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EAN : 9782848050997
372 pages
Éditeur : Sabine Wespieser (01/08/2011)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 65 notes)
Résumé :
Asral, le personnage central de ce roman antique, est missionné pour produire une copie neuve du testament d’Anhouer, un héros mythique et père des lois de la ville de Sir. Le jeune scribe décide de faire secrètement une deuxième copie de ce testament.
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
domisylzen
  23 septembre 2017
Ordjeneb, originaire des montagnes, est contraint de fuir à cause d'une dette d'honneur. Il se retrouve dans la ville de Sir, pour y chercher du travail. Il commencera par y trouver des coups puis un peu de réconfort auprès d'une de ses habitantes. Asral, un maitre scribe chargé de recopier les tables de la loi, l'embauchera. La rencontre entre les deux hommes remettra en cause l'interprétation d'Asral sur ces fameuses tables, testament d'Anouher, fondateur des lois de la ville de Sir.
Un livre qui démarre comme un roman, au style bien agréable, mais qui bien vite devient une base de réflexion sur nos principes de vie, tant en terme de croyance qu'en orientation politique.
Un conte qui permettra à chacun de réfléchir sur l'avenir de la société des Hommes. Rien n'est jamais acquis, tout est en perpétuel mouvement.
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Missbouquin
  14 avril 2012
Comme d'habitude avec des livres publiés chez Sabine Wespieser, je suis toujours grandement surprise, dès les premières pages ! L'histoire n'est jamais centrale dans ces textes, mais il s'agit plutôt d'une ambiance, d'une philosophie reposantes, loin des romans contemporains pleins de bruits et de fureurs. C'est la raison pour laquelle ces romans ne seront jamais des best-sellers mais appréciés de-ci de-là par quelques lecteurs attentifs, qui recherchent une langue recherchée et un style construit.
Je suis heureuse de découvrir ici encore un bon roman français. de cet auteur, j'avais déjà beaucoup apprécié Les Vivants et les Ombres, quoique très spécial puisque c'était le récit d'une histoire de famille … racontée par la maison familiale ! Un roman très sombre mais dont l'originalité m'avait charmée.
Avec Les Villes de la Plaine, Diane Meur a encore réussi son pari avec moi. Au départ un peu dubitative par l'histoire de ce scribe, Asral, qui recopie les textes sacrés de la ville de Sir, je me suis rapidement laissée transportée au coeur de cette ville antique imaginaire, en particulier grâce au second personnage, Ordjéneb, qui joue le rôle de catalyseur. Enfin, le troisième personnage est bien sûr la ville elle-même, Sir, et son double décadent Hénab. Sir, les habitants, et leur dieu, Anouher.
Comme chaque année, Asral va donc devoir recopier les “tables de la loi” d'Anouher. Mais rapidement, il commence à se poser des questions, à remettre en doute la figure d'Anouher, là tenter de la comprendre, elle et son histoire, qui sont inextricablement liée à l'histoire de la ville. Ce questionnement est en relation avec le sentiment de perdition, de décadence de la ville de Sir que ressent Asral : “Retourne, peuple de Sir, reviens à toi avant qu'il ne soit trop tard ! Mais celui qui tiendrait cette harangue devant le haut palais, les gardes l'éloigneraient comme un énergumène.” Cette dernière phrase n'est pourtant pas d'Asral mais d'Ordjéneb, le montagnard, qui va offrir le recul nécessaire au premier pour amorcer ces questionnements.
Petit à petit, Asral avance dans ses réflexions, et conclut :
“Tout ce que décident les juges se fait au nom d'un Anouher qui n'a plus guère à voir avec le vrai. Dont la parole a été sanctifiée, mais en même temps trahie, détournée de sa lettre. Un Anouher dont la véritable nature a été occultée par une dévotion aveugle, et par l'escamotage de documents gênants.”
Mais une fois qu'il a mené sa réflexion à terme, à l'écart de son peuple, il s'agit de revenir vers lui, de lui offrir le savoir pour lui permettre d'évoluer : “Et maintenant, pensa Asral en jetant à la ville un dernier regard plein d'attentes et d'une certaine appréhension – maintenant il va falloir qu'il leur explique tout ça.” Ce sera le plus dur.
En conclusion :
“Mais Sir, où est donc Sir ? Nulle trace de ses remparts, nulle trace de son orgueilleux saillant sur la plaine subjuguée, rien. Car la ligne inchangée des crêtes environnantes finit par nous le faire admettre : Sir est là, sous nos pieds.” Par une extraordinaire avancée dans le temps, Diane Meur nous a en effet transporté de temps en temps au XIXe siècle, alors que des fouilles sont effectuées dans la région. Et l'on comprend vite que Sir n'existe plus … Incapable de se remettre en question, en refusant d'écouter Asral, le réformateur; en oubliant de réfléchir à ses origines, Sir s'est perdue elle-même.
C'est donc un roman hors normes que nous offre Diane Meur, un de ces romans où l'on ne peut pas dire : j'aurais pu l'écrire. S'il n'est pas facile d'accès, il me semble qu'il nous donne l'occasion de parcourir un véritable chemin philosophique, de nous interroger sur nos croyances, nos valeurs; et il nous donne envie de revenir à la source des textes, de ces croyances. Il nous montre qu'il faut sans arrêt se poser des questions, se remettre en cause, ne pas rester sur nos acquis, car l'on risque de se perdre et de s'éloigner de ce qui nous est le plus précieux …
De quoi réfléchir grâce à ce roman qui sonne tellement juste …
Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
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5Arabella
  15 septembre 2018
Sir, une ville imaginaire, qui ressemble un peu, ou de façon fantasmée à une ville de la Mésopotamie antique. Ordjéneb, un montagnard qui a dû quitter son village suite à une dette non réglée, vient y chercher refuge. Il est engagé comme garde du corps par Asral, un maître scribe qui vient de se voir confier une tâche très honorifique, mais très écrasante, celle de copier les lois établies par un mythique législateur, Anouher. Ces lois guident la vie de la cité, elles sont sacrées comme la figure d'Anouher. Mais à lire ces vieux textes, Asral est pris de plus en plus de doutes et de questionnements : les textes se contredisent par moments, d'autres passages semblent obscures, et à la fréquentation d'Ordjéneb il prend conscience que certains mots ont changé de sens avec le temps, et que peut-être on comprend mal le sens de ces passages sacrés. Son travail s'en trouve ralenti, ce qui provoque des inquiétude dans la ville : ce serait un mauvais présage si la copie n'était pas finie à la date prévue pour les festivités. D'autant plus qu'agitations et antagonismes s'expriment de plus en plus fortement dans la ville et que la cité voisine et rivale, Hénab, compte bien tirer profit des troubles éventuels.
Diane Meur a conçu un étrange objet : le livre est très romanesque, avec beaucoup d'événements, des sentiments, des tableaux pittoresques de lieux, comme cette ville antique somptueuse. Mais il y a toujours comme un pas de côté, un second degré. Déjà dans le fait que la ville est imaginaire, et que l'auteur ne prétend pas nous fournir une restitution d'une civilisation du passé, mais créer un lieu à sa guise, même s'il évoque des choses, des salles de musée, des lieux réels. Un humour, un décalage est toujours présent lorsqu'elle évoque ce qui arrive à ses personnages, même si l'émotion, aussi l'envie de savoir ce qui va leur arriver ne quitte pas le lecteur. Nous voyons même des savants européens faire des fouilles sur les lieux, et se tromper allégrement, donner du sens à ce qu'ils voient avec le prisme de leurs représentations, de leurs mentalités, de leurs évidences, qui sont bien sûr très loin de la réalité des habitants de Sir. Nous avons deux mises à distance, celle d'Asral qui essaie de reconstituer la parole et les événements de l'époque d'Anouher, pour revivifier et donner un autre sens à la société dans laquelle il vit, et celle du regard des savants étrangers des millénaires plus tard sur la cité d'Asral.
Surtout au-delà des destins et aventures individuels, Diane Meur s'intéresse au pouvoir, à la façon dont certains s'en emparent, créent des règles, imposent leur volonté, comment les intérêts de la communauté, des groupes qui la composent arrivent à s'exprimer, à établir des compromis ou pas. Et dans ce jeu de forces, la mémoire, l'histoire, la parole écrite qui peut devenir un dogme, est un élément essentiel, enjeu de pouvoir, qui légitime ou renverse ce qui existe.
Un très beau livre, passionnant à lire, avec des sujets de réflexion très actuels, très joliment écrit.
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frandj
  29 janvier 2014
L'action se passe probablement à la fin du IIIème siècle avant J. C., dans la ville de Sir, une cité-Etat imaginaire (mais très plausible) située au Moyen-Orient antique et gouvernée par une assemblée de Juges. Un jeune montagnard honnête et intelligent, Ordjeneb, arrive à Sir. Il devient le garde du scribe Asral, qui ne tarde pas à lui faire confiance.
Asral est chargé de la tâche de copier les écritures sacrées d'Anouher. Ce dernier, législateur quasi-légendaire - et considéré presque comme un dieu dans la ville - sert de ciment de la communauté, mais aussi de caution au conservatisme imposé à la cité par le gouvernement des Juges. Asral s'interroge sur ce texte, souvent obscur, rédigé dans une langue archaïque. Malgré les difficultés, Asral parvient à rédiger secrètement une nouvelle version des textes d'Anouher, écrite dans une langue qui soit compréhensible par ses contemporains.
Sur la personne d'Anouher, qui aurait vécu cinq siècles auparavant, on ne connait que des bribes difficiles à comprendre, comme « Un rideau cachait à l'oeil la moitié d'Anouher » - ce qui laisse croire… qu'il était borgne. Asral finit par trouver un vieux document authentique, mentionnant une peste qui ravagea Sir, suivie d'une révolte d'une partie des habitants de la cité. Et, ajoute ce document, après sa victoire « le peuple en grande fête institua Anouher sur la ville dans son entier ». C'est la première fois que le rôle historique du fameux législateur est évoqué. L'antique chronique mentionne aussi, d'une manière énigmatique, que « Anouher était en chacun d'eux [les gens du peuple] ».
Puis le récit s'accélère. Une tension croissante apparait dans la ville. le scribe est interné en tant que témoin d'un meurtre; la copie du texte rédigée clandestinement par le scribe est alors mise en lieu sûr par Ordjeneb. L'antagonisme entre confréries devient vif. Asral s'enfuit et se réfugie à Hénab, une cité voisine - et haïe - qui accueille volontiers les transfuges. La guerre civile ayant éclaté, une majorité des femmes de la ville choisit de partir et de s'installer en rase campagne. Une partie de la population, restée dans la ville à feu et à sang, demande qu'Asral revienne à Sir pour abolir le régime des Juges. Cependant, l'intéressé, qui a beaucoup réfléchi grâce à son étude critique des textes d'Anouher, se montre plus que réticent. Les diverses péripéties qui scandent la fin du roman importent beaucoup moins que la révélation finale de ce que fut réellement Anouher dans l'histoire de la ville et de ses conséquences sur la gouvernance de la cité. L'aboutissement de l'enquête sur le fameux législateur est évidemment la clé du roman.

Au début, le récit commence un peu paresseusement, mais l'intérêt augmente au moment où Asral (dont le personnage est bien campé) entre en scène: sa curiosité, son désir de comprendre et son petit côté "intellectuel" sont attrayants. Puis on suit l'évolution chaotique des esprits dans la ville: d'abord soumis et très conservateurs, les habitants de Sir aspirent ensuite à la liberté et aux changements. Il y a ainsi quelque chose d'étonnement moderne dans cette histoire, surtout dans sa conclusion. Cependant, le récit n'est pas sous-tendu par un "suspense" haletant et l'auteure ne cherche pas à tenir abusivement en haleine le lecteur.
L'aperçu sur la vie quotidienne dans une cité-Etat mésopotamienne, vue à travers les yeux d'Ordjeneb, est intéressant et vraisemblable. Mais ce n'est pas le sujet principal du roman et il n'est pas particulièrement détaillé - ce qui est peut-être dommage.
Les recherches d'Asral et ses dialogues avec le jeune montagnard suggèrent l'existence d'investigations pré-scientifiques dans les civilisations antiques. Mais l'intérêt principal du livre réside dans une réflexion approfondie sur les lois dans la cité: d'où proviennent-elles ? quel est leur vrai but ? au-delà de leur sens littéral, peut-on les interpréter, voire les amender ? ne sont-elles pas mises à profit par les dirigeants actuels pour asseoir leur pouvoir ? et les tenants d'un changement tirent-ils de leur aventure toutes les leçons utiles ?
Par ailleurs, le lecteur se trouve également interpellé par les implications religieuses des lois d'Anouher, qui sont d'autant plus prégnantes qu'elles sont d'origine obscure. On est captivé par les recherches obstinées sur la vraie source des dogmes religieux figés et soustraits au libre examen. Dans le conte de D. Meur, pourrait-on déceler une très discrète allusion à des situations actuelles ? on peut penser aux menées des tenants de la « charia », dans les pays musulmans, par exemple.
Le roman est occasionnellement entrecoupé par quelques brèves plongées dans un avenir lointain: le XIXème siècle après J. C. A cette époque, des archéologues prussiens effectuent les premières fouilles sur le site antique de Sir. Ces savants accumulent les trouvailles, y compris la copie secrète du scribe Asral; mais ils passent à côté de la vérité. Ce bond dans le futur est un procédé original et empreint d'humour.
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Cath36
  05 mars 2012
Voici un livre, qui à partir d'une histoire sympa se dilue entre le conte, la fable et le roman dans une tentative de style oriental qui se veut lent, raffiné et un peu lyrique à la manière antique mais qui est surtout doucereux et assez superficiel. A partir d'une cité imaginaire, l'auteur évoque les relations entre la politique et la religion, la réflexion personnelle et la soumission à l'ordre établi, le rôle des hommes et la place des femmes tout en essayant de mettre en lumière ce qui demeure permanent dans toute civilisation.
Mais ce livre assez bâtard, qui tente une sorte de syncrétisme historique, mais qui n'est ni historique, ni science-fiction, ni antique ni moderne m'a finalement mise assez mal à l'aise et ne m'a guère convaincue, d'autant que l'histoire se perd dans les méandres des descriptions et des palabres un peu comme un fleuve se noie dans les marais de son delta.
Ce texte n'aura pas été une lecture désagréable, mais j'ai franchement eu l'impression à moult reprises de perdre mon temps.
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critiques presse (3)
LeSoir   17 octobre 2011
Dans « Les villes de la plaine », Diane Meur émerveille par une narration rudement bien construite et interroge sur la place de la politique et de la religion dans la société.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Telerama   05 octobre 2011
Limpide et enjouée, la langue de Diane Meur donne une verve à ces combats personnels qui prennent une seule et même source : le refus de se soumettre. La naïveté n'est toujours qu'apparente, et la parole sans cesse remise en question, dans ce livre aussi consistant que léger.
Lire la critique sur le site : Telerama
Actualitte   27 septembre 2011
Les villes de la plaine est d'une grande justesse. Après quelques relectures, le style semble un peu aride, et plus à même encore de la réalité romanesque. L'on garde cette crainte que le sujet ne soit pas très facile d'accès - tout en le regrettant, tant Diane Meur déploie avec élégance et intelligence l'histoire de cette civilisation, grandeur, décadence et destruction.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
HevalHeval   26 septembre 2015
Non, assurément, ceux qui prétendaient être les porte-voix de l'esprit d'Anouher n'étaient que des naïfs ou des imposteurs. Ils n'étaient porte-voix que de leurs certitudes, et d'une tradition ancienne, mais peut-être erronée. Ce n'était pas l'esprit d'Anouher mais leur esprit à eux qui ressortait de leurs gloses; et si encore toutes leurs décisions s'autorisaient du texte saint! Mais l'arrestation de Djinnet, par exemple, ne pouvait se justifier par aucun paragraphe des lois; nul membre du collège ne s'y était d'ailleurs essayé. Interrogés, ils auraient sans doute argué que l'application des lois et leur respect étant leur mission, il leur incombait aussi d'instaurer les conditions dans lesquelles cette mission pouvait être accomplie: une ville en paix, une population docile. Comment ne pas voir qu'avec de tels raisonnements les lois elles-mêmes reculaient de plus en plus devant les prérogatives des juges, la perpétuation de leur pouvoir?
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HevalHeval   26 septembre 2015
A présent elle se sentait toujours dure, mais dure seulement comme ces plaques de sel qu'on trouve en certains points de la plaine: d'un gris clair scintillant au soleil, solides en apparence, inentamables, et qu'un coup de talon brisait. Et en dessous, découvrait-elle avec effroi, il y avait du sable, quelque chose de meuble et de docile qu'agitait le moindre souffle de vent, que le premier venu pouvait faire couler entre ses doigts. Qui n'avait ni assise ni forme, et dans quoi elle ne se reconnaissait plus. Le moindre souffle de vent, c'était par exemple une scène observée au marché qui, sans raison, la bouleversait; un regard critique, que naguère elle aurait balayé d'un haussement d'épaule, et qui maintenant vrillait son âme et venait dire à cette dernière: Ce n'est pas bien, ce que tu fais.
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5Arabella5Arabella   13 septembre 2018
Tu es, avec Hénab, la seule ville de la plaine ; la seule ville sur terre, pour ceux qui vivent ici et n'ont jamais franchi le cirque des montagnes. Tu as, de ce qui est unique, la démesure, l'infinie multiplicité. Tu regorges d'habitants, de boutiques, de maisons, tu regorges de temples, tu regorges de tout. Tu contiens tant de rues qu'il a fallu se résoudre à leur donner des noms. Tu as tes hauts quartiers bosselés de coupoles, tes bas faubourgs bâtis de planches, de vieux tissus, de tessons de poterie mêlés à du mortier. Et à tes façades disparates il n'est pas deux fenêtres pareilles, et à chaque fenêtre sèche un linge lui-même bigarré, qui laisse deviner une pluralité de vies, d'âges, de sexes - tu es multiple jusqu'à la monstruosité.
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5Arabella5Arabella   14 septembre 2018
Lui, son métier, c'était de veiller sur des textes, par amour pour la parole écrite et ce qu'elle représentait. Cette parole écrite perpétuant des êtres qui n'étaient plus depuis longtemps, et dont personne, sans lui et ses pairs, ne se serait souvenu, il était fier, lui, de la préserver. Il lui semblait ainsi remporter une petite victoire sur la mort, sur la nature ; car la nature, le sort des bêtes, c'était de crever sans laisser de trace ni de mémoire, après avoir mis au monde des petits tout pareils à soi.
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Cath36Cath36   05 mars 2012
Je suis dure, se redit-elle encore. Et elle ne savait plus si c'était un rappel à l'ordre. (N'oublie pas : tu es dure) ou un regret, un reproche. Dure, n'aurait-elle pu l'être moins ? Pour le sable soulevé par le vent de la plaine, ou recueilli par une paume qui le laissait doucement, grain à grain, retomber vers le sol, n'était-il pas une façon de se sentir être, de se sentir être soi ?
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Videos de Diane Meur (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Diane Meur
Rencontre avec Diane Meur autour de L' Amour a le goût des fraises de Rosamund Haden (traduit de l'anglais Afrique du sud. Sabine Wespieser 2016) et de la Vie hors du temps de Tezer Özlü (traduit de l'allemand. Bleu Auteur 2014), animée par Pierre Vanderstappen du Centre Wallonie Bruxelles. Captation et montage Frisnel Enkary.
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