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EAN : 9782205082876
140 pages
Éditeur : Dargaud (22/11/2019)
4.12/5   79 notes
Résumé :
Alexandre Dumas, qui se disait « frère des peintres », raconte les souvenirs qui ont marqué son amitié avec Eugène Delacroix. D'une anecdote à l'autre, les tempéraments de l'immense artiste et du grand romancier se révèlent, un portrait de leur époque se dresse, les combats au nom de l'art surgissent.

Catherine Meurisse s'invite dans cet hommage et en offre une adaptation toute personnelle. Le but espéré de cette causerie ? Que la fougue de Delacroix... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
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sur 79 notes
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Roggy
  06 mars 2021
Cette bande dessinée très originale à l'humour ironique et bravache, retrace le parcours atypique d'Eugène Delacroix, peintre scandaleux, artiste engagé malgré lui, chef de file du romantisme, qui met en exergue les sentiments comme les couleurs.
Je découvre avec joie dans une composition intelligente combinant textes plein d'esprit et superbes reproductions de ses toiles, ce peintre controversé qui a suscité le fanatisme aussi bien que des critiques acerbes du milieu de l'art.
Delacroix n'était pas un peintre régulier, il ne rentrait dans aucune case et en réalité était plus un coloriste qu'un dessinateur.
Delacroix mettait à mal les conventions de la peinture, préférant appuyer l'intensité des couleurs, les contrastes de la lumière, plutôt que le sujet.
On n'en retrouve l'influence d'aucun maître, sa peinture c'est lui, unique !
Son génie se ressent dans l'harmonie des tons, dans la vérité des mouvements, dans l'originalité de la pose.
Ces tableaux sont étincelants de couleurs et profonds de sentiments.
Son oeuvre est étrange et magique et donne le vertige de la couleur.
La bande dessinée invente sans cesse de nouvelles façons de narrer des histoires. Alexandre Dumas et Catherine Meurisse, grâce à leurs styles très personnels et audacieux nous enchantent avec anecdotes, histoire et patrimoine.
La forme raconte le fond et offre une expérience de lecture unique, intense et sensible.
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Mimimelie
  14 décembre 2019
Il y a des bulles, il y a des planches de dessins, des crobars… c'est donc une bande dessinée. Mais encore ??
D'abord, c'est Alexandre Dumas qui cause, car oui, c'est une causerie, c'était courant à son époque, une époque où les artistes, peintres, sculpteurs, musiciens, écrivains, poètes…. se rencontraient, échangeaient….
Ça se passe en décembre 1864, à paris, une exposition est organisée, présentant quelques trois cents toiles de Delacroix mort un an auparavant. Alexandre Dumas, qui, même si leurs relations n'étaient pas particulièrement étroites, l'a bien connu et l'admirait depuis sa toute première oeuvre («Dante traversant l'Achéron».), y est convié à prononcer un discours en son hommage.
Et Dumas raconte. L'enfance « accidentée » de l'artiste, les souvenirs qu'il en garde… il enchaîne les anecdotes, tragiques ou dérisoires, il parle de l'homme libre qu'il était, sa fièvre de travail, ses petits travers de rien du tout, tel son côté économe, mais aussi le fulgurant coloriste qu'il était, sa virtuosité et sa perspicacité qui le fit par exemple découvrir, bien avant Chevreul, la loi du contraste simultané des couleurs.
En même temps c'est l'atmosphère d'une époque qui surgit, historique, artistique et littéraire, une époque dans laquelle les débats, nombreux, passionnés pour ne pas dire enragés foisonnent et dont la « Liberté guidant le Peuple », oeuvre devenue icône de l'artiste, ne manquera pas de faire les frais.
Tout en lui rendant hommage, Dumas fait revivre son ami, son époque, et l'originalité de son oeuvre ; Quant à sa porte-parole Catherine Meurisse, tout imprégnée de la passion picturale qui l'anime , on la sent toute vibrante encore du traumatisme Charlie et, si je n'avais pas aimé (ou pas compris sa « Moderne Olympia », j'ai trouvé ici plus évident avec ce recueil là, que le 9ème art a bien sa place pleine et entière dans l'art, mais combien aussi celui-ci doit rencontrer de difficultés pour s'imposer.
La fin du discours n'est pas en reste car il en arrive nécessairement à la fin de Delacroix dont la modestie des funérailles choqua, pour ne pas dire mortifia, tous ceux qui le considéraient parmi les grands de son monde qui peu de temps avant encore s'épuisait sur la chapelle des Saints-Anges en l'église Saint-Sulpice à Paris. L'hommage ici est émouvant.
Cette lecture a été pour moi un moment très plaisant, c'est léger, drôle, et plus… (j'ai même éclaté littéralement de rire sur un petit crobar dérisoire mais excellent, dommage qu'il ne soit pas possible ici de poser des images….)
S'il y avait un bémol à mettre sur cet ouvrage, ce serait peut-être que le lecteur qui aborde cette bd sans rien connaître de Delacroix (ou de Dumas) devra peut-être faire un petit effort de recherche pour apprécier tous les clins d'oeil et facéties de l'auteur, mais c'est un petit effort oh !combien vite récompensé !
Ici Dumas rend hommage à Delacroix qui en son temps rendait hommage à ses pairs anciens, Raphaël, Michel-Ange, Titien, Rubens, Poussin….Catherine Meurisse nous livre à son tour son admiration et moi je lui offre modestement la mienne pour ce bel hommage, son talent, son humour, et ses audaces dignes de Delacroix.
Merci aux éditions Dargaud pour ce bel ouvrage à la couverture délicieusement satinée, et pour son envoi rapide, et merci à Babelio pour ce beau cadeau de Noël.
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jamiK
  21 juin 2021
À la base, ce n'est juste qu'un texte d'Alexandre Dumas sur Eugène Delacroix, mis en image par Catherine Meurisse, tel un exercice de style de la part de l'adaptatrice, mais cela va beaucoup plus loin.
Le pari est très osé de sa part, de nous faire croire que ses illustrations auraient pu être celles d'Eugène Delacroix, et je dois avouer que de ce point de vue, j'ai été totalement bluffé. Non pas qu'elle joue au faussaire, ni qu'elle ne s'accapare le travail de Delacroix pas plus qu'elle n'étale sa virtuosité, elle reste humble face à ce maître et pourtant c'est bien ses illustrations qui entrent en totale symbiose avec l'esprit d'Eugène Delacroix, dans sa vivacité, sa fougue, sa palette de couleurs, sa manière de prendre des notes graphiques, le trait de plume est brut, l'étalement de la couleur semble le sien, efficace et direct. le récit d'Alexandre Dumas oscille entre récit d'anecdotes et critique de l'oeuvre, c'est passionnant, écrit avec une plume riche et vivante pour ne rien gâcher au plaisir. La bande dessinée se transforme parfois en carnet de croquis, pour revenir à la narration en vignettes, les changements de rythmes s'articulent dans le graphisme et dynamisent encore plus la narration. Je reproche souvent aux bandes dessinées de biographie de peintres de ne parler que de la vie de l'homme sans donner les clés pour apprécier son oeuvre, ici, c'est sa peinture qui est mise en avant, mais cette bande dessinée va encore plus loin, parce qu'elle nous donne vraiment à vivre sa peinture et non la vie de celui qui l'a réalisée. Si dans la conception de la bande dessinée, Eugène Delacroix est absent, cette oeuvre l'incarne totalement. On sent dans cette bande dessinée, une immense admiration de Catherine Meurisse pour Eugène Delacroix, et elle nous la fait admirablement partager.
Seul petit bémol, l'écriture est manuscrite, et j'ai mis un peu de temps à entrer dans le texte d'Alexandre Dumas, mais y avait-il une autre solution ?
Cette bande dessinée est sans doute ce qui n'a jamais été écrit de mieux sur Eugène Delacroix, magistral, percutant, et c'est aussi l'adaptation formidable d'une oeuvre non romanesque et totalement romantique d'Alexandre Dumas, ne l'oublions pas. le pari était très osé, mais le résultat est au-delà des espérances.
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motspourmots
  16 décembre 2019
Comment résister à cette magnifique couverture ? Comment résister à Catherine Meurisse qui peut se vanter de m'avoir charmée pour la troisième fois en très peu de temps. Je n'ai oublié ni l'émotion ni la délicatesse de la légèreté ; j'ai adoré l'escapade bucolique et le supplément d'âme offerts par Les grands espaces (dont bizarrement je n'ai pas parlé ici). Je me suis laissé éblouir par cet hommage flamboyant à Delacroix et, par la même occasion à Alexandre Dumas dont le texte sert de support au magnifique travail de Catherine Meurisse.
La dessinatrice s'empare en effet de la "causerie" d'Alexandre Dumas, ami d'Eugène Delacroix et sollicité pour raconter son histoire, en 1864, un an après la mort du peintre, seul et éloigné de tous. Un texte qui revient brièvement sur la naissance et l'enfance du peintre (où l'on apprend ainsi que c'est un miraculé ayant échappé plusieurs fois à la mort) avant de se concentrer sur son oeuvre et la façon dont elle sera perçue de son vivant, et dressant par-là même un tableau du contexte artistique de l'époque où l'on glorifie la qualité du dessin, comme l'illustre le succès d'Ingres. Delacroix, lui, est un coloriste génial qui divise le monde de l'art toujours prompt à moquer les erreurs de perspective ou pointer l'imprécision d'un dessin. La polémique, en général, c'est plutôt bon signe pour la postérité, un peu plus compliqué de son vivant.
Catherine Meurisse investit le texte de Dumas, le bouscule en y introduisant des scénettes parfois amusées qui cassent le côté un peu solennel de l'hommage et permettent de souligner certains traits, de mettre en avant des éléments qui éclairent la personnalité de Delacroix. J'ai beaucoup aimé suivre le parcours du peintre, ses réflexions autour de la couleur, découvrir le diagramme qu'il traça bien avant Chevreul sur la loi du contraste spontané entre les couleurs, petit clin d'oeil à ma récente visite de l'exposition Félix Fénéon au Musée de l'Orangerie, ce dernier, collectionneur avisé et très porté sur la couleur ayant, bien plus tard, contribué à faire connaître d'autres talentueux artistes coloristes.
Mais la dessinatrice s'empare également des oeuvres de Delacroix pour en livrer son interprétation, à la fois fidèle et...personnelle. Dans une flamboyante et joyeuse mise en couleurs, c'est tout simplement un régal pour les yeux.
L'oeuvre du peintre défile ainsi, et c'est un peu comme si on la redécouvrait, à la fois sublimée par le regard admiratif de Catherine Meurisse et expliquée à l'aune de son époque. La façon dont il s'inspire des autres, dont il explore les salles du Louvre alors musée tout récent et abritant des oeuvres contemporaines semble résonner particulièrement chez la dessinatrice qui parle très souvent de l'importance de l'art dans sa vie, particulièrement lors des périodes dramatiques qu'elle a vécues (cf. La légèreté). Il y a quelque chose de très touchant dans cette osmose qui naît de l'union de trois artistes autour du berceau de cet album : Delacroix - Dumas - Meurisse, trinité magique dévolue aux sensations que procure le beau. Quelque chose de très touchant également dans la question qui sous-tend le texte de Dumas, la fragilité de l'artiste liée à cette dichotomie entre les sensations, la passion qui le guident et la façon dont on perçoit ses oeuvres, un décalage qui peut être si violent.
Je n'ai qu'un conseil à donner à ceux qui passent par-ici : lisez cet album, offrez-le (c'est Noël dans 10 jours), prenez-en un petit échantillon chaque jour avant d'affronter la complexité des journées trop remplies... et puis filez au musée, voir du Delacroix, du van Gogh ou du Seurat, et bien d'autres encore, savourer l'éclat des couleurs et se laisser éblouir, remplir, soigner par la beauté qui naît de ce que chaque peintre a mis de lui dans chacune de ses oeuvres.
Quel sublime album !
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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DianaAuzou
  27 août 2020
Trois passions au rendez-vous et nous sommes à un festin de fête, celle de l'amitié, du dessin aux lignes souples, gracieuses, nerveuses et dansantes, géniales d'humour, de clins d'oeil et de justesse, la fête à Delacroix et à sa peinture fougueuse, magistrale. Hommage de Dumas à Delacroix, hommage de Catherine Meurisse aux deux hommes. Banquet somptueux et flamboyant, la flamboyance de Catherine, et nous lecteurs sommes au premier rang à prendre un plaisir fou.
Dumas c'est la voix qui tonne derrière Delacroix, et le texte de l'album lui appartient entièrement, orchestré par Catherine Meurisse avec ses dessins pétillants, sa peinture exubérante qui s'allie dans cette ronde de l'amitié, dans l'esprit du rire, bon et vivifiant liant.
Beauté et rire pour soutenir et alimenter le courage de vivre, Catherine Meurisse l'a fait déjà dans La Légèreté, après la tragédie de Charlie, pour la trouver réellement dans Delacroix, elle nous le confie comme une profonde respiration, un soulagement.
La légèreté et la fougue dans les coups de pinceau de Delacroix, se retrouvent avec la légèreté du trait de Catherine, dont la spontanéité ne cache pas le labeur, et l'humour ne cache pas le sérieux de la tâche. le superflu s'envole pour laisser la plume légère, pas de case-prison, pas de forme qui enferme, les images viennent dans le texte, et le texte les accompagne au gré des envies, du plaisir à se faire et à partager. Les pas feutrés de Catherine se faufilent et nous emmènent à découvrir un spectacle de théâtre célébrant la couleur en majesté, le trait joyeux et malicieux, les mots d'esprit, l'écriture et l'amitié.
Ce fut "Une sainte fraternité dans l'art" et Catherine la garde, la nourrit, avec humour et générosité. Précieux.
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critiques presse (1)
BDGest   07 janvier 2020
Drôle et décalé tout en restant immensément sérieux et facile d’accès, Delacroix est une lecture érudite et amusante à recommander à tous les amoureux de la chose artistique.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
RoggyRoggy   08 mars 2021
Ce qui m’étonne, disons mieux, ce qui m’attriste, c’est qu’un homme comme Delacroix, qui à soixante-quatre ans avait gardé toute sa coquetterie, toute sa verve, toute son élégance, qui avait vécu à la fois par l’âme et par le cœur, qui avait eu des maîtresses, des mais, des élèves, et dont la réputation, le lendemain de sa mort, allait, à tort ou à raison, dépasser toutes les représentations rivales de son siècle, c’est que cet homme, qui aurait dû avoir, au moment suprême, des élèves plein son antichambre, des amis plein son salon, des soupirs et des sanglots plein sa chambre à coucher, meure seul, meure abandonné, soutenu dans les bras de son vieux valet de chambre, et les mains dans les mains de sa vieille gouvernante.
C’est beau pour le valet de chambre, c’est sublime pour la gouvernante, mais convenons-en c’est triste pour le moribond, et plus triste encore pour l’humanité.
Alexandre Dumas
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MimimelieMimimelie   13 décembre 2019
Ce qui m’étonne, ce n’est point qu’un homme qui de son vivant vendait ses grands tableaux mille écus, et ses petits tableaux, cinq cents francs –quand il les vendait-, une fois mort, ait vu la foule se ruant à la vente de ses croquis, de ses dessins, de ses esquisses, se disputer ses coups de crayon, ses éclaboussures de plume, et payer ses essuyages de pinceau plus cher que l’on ne payait ses chefs-d’œuvre….
+ Lire la suite
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MimimelieMimimelie   13 décembre 2019
L’ébauche… voyez la carrière qu’elle laisse à l’imagination ! une belle indication, un croquis d’un grand sentiment peuvent égaler les productions les plus achevées pour l’expression.
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Virgule-MagazineVirgule-Magazine   10 février 2020
– Mon cher Dumas, vous devriez bien, dans notre salle d’exposition, nous faire une causerie sur Delacroix ?
– Rien de plus simple ! Delacroix était mon ami, et les peintres sont mes frères. Je veux bien causer, tant que ma causerie ne lassera pas mes auditeurs. 
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MimimelieMimimelie   13 décembre 2019
Fichtre ! Comme vous êtes essoufflé cher ami !
- C’est que je viens de monter vos escaliers quatre à quatre…
- Il est charmant ! Il reste des années sans me voir et il s’essouffle à la première des visites !
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Videos de Catherine Meurisse (42) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Catherine Meurisse
"Catherine Meurisse, la vie en dessin" un parcours audiodescription réalisé par la BPI en 2020, à partir d'une sélection des oeuvres exposées. Ecrit par Morgan Renault. La biographie est adaptée des textes d'Isabelle Bastian-Dupleix et Caroline Raynaud. Dit par Morgan Renault, Fanny Lemaire et Julie Vedie. Mixage : Renaud Ghys
0:00 - 11:48 : La passion du dessin 11:49 - 20:01 : Un regard acéré 20:02 - 26:19 : Revenir à soi 26:20 - 31:39 : Vers la couleur et l'ailleurs
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