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ISBN : 275786467X
Éditeur : Points (09/02/2017)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 119 notes)
Résumé :
Iris n'a pas de papiers. Hospitalisée après un accident de voiture, elle attend pour être opérée que son compagnon, Malo Claeys, trouve un moyen de régulariser sa situation. Mais comment s'y prendre alors que la relation qu'ils entretiennent est interdite ? C'est notre monde, à quelques détails près. Et celui-ci, notamment : nous n'y sommes plus les maîtres et possesseurs de la nature. Il y a de nouveaux venus, qui nous ont privés de notre domination sur le vivant e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (63) Voir plus Ajouter une critique
joedi
  10 mars 2018
Les parents de Malo Claeys sont venus d'une autre planète, ils pensaient pouvoir vivre en bonne entente avec les hommes mais cela c'est terminé par une guerre dont ils sont ressortis vainqueurs ; à présent les humains sont des êtres dominés. Avec Saskia, Malo a eu un fils, Yanis. Malo Claeys, lors d'une tournée d'inspection des abattoirs, sauve et ramène chez lui Iris, jeune adolescente échappée d'un abattoir. Les années passent ...
Vincent Message insère, avec brio, des passages évoquant l'état de délabrement de notre planète, absence d'oiseaux, de gibiers ... , tandis que par l'intermédiaire de Malo Claeys, rapporteur à l'Assemblée, l'auteur évoque les dérives de la société. Belle écriture.
Lu dans le cadre du Festival et Prix Horizon 2018 du 2e roman de Marche-en-Famenne (Belgique).
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Dixie39
  30 octobre 2016
Quel dommage ! Quel dommage ne pas avoir assumé (choisi ?) la SF jusqu'au bout ! Et cela m'ennuie d'écrire cela, car ce livre m'a plu, car ce qu'il relate est la réalité telle qu'elle est et rien que pour ça, j'aurai adoré n'en dire que du bien sans aucune réserve. Mais voilà ! Ce n'est pas parce que Vincent Message ose écrire ce que je pense tout bas, qu'il faut que je taise ce sentiment par rapport à Défaite des maîtres et possesseurs.
Alors, soyons claire d'emblée : ce n'est pas que ce n'est pas bien. loin de là ! Mais cela aurait pu être tellement mieux ! Sentiment personnel et qui n'est pas partagé par tous, mais voilà ! Je ne me vois pas taire cette petite déception que j'ai eu aux premiers abords.
L'auteur a fait le choix du conte, futuriste, philosophique..., alors, forcément, nous ne sommes pas dans le même type de narration. Ici, nous sommes dans le « il était une fois », dans le «comme si » :
Il était une fois le destin de la terre et des animaux qui la peuplent : dans un futur plus ou moins lointain, les plus dévastateurs de tous les terriens – les hommes – ont été soumis et colonisés par une race d'êtres venus de l'espace. Des nomades, en quête d'une escale interplanétaire, pour se poser quelques siècles, se nourrir et vivre au mieux, en attendant un nouveau départ, une fois le garde-mangé épuisé... Je m'arrête là ! Vous lirez la suite vous-même.
Ma réserve ne tient donc pas au contenu, mais à la forme : le rythme n'est pas celui que j'aurai attendu. Au lieu de nous livrer ce devenir à la façon du conte, j'aurai aimé le voir s'installer, dérouler cet avenir sous mes yeux, le découvrir et que tout cela soit chaloupé par des dialogues, des scènes à vous couper le souffle. Il y en a. Et de très belles. Mais c'est par ce biais que j'aurais aimé rentrer dans ce roman. le début a donc été un peu laborieux pour moi. Mais, passé les 50 premières pages, j'étais de nouveau ferrée ! Et puis, il m'a semblé comprendre ce choix du conte : ne pas trop heurter, attaquer de front le lecteur, car l'auteur souhaite qu'il le suive, l'accompagne jusqu'au bout, sans en perdre aucun en route...
Laissons la forme et parlons du fond : c'est un livre qui fait mouche ! Il ravira (et ravit déjà) les militants de la cause. Il met en perspective une réalité « cachée » dont on sait tous de quoi « il en retourne » mais pour laquelle on préfère bien sûr, faire « comme si » on n'en savait rien...
Alors je vais aussi faire comme si. Faire comme si je ne vous avais rien dit de cette petite réserve et vous encourager à ouvrir Défaite des maîtres et possesseurs et qui sait ? Peut-être ne saura-t-il plus question après, pour vous aussi, de « faire comme si... »
Savoir est une chose. Accepter de regarder la réalité en face en est une autre.
Lien : http://page39.eklablog.com/d..
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Asterios
  09 juin 2018
Malo Claeys appartient à la race des voyageurs. Ces nomades qui ont traversé l'univers pour arriver chez nous et qui nous regardent d'un oeil interrogateur. Nous sommes vraiment de drôles d'animaux. Nous nous sommes érigés en dominants planétaire et nous avons asservis la nature, les animaux, et les nôtres pour assouvir nos besoins qui n'en finissent plus de croitre. Nous nous suicidons.
Les ancêtres de Malo ont tout observé, ils ont tenté de cohabiter avec la race humaine, elle n'a pas voulu se soumettre alors ils l'ont asservi à leur tour. Bien utile cette espèce qui peut travailler à leur place, servir d'animaux de compagnie et aussi... de nourriture.
Les choses seraient tellement simples sans les sentiments, mais Malo finit par s'enticher d'une femelle humaine et met le doigt dans un engrenage qui l'entraine irrémédiablement vers la souffrance.
Il nous décrira son rôle de défenseurs du droit des humains qui l'éloignera peu à peu de sa communauté, son passé d'inspecteur par lequel il découvrira les conditions de vie abominables des humains dans les élevages et les abattoirs.
Mais quel est l'avenir d'une race dominante mimétique confrontée à l'homme? Va t-elle tirer partie de ses erreurs ou les reproduire?
Un roman au style riche qui décrit des scènes saisissantes donnant le point de vue de l'homme sur l'homme avec un peu plus de recul et qui aborde de biais la condition animale et l'écologie de manière générale.
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Ogusta
  14 mai 2016
Disons-le tout de suite, je ne suis pas objective ! Quand j'ai lu la critique de ce livre dans le Monde des livres, je me suis dit : Mince ! Je voulais l'écrire, mais je n'ai pas osé !". Je suis acquise à la cause, celle défendue par Vincent Message dans ce roman d'anticipation, immense parabole de notre trajectoire humaine et de notre domination, la cause des sans-voix, des autres espèces et de la terre que nous, homo sapiens, pillons et dominons sans vergogne. Alors oui le thème me bottait à 100%, on peut même dire qu'il me plaçait d'emblée comme une lectrice engagée et certainement en manque d'objectivité.
Je n'ai pas lu Les veilleurs, mais la plume de l'auteur me plait. Je crois que ce pari là, n'était pas forcément gagné, l'écriture aurait pu ne pas coller au thème, être plate ou juste scientifique et le sujet serait tombé à plat. Non, c'est poétique, philosophique, puissant et imagé, parfois il va presque un peu loin, cependant son style lui permet beaucoup d'audaces. Raconter la déchéance des hommes, du point de vue d'un être "supérieur", représentant d'une autre espèce venue de loin prendre la place des maîtres et des possesseurs de la terre, en disséquant au passage tous les petits travers de la colonisation et de la puissance perverse, de l'incompréhension à l'égard des autres espèces, le spécisme de plus grands à notre égard soudain, bref, il fallait oser !
Pour l'histoire, et il s'agit sans doute de mon principal regret, elle me semble avant tout prétexte à philosopher et manque un peu de précision. Malo Claeys, le démon, ainsi se nomment-ils, est un colonisateur de deuxième génération, enfants de nomades en pause sur terre, il essaie d'y vivre honnêtement, mais ne se prive pas de juger les erreurs des siens, notamment à l'encontre des sapiens devenus esclaves, nourriture ou humains de compagnie... Cette situation devrait nous rappeler quelque chose non ? Quand son humaine, Iris, acquise dans des circonstances troubles, est victime d'un accident et promise à l'euthanasie, sa raison et son engagement pour l'égalité des espèces vont se trouver exacerbés par les sentiments et sa volonté de changer le sort du vivant va prendre un chemin nouveau.
Il y a dans ce livre un évident souffle végan, je pense que les lecteurs partisans de l'antispécisme devraient en tenter la lecture, ils ne manqueront pas de retrouver pêle-mêle dans cette histoire, les arguments qu'ils défendent et des références à notre domination sans failles, à nos défauts les plus sombres comme l'orgueil, l'incapacité de se projeter dans l'avenir, de prendre des mesures pour freiner la sixième extinction, la cupidité et l'égoïsme ou plutôt devrait-on le nommer anthropomorphisme des humains, principalement l'homme blanc puissant et omniprésent qui s'approprie tout en s'illusionnant aveuglement de vouloir le bien.
Certains passages dérangent, tels l'horrible chapitre sur les élevages humains. Oui c'est atroce, mais il s'agit d'une fiction amis lecteurs... Et là, j'ai envie de dire, oui je me suis forcée à les lire pour eux, pour tous ceux qui vivent cette horreur chaque jour par milliards et que nous ignorons, car ils ne sont pas humains. Pour eux, "la perpétuité tout d'abord, puis la peine capitale", le sort réservé aux humains d'élevage n'est pas une fiction, ils le vivent chaque jour pour notre confort. Je me devais de le lire, mais oui ce livre dérange, nous ne sommes pas tous végans, loin de là !
Monsieur Vincent Message, vous avez écrit un récit que j'aurais aimé écrire, mais vous aviez le talent, moi juste l'envie... Bravo et merci pour eux ! Au delà d'une vérité qui gêne, puisse-t-il faire réfléchir.
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MarcDessart1976
  23 décembre 2017
Put… la claque de fin d'année !!!
Avec Défaite Des Maîtres Et Possesseurs, son deuxième roman, Vincent Message aborde, par le biais d'une fable cauchemardesque, un thème qui devrait nous préoccuper toutes et tous mais que nous préférons souvent ignorer, trop occupés que nous sommes à foncer droit dans le mur : celui de l'empreinte écologique toujours plus lourde de l'homme et de l'épuisement toujours plus rapide des ressources que la Terre offre à ceux qui l'habitent.
Le jour symbolique du « dépassement de la Terre », à partir duquel nous vivons à crédit, en consommant plus de ressources que notre planète ne peut en produire en un an, survient de plus en plus tôt. Dès ce dépassement, notre consommation, la manière dont nous exploitons la planète, bouleversent l'équilibre des systèmes et compromettent la biodiversité. En 2017, nous avons commencé à vivre à crédit… le 2 août. Autrement dit, nous ne sommes pas loin de consommer, en une année, les ressources que la Terre met, elle, deux ans à renouveler… Sans nous soucier des conséquences que génèrent ces bouleversements : réchauffement climatique, catastrophes naturelles… Ni des souffrances qui en découlent pour les autres habitants de la Terre…
Dans un futur indéterminé, les hommes ne sont plus les « maîtres » et les « possesseurs » de la Terre. L'humanité au bord du gouffre a été asservie par des êtres « supérieurs » venus de l'espace. Des êtres qui tolèrent les humains. Mais en les divisant. En trois sortes. Ceux qui travaillent pour eux. Ceux qui leur servent d'hommes de compagnie. Et… ceux qu'ils mangent.
Nul besoin d'être grand clerc pour voir dans cette dystopie glaçante une allégorie du comportement des hommes à l'égard des autres espèces, auxquelles nous nous estimons supérieurs et que nous utilisons de ce fait sans honte ni vergogne, les exploitant sans la moindre retenue pour satisfaire nos besoins ou nos plaisirs. Vincent Message ne fait d'ailleurs intervenir une forme de vie « extra-terrestre » qu'en la forme, pour les seuls besoins de son récit, de son message. Leur origine mystérieuse mise à part (elle est du reste sans importance), nos envahisseurs nous ressemblent. Ils s'expriment comme nous, pensent et ressentent comme nous, s'organisent en société, travaillent, vivent en famille… Mais ils se montrent apparemment plus économes, plus raisonnables que nous.
L'auteur renverse donc les rôles et, de dominants, fait de nous les dominés. Pour nous faire comprendre ce que nous infligeons aux autres espèces et à notre environnement. S'il ne nous est généralement pas trop difficile – pour prendre un exemple parmi d'autres – de manger une pièce de viande en pensant vaguement qu'il s'agissait un peu plus tôt d'un être vivant ou, plus facilement encore, en n'y pensant même pas, je défie quiconque de ne pas avoir le coeur au bord des lèvres quand l'auteur évoque les chaînes d'abattage des humains d'élevage, quand il explique le goût exquis que trouvent les nouveaux maîtres de la Terre à la viande humaine et tout particulièrement à celle des très jeunes enfants… Impossible également de ne pas se sentir retourné quand il parle de la mort planifiée des hommes à l'âge de 60 ans, quand il évoque ces humains de compagnie malades ou blessés qu'il faut se résoudre à faire piquer… Toutes ces choses prennent le lecteur de Vincent Message aux tripes alors que nous les infligeons pourtant quotidiennement aux animaux au motif de notre « supériorité »…
La fable est dure. Froide. Sans concession.
C'est dans un état mêlé de révolte, de colère envers moi-même et mes semblables, d'abattement, de résignation aussi, que j'ai traversé ce livre. Pour en rester toujours au même exemple que précédemment, je serai franc : il ne me fera pas renoncer à la viande. Je ne sais pas, du reste, si l'auteur lui-même est – et pour une fois je ne mets rien de péjoratif dans ce terme – un extrémiste végétarien. Ni si, le cas échéant, son roman a vocation au prosélytisme. En fin de compte, peu importe. L'histoire que Vincent Message nous raconte avec Défait Des Maîtres Et Possesseurs oblige à réfléchir, à s'interroger sur nos modes de vie, sur l'impact qu'ont ceux-ci sur notre environnement. Et surtout sur leur viabilité à long terme. Elle oblige à réfléchir aussi à cette supériorité que nous nous attribuons sur les autres espèces. Parce que sans même parler d'un asservissement comme celui dont l'humanité de l'auteur est victime, cette supériorité nous conduit à notre perte. de plus en plus vite. Et avec de moins en moins de chance de pouvoir inverser la vapeur… L'espoir n'a pas sa place dans le roman de Vincent Message : les nouveaux maîtres et possesseurs de la Terre ne se révèlent en effet pas plus doués que les hommes pour préserver la planète, pour la gérer avec « humanité » alors même qu'il se trouvent, comme nous auparavant, au « sommet ».
Quand je pense que j'ai eu ce livre entre les mains tout à fait accidentellement… Parce que j'ai accepté, après quelques hésitations, de refaire partie d'un comité de lecteurs dans le cadre du Prix bisannuel du deuxième roman organisé par la Ville de March-en-Famenne… (Un clin d'oeil, au passage, à celles et ceux qui, comme moi, auront à lire le roman de Vincent Message dans ce cadre. Ils ou elles se reconnaîtront.)
Souvent, c'est le hasard, plus que les quatrièmes de couverture trompeuses ou les critiques gratuitement dithyrambiques de certains chroniqueurs littéraires, qui vous fait découvrir les livres vous marquant le plus. Défaite Des Maîtres Et Possesseurs comptera pour moi parmi eux. (Il me reste encore cinq livres à lire dans le cadre du Prix précité, mais je doute que mon vainqueur ne soit pas déjà connu…)
Un livre à lire absolument donc. Parce que le talent est là. Sur le fond. Je crois l'avoir expliqué assez (trop ?) longuement. (J'aurais pourtant encore eu tant à écrire…) Sur la forme aussi. le style de Vincent Message est simple mais percutant. Il insuffle à son récit une tension extrême, qui ne m'a laissé aucun répit de la première à la dernière page.
De la (très) grande littérature française contemporaine ! Et un auteur que je vais sans hésiter suivre avec attention !

Lien : https://livrelecteur.wordpre..
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Citations et extraits (65) Voir plus Ajouter une citation
Dixie39Dixie39   16 octobre 2016
Manger, ça n’a jamais été, pour nous pas plus que pour les autres, seulement se rassasier. C’est affirmer fort qui l’on est, où on se situe dans l’ordre du vivant. Manger de tout, comme nous mettons souvent un point d’honneur à le faire, c’est se placer au sommet et regarder les autres d’en haut. Quand on nous demande qui nous sommes, partant, nous avons le droit de répondre que nous ne sommes pas juste des nomades ; pas seulement des démons ; nous sommes ceux qui dévorent les hommes ; nous sommes, quoi qu’ils en aient, les nouveaux maîtres et possesseurs.
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Charybde2Charybde2   29 décembre 2015
Voilà. C’était comme ça. Iris avait repris ses échappées. Le désir d’être dehors, dans le tremblement de l’air, était monté et avait balayé tout ce que je peux lui dire, les objections plus massives et plus raisonnables les unes que les autres que j’essaie de glisser dans nos conversations, et que, dans les moments où elle va bien, elle arrive à faire siennes jusqu’à ne plus y voir des contraintes qu’on lui ferait subir. Ca ne l’empêche jamais de me dire qu’elle a des fourmis dans les jambes, que la vie de tourne-en-rond est une vie à se flinguer. Parfois, elle n’a pas de souhait plus grand que de s’en aller marcher jusqu’à laisser loin derrière elle les formes verticales de la ville. Si elle se mettait à courir dans un paysage libre, je ne suis pas sûr que l’horizon l’arrêterait. Je la comprends. Il suffit de la connaître un peu ou de l’observer quelques heures pour deviner qu’elle n’est pas une personne faite pour rester cloîtrée. Elle a assez donné en la matière, elle ne supporte plus. Même si les fenêtres de mon appartement dégagent la vue de toutes parts, même s’il est à la fois – c’est ce que j’y aime – un abri où se blottir et un lieu ouvert sur l’étendue de la ville, qui peut aller jusqu’à donner le sentiment de vivre avec le ciel, Iris accepte de plus en plus mal d’y passer ses journées. Il faudrait que nous partions habiter ailleurs, dans un endroit où le risque serait moins fort. ici, les dangers sont tellement nombreux que je préfère m’abstenir de les énumérer. C’est la métropole en désordre, son immense sauvagerie sous ses dehors domestiqués, ses gens qui rôdent, cette masse de gens malades d’être si démunis et qui n’attendent qu’une occasion pour s’emparer de ce qu’ont les autres ou se donner l’impression de compter en laissant leur violence surgir.
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brumairebrumaire   12 juin 2018
Alors ils ont essayé avec nous, naturellement. Ils nous ont donné tous les noms, au tour à tour ou en pagaille. De leur tâtonnement initial, nous avons entendu émerger, souvent, le terme d'extraterrestre. C'était le mot qui courait dans les fictions par lesquelles ils essayaient d'anticiper , d'exorciser l'angoisse que leur causait l'idée d'une rencontre. Il figurait dans leurs romans et dans leurs films, disséminé, à rassembler les monstres qu'invente une imagination qui n'a encore rien vu. Mais c'est un mot que je n'aime pas. Il trompe et manque sa cible. Car toutes les planètes sont des terres , il faut n'avoir pas voyagé , vraiment, pour ne pas savoir cela. Et puis je suis d'ici moi. J'y suis né et je compte y rester. Je ne connais pas d'ailleurs. Je me sens plus terrestre que tous ces hommes dont l'horizon mental ne dépassait pas leur région ou les limites de leur pays, et plus terrestre aussi que ces voyageurs du monde moderne qui se jouaient des frontières mais ne se sentaient aucune allégeance, aucune attache, aucune responsabilité vis-à-vis des endroits du globe qu'ils ne fréquentaient pas ou de la planète en elle-même.
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AsteriosAsterios   05 juin 2018
Les hommes sérieux, dans leur grande masse, ne consentent à se plonger dans la collecte austère des données que pour marteler ensuite celles qui se trouvent arranger les personnes qui les paient et qui ne contredisent pas leurs intérêts présents.
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aleatoirealeatoire   07 août 2016
Cette lumière d'après la pluie, dit-elle, c'est peut-être celle qu'elle préfère , parce qu'elle donne des contours aux choses même les plus ternes et les plus indistinctes. Elle dit cela, et la lumière est là pour moi aussi, soudain. Sans elle, je ne la verrais qu'à moitié. (...) Elle poursuit, d'ailleurs, développe et argumente. Elle dit qu'on ne peut plus peindre ça, des pastorales : c'est bien trop loin de ce que nous avons à faire aujourd'hui, trop épargné de ce que les jours qui passent nous donnent comme motifs amassés d'indignation et d'inquiétude. (...) Mais ces heures de promenade dispersées à tous vents, si ce n'était plus quelque chose à peindre, c'était à vivre, du moins. C'était pour le présent. "C'est un moment dont on ne pourra presque rien faire, tu vois. Il est là pour lui-même."
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Le jury du Prix Orange du Livre 2017 vous présente les 5 finalistes ! .Un mois après avoir sélectionné 30 romans, le jury du Prix Orange du Livre s?est réuni pour retenir cinq finalistes. On revient avec vous sur ces discussions passionnées. Mercredi 3 mai, au restaurant-café Les Editeurs à Paris, les membres du jury se sont retrouvés pour la deuxième fois sous la présidence d?Erik Orsenna. Leur mission ? Sélectionner cinq finalistes parmi la liste des 30 livres retenus le 28 mars dernier. Autour de Erik Orsenna, les auteurs Vincent Message, Laurence Cossé, Benoît Duteurtre, Alain Mabanckou, Carole Martinez, les libraires Bénédicte Deprez et Jean-Paul Shafran ainsi que les lecteurs Amandine Brion, Michel Carlier, Nathalie Germinal, Côme Grévy, Bénédicte Junger, Rémi Paolozzi et le club de lecture Des livres et vous ont sélectionnés les 5 livres suivants : Philippe Besson, Arrête avec tes mensonges, Julliard Cécile Coulon, Trois saisons d'orage, Viviane Hamy Louis-Philippe Dalembert , Avant que les ombres s'effacent, Sabine Wespieser Simon Johannin, L'été des charognes, Allia Pierre Jourde, Winter is Coming, Gallimard Vous avez jusqu'au 22 mai pour voter sur http://www.lecteurs.com/liste/217
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