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EAN : 9782253153542
380 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (15/10/2002)

Note moyenne : 3.54/5 (sur 23 notes)
Résumé :
Bien avant de boire sa fameuse ciguë, Socrate le philosophe eut quelques déboires d'ordre conjugal et domestique avec sa femme Xanthippe. Lorsque celle-ci découvre un homme assassiné alors qu'il semblait vouloir se réfugier sous leur toit, elle décide de mener une enquête qui va faire trembler Athènes sur ses fondements. Alcibiade, le favori de Socrate, est-il mouillé dans ce crime ? Le grand Périclès lui-même aurait-il des choses à se reprocher ? Que font Aristote ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Clubromanhistorique
  26 août 2014
Un roman historique, pas un roman policier !
D'après la quatrième de couverture, nous aurions affaire à un meurtre suivi d'une enquête policière : Xanthippe, c'est-à-dire madame Socrate, découvre le cadavre d'un homme sur le pas de sa porte et décide de mener l'enquête pour retrouver le meurtrier. Jusque là, tout va bien, sauf que l'enquête est vite résolue : on connaît l'identité du coupable au bout de quelques pages et celui-ci meurt quelques pages plus loin. Quid du roman policier ? Très indécise, très circonspecte, un peu décontenancée, j'ai poursuivi ma lecture sur quelques pages et, passée cette déception, je suis entrée dans un roman historique très intéressant. Je dois dire que je ne comprends pas pourquoi l'éditeur a mis en avant l'intrigue policière qui n'est qu'un prétexte pour nous introduire dans la société grecque du Ve siècle avant Jésus-Christ.
Un roman qui porte mal son nom
Avec un titre pareil, je m'attendais à découvrir une biographie romancée de Xanthippe. Que nenni ! C'est tout aussi intéressant, mais cela n'a aucun rapport : Xanthippe ne joue qu'un rôle presque secondaire dans ce roman, un peu comme les femmes à cette époque d'ailleurs. Elle est un peu le poil à gratter de Socrate et permet de faire rebondir l'histoire dès qu'elle risque de devenir trop pédagogique. Un rôle secondaire certes, mais un rôle intéressant, car nous avons le point de vue d'une femme sur la société et les moeurs grecques. C'est là qu'on voit que le statut de la femme évolue très très lentement.
Des protagonistes prestigieux
Mais qui sont alors les protagonistes principaux de ce roman ? Socrate, Alcibiade et Périclès ! Nous sommes en plein Ve siècle avant Jésus-Christ alors que la Grèce est constituée de cités-États rivales et fait face dans le même temps à la menace perse. C'est aussi la période qui voit s'affronter partisans de l'oligarchie (système politique dans lequel le pouvoir est détenu par un petit groupe d'individus qui forment une classe dominante) et partisans de la démocratie. Entrent alors en scène nos trois protagonistes, entourés de quelques autres personnages (Critias, Sophocle, Lysandre…). Ce roman déroule alors sous nos yeux l'histoire riche et complexe de ce "siècle de Périclès" à travers ces personnages : guerre du Péloponnèse, expédition désastreuse en Sicile, épidémie à Athènes, mutilation des hermès en 415 avant Jésus-Christ (énorme scandale religieux à l'époque), oligarchie des Quatre-Cents, accusation de détournement de fonds contre Périclès, exil de Phidias…
Socrate sous un autre jour
Eh oui, Socrate, réputé pour ses pensées philosophiques tournées vers la sagesse, la morale et la politique, a enseigné à moult disciples : Xénophon, Platon, Antisthène, Euclide de Mégare, mais aussi Charmide, Critias et Alcibiade, considérés tous trois comme ayant trahi la démocratie athénienne (de là peut-être l'origine de la condamnation de Socrate ?). Socrate, également conseiller de Périclès, a du mal à comprendre comment son enseignement a pu conduire ces jeunes gens à mal se conduire. Au fil du roman, on sent ses appréhensions, son angoisse et son incompréhension grandir jusqu'à sa condamnation à mort. le roman se termine sur un portrait sans concession dressé par Diogène ; s'adressant à Platon :
"Tu consacres désormais ta vie à écrire ce que disait Socrate, n'est-ce pas ? Tu crois que tu as connu Socrate. Mais non, tu as cru connaître ce que tu voulais connaître ! Comme lui ! Tu sais ce que c'était, Socrate ? Non, tu ne le sais pas. C'était un gamin intelligent, laid et pauvre qui est tombé amoureux d'un garçon très beau, très riche et très aristocratique, Alcibiade, et qui a bâti là-dessus tout un système de représentation du monde ! L'amour révélé par les dieux et tout ça ! Et il a construit là-dessus tout un système de séduction […] oui, de séduction, reprit Diogène. Il donnait aux gens l'impression qu'ils étaient, eux, intelligents ! Antisthène l'a connu. Antisthène, c'est mon vrai maître. Lui aussi, il a été séduit par Socrate. C'était un type formidable, Antisthène. […] Il avait compris Socrate, enfin, je crois. Il m'a dit un jour : « Tu sais, c'était un sophiste sentimental. » Socrate était tellement baigné d'amour qu'il a imaginé un monde surnaturel dont la réalité terrestre ne serait qu'un reflet confus […] Puis il a compris qu'Alcibiade était un voyou et il s'est laissé condamner…" Un Socrate bien égratigné, dépoussiéré et vu à travers le prisme de l'histoire.
Deux mots-clés : philosophie et démocratie
À travers ce roman, on découvre la Grèce antique à l'âge classique, la vie quotidienne, la démocratie, son histoire, les moeurs, la pensée philosophique (Protagoras, Socrate, Platon, Antisthène), les grands auteurs (Sophocle, Euripide, Aristophane…), les personnalités politiques (Périclès, Alcibiade…), les mentalités, le rôle de la femme dans la société grecque… Car tout est lié ! La philosophie était partout et était à la base de la société grecque, mais ses bases étaient loin d'être solides. Après la lecture de ce roman, j'ai vraiment envie de me replonger dans l'histoire grecque et dans l'oeuvre des auteurs et philosophes cités dans ce roman.
Une postface bienvenue
Dans cette postface intéressante, l'auteur indique ses partis pris et précise où s'arrête la réalité et où commence la fiction.
Lien : http://romans-historiques.bl..
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Apoapo
  09 juillet 2017
[Mise en appétit et lecture grâce à l'ancienne note de l'amie Swann que je remercie vivement ici.]
Une fois quitte de l'idée que ce livre soit une biographie fictionnelle de Xanthippe – l'épouse de Socrate passée à l'histoire comme l'emblème de la mégère – ou bien un polar historique dont elle serait l'enquêtrice – argument de marketing de la quatrième de couverture, il nous reste entre les mains une très intéressante relecture de l'Histoire politique d'Athènes pendant les quarante dernières années du Ve siècle av. J-Ch., soit de l'apogée à la chute de l'époque de Périclès. Relecture moderne, ou modernisée ? – je ne saurais le dire [mais sans doute Swann pourrait-elle répondre ?] – au sens où l'on croit retrouver dans l'Antiquité les mêmes problématiques que nous vivons aujourd'hui, et qui sont peut-être juste intemporelles... : la question de la manipulation du consentement « démocratique » et de l'inconstance de l'opinion publique, celle de l'ambition régalienne liée à l'exercice du pouvoir et des conséquences néfastes qu'elle entraîne, celle des dommages provoqués par les inégalités de fortune et de genre.
En effet, de ce « siècle de Périclès », je n'avais moi-même guère plus que les réminiscences scolaires « romantiques » que l'auteur dénonce dans la postface : l'idée doucereuse que la démocratie, invention nouvelle, aurait apporté, avec davantage d'équité (une réforme agraire dont il n'est pas du tout question ici), un miraculeux essor des arts (architecture), des lettres (théâtre) et de la pensée (philosophie) et même sans doute un triomphe militaire contre Sparte, s'il n'y avait eu quelques traîtres du calibre d'Alcibiade... Et de Socrate : l'image platonicienne – aux deux sens du terme – d'un homme parfait, accompli, modèle de vertu, incompris au point d'être injustement condamné à mort. Or Messadié conteste de façon très convaincante, point par point, ces images d'Épinal : Athènes est tiraillée entre une démocratie incarnée par des gouvernants pas du tout démocrates et l'oligarchie appuyée par l'étranger, les inégalités sont criantes et la justice très inique, la guerre use et abîme le moral et les moeurs, la Cité, complètement imbibée de superstitions, persécute les philosophes pour impiété et dénie à tous la liberté d'expression, Périclès est imbu de sa personne, Alcibiade et Critias sont de fieffés salauds, Xanthippe une femme intelligente qui, à l'instar des deux autres personnages féminins principaux – Lethô et Aspasie – chacune à sa façon, est une féministe militante : les trois contestent par leur comportement le rôle qui leur est socialement assigné ; enfin Socrate ? Oui, Socrate... l'homme probe mais pantin de sa passion amoureuse pour Alcibiade – et quoi de pire pour un philosophe ? le pédagogue déçu d'avoir failli avec quasiment tous ses disciples ? las de la cité ingrate à laquelle il a tant donné ou bien peut-être ennemi de la démocratie, toujours entouré d'aristocrates et dans le fond incapable de se libérer de l'héritage de la « kalokagathia », il considérait peut-être le pouvoir du peuple (à moins que ce ne fût le propre de Platon) au mieux comme un idéal réalisable dans un avenir lointain, au pire comme une chimère dangereuse ; bref : quelqu'un dont l'action en justice aurait été tout à fait justifiée et la peine capitale, soit une forme de suicide non assumé, soit même une punition bien méritée pour s'être trop compromis avec des politiques franchement peu recommandables.
Ce dernier point constitue ma plus grande frustration dans ce livre. Si le texte se termine par la très belle ouverture que représente le dialogue imaginaire entre Diogène et Platon, c'est-à-dire par un juste questionnement sur la postérité de Socrate, le problème de son procès et de sa peine est trop vite survolé, et je trouve paradoxal que, en présence sans doute de sources textuelles relativement plus abondantes, l'auteur n'en rende pas compte de façon plus analytique, ni ne s'exprime davantage sur ce qui permettrait un bilan du personnage.
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meknes56
  27 août 2019
Petit roman historique fort agréable et sympathique. L(écriture de l'auteur nous entraine très facilement dans ce monde grec. Reposant et bien documenté.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
meknes56meknes56   27 août 2019
- Tu l'as vue, Xanthippe ? demanda-t-elle d'un ton plein de sous-entendus.
- Je l'ai vue. Aujourd'hui, elle est laide, peut-être sera-t-elle belle demain. Qui peut le dire ? Crois-tu que je sois venu épouser Aphrodite ? Je suis venu demander une épouse.
- Pourquoi elle ?
- Justement parce qu'elle est laide. Comme ça, personne ne se fera d'idées. Moi aussi, je suis laid. Elle est pauvre, moi aussi. Nous sommes assortis.
-Tu es sage, en effet, admit Hélas, regardant le prétendant dans les yeux. Cela signifie que tu ne l'aimeras pas comme une femme, mais comme une épouse. »
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sweetiesweetie   18 février 2014
Et je crains que la philosophie enseigne justement à ne pas donner d'ordres, car ils ne sont pas entendus par le peuple quand ils sont dictés par la sagesse. Le peuple est comme un fauve, mais un fauve particulier, en ce qu'il n'obéit qu'au glaive et à l'éloquence.
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meknes56meknes56   27 août 2019
Comment tu t'appelles ?
— Socrate.
- Quel âge as-tu ?
- Trente et un ans. »
À peu près l'âge auquel ils se mariaient tous. Ils couraient le gueux ou la gueuse, ou les deux, de quinze à trente ans, puis venait l'heure de faire des enfants, pour donner des soldats à la Cité, des descendants à ses ancêtres.
- Que font tes parents ? demanda encore Hélas.
- Mon père, Sophronisque, était tailleur de pierre. Ma mère, Phénarète, est sage-femme.
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ApoapoApoapo   09 juillet 2017
« Il avait jadis fondu ensemble Athènes, Alcibiade et la philosophie dans un même rêve de beauté. C'était au temps de Périclès. En près d'un tiers de siècle, tout s'était délité. Athènes était, en fin de compte, une masse d'humains inconstants, oscillant entre la démocratie et l'oligarchie, Alcibiade un cabot, et la philosophie n'avait pas plus à voir avec la réalité qu'une fleur de rave avec le terreau. » (p. 312)
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sweetiesweetie   18 février 2014
(...) il faut se garder d'idéaliser la démocratie car elle est féconde en injustices et des injustices d'autant plus graves qu'elles se parent des apparences de la justice.
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