l'histoire des "révoltés du Bounty », les relations interpersonnelles et groupales. J'ai trouvé son postulat de base plutôt pessimiste. Au travers de ce livre, Merle semble nous dire que l'homme, placé dans un contexte favorable à son évolution, ne change pas, ne s'améliore pas. Qu'il s'agisse de Purcell, le héros sans peur et sans reproche, consciencieux jusqu'à la presque niaiserie, Mason, le "Capitaine", qui rêve de mériter ce titre qui lui a échu en conséquence d'un meurtre, ou de Mc Leod, qui voit dans cette nouvelle vie l'occasion de prendre une revanche sur son passé, tous arrivent avec leurs bagages sur cette île, et ne sauront les poser pour construire quelque chose de nouveau.
Au-delà de cette vision un peu pessimiste que je ne partage pas, j'ai trouvé ce roman très agréable à lire, passionnant dans son analyse des rapports humains. Comme l'ont fait remarquer d'autres lecteurs, le langage des Tahitiens est porté par une écriture fleurie et imagée, qui fait voyager. Il nous permet de faire connaissance avec certains de leurs codes, de leurs coutumes, avec leur façon d'appréhender la vie.
Enfin, j'ai trouvé très intéressant le rôle que Merle fait jouer aux Tahitiennes. Elles sont pour moi au coeur de l'ouvrage, et les véritables héroïnes de l'histoire. A la fois frivoles et drôles, intelligentes et naïves, aimantes et haineuses, patientes et travailleuses, elles sont les détentrices d'une espèce de sagesse ancestrale qui tient plus à la connaissance des travers des hommes que d'une divinité quelconque. Je tire donc mon chapeau à Ivoa et à ses compagnes, et surtout à Omaata, dont j'aurais aimé faire la connaissance !
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majero
  20 juin 2016
Fin 18e, sur un voilier anglais parti vers Tahiti éclate une mutinerie. Pour éviter la pendaison, l'équipage, en compagnie de quelque tahitiens et thaitiennes vont tenter de survivre sur une petite île inconnue.
Racisme, égoïsme, fierté, choc des cultures, vont se confronter à l'éthique déontologique de l'idéaliste lieutenant Purcell.
Du début à la fin, Robert Merle maintient un suspense, une intensité dramatique incroyable!
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gill
  11 avril 2012
Robert Merle nous offre ici un formidable roman maritime qui s'inspire de la fuite des mutins de la Bounty à travers le Pacifique à la fin du XVIIIème siècle. Mais il ne livre pas un roman historique, il imagine les personnages et les situations.
Il nous fait appareiller avec le Blossom et partager la tragédie de son équipage et de Purcell...
Cet ouvrage est un grand roman humain et maritime dans la tradition du genre.
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
jecogitejecogite   24 août 2015
Un mince filet de sang s'en échappait.
Purcell resta à le regarder, béant, pendant quelques secondes. Puis il comprit. La crosse avait heurté la pierre qu'il tenait devant son visage, le contre¬-coup avait déclenché la détente, et Timi s'était tué avec son propre fusil. ±
Purcell retourna en titubant au lit de feuilles et s'assit. Au-dessous du trou sanglant qui défonçait le haut de son front, les yeux de Timi paraissaient vivre. Les cils noirs et fournis recouvraient à demi ses prunelles, et celles-ci luisaient dans le coin des paupières, comme si Timi dévisageait Purcell de côté avec insistance. Sa tête et son cou gracile étaient légèrement tournés du côté opposé, ce qui donnait à son regard une coquetterie sournoise. Il n'y avait plus trace de dureté sur son visage et ses lèvres ourlées s'écartaient l'une de l'autre comme si elles esquissaient un sourire enfantin. Purcell remarqua pour la première fois la forme de ses yeux. Ils étaient très beaux. Ils remontaient vers les tempes comme des yeux d'antilope, mais c'étaient les cils, les magnifiques cils noirs, longs et recourbés, qui donnaient au regard ce velouté, cette câlinerie. Comment ces yeux-là avaient fait pour avoir l'air si durs, c'était inexplicable. La vie s'était retirée de Timi et ne lui laissait plus que la douceur qui était en lui et qu'il avait étouffée de son vivant.
Purcell détourna la tête, se leva et un flot de tonte l'envahit. La sauvagerie avec laquelle il s'était jeté sur ce corps! Le cri qu'il avait poussé! Et c'était un cadavre qu'il poignardait! Il lui parut incroyable =qu'il n'eût pas compris plus vite que Timi était mort. Mais il avait tellement raidi sa volonté, avant l'irruption de Timi, qu'il était passé à l'acte par vitesse acquise, en aveugle, comme une machine. C'était affreux et dérisoire, il se sentait presque plus coupable que s'il avait vraiment tué. « C'est ça le meurtre », pensa-t-il, avec une terrible angoisse, Cette mécanique, cet enchaînement. Il s'était fortifié toute sa vie dans le respect de la vie. Et le moment venu, il s'était abattu sur son ennemi en hurlant comme une bête! Il avait enfoncé le couteau des deux mains, ivre de sa victoire, haletant, inondé de plaisir!
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jecogitejecogite   24 août 2015
Il regardait ses amis, il se sentait profondément heureux. Quelle tendresse dans leurs regards! Quel repos dans leurs âmes! 11 pensa, c'est un moment dont je me souviendrai, et d'avoir pensé cela, à l'instant même, une pointe de regret poignant le traversa, comme si le moment qu'il vivait était déjà fini.
— Adamo! dit Mehani avec inquiétude, qu'est-ce que tu as? Tes yeux sont tristes.
Une idée qui est venue, Mehani.
Peritanil Peritani! s'écria Otou en secouant un long doigt devant son nez comme s'il savait depuis longtemps qu'un Peritani était incorrigible. Mange! Mange! Il ne faut pas trop penser avec ta tête!
Purcell sourit et baissa les yeux sur son poisson. Otou avait raison. Pour être vraiment heureux, il fallait être conscient de son bonheur, mais pas trop. Il y avait un point d'équilibre à trouver. Il fallait ruser. Savoir qu'on était heureux, mais pas au point de se le dire.
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JcequejelisJcequejelis   26 février 2012
L'événement qui, à l'origine, inspira ce roman est historique : à la fin du XVIIIéme siècle, quelques mutins du Bounty s'enfuirent de Tahiti, où il eût été trop facile à l'amirauté britannique de les retrouver, et découvrirent en plein Pacifique une petite île déserte et, par la configuration de ses côtes, quasi inaccessibles : Pitcairne. Cet îlot était fertile, et les mutins y auraient vécu heureux jusqu'à la fin de leurs jours s'ils ne s'étaient pas pris de querelle avec les Tahitiens qui les accompagnaient. Britanniques et indigènes se livrèrent alors une lutte sans merci, dont on ne connut les détails que vingt ans plus tard, par le récit, peut-être infidèle, qu'en fit l'unique survivant au Capitaine qui découvrit la petite colonie. (…) De ce rapport assez peu détaillé - source unique - procèdent tous les récits qui depuis, ont prétendu retracer le destin de la petite communauté.

247 - [Folio n° 583, p. 5] Introduction
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AZADIAZADI   07 mai 2016
Ropati avait à peine 10 jours quand on lui donna son premier bain de mer. Il y avait à l'ouest de Blossom bay une étroite calanque, presque fermée du côté de l'océan, et qui pénétrait, en s'élargissant, dans un petit cirque que la falaise en surplomb protégeait des vents. Toujours calme, toujours limpide, le flot y venait mourir, à marée haute, sur une petite plage ocre, fin au pied, délicieux à l'oeil. C'est là que les vahinés se dirigèrent en procession presque solennelle, deux d'entre elles portant un récipient d'eau douce pour rincer le bébé après son bain. Elles entrèrent dans l'océan jusqu'à la poitrine, puis épaule contre épaule, elles dessinèrent un cercle, et étendant les bras dans l'eau, elles joignirent leur main au centre afin de former un bassin de faible profondeur. Ivoa y déposa peu à peu Ropati. Gras onctueux et sensuel, il commença aussitôt à s'ébattre, les murmures pieux des femmes tombant comme des caresses sur son petit corps doré.........
On aurait dit qu'il y avait quelque chose de religieux dans ce premier bain, comme si on fêtait à la fois l'enfant, la maternité et la joie d'exister.
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gillgill   13 avril 2012
Je n'aime pas lire les préfaces et, moins encore, les composer. Et je me dispenserais bien d'écrire celle-ci, si mon entreprise n'appelait quelques éclaircissements.
L'événement qui, à l'origine, inspira ce roman est historique : A la fin du XVIII° siècle, quelques mutins du Bounty s'enfuirent de Tahiti, où il eût été trop facile à l'amirauté britannique de les retrouver, et découvrirent en plein Pacifique une petite île déserte et, par la configuration de ses côtes, quasi inaccessible : Pitcairn.
Cet îlot était fertile, et les mutins y auraient vécu heureux jusqu'à la fin de leurs jours s'ils ne s'étaient pas pris de querelle avec les tahitiens qui les accompagnaient...
(extrait de la préface signée Robert Merle et insérée en début de l'édition parue chez "Folio" en 1974)
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Vidéo de Robert Merle
https://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=64092
Pour que la chirurgie orthopédique ait pu atteindre son degré actuel de fiabilité, il a fallu une organisation hospitalière nouvelle, la création de la spécialité, son enseignement à grande échelle, la pratique d'une délibération collective rigoureuse et honnête de chaque indication opératoire, y associer médecins experts et anesthésistes, exiger une pratique opératoire efficace et applicable par tous, publier les résultats sans masquer les échecs. Tout cela, nous le devons à un assembleur. Robert Merle d'Aubigné est celui auquel les chirurgiens orthopédistes français actuels doivent de pratiquer aujourd'hui.
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