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Farouk Mardam-Bey (Autre)Richard Jacquemond (Traducteur)
EAN : 9782330149406
288 pages
Éditeur : Actes Sud (14/04/2021)
4.38/5   4 notes
Résumé :
Une jeune écrivaine égyptienne, Enayat El-Zayyat, s’est donné la mort en 1963, et personne ne se rappelle plus de son seul et unique roman, «L’Amour et le Silence», publié en 1967. Plus de quarante ans plus tard, Iman Mersal l’a lu et, intriguée par le suicide de son auteure, a mené une longue et minutieuse enquête pour reconstituer son histoire. Un livre inclassable, entre la biographie, l’enquête historique et journalistique ou encore l’essai, superbement écrit pa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
traversay
  20 juin 2021
Une jeune écrivaine égyptienne, Enayat Zayyat, s'est donné la mort en 1963, et personne ne se rappelle plus de son seul et unique roman, L'Amour et le Silence, publié en 1967. La lecture de ce livre, qui avait été refusé par les éditeurs de son vivant, a incité Iman Mersal, poétesse égyptienne installée au Canada, a en savoir plus sur son autrice par le biais d'une enquête au long cours qui a débouché sur la publication de Sur les traces d'Enayat Zayyat. Ce n'est pas une biographie mais un livre un peu à la manière d'un Emmanuel Carrère ou d'un Javier Cercas, qui ressemble en définitive à un puzzle auquel il manquera toujours quelques pièces, notamment une principale concernant les raisons du suicide de cette femme de 26 ans, mère et séparée de son mari après un long et douloureux processus. Partie de rien, ou presque, Iman Mersal remonte le temps en recueillant toutes sortes d'écrits au sujet de son héroïne et de témoignages, en particulier de sa meilleure amie, la célèbre actrice Nadia Lutfi. A mesure que le portrait d'Enayat se précise, jusqu'à un certain point, c'est aussi une époque qui reprend vie, aux alentours de 1960 dans l'Égypte de Nasser dans une société prétendument "libérée" mais où la place des femmes dans l'art et plus largement dans la société obéit plus que jamais à des lois patriarcales. le livre est souvent passionnant pour ses aspects sociologique et "policier" mais il est aussi riche de digressions qui parleront plus difficilement aux profanes en matière d'histoire et d'organisation sociale de l'Égypte. Et puis, finalement, Sur les traces d'Enayat Zayyat donne très envie de lire L'amour et le silence, oeuvre posthume et unique d'une inconnue qui ne l'est plus, désormais.
Lien : https://cin-phile-m-----tait..
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Tu_vas_voir_ce_que_tu_vas_lire
  23 août 2021
Qui était Enayat Zayyat ? de cette autrice égyptienne, la poétesse et universitaire Iman Mersal ne connaissait que son unique roman « L'amour et le Silence », publié en 1967, quatre ans après sa mort. Touchée par son écriture sensible, Iman Mersal souhaite en savoir plus sur cette jeune femme et comprendre pourquoi elle s'est donné la mort à seulement vingt-six ans. À l'aide de témoignages de proches et d'amies d'Enayat, dont l'actrice Nadia Lutfi, d'archives publiques et privées ou de journaux intimes, l'autrice mène cette enquête pendant plusieurs années. Petit à petit, nous découvrons l'histoire d'Enayat, son enfance et son éducation à l'école allemande, son mariage malheureux, et ses aspirations d'écriture.
Plus qu'une biographie, c'est l'histoire d'une recherche patiente et minutieuse, au fil des sources, pour reconstituer la vie d'une femme. Iman Mersal nous fait parcourir les rues du Caire, à la recherche d'une place, d'une tombe ou d'un centre d'archives, et nous plonge dans la vie politique, sociale et culturelle de l'Egypte des années 1950 et 60. L'autrice parvient parfaitement à réhabiliter la vie et l'oeuvre de sa consoeur et il est souvent touchant de voir, au fil des pages, des photos de la jeune Enayat, souriante.
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Citations et extraits (90) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   11 juin 2021
Qu’une femme se donne la mort – une femme jeune, qui avait un fils, un père,
une amie – pour un livre était une véritable tragédie,mais c’était une tragédie fascinante. Je me la représentais aux prises avec la grammaire arabe, essayant de mettre tout ce qu’elle voulait dire dans un roman, refusant de le publier à compte d’auteur. Elle ressemblait à son
héroïne Nagla, mais la quête d’identité de Nagla dans le travail, l’amour et la conscience politique s’était achevée dans l’espoir, avec la révolution de Juillet et les chars dans les rues où “l’aube commençait à se lever”, tandis que la quête artistique d’Enayat s’était achevée dans le désespoir ; Dar al-Qawmiyya, une des créations de la révolution de Juillet dans le domaine culturel, l’avait rejetée. Je me représentais Enayat en héroïne de son théâtre intime ; l’écriture était son identité, sa seule voie dans la quête de sens : le refus du roman équivalait à mettre en cause cette identité, à anéantir ce sens.Je me demandai si Mansour avait ressenti quelque culpabilité. Mais après tout, elle ne lui avait pas donné son roman une fois achevé, pas plus qu’elle ne lui avait demandé son aide pour le publier ni n’avait eu recours à lui quand Dar al-Qawmiyya l’avait refusé. Elle avait donc décidé de se passer de ses services.
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rkhettaouirkhettaoui   20 juin 2021
Tout n’était pas noir pour autant. Les malades étaient correctement nourris, et les infirmiers toujours de bonne humeur – il est vrai qu’aucune loi n’établissait leur responsabilité en cas de décès accidentel ou de grossesse
illégitime. En somme, Warnock transforma tout en quelque vingt-six ans ; il commença par faire appel à quinze Égyptiens de l’hôpital militaire et fixer de nombreuses règles, y compris pour sanctionner les infirmiers
en cas de négligence ; il fit engager une sage-femme pour aider les aliénées victimes de grossesses non désirées ;il interdit aux patients les sorties en vue de solliciter la
bénédiction des saints, car ils en profitaient pour fuguer ou commettre des actes indécents sur la voie publique.
Il fit construire une aile pour les femmes à la place des écuries, une cuisine, un four à pain, une buanderie, des allées ombragées pour la promenade où il fit planter de nombreux arbres ; il fit refaire le système de canalisations ; il répartit les malades en six quartiers en fonction de la gravité de leur cas ; il mit au point un système de formation pour ceux qui étaient appelés à quitter l’hôpital afin qu’ils apprennent à réaliser quelques travaux
simples.
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rkhettaouirkhettaoui   20 juin 2021
Dans les comptes
rendus qu’il envoyait à la revue scientifique Brain à
Londres, il estime que plus de 30 % des cas de folie qu’il
a observés sont causés par le haschisch chez l’homme et
par le sexe chez la femme35. Tout cela fit de lui une autorité consultée par les occupants français de l’Afrique
du Nord comme par ses compatriotes basés en Inde
ou en Extrême-Orient. Beniamin Behman n’était pas
convaincu par ces théories. Il n’appréciait guère non
plus le règlement intérieur mis en place par Warnock à
Abbasseya comme à l’hôpital de Khanka, fondé par ce
dernier en 1911, qui traitait différemment les malades
en fonction de leur degré de proximité par rapport à
la civilisation : il y avait un règlement pour les sujets
britanniques, un autre pour les Égyptiens de la classe
supérieure, un troisième pour les Égyptiens fonctionnaires
et un quatrième pour les pauvres ; en outre, les moyens
de l’hôpital, malgré tous les efforts, restaient sans comparaison avec ce qu’il avait vu en Angleterre.Beniamin Behman réalisa son rêve : il ouvrit une clinique psychiatrique de niveau international, où il établit
une formation à la psychiatrie en coopération avec l’université de Durham.
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rkhettaouirkhettaoui   20 juin 2021
Elle est renfermée sur elle-même, ne partage pas les repas et les rafraîchissements avec son mari et ses amis quand ceux-ci lui rendent visite en compagnie de leurs familles respectables ; elle refuse de partager le
lit conjugal et s’enferme dans sa chambre, interdisant à son mari ce que Dieu a rendu licite pour lui ; le tribunal infère de la lettre envoyée par l’Institut archéologique allemand à Zamalek, à l’adresse de la sœur aînée
de la demanderesse, rue Shagaret-el-Dorr à Zamalek, afin que son mari n’en ait pas connaissance, que celle-ci désirait travailler contre la volonté de son mari et sans son accord, du fait qu’il dispose d’un revenu suffisant pour lui assurer une vie confortable sans qu’elle ait besoin de travailler, du fait de la présence d’un enfant qui a besoin qu’elle s’y consacre entièrement, et du fait sue ce travail est incompatible avec les us et coutumes
de la haute société à laquelle appartient son mari et dans laquelle il a été éduqué, tout ceci ayant provoqué le conflit à la suite duquel la plaignante a quitté le domicile conjugal...
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rkhettaouirkhettaoui   20 juin 2021
C’est après que j’ai présenté Je veux une solution que le gouvernement égyptien a eu l’idée d’introduire quelques modifications dans le droit du
statut personnel. C’était la première œuvre dramatique
qui traite de la question du khul‘, qui a été passée sous silence pendant quatorze siècles, parce que le khul‘ est mentionné dans le Coran, et c’est moi qui ai attiré l’attention là-dessus .
Cette loi a sauvé de très nombreuses femmes, dont celle qui a inspiré le film et qui avait passé douze années de sa vie dans les tribunaux. Parce que
le film est basé sur une histoire vraie. Avoir été à l’origine d’une réforme du code du statut personnel est ma plus grande fierté.Hosn Shah a raconté dans plus d’une interview comment elle est passée du journalisme à l’écriture filmique grâce à Faten Hamama, qui était sa camarade de lycée. C’est Faten qui lui avait proposé qu’elles fassent
ensemble un film sur le code du statut personnel, en particulier les procédures de divorce qu’on fait traîner à dessein et le bayt al-ta‘a, la “maison d’obéissance”.
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