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ISBN : 2246813123
Éditeur : Grasset (10/01/2018)

Note moyenne : 3.22/5 (sur 9 notes)
Résumé :
«  C'est alors qu'un feu d'artifice a explosé dans ma tête. Ce n'était pas du feu que je voyais, c'était du sang en train de couler à l'intérieur de mon œil. Le sang le plus émouvant que j'aie vu de toute ma vie. Le plus inouï. Le plus effrayant.  »Avec Ignacio et quelques amis, Lina se trouve à une soirée lorsque survient la catastrophe qu'elle redoutait depuis longtemps. Son ophtalmologue lui annonce qu'elle devra attendre plusieurs semaines avant de pouvoir subir... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  14 février 2018
Lorsque arrive l'accident, elle est à une fête à Roosevelt Island, à NewYork.
L'écrivaine chilienne Lina Meruane, diabétique, est frappée de cécité quand éclate des veines dans ses yeux. Un sujet de fond, qui m'est profondément désagréable, mais dont je me suis laissée séduire, faute de ma faiblesse pour les auteurs sud-américains....
L'auteur, partant d'un fait autobiographique, glisse peu à peu dans la fiction,
utilisant son propre nom comme le pseudonyme de l'écrivaine du livre, dont le vrai nom "de fiction" est Lucina, un mot qui évoque la lumière en espagnol. Elle nous entraîne dans une spirale d'émotions déclenchées par l'accident, dans son contexte privée et sociale. Vu le sujet, plus qu'une spirale, c'est une tornade, un cyclone.....Munie “d'un troisième oeil” de lynx, elle démantèle avec une sensibilité et lucidité hallucinatoire la mécanique émotionnelle et physique de son état de cécité, d'où de dépendance, face à celle de son entourage proche, compagnon, famille et amis. Un état qui déclenche aussi la question d'amour inconditionnel dû au handicap, dont Meruane en décortique l'aspect problématique. L'handicap source d'une solitude infinie, "Je me sens terriblement seul"........

Parti d'un événement trés dense, un rythme trépidant, qu'elle arrive à
maintenir avec brio jusqu'à une fin........grâce à la forme; de courts chapitres avec
chacun sa propre densité et énergie. Un long et violent poème en prose, un très
beau texte, fort et sensuel, qui m'a éblouie et confirme encore une fois ma
confiance en les auteurs sud-américains.
Je remercie les éditions Grasset et Netgalley pour l'envoie de ce beau livre.
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coquinnette1974
  20 janvier 2018
Un regard de sang est un roman découvert grâce aux éditions Grasset et à net galley.
Nous avons là un très joli livre.
Lina, la narratrice, est en train de perdre la vue. Elle a l'impression que du sang s'écoule de ses yeux, et elle a donc l'impression d'avoir un regard de sang.
Son entourage ne se rend pas compte de ce qu'elle voit, mais elle si, et elle nous narre sa peur, son ressenti...
La jeune femme va devoir attendre avant de se faire opérer et elle va aller se reposer, sur les traces de son enfance, et guider Ignacio, qui l'accompagne, dans cette ville devenue floue à ses yeux...
L'écriture est belle, bravo à la traduction, car on ressent bien les émotions de la narratrice. C'est prenant, et on vibre avec elle.
Un regard de sang n'est pas un coup de cœur mais j'ai apprécié de découvrir Lina Meruane et son premier roman, très réussi, et très touchant.
Je vous le recommande, et je lui mets quatre étoiles :)
Commenter  J’apprécie          190
mariemaya
  09 janvier 2018
Une accroche intrigante qui m'a donnée l'envie de découvrir ce nouveau roman de Lina Meruane, auteure dont j'ai eu de très bons échos pour ses précédents romans.
A la lecture des premières pages, j'entendais déjà la chaleur, la musicalité latine se dégager de son écrit, bravo à la traduction au passage (Serge Mestre). Je ne sais si vous avez vu « Frida » interprétée par Salma Hayek, c'est la beauté de cet accent que Lina prenait (la protagoniste de l'histoire porte le nom de l'auteure), d'ailleurs ce personnage vit un drame d'une intensité similaire.
Perdre la vue à 20 30 40 ans est une épreuve bien plus délicate que de naître aveugle, lorsque tu nés aveugle tu grandis en n'ayant pas d'autres choix que d'accepter ce fait, tu grandis en développant d'autres sens pour assimiler le monde, le sentir, l'appréhender, le comprendre. Mais à 20 30 40 ans, le chemin est tout autre, tu as déjà vu et appréhendé le monde au travers de tes yeux, voilà ce que Lina tente de nous faire percevoir.
Perdre ses yeux, son regard, revient à perdre le sens de la vie, perdre un souffle, son âme, une partie de soi. Mais Lina espère, elle espère la disparition de ce voile flou qui l'aspire vers des tréfonds obscurs. Voile né des suites de son diabète.
Les autres, Ignacio, sa famille lorsqu'ils la regardent ne peuvent se douter du sinistre drame qui se joue en elle. Lina souffre du décalage qui grandit assumant difficilement cette perte de sens. Au début, elle n'ose vraiment l'exprimer, elle ne veut pas déranger supportant difficilement l'inquiétude, la pitié, l'infantilisation qui peut l'entourer alors, mais la noyade est si rapide qu'il ne lui reste d'autre choix que de s'affirmer, de crier pour aspirer du soutien, de l'aide, de la compréhension tout en s'armant d'humour pour supporter les pressions de son entourage.
Et ce médecin, Lekz, en qui elle place tant de confiance lui donnera t il droit à cette délivrance, à ce retour à la « normale » ? Et si l'opération si délicate ne fonctionne pas, qu'en sera-t-il de son existence ? La transplantation Lina se trouve toute disposer à la vivre, vivre avec les yeux d'un autre…mais le docteur s'y refuse.
Les yeux sont le reflet de l'âme, un bout externe du cerveau où réside la conscience de l'être…la médecine ne semble pas prête à faire fi de cette croyance, Lina, elle est prête à tout pour vaincre l'obscurité.
Au-delà, de ce plongeon dans le noir, Lina nous éclaire des échos de sa vie, de la difficulté du système de santé aux états unis lorsque les soins sont à délivrés mais que l'assurance ne suit pas, de son pays le Chili, de sa famille avec qui les relations sont complexes entre infantilisation, effet méduse d'une mère égocentrique et d'un père absorbé par son métier, de son amour Ignacio qui tente de rester si droit auprès d'elle pour la soutenir, amour qu'elle n'a de cesse de tester et dont elle perçoit toute la grandeur et difficulté du sacrifice. Entre Manhattan et Santiago du Chili nous sommes invités à prendre part à un voyage fait de senteurs, de sons, de coups, d'entraves, d'émotions, de nouveaux départs, d'espoir. Personnage isolé dans sa douleur en quête de délivrance, Lina est tout à la fois extraordinairement forte et fragile, ivre d'une vie qu'elle fantasme pour ne pas voir, pour ne plus voir, le noir qui l'habite, la ronge, la grignote.
La fin est surprenante, dégoulinante de cet espoir-désespoir d'une renaissance, d'un retour à la vie quitte à commettre l'irréparable, cri de douleur en suspend devant la réalité abjecte de sa situation, auquel on ne s'attend pas.
Une question reste et je me fais curieuse de découvrir vos réponses : quel est le parallèle entre la protagoniste portant un pseudonyme (auteure, universitaire,journaliste, originaire du Chili…) du même nom que sa créatrice (auteure, universitaire, professeure, originaire du Chili) dans ce voyage autour de la perte de la vue, du voile qui se pose sur ses yeux, y en a-t-il réellement un, quelle est cette relation qui se mélange et se défait entre le personnage et l'écrivaine ? Une autre lecture est possible faisant de ce roman une oeuvre semi-autobiographique.
L'auteure, Lina Meruane a la grandeur de plume d'une Isabelle Allende, deux univers différents habités par le fantasque et la nostalgie de leurs pays respectifs plein de cette musicalité qui raisonne des accents latinos au travers de leurs écritures, un bonheur à chaque lecture éclairant leurs histoires parfois dramatiques ou bouleversantes de cette lumière unique. A l'instar d'Allende les femmes (ici Lina) sont fortes, battantes, menant lutte pour asseoir leurs existences dans une société qui les pousse à se dépasser. Une auteure époustouflante que je prendrai plaisir à lire à nouveau. Merci aux éditions Grasset pour cette lecture !
Lien : https://dreamlittlebirdsadoa..
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traversay
  31 janvier 2018
Il y a bien précisé "roman" à la troisième page du premier livre de la chilienne Lina Meruane. Pourtant, il semble qu'Un regard de sang soit semi-autobiographique et sa forme, par ailleurs, le rapprocherait davantage du carnet intime que de la fiction pure. En tous cas, ce parti pris de réalisme dans la description d'une femme menacée de devenir aveugle et en attente d'une opération est terriblement éprouvant. Pourquoi ? Tout simplement parce que chaque page est saturée d'anxiété et de terreur quant au sort de la narratrice (appelée également Lina Meruane, d'où cette impression renforcée d'autofiction). Entre son compagnon à New York et sa famille à Santiago du Chili, Lina Meruane navigue à moitié dans le flou d'un environnement qu'elle ne peut qu'imaginer dans ses souvenirs. le style du roman est âpre et rugueux, jamais facile, avec des dialogues qui s'intègrent dans le texte, sans guillemets ni sauts à la ligne. Harassant ! A perte de vue, ce livre provoque un certain malaise par son luxe de détails épidermiques et son évocation sans fard d'une maladie qui remet en cause jusqu'à la motivation de continuer à vivre. le soulagement ne vient qu'une fois le livre terminé avec le passage obligé à un ouvrage, disons plus léger.
Lien : https://cin-phile-m-----tait..
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Bogusia
  11 février 2018
Lucina dite Lina vit avec Ignacio à New York. Ancienne journaliste écartée du métier car jugée pas suffisamment objective, elle se consacre à l'écriture des romans. le couple vient de déménager mais de graves problèmes de vue ne permettent pas à Lina d'envisager un avenir serein. Son oeil droit a subi une hémorragie et le médecin d'origine russe décide de tenter l'opération bloquant les veines pour empêcher la cécité. En attendant l'intervention, la jeune femme retourne au Chili, son pays natal, pour passer du temps auprès de sa famille…
Dans un style particulier, l'auteure retrace la vie d'une femme forte qui garde l'espoir dans une situation quasi désespérée, pendant que son entourage proche reste sceptique. Elle sait préserver la liberté de choix de son ophtalmologue (ses parents, eux-mêmes médecins, lui suggèrent une opération à Santiago), quitte à entrer en conflit avec sa mère envahissante. Par son monologue intérieur, elle exprime son angoisse et la pression ressentie au moment de l'opération : des phrases haletantes, des répétitions s'ajoutent au chaos de ses pensées et montent en crescendo jusqu'au résultat de l'opération.
Dans cette attente incroyable, les sentiments familiaux et propres au couples seront mis à l'épreuve…

Une lecture difficile et éprouvante mais très touchante.
Je remercie l'éditeur et NetGalley pour cette découverte marquante.
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critiques presse (1)
LeMonde   17 janvier 2018
Une jeune femme que la cécité menace se révolte contre l’apitoiement des siens. Fort récit de la Chilienne Lina Meruane.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (1) Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   13 février 2018
Comment ça s’est passé ? lui dis-je à moitié endormie et comprenant qu’il dramatisait son rhume léger. Tu m’as manqué, répondit-il en prenant une voix d’oiseau déplumé sur les glaciers du pôle Sud.
Commenter  J’apprécie          350
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