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Eric Dussert (Préfacier, etc.)
EAN : 9782916141183
195 pages
Éditeur : L'Arbre vengeur (20/09/2007)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 77 notes)
Résumé :
Bien sûr, cela fait des décennies que la littérature nous annonce l'anéantissement de la race humaine, notre capacité à nous détruire ne se discutant plus. Beaucoup de livres pour un sujet aussi crucial, mais dans le lot peu de chefs-d'œuvre... Quinzinzinzili, ce roman au titre improbable, est pourtant de ceux-là, ses rares lecteurs n'en démordent pas, qui s'étonnent toujours de son ironie visionnaire, de son pessimisme halluciné et de ses trouvailles géniales. Publ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
Dionysos89
  02 décembre 2013
Quinzinzinzili ! En voilà un titre qui dépote. Et personnellement, je prononce toutes les lettres, histoire de faire authentique. Mais qu'est-ce donc que cet O.V.N.I. ?
Grâce à Verdorie, j'ai pu découvrir non seulement une maison d'édition trop peu connue, L'Arbre vengeur, mais également un roman de science-fiction française des années 1930 (exactement comme je les aime !), et surtout une immense frange de la littérature française qui s'ouvre maintenant à moi. Dans le même genre, j'avais adoré L'oeil du purgatoire, de Jacques Spitz, mais pourquoi aimer une telle vieille science-fiction française ? Je dirais que c'est avant tout l'aspect introspectif qui me parle totalement, au plus profond de moi-même. Cette façon de creuser la psychologie humaine au plus profond me touche toujours, immanquablement.
La présente édition avec son avant-propos des plus inspirants met le lecteur dans les meilleures dispositions pour apprécier cet ouvrage. Éclairage sur la biographie de l'auteur, analyse en amont des enjeux du récit, Éric Dussert nous sert une préface intéressante et nécessaire qui est complétée comme il faut par l'avant-propos de l'édition originale de 1935 et quelques autres documents annexes.
Mais alors, damned, que nous raconte Quinzinzinzili ? L'histoire d'un homme seul face à la totale déchéance de son monde et à la création du suivant. Rien que ça. Dès 1935, Régis Messac prédit une Deuxième Guerre mondiale qui détruira, avec force explosions et changements climatiques, notre bonne vieille civilisation. Point besoin de s'appesantir sur cet état de fait, car pour l'auteur, là n'est pas l'essentiel. le plus important est de réaliser, en compagnie du personnage principal, que quand tout part à vau-l'eau, il n'y a définitivement rien à faire.
Encore une belle découverte signée L'Arbre vengeur, il faut dire que cette forme de science-fiction paraît simple, mais se révèle toujours aussi profonde émotionnellement sur notre fin à tous. Et quand vous saurez de quelle expression provient ce « Quinzinzinzili »…
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Verdorie
  15 juin 2015
Faire du rangement dans de vieux papiers permet parfois de tomber sur des affaires qu'on croyait perdu...comme mes notes sur ce petit roman que j'avais réellement apprécié il y a quelques années.
Un livre de SF post-apocalyptique, paru en 1935, considéré comme une contre-utopie aussi bien qu'une critique sociale acerbe par un auteur qui était fondamentalement anti-Homme, anti-civilisation et anti-religion. Messac, militant pacifiste et laïque, n'était pas un optimiste et encore moins un visionnaire... mais il a su capter le vent qui changeait de direction dans l'Europe d'avant la 2ème guerre mondiale.
Parce que "Quinzinzinzili" se situe dans un monde après cette guerre... Guerre dans laquelle un gaz mortel à rapidement tué la population planétaire... sauf Gérard Dumaurier et un groupe d'enfants qui se trouvaient à l'abri dans une caverne au moment des bombardements.
Et il s'avère très vite qu'ils sembleraient être les derniers spécimens vivants de l'Humanité.
Gérard, le narrateur et seul adulte, aurait pu alors prendre les enfants en charge pour les guider, les éduquer, afin de reconstruire ensemble une petite communauté. Or, sujet à une profonde dépression, il rejette toute responsabilité et décline... Mis à l'écart par les jeunes, il se pose comme observateur qui comprend de moins en moins cette tribu qui, au fil du temps, va lui devenir complètement étrangère.
Les enfants deviennent "sauvages" : sans repères, ni exemples, ils oublient l'éducation reçue, leur langage se dégrade, une lutte pour le pouvoir et la possession de la seule femelle du groupe s'instaure... (Oui, on pense naturellement à "Sa majesté des mouches", écrit une vingtaine d'années plus tard). En même temps, ils trouvent un certain apaisement dans la dévotion pour leur nouveau dieu : Quinzinzinzili... déformation langagière de "qui es in coelis" du Pater Noster (prière que beaucoup de petits chrétiens en 1935 savaient réciter par cœur dès cinq ou six ans !)
La plupart des textes de Régis Messac sont d'un grand pessimisme et sans espoir. Ce petit ouvrage dans lequel l'auteur exprime ses opinions quant à la mentalité de l'homme et la bêtification par la religion, ne fait pas exception.
Un récit dystopique à éviter les jours maussades mais à lire absolument afin de faire connaissance avec un auteur français trop longtemps méconnu et presque oublié...
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Foxfire
  04 juin 2019
Cela fait longtemps que je veux découvrir Régis Messac. Il y a quelques mois mon mari avait lu « Valcrétin » et s'il avait plutôt apprécié cette lecture il lui avait tout de même trouvé pas mal de défauts et avait été un peu déçu (peut-être en attendait-il trop). du coup, je me suis dirigée vers l'autre titre culte de Messac, « Quinzinzinzili ». Grand bien m'en a pris, j'ai adoré ce roman.
Ce qui frappe en premier lieu à la lecture de « Quinzinzinzili » c'est la lucidité de l'auteur, lucidité sur le monde et sur l'Homme. Messac a indéniablement une lecture du monde d'alors assez juste. Ecrit en 1935, le roman évoque une 2ème Guerre Mondiale dans laquelle les Japonais s'allient aux Allemands et les Américains aux Soviétiques, conflit mondial qui s'achève sur un cataclysme qui détruit toute civilisation. S'ensuit un récit post-apocalyptique très particulier. L'humanité n'est pas totalement détruite, un homme a survécu, Gérard, ainsi qu'un petit groupe de gamins. Très vite, les enfants, qui n'ont pas encore été façonnés par la société, retrouvent un côté assez primitif. Même le langage, déformé, dégradé, devient une autre langue, à l'image de cette nouvelle société (peut-être même un nouvel Homme) qui apparait peu à peu et que Gérard, le seul adulte et le seul à vraiment se souvenir de façon précise du monde d'avant, observe et décrit.
Le récit est plutôt pessimiste, Messac ne croit pas beaucoup en l'Homme. Guère étonnant pour quelqu'un qui a connu le front en 14 et qui pressent la folie qui se prépare. Paradoxalement, malgré son pessimisme le roman est souvent drôle, l'auteur y déploie un humour mordant. Malgré la noirceur du propos, j'ai souvent ri lors de ma lecture.
« Quinzinzinzili » bénéficie également de la formidable écriture de Messac. L'auteur a du style et il joue avec la langue de façon assez réjouissante, l'écriture est fluide et percutante, c'est un vrai bonheur de lecture.
Très court, « Quinzinzinzili » est un petit bijou d'une force et d'une intensité rare, le genre de livres qui marque. Même si je doute que ces autres textes aient le même impact, je compte bien lire d'autres livres de cet auteur, à commencer par « Valcrétin ».
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Masa
  29 juin 2017
Ce livre est une découverte Babelio. C'est en recherchant des récits post-apocalyptique que je suis tombé tout à fait par hasard sur la fiche de Quinzinzinzili. Les notes et les critiques pertinentes m'ont convaincu de rechercher activement ce roman. J'ignorai jusque-là qu'il existait une réédition plus récente. C'est donc ainsi que j'ai entre mes mains celle de l'Édition Jean-Claude Lattès (édition “Spéciale”) de 1972 à la couverture psychédélique de Lamy.
Quinzinzinzili, en voilà un titre formidable, et dire que l'éditeur de l'époque voulait que Régis Messac change son titre ! Il faut dire que Régis Messac était un précurseur. C'est d'ailleurs grâce au magnifique édito signé Ralph Messac – fils de l'auteur suscité –, que l'on apprend plein de choses. Ainsi, Régis Messac a été déporté et décédé dans un camp de concentration en Allemagne, victime d'un régime totalitaire et barbare.
J'apprends, via la page qu'il lui est consacré par Wikipédia, que Régis Messac était un pacifiste convaincu et socialiste. Un intellectuel qui s'est imposé jusqu'à s'interposer entre les officiers allemands et les prisonniers du camp.
Le début m'a un peu fait penser aux anciens romans tels que « La guerre des mouches » ou bien encore « La guerre des salamandres ». le récit s'appuie, en quelque sorte, sur quelques articles, mais aussi sur une reconstitution des armées. Il est intéressant de constater, que Quinzinzinzili fut écrit en 1935 et déjà Régis Messac voyait une Seconde Guerre mondiale éclater. D'un côté le bloc occidentale avec l'Europe divisée et de l'autre l'orient avec un conflit asiatique et Russe. Bien évidemment, entre les faits décrit par l'auteur et la réalité, des choses sont différentes, mais d'autres se sont réalisées, comme l'attaque des japonais avec leur aviation, non pas sur Honolulu (comme décrit ici), mais à Pearl Harbor.
Une fois que le conflit s'est déclenché, le monde a sombré dans l'apocalypse totale en éradiquant presque l'humanité. Des gaz et un raz-de-marée gigantesque ont provoqué des génocides.
Deux hommes – dont Gérard Dumaurier, le narrateur, – sont les seuls rescapés en compagnie d'une douzaine d'enfants.
Gérard Dumaurier est le dernier homme civilisé sur terre. Il est déprimant, asocial, misopède, arrogant. Il passe son temps à observer l'évolution des enfants sans l'intervention des adultes. Ainsi, il est intéressant de constater, à contrario de « Sa majestée des mouches », que l'être humain n'est juste qu'un animal et que le savoir est une chose fragile qui n'est pas innée chez l'homme. Sans partage des connaissances et éducations, on redevient primaire.
La seule chose qui persiste avec le temps, c'est la religion. On assiste à une forme de polythéisme, mais un seul Dieu va prendre le pas sur les autres : “Quinzinzinzili”.
Régis Messac nous offre un livre intéressant sur la vision de l'humanité. Un précurseur en matière post-apocalyptique qui, d'après son fils Ralph, aurait inspiré Robert Merle avec « Malevil » et Roger Ikor avec « Les grands moyens ». C'est un récit très court. J'ai été un peu déçu par la fin. Cela dit, je pense que je lirai d'autres de ses textes.
Très belle critique également de Domi_V que je conseille de lire ;)
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jamiK
  04 septembre 2019
Ce petit récit post apocalyptique a été publié en 1935. L'auteur envisage une seconde guerre mondiale horible et destructrice. Il voit alors l'Allemagne d'Hitler et le Japon entraîner le monde dans une atroce spirale de violence. le récit est divisé en deux parties bien distinctes. Un première moitié, globale qui raconte l'évolution du monde d'alors, et la seconde partie qui raconte la survie d'un petit groupe : un adulte, le narrateur, et quelques enfants. J'ai trouvé dure et déprimante la vision de Régis Messac, il n'a pas foi en l'homme, c'est très pessimiste et très désabusé. On est dans le renoncement, la fatalité sombre, jamais une goutte d'espoir dans le récit. Si j'ai aimé le côté prémonitoire sur les intentions de l'Allemagne et du Japon d'alors, l'intérêt du récit tient beaucoup au contexte historique de sa rédaction. j'ai été moins emballé par l'aspect sur la survie qui est un long monologue déprimant, méprisant, trop négatif. Je reste assez mitigé après cette lecture.
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critiques presse (1)
Actualitte   03 juillet 2017
Texte profondément pessimiste, il annonce le crépuscule de l'Europe, la guerre qui viendra cinq ans plus tard, en 1940, et se terminera, après la destruction de la culture et des juifs, par la bombe atomique.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
Dionysos89Dionysos89   06 décembre 2013
L’humanité nouvelle débute par le matriarcat. Et la matriarche, par une curieuse déviation, a jeté son dévolu sur le plus faible. C’est lui qui sera le reproducteur, l’étalon de la race future. Un étalon tuberculeux. C’est la survivance du moins apte. Ha, ha, ha !
Quelle gourde, ce Darwin ! Et l’humanité, quelle farce planétaire ! Quelle farce cosmique ! Quelle farce… !

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MasaMasa   28 juin 2017
LA PRIÈRE À BOUDI-HOU

Boudi-Hou Pat’ Not’ !
Quinzinzinzili !
Do pain conyenyen
Ramainlamanman !
Romainlamanman !
Romainlibonbon
Elicadjoulain,
Elibenzonton,
Lizontonkiroul,
Elibenzonton,
Lizontonkiroul,
Elifunkichouf,
Etouçakinbon,
Romainlamanman !
Quinzinzinzili !

Ce qui veut dire :
Bon dieu, Pater Noster,
Qui es in coelis,
Donne-nous notre pain quotidien.
Ramène les mamans,
Ramène les bonbons,
Et les cadeaux du jour de l’an,
Et les belles autos,
Les autos qui roulent,
Et le feu qui chauffe,
Et tout ça qu’est bon !
Ramènes les mamans,
Qui es in coelis !
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Dionysos89Dionysos89   08 octobre 2013
Ainsi, de l'Orient à l'Occident, les nations les plus puissantes, les mieux armées et les plus belliqueuses, se succédaient et s'emboîtaient comme les dents d'un engrenage : monstrueux engrenage d'une monstrueuse machine, dont le nom était : Guerre.
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AthouniAthouni   03 février 2013
Je passe sur ce voyage où, pourtant les hommes nouveaux font des trouvailles et révèlent encore bien des côtés baroques de leur caractère. Mais mon esprit est déjà en veilleuse. Je ne les observe plus, je n’ai plus le goût de les observer. Au lieu de regarder ce qui se passe autour de moi, je revis, avec une intensité de plus en plus forte, hallucinatoire, les scènes du monde antédiluvien. Je réentends des discours d’hommes politiques – ah ! combien futiles…Sécurité, désarmement...ha, ha, ha !... Pactes, responsabilités, traité de Versailles, race aryenne…ha, ha, ha !... Puis, je tiens à nouveau dans mes bras la souple Elena, avec sa robe bleue à reflets électriques ; je dîne au Ritz, en smoking, je revisite des expositions futuristes… Futuristes ! ha, ha, ha ! Il était beau le futur ! – Mais était-ce bien le futur ? Ce que je prends pour des hallucinations n’est-il pas la réalité ? Mes moments de folie ne sont-ils pas des moments de bon sens ? Où est la démence, où est la raison ? Ne serais-je qu’un pauvre fou inoffensif, que l’on laisse sortir de temps en temps, qui mène à certains jours une existence presque normale, mais qui, par un étrange désordre de l’esprit, s’imagine, le pauvre, qu’il a vécu la fin du monde ?
Quelle est l’illusion, quelle est la réalité ? Je ne sais plus.
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Dionysos89Dionysos89   23 octobre 2013
L’intelligence n’est pas très répandue dans le monde nouveau. Aussi, on y est grand homme à bon compte.

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Video de Régis Messac (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Régis Messac
Imaginales 2015. Régis Messac, écrivain d'anticipation.
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