AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2070367754
Éditeur : Gallimard (26/07/1972)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 264 notes)
Résumé :
- ... Enfin, ce qu'on peut dire pour les Anglais, c'est qu'eux au moins, ils embarquent leurs hommes, tandis que du côté français !... En principe, ça se passe à Dunkerque et à Malo, mais jusqu'ici au compte-gouttes et seulement par unités constituées.
Il ajouta au bout d'un moment :
- Ce qui nous exclut, bien entendu.
Il ne se passa rien de notable dans la minute qui suivit. Alexandre avait ses deux grosses mains croisées sur les genoux. Il éta... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
  07 octobre 2015
Il m'a fallu faire un intense effort pour réaliser que "Week-end à Zuydcoote" était bien le premier roman de Robert Merle tant son talent d'écrivain transparaît déjà dans chaque phrase. En fait, j'ai eu l'impression de lire du Steinbeck et je ne m'étonne pas que Robert Merle ait obtenu le Goncourt général à sa parution en 49.
Zuydcoote, Bray-Dunes... charmants ports de pêche entre Dunkerque et la frontière belge... Jolies villes de front de mer avec leurs villas bien soignées aux pignons biscornus et leurs cabines de plage bien alignées. Mais ça, c'était avant... Avant 1940, avant la retraite de l'armée franco-britannique, avant l'invasion allemande ; ça, c'était avant de devenir une nasse à crabes dans laquelle ont été enferrés soldats et artillerie.
Comme son titre l'indique, le récit se déroule sur deux jours, un samedi et un dimanche. le lecteur fait connaissance avec un groupe de quatre soldats, quatre "copains" pris dans le flux désordonné de la retraite, avec un seul espoir, passer la Manche, et une seule certitude, bientôt mourir. Mourir là, sur le sable immaculé des plages, mitraillés par l'un des raids de la Luftwaffe.
"Week-end à Zuydcoote" retrace la tentative de survie de ces quatre hommes, Maillat, Pierson, Alexandre et Dhéry, maillons faibles d'une armée disloquée en fuite, acculée à la mer, sous le feu nourri du bombardement ennemi. Quatre existences enfermées dehors, sous une pluie d'acier.
J'ai beaucoup apprécié cette lecture, j'ai lu le roman d'une traite. Si par la suite Robert Merle développera davantage ses contextes, ses personnages sont quant à eux déjà bien campés, comme ils le seront dans toutes ses autres oeuvres. Son premier roman a clairement annoncé la couleur d'un style talentueux et a prophétisé son parcours dans la cour des grands.

Challenge ATOUT PRIX 2015 - 2016
Challenge de lecture 2015 - le premier roman d'un auteur célèbre
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          668
HORUSFONCK
  16 mars 2019
"Hello, le soleil brille, brille, brille,
Hello, tu reviendras bientôt là bas..."
Robert Merle fait vivre au lecteur cette évacuation des soldats britanniques, dans une débâcle sans nom. Les côtes anglaises sont si proches, et si éloignées en même temps!
Les chasseurs allemands piquent, mitraillent bombardent, et les cadavres se multiplient dans une atmosphère de vacances gâchées; le long de ces plages de sable fin et d'un bord de mers aux villas blanches.
Les soldats français, en rupture de régiment, sont plutôt dans l'impossibilité d'embarquer pour Albion. Ils se regroupent au hasard des popotes . Certains se résignent à attendre d'être fait prisonniers, d'autres tenteront d'embarquer... Certains même de prendre une tenue civile en se faisant passer pour des habitants du coin.
Un week-end qui dure, où l'auteur suit plus particulièrement le sergent Maillat et son retour périodique à la popote où il retrouve Pierson, Dhéry et Alexandre rejoints , un temps, par Pinot et son fusil-mitrailleur.
Week-end à Zuydcoote, un morne épisode de guerre et une lente apocalypse racontée du côté perdant.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          532
Renod
  13 janvier 2017
« Week-end à Zuydcoote ». Avec un tel titre, on pourrait penser que le roman porte sur un séjour dans une station de la mer du Nord... Alors oui, « Il y a le ciel, le soleil et la mer», mais ce week-end se déroule aux heures les plus tragiques de notre Histoire. C'est la « débâcle », les troupes britanniques et françaises, coupées de leurs arrières par l'Armée allemande, sont prises en étau dans la poche de Dunkerque. L'objectif est de rapatrier les soldats en urgence, sous le feu allemand.
Des soldats désarmés et isolés de leur unité s'acheminent en longues files vers la plage dans l'espoir d'être embarqué vers l'Angleterre. La hiérarchie n'est plus écoutée. Les règles ont disparu. Maillart, le personnage principal, déambule au milieu de ce chaos. La guerre se montre nue , dans sa laideur et sa cruauté.
Tout n'est qu'angoisse... Les troupes allemandes sont à dix kilomètres, les obus sifflent et frappent aveuglément, les chasseurs de la Luftwaffe bombardent en piqué en faisant hurler leurs sirènes. Quand ce ne sont pas les Allemands, ce sont les soldats français qui se livrent à des exactions. La mort est partout et peut frapper chacun, à tout moment.
Mais surtout, la guerre est absurde. Maillart fait des rencontres improbables. Une jeune femme reste dans sa maison contre toute logique, malgré les dangers. Des hommes se terrent dans un abri de fortune. Des soldats se résignent à l'incendie de leur navire et ne cherchent pas à s'enfuir.
Face à de tels événements, chacun réagit à sa manière et selon son tempérament. Maillart occupe une roulotte avec plusieurs copains de fortune. le cupide trafique et combine pour obtenir des profits immédiats. le prêtre se recueille et se pose des questions morales. Un soldat héroïque tire sur les Stukas au fusil mitrailleur sans craindre leurs représailles. Un Sétois fait la popote en évoquant les doux souvenirs et les projets familiaux. Et Maillart lui promène son désespoir et subit le spectacle de l'absurdité du monde.
L'évacuation de Dunkerque va revenir à l'ordre du jour cette année avec la sortie prochaine d'une superproduction signée Christopher Nolan : "Dunkerque". On peut déjà imaginer les scènes réalistes et spectaculaires bourrées d'effets spéciaux. Mais « Week-end à Zuydcoote » apporte à ces événement tragiques un regard plein de questionnement philosophique. A mes yeux, ce roman ce situe entre « Kaputt » de Malaparte et « l'Etranger » de Camus. Il y a d'une part des scènes cruelles et morbides, de l'autre ce désarroi de l'homme qui se sent étranger dans un monde et une existence dont il ne saisit plus le sens.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          472
ibon
  23 février 2017
1940. Avec l'avancée des Allemands, des troupe françaises et anglaises sur les plages à l'est de Dunkerque, tentent de fuir par la mer.
Quatre soldats vivent dans une roulotte et se serrent les coudes pour se trouver à manger et un moyen de sauver leur peau. Dans cette période difficile, l'union fait la force et Dhéry l'obèse, Pierson le curé, Alexandre le cuisinier et enfin Maillat l'aventurier illustrent ce qu'est la fraternité et la camaraderie.
Pourtant, ce contexte de guerre met les consciences à rude épreuve. Maillat, toujours en sortie, est le plus exposé. Et c'est avec ses yeux et sa gouaille que l'on découvre en deux jours, comme si on y était, ses moments de bravoure et de faiblesse.
Le premier roman du jeune Robert Merle est un coup de maître. Prix Goncourt en 1949. Au cinéma, Belmondo est inoubliable dans le rôle de Maillat. Si on a vu au moins un extrait, on lit forcément les dialogues avec la voix de Bébel.
Ce livre est inoubliable pour cela et pour la tragédie finale qui est de toute beauté.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          471
Mimeko
  17 mai 2019
A Dunkerque, c'est la débâcle en ce mois de juin 1940... au moment où les files de militaires anglais s'accumulent sur la plage pour être rapatriés par leur armée, un groupe de soldats français tente de survivre et d'échapper aux tirs de l'armée allemande. Quatre soldats au profil différent, qui ne se seraient peut-être pas fréquentés dans la vie civile, entre le prêtre et le combinard, le désabusé un peu amer et le brave type qui pense à sa femme mais qui fantasme sur le moindre jupon.
Au fur et à mesure des situations et des rencontres, c'est la réalité au jour le jour que Robert Merle décrit, le temps d'un weekend, une réalité où chacun essaye de trouver des solutions pour survivre - s'abriter, se nourrir, croire encore à la liberté, garder confiance en l'homme, une réalité qui montre le spectacle de cette humanité confrontée aux situations les plus extrêmes, certains comme les médecins du sanatorium préservant les vies, d'autres se livrant à des exactions, viol, vol, pillages ou se livrant au marché noir.
En alternant moments de calme et de peur, Robert Merle pousse ses personnages et notamment Maillat, un peu dilettante, dans des sentiments extrêmes.Les nombreux dialogues permettent de cerner les personnages et de rendre vivantes les rencontres et ressentir la violence - les personnages sont livrés à eux-mêmes et agissent selon leur personnalité révélant le meilleur comme le pire, évoluant tantôt sous les tirs de l'aviation allemande, tantôt déambulant dans les petites rues où s'alignent les villas cossues...Une alternance de situations qui perturbent Maillat, qui devient le témoin philosophe, entre humour pour mieux se jouer de la réalité et désespoir pour mieux rebondir, qui tente de comprendre et d'affronter l'absurdité de la guerre mais se comportera lui aussi violemment.
Ce premier roman de Robert Merle a été porté à l'écran très fidèlement par Henri Verneuil, impossible d'oublier Jean-Paul Belmondo, Jean-Pierre Marielle ou Pierre Mondy qui y tiennent les rôles principaux.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          340
Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
OlivOliv   01 septembre 2017
— Tu n'es pas un type très gai, au fond.
— Ah ! dit Maillat, et il y a de quoi être très gai, tu trouves ?
D'ailleurs, ajouta-t-il au bout d'un moment, tu te trompes. Avant la guerre, j'étais assez heureux, au contraire. À mon avis, j'étais même très heureux. Sauf à partir de 38, quand j'ai compris que ces cons-là se préparaient à faire de l'Histoire.
— C'est ton histoire aussi. C'est ton époque. Tu n'as pas le droit de te détacher de ton époque.
— Bon Dieu ! s'écria Maillat, mais je ne me détache pas ! Je suis détaché. C'est comme si tu disais à un pédéraste qu'il n'a pas le droit de ne pas aimer les femmes.
— Je ne saisis pas.
— Mais si, et la plupart des gars, au fond, ils pensent comme moi. Au début, ils la trouvent tout à fait stupide, la guerre. Puis petit à petit, ils arrivent à se passionner pour elle comme pour un match de football ou une course cycliste. Ils en deviennent amoureux. Après tout, c'est leur guerre à eux, tu comprends. La vraie, la grande, l'unique — puisqu'ils la font. C'est "la guerre de leur vie", en somme. Voilà comment ils finissent par la voir, la guerre. Moi pas. Pour moi, cette guerre-ci, c'est une guerre comme toutes celles qui l'ont précédée, et toutes celles qui la suivront. Quelle chose d'aussi absurde et dénué de sens qu'une page de dates dans un manuel d'histoire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          111
SpilettSpilett   11 décembre 2017
— Tu serais plus heureux si tu t'intéressais à la guerre.
— Mais bon Dieu ! dit Maillat, c'est ce que je me tue à t'expliquer ! C'est évident que je serais plus heureux, si j'y croyais, à la guerre, et à toutes les raisons qu'on me donne pour la faire. Mais je n'y crois pas, c'est tout. Pour moi, la guerre est absurde. Et pas telle ou telle guerre. Toutes les guerres. Dans l'absolu. Sans exception. Sans régime de faveur. Autrement dit, il n'y a pas de guerre juste, ou de guerre sacrée, ou de guerre pour la cause. Une guerre, par définition, c'est absurde.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          230
Gwen21Gwen21   02 octobre 2015
- Remarque, ajouta-t-il, avant cette putain de guerre, on n'était pas malheureux non plus. On était même heureux, je trouve. On se rendait pas compte. C'est maintenant qu'on s'en aperçoit. Moi et ma femme, mon vieux ! On prenait du bon temps, on se laissait vivre. Et ma femme, tiens, ma femme, des baiseuses comme ma femme, t'en as pas connu beaucoup. Pour tout te dire, c'est moi qui l'avais formée. Mais quand même, une baiseuse comme ma femme, dis donc, ça se rencontre pas souvent. Ah vingt Dieux !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200
gillgill   27 avril 2012
- Les vaches ! répéta l'homme. Quand ils ont demandé ceux qui savaient conduire, j'aurais dû me méfier, je me suis laissé biter comme un bleu. "Vous savez conduire ?" qu'il me dit le pitaine, "bon !" et hop ! il me colle le nez sur un macab, entre deux brancards ! J'en suis devenu tout pâle. "Virrel !" qu'il me dit, le pitaine, "Vous n'allez pas vous dégonfler ! Il s'agissait bien de ça ! Je m'en foutais un peu, du macab ! Il n'y comprenait rien, le pitaine ! Mais entre deux brancards, dis donc ! Comme un bourrin !...
Il lança un coup d'oeil à Maillat.
- Moi, tu comprends, dans le civil, je suis chauffeur de taxi à Paname...
(extrait du premier chapitre "Samedi matin")
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
lecassinlecassin   25 juillet 2012
Sur sa droite, entre deux maisons détruites, Maillat remarqua dans un enclos un cheval mort. Il était étendu les quatre pattes en l'air, le ventre énorme. A quelques mètres de lui, deux autres chevaux se dressaient, immobiles. L'un d'eux était blessé à l'épaule. L'autre se tenait près de lui, croupe contre croupe, et de temps en temps lui léchait sa blessure. Tout à coup le cheval blessé leva la tête comme s'il allait se mettre à hennir. Sa gueule s'entrouvrit, mais aucun son ne sortit. Il agita alors la tête de droite à gauche, et Maillat vit dans un éclair ses yeux tristes et doux se poser sur lui. De nouveau, le cheval blessé leva la tête, puis il recula d'un pas, posa son museau sur l'encolure de son compagnon et ferma les yeux. Il resta ainsi quelques secondes, dans une attitude indéfinissable de lassitude et de tendresse. Ses pattes de derrière n'arrêtaient pas de trembler.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
Videos de Robert Merle (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Robert Merle
Emission à découvrir sur : https://www.web-tv-culture.com/emission/olivier-merle-libre-d-aimer-51368.html
Vivre en Auvergne, au pays des volcans, c?est le choix fait par Olivier Merle, géologue et enseignant à l?Université de Grenoble. Mais l?écriture est l?autre passion d?Olivier Merle. On ne s?en étonnera pas en rappelant qu?il est le fils de Robert Merle, prix Goncourt 1949 pour « Week-end à Zuydcot » mais à qui l?on doit aussi « Malevil » ou la série « Fortune de France ». C?est auprès de ce grand auteur qu?Olivier Merle grandit. On comprend dès lors son goût de l?écriture et de l?histoire. Après un premier roman jeunesse en 2003, Olivier Merle se fait une place en librairie à partir de 2009, récoltant plusieurs prix. « Electropolis », « le fils de l?homme » ou « La méduse » font partie de ses précédents titres. Avec ce nouveau roman « Libre d?aimer », nous voici en France occupée. Nous sommes à Paris en 1942. La jeune Esther 20 ans, issue d?une modeste famille juive, se retrouve seule après l?arrestation de ses parents. Désemparée, elle croise le chemin de Thérèse, de dix ans son aîné, mariée à un riche commerçant trafiquant avec les allemands. L?histoire d?amitié entre les deux femmes se transforme rapidement en histoire d?amour. Abordant avec sensibilité et pudeur le thème de l?homosexualité féminine, Olivier Merle entraine le lecteur dans ce Paris des années 40, entre restrictions et marché noir. Entre suspicions et délations, nous suivons Esther et Thérèse dans les cabarets où se retrouvent les garçonnes, condamnées par la bien-pensance de la France de Vichy. Enfin, quittant la capitale occupée, nous voici en Bretagne, à Dinard, où pensant échapper aux préjugés et aux violences d?un mari jaloux, nos deux héroïnes devront affronter les bombes des armées alliées. Voilà un livre au grand souffle romanesque, avec une intrigue bien ficelée, une tension allant crescendo et des personnages bien campés. A la fois roman d?aventure et roman historique, ce nouveau livre d?Olivier Merle est surtout une grande et belle histoire d?amour et un précieux témoignage sur le combat des femmes pour leur liberté. « Libre d?aimer » d?Olivier Merle est publié aux éditions XO.
+ Lire la suite
autres livres classés : seconde guerre mondialeVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Connaissez vous les romans de Robert Merle ?

Roman historique lauréat du prix Goncourt publié en 1949 racontant la retraite d'un groupe de soldats français lors de la défaite franco-britannique lors de la seconde guerre mondiale. Mon titre est "week-end

chez ma mère'
à Deauville'
à Zuydcoote'
en amoureux

8 questions
50 lecteurs ont répondu
Thème : Robert MerleCréer un quiz sur ce livre
.. ..